Publication sur les services rendus par les écosystèmes marins et côtiers en Aquitaine
Le Comité français de l’UICN publie sa 1ère étude de cas régionale sur les services rendus par les écosystèmes marins et côtiers en Aquitaine. Cette étude décline au niveau régional la brochure nationale publiée sur les écosystèmes littoraux. Elle contribue au panorama des services rendus par les écosystèmes en France. Ce panorama vise, sur la base des connaissances scientifiques et d’exemples concrets, à mieux faire connaître les services rendus par les écosystèmes afin de sensibiliser les différents acteurs à l’importance de préserver la biodiversité sur leur territoire. L’objectif de cette étude de cas est de porter à la connaissance des acteurs du territoire, les services rendus par les principaux écosystèmes présents sur les littoraux aquitains et d’identifier les principales menaces qui les affectent. Cette étude constitue une première étape vers une meilleure identification et valorisation des services écosystémiques pour une meilleure prise de conscience des bénéfices tirés de la nature par les acteurs locaux. Après une présentation du contexte de l’étude et des données générales sur les littoraux aquitains, cinq entités sont étudiées : le cordon dunaire, le littoral rocheux, le bassin d’Arcachon, le plateau continental et les estuaires. Pour chaque partie, l’écosystème concerné est caractérisé et l’ensemble des services sont illustrés selon la typologie définie dans le Millennium Ecosystem Assessment (MEA) : support, approvisionnement, régulation, culturels. Cette publication souligne la multiplicité des services produits par les milieux marins et côtiers aquitains qui, outre un approvisionnement en poissons, crustacés et mollusques, contribuent plus largement à la régulation de la qualité de l’eau, des risques naturels (tempêtes, érosion…) et du climat. Les littoraux, très attractifs pour les touristes, sont également source de services culturels importants. Ils permettent de multiples activités (balade, activités nautiques, pêche…) et constituent des lieux de détente et d’éducation à l’environnement. Aujourd’hui, différentes menaces impactent les milieux marins et côtiers et conduisent à une diminution de la biodiversité riche et originale de ces écosystèmes : artificialisation du littoral, développement non maitrisé de certaines activités touristiques, introduction d’espèces exotiques envahissantes, changement climatique… Afin de maintenir les bénéfices tirés des écosystèmes, il est important de mieux concilier aménagement du territoire et exploitation durable des ressources. A suivre prochainement : la brochure sur les écosystèmes montagnards d’Aquitaine. Contact Justine Delangue, Chargée de mission « services écologiques » Documents joints UICN France – Ecosystèmes marins et côtiers d’Aquitaine
Convention sur la diversité biologique : Bilan à mi-parcours du plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020
Quatre ans après l’adoption des 20 objectifs d’Aichi, les Etats signataires de la Convention sur la Diversité Biologique vont évaluer les progrès réalisés dans leur mise en œuvre. À mi-parcours des objectifs fixés pour 2020, il reste beaucoup à faire pour les atteindre malgré quelques progrès enregistrés. Le Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020 et les Objectifs d’Aichi pour la biodiversité ont été adoptés en 2010 pour répondre à l’érosion de la biodiversité. À l’occasion de la 12ème conférence des Parties de la Convention sur la Diversité Biologique (6-17 octobre 2014, Pyeongchang, République de Corée), l’UICN dresse un bilan de l’état d’avancement du plan stratégique et formule des recommandations sur plusieurs enjeux de la conférence. L’UICN réitère son appel urgent à accélérer la mise en œuvre des objectifs d’Aichi, car il est aujourd’hui certain que la plupart d’entre eux ne pourront être réalisés d’ici à 2020 si la mobilisation des pays n’est pas clairement accrue. Des progrès appréciables ont été réalisés pour l’augmentation du réseau d’aires protégées, le partage juste et équitable des ressources génétiques (le Protocole de Nagoya entrera en vigueur le 12 octobre 2014) et dans la mise en place de stratégies nationales pour la biodiversité. Il reste cependant beaucoup à faire sur la majorité des objectifs et il sera nécessaire d’intensifier considérablement les efforts, notamment en termes de mobilisation des ressources financières, incluant la réduction et l’élimination des subventions néfastes pour la biodiversité. L’UICN met aussi l’accent sur le nécessaire engagement du secteur privé et des collectivités territoriales pour l’atteinte des objectifs d’Aichi. Deux événements devraient permettre de progresser dans cette voie Une conférence dédiée au secteur privé : Du 12 au 14 octobre se tiendra le Forum sur les entreprises et la biodiversité dont le thème portera sur l’intégration de la biodiversité comme opportunités et innovations pour le secteur