Le réchauffement des océans affecte la nature et les humains
La dernière étude sur le réchauffement des océans révèle l’ampleur de ses impacts sur la nature et les humains Honolulu, Hawai’i, 5 septembre (UICN) – Le réchauffement des océans affecte les humains de façon directe, et les impacts se font déjà sentir, y compris sur les stocks de poissons et les rendements agricoles, la violence des événements climatiques, et l’augmentation de risques provenant de maladies transmises par l’eau, selon ce qui est présenté comme l’étude la plus complète disponible sur le sujet, lancée le 5 septembre par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se déroule actuellement à Hawai’i. Le rapport, intitulé Explaining ocean warming: Causes, scale, effects and consequences, étudie les effets du réchauffement des océans sur les espèces, les écosystèmes et les bénéfices que les océans offrent aux humains. Rédigé par 80 scientifiques originaires de 12 pays, il présente les preuves scientifiques détectables d’impacts sur la vie marine, des micro-organismes jusqu’aux mammifères, et qui sont susceptibles d’augmenter significativement même en cas de scénario à faibles émissions. « Le réchauffement des océans est l’un des problèmes cachés les plus importants de cette génération – et pour lequel nous sommes totalement mal-préparés » affirme la Directrice générale de l’UICN, Inger Andersen. « La seule façon de préserver la riche diversité de la vie marine et de conserver la protection et les ressources que l’océan nous fournit est de diminuer rapidement et significativement les émissions de gaz à effet de serre. » Le réchauffement des océans affecte déjà tous les écosystèmes, des régions polaires jusqu’aux régions tropicales, et conduit des groupes entiers d’espèces comme les planctons, les méduses, les tortues et les oiseaux de mer à remonter de 10 degrés de latitude vers les pôles. Cela entraîne la perte des aires de reproduction pour les tortues et les oiseaux de mer, et affecte les chances de succès de la reproduction des mammifères marins, selon ce rapport. En détruisant l’habitat des poissons et en poussant les espèces de poissons à se déplacer vers des eaux plus froides, le réchauffement des océans affecte les stocks de poissons dans certaines zones, et devrait entraîner une réduction des prises dans les régions tropicales, toujours selon ce rapport. En Afrique de l’Est et dans l’océan Indien occidental, par exemple, le réchauffement des océans a réduit l’abondance de certaines espèces de poissons en tuant certaines parties de récifs coralliens dont ceux-ci dépendent, ajoutant aux pertes causées par la surpêche et les techniques de pêche destructives. En Asie du Sud-est, les prises des pêcheurs en mer devraient diminuer de 10 à 30% d’ici à 2050 par rapport aux niveaux de 1970-2000, car la répartition des espèces de poissons se modifiera dans le cas d’un scénario de maintien du statu quo pour les émissions de gaz à effet de serre. « Une grande partie de la chaleur issue du réchauffement anthropique depuis les années 1970 – un ahurissant 93% – a été absorbée par l’océan, qui agit comme tampon face aux changements climatiques, mais cela a un coût. Nous avons été profondément étonnés par l’échelle et l’ampleur des effets du réchauffement de l’océan sur des écosystèmes entiers, ce que ce rapport a très bien montré » affirme Dan Laffoley, Vice-président Milieu marin de la Commission mondiale des aires protégées de l’UICN, et l’un des principaux auteurs. Le rapport présente également les preuves que le réchauffement des océans entraîne une augmentation des maladies dans les populations végétales et animales, et a un impact sur la santé humaine, car les agents pathogènes (notamment la bactérie porteuse du choléra et certaines proliférations algales responsables de maladies neurologiques comme la ciguatera) se diffusent plus facilement dans des eaux plus chaudes. Le réchauffement des océans affecte également le climat, avec diverses répercussions sur les humains. Le nombre d’ouragans violents a augmenté à un taux d’environ 25-30% par degré de réchauffement mondial, selon le rapport. Le réchauffement des océans a conduit à une augmentation des précipitations dans les latitudes moyennes et les zones de moussons, et à une diminution des précipitations dans diverses régions sous-tropicales. Ces changements auront des effets sur les rendements des cultures dans d’importantes régions agricoles comme l’Amérique du Nord et l’Inde, selon ce rapport. La protection offerte par les océans et leurs écosystèmes contre les changements climatiques – comme l’absorption de grandes quantités de CO2 et la protection des orages et de l’érosion – est susceptible de se réduire parallèlement au réchauffement des océans, toujours selon ce rapport. Les recommandations du rapport incluent : la reconnaissance de la gravité des impacts du réchauffement des océans sur les écosystèmes océaniques et les avantages offerts aux humains, le développement des aires marines protégées, la mise en place d’une protection juridique pour la haute-mer, une meilleure évaluation des risques sociaux et économiques associés au réchauffement des océans, la réduction des lacunes dans les connaissances scientifiques, ainsi que la réduction rapide et significative des émissions de gaz à effet de serre. La conservation des océans est l’un des principaux thèmes abordés par le Congrès de l’UICN qui se déroule actuellement, où les Membres de l’UICN voteront sur des motions liées à la protection de la haute-mer et aux aires protégées en Antarctique, entre autres.
Un partenariat pour les Zones Clés pour la Biodiversité
Des acteurs clés de la conservation s’unissent pour cartographier, monitorer et préserver les sites vitaux pour le maintien de la vie sur Terre Hawaii, 3 septembre 2016 – 11 des principales organisations mondiales de la conservation de la nature annoncent un nouveau et ambitieux partenariat pour identifier, cartographier, monitorer et préserver les Zones Clés pour la Biodiversité (ZCB) – des sites qui abritent notamment des habitats vitaux pour les espèces menacées – en y engageant plus de 15 millions de dollars dans les cinq années à venir. Cette annonce a été effectuée pendant le Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se tient actuellement à Hawaii, États-Unis d’Amérique. Le Partenariat pour les ZCB permettra de mobiliser des ressources et des compétences afin d’identifier et de cartographier les Zones Clés pour la Biodiversité dans le monde entier. Le suivi de ces sites permettra de détecter des menaces potentielles et de définir des mesures de conservation pertinentes. Le Partenariat apportera aussi des conseils aux gouvernements nationaux en vue de l’expansion de leur réseau d’aires protégées, et collaborera avec le secteur privé afin d’aider les entreprises à réduire et à atténuer l’impact de leurs activités sur la nature. « Il s’agit d’une initiative d’une importance vitale pour la biodiversité de notre planète, » dit Braulio Ferreira de Souza Dias, Secrétaire exécutif de la Convention sur la diversité biologique. « Ce Partenariat renforcera les efforts de conservation sur le plan mondial en mettant en lumière des sites d’importance internationale qui nécessitent des mesures de conservation urgentes. Il contribuera aussi à atteindre les objectifs du Plan stratégique pour la biodiversité et permettra aux gouvernementaux nationaux et aux organisations environnementales de veiller à ce que les moyens limités dont on dispose soient affectés aux sites vitaux pour la nature. » L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a travaillé avec des centaines d’experts et de décideurs afin d’élaborer un Standard mondial pour l’identification des Zones Clés pour la Biodiversité. Ce Standard sera également présenté lors du Congrès mondial de la nature, lundi 5 septembre. « Notre planète est à la croisée des chemins et nous devons d’urgence prendre des mesures si nous voulons qu’elle soit en mesure de continuer à assurer notre existence, » dit Mme Inger Andersen, Directrice générale de l’UICN. « Connaître l’emplacement et les raisons pour lesquelles un site est considéré comme vital pour la survie d’espèces menacées est un élément essentiel de tout développement durable et deviendra crucial pour la réalisation des Objectifs du développement durable. » Plus particulièrement, les informations relatives aux Zones Clés pour la Biodiversité contribueront à atteindre l’Objectif de développement durable 14, relatif à la conservation et l’utilisation durable des océans, et l’Objectif 15, sur la gestion des forêts, la lutte contre la désertification et l’arrêt du processus de dégradation des sols. Le Partenariat pour les ZCB peut tirer profit du solide bilan des partenaires en matière d’identification, suivi et préservation de sites. Depuis 40 ans, BirdLife International a identifié plus de 13 000 Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux et de la Biodiversité, terrestres et marines, dans toutes les régions du monde, par le biais de ses 120 partenaires nationaux et d’autres acteurs, tandis que le Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques a apporté son appui à l’identification de 6000 Zones Clés pour la Biodiversité dans les « points chauds » de la biodiversité mondiale. Plus de 18 000 Zones Clés pour la Biodiversité, d’importance mondiale et régionale, ont été identifiées et cartographiées, dont le Parc national Ujung Kulon en Indonésie, qui abrite la dernière population connue du Rhinocéros de Java (Rhinoceros sondaicus), classé En danger critiques d’extinction, et la zone marine protégée de Molokai à Hawaii, dont les eaux peu profondes sont le seul site connu du corail Porites pukoensis, En danger critique d’extinction. Le nouveau partenariat va fédérer tous ces efforts sous une bannière commune : les Zones Clés pour la Biodiversité. Le réseau de ZCB sera étendu à d’autres espèces et écosystèmes en utilisant le Standard