privé. A cours de ce Forum, l’UICN France interviendra pour présenter ses collaborations avec les entreprises et son étude sur le reporting, réalisée avec ses membres et ses partenaires du secteur privé. L’étude a fait l’objet, à cette occasion, d’une traduction en anglais « Corporate biodiversity reporting and indicators. Situation analysis and recommendations ». Une conférence dédiée aux collectivités territoriales : Le 13 et le 14 octobre se tiendra le Sommet de la biodiversité pour les villes et les gouvernements infranationaux organisé par ICLEI, la CDB et sous la direction de la province de Gangwon. Ce sommet sera une plate-forme importante pour discuter du rôle clé des gouvernements locaux dans la conservation de la biodiversité. L’UICN France participera notamment aux discussions sur les stratégies régionales pour la biodiversité. Pour plus d’informations concernant la COP 12 : https://www.cbd.int/cop2014/ Pour plus d’informations concernant le Business and Biodiversity Forum : https://www.cbd.int/business/bc/cop12.shtml Pour plus d’informations concernant le Biodiversity Summit for Cities & Subnational Governments 2014 : http://biodivercity-summit.org/eng Pour télécharger les messages de l’UICN : http://cmsdata.iucn.org/downloads/uicn_messages_cle_cop12_short_fr.pdf Pour lire l’article de l’UICN : http://iucn.org/ ?18420/Global-targets-set-for-failure
Espèces exotiques envahissantes : un appel à la mobilisation et au renforcement des stratégies d’action
Du 23 au 25 septembre 2014, deux cent acteurs et experts se sont réunis à Orléans, à l’invitation du Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), pour les premières assises nationales sur les espèces exotiques envahissantes. Durant trois jours, ces participants ont échangé et confronté leurs expériences et leurs points de vue pour élaborer des réponses face aux enjeux des invasions biologiques. Les espèces exotiques envahissantes sont reconnues comme l’une des principales causes de l’érosion de la biodiversité à l’échelle mondiale. Par leurs multiples impacts, elles menacent les espèces indigènes, les habitats naturels et les services rendus par les écosystèmes, mais également les activités économiques et la santé humaine. La France n’échappe pas à ce phénomène et les exemples d’invasions sont nombreux : ragondin, écrevisse de Louisiane, grenouille-taureau, chancre du châtaignier, ambroisie ou jussie en métropole ; fourmi électrique en Nouvelle-Calédonie, arbre Miconia en Polynésie française, raisin marron à la Réunion, ou encore petite mangouste indienne et poisson-lion dans les Antilles françaises. A l’échelle de l’Europe continentale, les coûts générés par la lutte et la réparation des dégâts causés par les invasions biologiques atteignent 12,5 milliards d’euros par an (1). Et dans les collectivités françaises d’outre-mer, 49 des 100 espèces considérées comme les plus envahissantes au monde (2) sont déjà présentes. Dans un contexte mondial marqué par la multiplication des déplacements et des échanges commerciaux et par l’attrait grandissant pour des plantes et des animaux exotiques, le risque de voir arriver de nouvelles espèces envahissantes est permanent. Du fait de son importance, ce sujet sera à l’ordre du jour de la prochaine réunion des Etats signataires de la Convention sur la diversité biologique, qui se tiendra en Corée du Sud du 6 au 17 octobre 2014. En France métropolitaine comme en outre-mer, un grand nombre d’acteurs se mobilisent pour organiser la surveillance, évaluer les impacts, développer des programmes de recherche, définir des stratégies et mettre en œuvre des actions de prévention et de lutte sur le terrain. Mais la prise en compte du phénomène accuse un retard important et toutes ces actions demandent à être confortées et coordonnées pour faire face à l’ampleur des enjeux. Alors que l’Union européenne est en train de se doter d’un nouveau règlement sur le sujet, l’UICN France et les participants appellent à l’élaboration d’une stratégie nationale sur les espèces exotiques envahissantes. Les actions déterminantes à mettre en œuvre incluent le renforcement de la prévention et de la sensibilisation, la mise en place de mécanismes de veille et de réaction rapide, l’amélioration du cadre juridique, et le renforcement des moyens de lutte et de coordination. Présentation des assises et programme disponibles >> ici. Cet évènement est organisé par l’UICN France, avec l’appui d’un comité d’organisation réunissant le Ministère chargé de l’écologie, le Ministère chargé de l’agriculture, l’ONEMA, l’ONF, l’ONCFS, le MNHN, la FCBN, la FCEN et des experts spécialistes du sujet. Il est soutenu par le Ministère des outre-mer, le réseau TEMEUM, l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, l’Etablissement public Loire, la Région Centre, le Muséum d’Orléans et la Mairie d’Orléans. Notes : (1) D’après le programme européen DAISIE ; (2) Sur la liste UICN des 100 espèces parmi les plus envahissantes au monde.