mondial des ZCB. Ces données permettront d’orienter les décideurs pour reconnaître les zones nécessitant une sauvegarde et aideront un grand nombre d’utilisateurs à définir leurs priorités en matière de conservation, respecter les engagements pris au niveau international et mettre en œuvre leurs politiques environnementales. Les partenaires de cette initiative pour les ZCB sont les suivants : l’Amphibian Survival Alliance, BirdLife International, Conservation International, le Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques, le Fonds pour l’environnement mondial, Global Wildlife Conservation, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), NatureServe, la RSPB, la Wildlife Conservation Society et le Fonds mondial pour la nature. « Promouvoir et mettre en œuvre des solutions de conservation efficaces nécessite d’avoir des stratégies globales clairement identifiées, » dit Naoko Ishii, directrice générale et présidente du FEM. « À cet égard, nous sommes fiers d’être l’un des membres fondateurs de ce nouveau partenariat pour aider à cartographier et à protéger certains aspects les plus précieux de la biodiversité de la planète. »
Le monde protège désormais près de 15% de ses terres
Le monde protège désormais près de 15% de ses terres, mais des zones cruciales pour la biodiversité restent oubliées Près de 15% des terres de notre planète et 10% de ses eaux territoriales sont couvertes par des parcs nationaux et autres aires protégées. La couverture des aires marines protégées a augmenté de presque 300% au cours des dix dernières années. Cependant, dans le monde, huit zones clés pour la biodiversité sur dix ne bénéficient pas d’une protection complète. Avec 14,7% des terres et 10% des eaux territoriales protégées, le monde est en bonne voie pour réaliser un objectif majeur de la conservation mondiale, selon un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), lancé le 3 septembre au Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se déroule actuellement à Hawai’i. Cependant, le rapport Planète protégée 2016 souligne également que des zones cruciales pour la biodiversité sont oubliées, des espèces et habitats essentiels sont sous-représentés, et l’efficacité des aires protégées est limitée par une gestion inadéquate. « Les avancées énormes que nous avons faites ces dix dernières années en termes de nombre et de taille des aires protégées doivent aller de pair avec des améliorations de leur qualité », souligne le Directeur du PNUE, Erik Solheim. « Le monde doit faire plus pour protéger efficacement nos espaces biologiques les plus divers. Les aires protégées doivent être mieux connectées, afin de permettre aux populations animales et végétales de se mélanger et s’épanouir. Il est également important de veiller à ce que les communautés locales soient impliquées dans les efforts de protection. Leur soutien est fondamental pour la conservation à long terme. » « Aujourd’hui, le monde fait face à des défis environnementaux et sociétaux de taille, comme les changements climatiques, la sécurité hydrique et alimentaire » affirme la Directrice générale de l’UICN, Inger Andersen. « Les aires protégées jouent un rôle essentiel dans la conservation d’espèces et d’écosystèmes qui nous aident à lutter contre ces problèmes. Il est donc crucial de garantir leur cartographie soigneuse et leur gestion efficace si nous voulons continuer à prospérer sur notre planète. » Selon les scientifiques du Centre mondial de surveillance de la conservation de l’UICN et du PNUE, il existe aujourd’hui 202 467 aires protégées qui couvrent presque 20 millions de kilomètres carrés, soit 14,7% des terres du monde, Antarctique exclue. Nous sommes donc un peu en dessous de l’objectif de 17% établi pour 2020 par la Convention sur la diversité biologique dans le cadre des Objectifs d’Aichi pour la biodiversité. La couverture terrestre des aires protégées a diminué de 0,7% depuis le dernier rapport Planète protégée. Cependant, les scientifiques attribuent davantage ce déclin aux flux dans les données – modifications de frontières, suppression de certains grands sites de la Base de données mondiale sur les aires protégées, amélioration de la qualité des données – plutôt qu’à une diminution réelle dans la couverture sur le terrain. Les pays d’Amérique latine et des Caraïbes sont ceux qui protègent la plus grande part de leurs terres, avec presque 5 millions de kilomètres carrés au total. Le Brésil compte pour environ la moitié, et peut s’enorgueillir de posséder le plus grand système d’aires protégées terrestres au monde, avec 2,47 millions de kms². Le Moyen-Orient a le taux de protection terrestre le moins élevé, à environ 3%, ce qui équivaut à environ 119 000 kilomètres carrés. La décennie passée a été témoin de progrès remarquables dans la protection des océans du monde. La taille des aires marines protégées a augmenté, passant d’un peu plus de 4 millions de kms² en 2006 à près de 15 millions de kms² aujourd’hui, soit 4% des océans de notre planète, une zone équivalente à la taille de la Russie. Mais malgré cette augmentation, il reste encore beaucoup à faire pour améliorer la qualité des aires protégées. Zones d’importance pour la biodiversité Actuellement, moins de 20% des Zones clés pour la biodiversité du monde sont entièrement couvertes par des aires protégées. Manque de gestion efficace Moins de 20% des pays ont rempli leurs engagements pour évaluer la gestion de leurs aires protégées, ce qui soulève des questions quant à la qualité et l’efficacité des mesures existantes en faveur de la conservation. Les aires protégées sont fondamentales pour le développement durable Le rapport recommande d’investir dans les aires protégées pour renforcer la gestion durable de la pêche, contrôler les espèces envahissantes, s’adapter aux changements climatiques et réduire les incitations préjudiciables, comme les subventions, qui menacent la biodiversité. L’adoption de ces recommandations aiderait à mettre un terme à l’appauvrissement de la biodiversité, améliorerait la sécurité hydrique et alimentaire, permettrait aux communautés humaines vulnérables de mieux lutter contre les catastrophes naturelles et conserverait les connaissances traditionnelles. Consultez le rapport (en anglais)
Congrès mondial de la nature de l’UICN 1-10 septembre 2016
Le Congrès mondial de la nature de l’UICN déterminera la voie à suivre pour la conservation de la nature à l’échelle mondiale Plus de 8300 délégués originaires de 184 pays, y compris des chefs d’Etats et autres responsables gouvernementaux de haut-niveau provenant de diverses organisations, sont attendus au Congrès de l’UICN. Le thème du Congrès de l’UICN est « La planète à la croisée des chemins », soulignant ainsi que la conservation de la nature et le progrès humain ne sont pas un jeu à somme nulle. Des choix crédibles et accessibles existent, capables de promouvoir le bien-être général tout en soutenant et en améliorant les biens naturels de notre planète. C’est la première fois que le Congrès de l’UICN sera accueilli par les Etats-Unis, Honolulu, Hawai’i, où résident plus de 100 organisations Membres de l’UICN. Des questions essentielles seront débattues au Congrès : le trafic d’espèces sauvages la conservation des océans les solutions fondées sur la nature pour l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de leurs effets l’investissement privé dans la conservation Annonces médias lors du Congrès Mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacéesTM – La Liste rouge de l’UICN est la source d’informations la plus complète au monde sur le statut de la conservation des espèces de plantes, d’animaux et de champignons dans le monde. Chaque mise à jour de la Liste rouge de l’UICN révèle de nouvelles informations sur le statut des espèces évaluées (4 septembre) Rapport : Le réchauffement des océans – Lancement du rapport sur le réchauffement des océans, comprenant l’analyse la plus récente et complète des connaissances sur le réchauffement des océans et de ses conséquences sur la biodiversité, les services écosystémiques et les humains (5 septembre). Annonce sur les nouveaux Points d’espoir des océans (9 septembre) Cliquez ici pour voir la liste la plus récente des conférences de presse prévues EN SAVOIR PLUS Site internet du Congrès mondial de la nature de l’UICN Le congrès mondial de la nature et l’UICN France La liste des événements organisés ou co-organisés par le Comité français de l’UICN pour la partie « Forum » Flyer général sur le Comité français de l’UICN : français et anglais Flyer sur la « Liste rouge des écosystèmes en France » : anglais Flyer sur « Les solutions fondées sur la nature pour lutter contre les changements climatiques » : anglais Plaquette sur « Les solutions fondées sur la nature pour lutter contre les changements climatiques » : français et anglais Plaquette sur « Les 10 ans du PPI » : français et anglais