3ème colloque national des aires marines protégées : présentation et appel à contributions
L’Agence des aires marines protégées et le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature organisent le troisième colloque national des aires marines protégées à Brest du 6 au 8 octobre 2015. L’Agence des aires marines protégées et le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature organisent le troisième colloque national des aires marines protégées à Brest du 6 au 8 octobre 2015. Positionné au cœur des dynamiques nationales et internationales pour la conservation et la gestion du milieu marin, cet évènement constituera un rendez-vous majeur pour tous les acteurs concernés par les enjeux de gestion des aires marines protégées françaises (gestionnaires, élus, socioprofessionnels, scientifiques…). Organisé autour d’ateliers, le colloque vise à établir un bilan des actions menées pour la désignation et la gestion des aires marines protégées, et à définir des perspectives d’actions pour les cinq ans à venir. Il constitue une étape essentielle pour atteindre les objectifs portés par la France pour le milieu marin, puisqu’en 2020, un cinquième des eaux placées sous juridiction française devront être protégées et gérées dans le cadre d’un réseau cohérent et représentatif d’aires marines protégées. Cet objectif ambitieux est issu de la première stratégie nationale, proposée en 2007 à l’occasion du premier colloque des aires marines protégées. En 2010 et suite au Grenelle de la mer, le second colloque des aires marines protégées a posé les bases d’une seconde stratégie nationale étendue aux eaux ultramarines et qui fait toujours référence aujourd’hui. Ayant pour trame de fond les cinq principes fondateurs de la stratégie, le colloque permet de renforcer le travail en réseau des différents acteurs concernés par les aires marines protégées, et de contribuer à atteindre les engagements français pour une gestion efficace et effective de ces territoires. Pour participer au colloque, consultez dès à présent l’appel à contribution et renvoyez le formulaire de participation avant le 23 octobre 2014 à colloque-national@aires-marines.fr Vous pouvez également télécharger ces documents sur : http://www.aires-marines.fr/3e-colloque-national-des-aires-marines-protegees Documents joints Formulaire de participation – 3ème congrès AMP Appel à contributions – 3ème congrès AMP
Découvrez les espaces naturels protégés en France
Dans le cadre de ses travaux menés sur les aires protégées, le Comité français de l’UICN publie une brochure sur le système français d’aires protégées. Les aires protégées sont un élément essentiel des stratégies de conservation de la biodiversité, de la géodiversité et des paysages. Mises en place pour préserver un patrimoine naturel remarquable, elles contribuent aussi à la bonne qualité écologique des milieux et des territoires qui les entourent, et participent au maintien des biens et des services que les écosystèmes assurent aux populations. Conscients de ces bénéfices multiples, les Etats-Parties de la Convention sur la Diversité Biologique se sont engagés d’ici 2020 à conserver 17% des zones terrestres et 10 % des zones marines et côtières, au moyen de réseaux d’aires protégées écologiquement représentatifs et efficacement gérées (objectifs d’Aichi). En France, les aires protégées, tous statuts confondus, couvrent aujourd’hui près de 20% de l’espace terrestre et mobilisent de nombreux acteurs institutionnels. Notre pays s’est donné pour objectif de placer au moins 2% de son territoire terrestre métropolitain sous protection forte, et à protéger 20% de l’ensemble de son domaine maritime d’ici 2020. Cette expansion quantitative doit se faire en s’attachant à inscrire ces espaces dans des réseaux écologiques dynamiques, en interaction forte avec les politiques et les actions d’aménagement du territoire et de développement économique. Pour cela, il faudra renforcer les connaissances naturalistes, assurer une vraie représentativité écologique du système d’aires protégées, rendre plus cohérents les outils techniques et juridiques de la conservation, l’efficacité de la gestion et la gouvernance locale. La présente brochure vous présente le système français d’aires protégées. Nous espérons qu’elle vous permettra de mieux comprendre la contribution essentielle de ces outils à la protection du patrimoine naturel, à la gestion des territoires et plus largement au développement durable. Ce document a été réalisé par la Commission des aires protégées du Comité français de l’UICN, en collaboration avec l’ensemble des réseaux d’espaces naturels protégés en France, et le Muséum National d’Histoire Naturelle. Elle a reçu le soutien du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie. Documents joints Les espaces naturels protégés en France Protected Areas in France Las áreas naturales protegidas en Francia
Liste rouge de la flore de Mayotte : près d’une espèce sur deux est menacée
L’analyse inédite conduite sur la flore de Mayotte montre que 43% des espèces sont menacées. Ces nouveaux résultats de la Liste rouge nationale portent sur l’ensemble des espèces composant la flore vasculaire indigène de Mayotte (fougères, arbres, orchidées et autres plantes à fleurs). Pour la première fois, ils permettent de connaître le risque de disparition et les menaces pesant sur chacune des 610 espèces de l’île. L’état des lieux a été réalisé avec un panel de botanistes, experts de la flore mahoraise. Il a été mené par le Comité français de l’UICN, le Conservatoire botanique national de Mascarin (CBNM), la Fédération des conservatoires botaniques nationaux (FCBN) et le Muséum national d’Histoire naturelle. Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale Documents et liens • Dossier de presse (juillet 2014) • Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf) • Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN) Photo bandeau : Vanilla humbloti © Guillaume Viscardi
La Liste rouge des espèces menacées de l’UICN dresse un état des lieux toujours plus alarmant
Selon la dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™, près de 80% des orchidées à labelle en forme de sabot des zones tempérées (de la sous-famille des Cypripedioideae) et plus de 90% des lémuriens sont menacés d’extinction. L’Anguille du Japon, une espèce récemment évaluée, a été classée dans la catégorie « En danger » et le Tatou à trois bandes du Brésil, la mascotte de la Coupe du Monde 2014 de la FIFA, dont la population est en déclin constant, conserve son statut d’espèce « Vulnérable ». La Liste rouge de l’UICN, qui fête son 50ème anniversaire cette année, porte à 73 686 le nombre d’espèces évaluées, dont 22 103 sont menacées d’extinction. « Au cours des cinquante dernières années, la Liste rouge de l’UICN a orienté le travail de conservation. Rares sont les actions positives qui ne s’appuient pas sur la Liste rouge, véritable point de départ des actions de conservation », affirme Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « Cette réussite n’est pas sans importance, mais il reste encore beaucoup à faire. Nous devons absolument élargir nos connaissances sur les espèces au niveau mondial pour mieux appréhender les défis auxquels nous sommes confrontés, établir les priorités en matière de conservation mondiale et mettre en œuvre des actions concrètes pour enrayer la crise de la biodiversité ». L’évaluation mondiale des orchidées de la sous-famille des Cypripedioideae des zones tempérées de l’hémisphère nord, dont fait partie le fameux Sabot de Vénus, révèle que 79% de ces plantes ornementales prisées sont menacées d’extinction. Cette situation est en grande partie due à la destruction de leur habitat et à la cueillette excessive des espèces sauvages pour le commerce local et international, et ce malgré le fait que le commerce international de toutes les espèces d’orchidées de cette sous-famille soit réglementé. Avec leurs fleurs caractéristiques en forme de sabot, destinées à piéger les insectes pour assurer leur pollinisation, ces orchidées comptent parmi les plantes à fleurs les plus connues et emblématiques. « Le plus surprenant dans cette évaluation, c’est le degré de menace qui pèse sur ces orchidées », souligne Hassan Rankou, de l’Autorité pour la Liste rouge de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN (SSC), représentante du groupe de spécialistes des orchidées.