Lancement de l’appel à reconnaissance SNB 2016
L’appel à reconnaissance de projets pour 2016 dans le cadre de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité a été lancé le 2 août 2016 par Barbara Pompili, Secrétaire d’État chargée de la Biodiversité. L’UICN France soutient la poursuite de cette mobilisation des acteurs en faveur de la biodiversité. La préservation et la reconquête de la biodiversité constituent des enjeux planétaires, auxquels chacun doit contribuer. La France a ainsi souscrit aux objectifs de la Convention internationale sur la diversité biologique, qu’elle a retranscrite dans sa Stratégie Nationale pour la Biodiversité 2011-2020. Cette mobilisation en faveur de la biodiversité doit également être celle de toute la société. C’est pourquoi Barbara Pompili appelle collectivités, entreprises, associations, fédérations professionnelles,… à s’engager et à faire connaître leurs projets en faveur de la biodiversité. Les engagements qui participeront à la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de la Biodiversité seront reconnus et mis en valeur. Les projets déposés lors des appels à reconnaissance des années précédentes témoignaient d’une grande capacité d’innovation des acteurs, ainsi que d’une volonté de toutes et tous de participer à la mise en œuvre de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité et de ses priorités. Au lendemain du vote définitif de la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, qui inscrit la Stratégie Nationale pour la Biodiversité dans le Code de l’environnement, un nouvel appel à projets pour l’année 2016 a été lancé. De nombreux acteurs se sont déjà engagés et ont été reconnus comme l’UICN France, plusieurs de ses membres et entreprises partenaires. La mise en œuvre de la SNB reposant sur une implication de tous les acteurs, l’UICN France les invite ainsi à proposer des engagements volontaires constitué d’actions significatives, cohérentes, proportionnées et additionnelles. Les candidats sont invités à remettre leur projet avant le 30 septembre 2016. Seront distinguées les meilleures initiatives en faveur de la biodiversité à l’automne 2016. Pour en savoir plus Lire le communiqué de presse ministériel : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Barbara-Pompili-lance-l-appel-a.html S’engager dans la mise en œuvre de la stratégie http://www.developpement-durable.gouv.fr/Comment-agir-avec-la-strategie
Publication : Changement climatique et risques naturels dans les montagnes tempérées
Nature et climat : l’UICN France recommande de mieux protéger les milieux naturels de montagne pour faire face aux changements climatiques L’UICN France publie une synthèse des liens établis et prévisibles entre le changement climatique et les risques naturels en montagne. Cette étude confirme l’importance de la mise en œuvre des engagements pris par les Etats dans l’Accord de Paris sur le Climat afin de préserver l’intégrité des écosystèmes et de développer des solutions fondées sur la nature. Les activités humaines liées au développement des industries, des transports, de l’urbanisation et les émissions de gaz à effet de serre associées modifient le climat à la surface de la Terre. La hausse moyenne des températures, le recul des glaciers, les modifications des régimes pluviométriques sont autant de signes et de conséquences de ce changement climatique planétaire, qui affectent en particulier les milieux montagnards. Du fait de la combinaison de facteurs climatiques et topographiques singuliers, les montagnes sont des milieux très dynamiques et propices à divers aléas naturels. La modification des paramètres bioclimatiques entraine mécaniquement des répercussions sur les risques naturels, plus particulièrement sur la fréquence et la magnitude des aléas. Ainsi, les montagnes sont le théâtre de transformations rapides, perceptibles de façon plus ou moins directe, telles que le recul des glaciers, la dégradation du permafrost, la diminution de l’enneigement ou encore la remontée en altitude des espèces. Ces modifications ont fait l’objet d’observations scientifiques à moyen et long terme. L’évolution des risques naturels en montagne est non seulement liée à la modification des aléas sous l’influence du changement climatique, mais aussi aux effets anthropiques marqués dans ces milieux. Face au changement climatique et aux enjeux de gestion des risques naturels, des solutions s’appuyant sur le fonctionnement et la résilience des écosystèmes existent. Ces solutions fondées sur la nature soulignent la contribution des milieux naturels en bon état de conservation à la lutte contre les effets du changement climatique et à la gestion des risques naturels, tout en préservant la biodiversité. Document joint Découvrir la synthèse CONTACT Pauline Teillac-Deschamps, Chargée du programme « écosystèmes »