« Les orchidées de la sous-famille des Cypripedioideae sont des espèces prisées dans le commerce horticole mondial, un secteur qui pèse plusieurs millions de dollars. Même si cette industrie est alimentée par des plantes issues de stocks cultivés, la conservation des espèces sauvages est vitale pour son avenir. » L’orchidée Cypripedium lentiginosum, classée « En danger », ne compte plus que 100 spécimens dans le sud-est du Yunnan, en Chine, et dans la province de l’Ha Giang, au Vietnam. Une cueillette excessive et la déforestation ont conduit au déclin de cette espèce. Egalement classé « En danger », le Cypripède de Dickinson (C. dickinsonianum) se rencontre uniquement sous la forme de quelques populations isolées au Mexique, au Guatemala et au Honduras. Son habitat naturel, les forêts claires, est détruit pour les besoins de l’agriculture, et à cela s’ajoute l’élagage des arbres qui modifie les conditions environnementales nécessaires au bon développement des orchidées et des autres plantes des sous-bois. Cette mise à jour de la Liste rouge de l’UICN vient confirmer les rapports selon lesquels 94% des lémuriens sont menacés d’extinction. Parmi les 101 espèces de lémuriens existantes, 22 sont « En danger critique », dont la plus grande espèce vivante de lémuriens, l’Indri à queue courte (Indri indri), et 48 sont « En danger », notamment le plus petit primate du monde, le Microcèbe de Mme Berthe (Microcebus berthae). Et 20 espèces sont classées comme « Vulnérables ». Les lémuriens comptent ainsi parmi les groupes de vertébrés les plus menacés de la planète. Les lémuriens sont menacés d’extinction principalement en raison de la destruction de leur habitat naturel, la forêt tropicale de Madagascar, où l’instabilité politique et la pauvreté croissante ont accéléré l’exploitation illégale du bois. Récemment, la chasse de ces animaux pour l’alimentation est également devenue une menace majeure. « Malgré l’accentuation des menaces déjà lourdes qui pèsent sur les lémuriens, causée par la crise politique qui secoue Madagascar, nous pensons qu’il y a encore lieu de garder espoir », affirme le Professeur Christoph Schwitzer, Vice-président pour Madagascar du Groupe de spécialistes des primates de la SSC de l’UICN et Directeur des programmes de conservation de la Société zoologique de Bristol.« Les succès antérieurs démontrent que la collaboration entre les communautés locales, les organisations non gouvernementales et les chercheurs peut mener à protéger efficacement les espèces de primates en péril. Nous invitons d’urgence tous les acteurs à se joindre à nos efforts pour préserver les lémuriens et la richesse biologique, culturelle et économique qu’ils représentent. » L’Anguille du Japon (Anguilla japonica), un mets fin traditionnel japonais et le poisson de consommation le plus cher du pays, a été classée « En danger » en raison de la perte de son habitat, de la surpêche, mais aussi des obstacles à la migration, de la pollution et des modifications des courants océaniques. L’Asie de l’Est est la plaque tournante de l’élevage, de la commercialisation et de la consommation de cette espèce. Son déclin s’est traduit par l’augmentation de la commercialisation d’autres espèces d’anguilles, notamment de l’Anguille à nageoire courte (ou Anguille bicolore, A. bicolor). « Alors que la situation concernant cette espèce est préoccupante, l’évaluation de l’Anguille du Japon et des autres anguilles représente un premier pas extrêmement important », affirme le Professeur Matthew Gollock, Président du sous-groupe de spécialistes des anguillidés de l’UICN.« Cette information nous permettra de prioriser les efforts de conservation des espèces d’anguilles et de façon plus générale des écosystèmes d’eau douce dont ces espèces dépendent. » L’actualisation de la Liste rouge de l’UICN comprend également la réévaluation de la mascotte de la Coupe du Monde 2014 de la FIFA, le Tatou à trois bandes du Brésil (Tolypeutes tricinctus). Le nombre de spécimens de cette espèce aurait décliné de plus d’un tiers au cours des 10 à 15 dernières années, en raison d’une perte de 50% de son habitat, la végétation arbustive sèche de la Caatinga. Elle conserve donc son statut
Energies marines renouvelables et préservation de la biodiversité
Dans le cadre de ses travaux menés sur les énergies renouvelables et la biodiversité, le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui une seconde brochure consacrée aux énergies marines renouvelables, après celle consacrée aux énergies renouvelables en montagne. Face aux impacts engendrés par l’utilisation des énergies fossiles, les énergies renouvelables sont de plus en plus mobilisées pour assurer un rééquilibrage des modes de production et contribuer à une meilleure protection de l’environnement, notamment en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Les changements climatiques représentent une menace croissante pour la biodiversité et l’énergie produite grâce à la mer peut permettre d’éviter une quantité substantielle d’émissions de gaz à effet de serre. De plus, grâce au développement de ces énergies, il serait possible d’éviter par exemple les polluants toxiques liés à l’extraction, au transport et au raffinage des combustibles fossiles (pétrole, gaz naturel, schistes bitumineux et gaz de schiste) et les impacts environnementaux locaux dus à des installations de grandes dimensions. Ces avantages mondiaux et locaux (impacts positifs) doivent cependant être mis en balance avec les effets négatifs spécifiques que ces technologies peuvent avoir sur les écosystèmes marins. L’objectif visé par l’UICN France sur cette problématique est de concilier le développement des énergies renouvelables avec la préservation de la biodiversité, deux politiques qui concourent à la protection de l’environnement. Cette synthèse, fondée sur de nombreuses références scientifiques et économiques, s’efforce pour chacune des sources d’énergie étudiées (l’éolien offshore fixé et flottant, l’hydrolien, l’énergie houlomotrice, l’énergie thermique des mers ainsi que l’énergie marémotrice) de souligner les potentialités et les risques que représentent ces énergies. Cette analyse insiste sur la nécessité de l’implication des territoires sur les problématiques environnementales compte tenu des enjeux de préservation des écosystèmes marins et côtiers. Ce travail vise notamment à : Constituer un panorama de référence sur les interactions entre énergies marines renouvelables et écosystèmes marins et côtiers en France (état des lieux des pressions, menaces et opportunités), Fournir une base solide pour guider les décisions afin de concilier politiques de protection des écosystèmes et de développement des énergies renouvelables, Aider à sensibiliser les acteurs de l’énergie et les décideurs à l’importance de la diversité biologique marine et à sa protection. Vous pouvez également consulter la brochure sur les montagnes et la transition énergétique A suivre prochainement, la brochure sur le bois énergie Contact Pauline Teillac-Deschamps, Chargée du programme « écosystèmes » Document joint Développement des énergies marines renouvelables et préservation de la biodiversité
L’UICN France propose aux collectivités un cadre d’analyse et de réflexion pour définir leurs indicateurs de biodiversité
Afin de renforcer l’implication des collectivités en faveur de la biodiversité, l’UICN France publie aujourd’hui un rapport leur proposant un cadre d’analyse et de réflexion pour définir leurs indicateurs de biodiversité. Afin de renforcer leurs actions en matière de biodiversité, et dans une perspective d’amélioration continue, il est nécessaire que les collectivités suivent et évaluent régulièrement leurs politiques pour mesurer et rendre compte des progrès établis. Pour cela, les indicateurs sont les outils adéquats. Ils vont en effet leur permettre de : Mieux connaître et suivre l’état de la biodiversité sur leur territoire (caractéristiques de la biodiversité, pressions qui s’exercent sur elle, impacts sur les services qu’elle fournit), et ses enjeux ; Suivre et évaluer les dispositifs et moyens qu’elles mettent en œuvre pour y répondre ; Rapporter et communiquer sur leur implication pour préserver la biodiversité et les progrès accomplis ; Pour accompagner les collectivités dans cette démarche, l’UICN France a élaboré avec son groupe de travail « collectivités & biodiversité » rassemblant de nombreuses collectivités, leurs réseaux et les membres de l’UICN France, un cadre d’analyse et de réflexion permettant de faciliter l’identification d’indicateurs de biodiversité à l’échelle territoriale. Cette étude dresse un panorama des principaux jeux d’indicateurs de biodiversité aux niveaux mondial, européen, national et local et propose ensuite une synthèse des questionnements stratégiques qui s’y rattachent. Chaque territoire (régions, départements, communes et intercommunalités) est ainsi invité à se saisir de ce travail pour identifier ses propres indicateurs de biodiversité. L’UICN France poursuivra cette première étude en identifiant pour l’échelon régional un jeu commun et synthétique d’indicateurs de biodiversité. Grâce à ce jeu de référence, les régions disposeront d’un outil commun d’auto-évaluation leur permettant également de rendre compte de leur contribution aux objectifs d’Aichi et au Plan d’action sur les gouvernements infranationaux, les villes, et les autres autorités locales pour la biodiversité, adoptés en octobre 2010 à Nagoya par la Convention sur la Diversité Biologique, et à la Stratégie nationale pour la biodiversité. Pour consulter l’étude : UICN France (2014). Indicateurs de biodiversité pour les collectivités territoriales : cadre de réflexion et d’analyse pour les territoires. Paris, France. Pour plus d’information sur le travail de l’UICN France avec les collectivités, veuillez consulter la page dédiée. Contacts Florence Clap, Chargée de Programme ‘Politiques de la biodiversité’ Tél : 01 47 07 71 78 Valérie Moral, Chargée de mission ‘Collectivités et biodiversité’ Tél : 01 40 79 37 49 L’UICN France est le réseau des organismes et des experts de l’Union internationale pour la Conservation de la Nature en France (www.uicn.fr). Reconnaissant l’importance de responsabiliser et de mobiliser les collectivités territoriales pour répondre aux défis de la conservation de la biodiversité, l’UICN France a mis en place un groupe de travail « Collectivités territoriales & Biodiversité », lieu d’échanges et de travail entre les collectivités françaises volontaires (Régions, Départements, Communes et Intercommunalités), leurs regroupements (ARF, ADF, AMF…), la Fédération des Parcs Naturels Régionaux ainsi que les autres membres du réseau français de l’UICN. L’objectif de cette plateforme est de valoriser et de renforcer le travail engagé par les collectivités territoriales en faveur de la biodiversité, en favorisant les échanges et le partage d’expériences autour de thèmes fédérateurs portés par l’UICN. Documents joints communiqué de presse UICN_Indicateurs_collectivités_I
Seconde Conférence sur la biodiversité et le changement climatique dans les outre-mer européens
Du 22 au 25 octobre 2014 se tiendra la Conférence de Guadeloupe sur la biodiversité et les changements climatiques dans les outre mer européens. Six ans après la Conférence de La Réunion, elle a pour but de fixer la feuille de route opérationnelle pour répondre aux enjeux de biodiversité et des changements climatiques dans les collectivités d’outre-mer européennes (RUP et PTOM). Six ans après la Conférence de La Réunion de 2008, et alors que de nombreux chantiers ont été engagés, 200 représentants des 34 collectivités européennes d’outre-mer plancheront sur cinq thèmes : améliorer la résilience, stopper la perte de biodiversité, favoriser l’économie verte et bleue, améliorer la connaissance, mobiliser de nouvelles sources de financements. Leur objectif : apporter des propositions concrètes et opérationnelles qui constitueront la feuille de route des prochaines années pour la biodiversité et pour faire face à la problématique des changements climatiques dans les régions ultrapériphériques (RUP) et les pays et territoires d’outre-mer (PTOM). Cette Conférence intervient dans un contexte politique favorable : la Commission européenne s’investit particulièrement depuis trois ans (deux appels à projets BEST en 2011 et 2012, le financement du projet BEST 3 coordonné par l’UICN pour 4 ans), l’année a été dédiée aux Petits Etats insulaires par l’ONU, la COP12 de la Convention sur la diversité biologique (CDB) réunira les Etats le même mois, la France accueillera en 2015 la COP 21 de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). La Conférence est organisée par l’UICN, le Conseil régional de Guadeloupe, le Ministère des outre-mer, la Commission européenne, les RUP et les PTOM. Elle se clôturera le 24 octobre par un segment politique qui entérinera la feuille de route. Pour le programme et pour les inscriptions, vous pouvez consulter le site dédié ici. Retour sur la Conférence de La Réunion En juillet 2008, l’UICN a organisé en partenariat avec l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), le Conseil régional de La Réunion et les Ministères en charge de l’Écologie et des Outre-mer, la Conférence de La Réunion, première conférence sur le changement climatique et la perte de biodiversité à l’échelle de l’outre-mer européen. Cet évènement faisait partie du calendrier officiel de la Présidence française de l’Union européenne. A l’issue de la conférence, les 400 participants ont adopté le Message de l’île de La Réunion qui contient l’ensemble des conclusions et recommandations issues des ateliers.