Pour une cohabitation durable avec le loup
Face aux conflits qui se sont intensifiés entre la protection du loup et l’élevage ovin, le Comité français de l’UICN estime nécessaire de mettre rapidement en place une stratégie permettant de garantir une présence pérenne du loup en France et les conditions de la coexistence durable entre cette espèce et les activités humaines. Pourquoi l’UICN France choisit-elle de s’exprimer aujourd’hui sur le loup ? Les conflits d’objectifs ou d’usage entre la protection du loup et l’élevage ovin se multiplient, depuis le retour du loup sur le territoire métropolitain au début des années 1990. La concertation entre acteurs concernés, difficile, ne permet pas actuellement de dégager des solutions durables. Face au besoin d’une stratégie globale, comprise et acceptée, l’UICN France a estimé qu’elle pouvait apporter à ce débat complexe sa capacité d’expertise et jouer son rôle de plateforme de débat et de concertation avec son réseau, sachant qu’elle est ni instance de décision ni partie aux conflits relatifs à la présence du loup. Le contexte, et les questions posées Inexistante en 1992, la population de loups en métropole était évaluée en 2015 entre 206 et 358 individus, en expansion plus ou moins régulière à partir d’un grand quart sud-est de la France. La convention de Berne, comme la directive Habitats-faune-flore de 1992, assurent une protection stricte de l’espèce, sous réserve de dérogations possibles en cas de dommages importants, en l’absence d’autres solutions, et si la population de loup est jugée en « bon état de conservation ». Dans ce contexte, pour l’UICN France, les principales questions qui se posent actuellement sont les suivantes : Sur quelles bases scientifiques et techniques validées, non controversées, peut-on fonder des décisions de protection de l’espèce et de gestion des conflits ? Comment remettre en place un dispositif de gouvernance satisfaisant, permettant d’une part d’organiser l’expertise nécessaire, et d’autre part de recueillir les avis des parties prenantes, pour préparer les décisions à prendre ? Comment adapter la politique de protection de l’espèce à des contextes locaux différents, et en évolution ? Les propositions de l’UICN France portent principalement sur trois domaines Organiser une « expertise collective scientifique et technique », clairement séparée de la concertation entre parties prenantes, fondée sur des procédures rigoureuses de validation des productions scientifiques, pour faire le point des connaissances acquises et des besoins de connaissances nouvelles dans trois domaines principaux : la connaissance de l’espèce loup et de ses dynamiques de population, les pratiques d’élevage et les dispositifs permettant d’atténuer la vulnérabilité des troupeaux, les analyses transversales nationales et internationales permettant d’éclairer les pratiques de gestion des conflits relatifs au loup dans les sociétés concernées ; Relancer les concertations entre parties prenantes, au niveau national comme au niveau local, sur le champ à couvrir par l’expertise collective puis sur les enseignements à tirer de ses résultats, et dans l’attente de ces résultats sur les mesures transitoires à prendre ; Mettre en œuvre les mesures relevant de décisions administratives (autorisations de tirs) permettant de gérer la situation dans l’attente de la définition d’une stratégie plus complète de l’Etat, à asseoir sur les résultats de l’expertise collective lorsqu’ils seront disponibles. EN SAVOIR PLUS Découvrir la synthèse de la position de l’UICN France sur la cohabitation durable avec le Loup et les propositions détaillées
Les espèces exotiques envahissantes sur les sites d’entreprises
Les entreprises peuvent agir face aux espèces exotiques envahissantes sur leurs sites : l’UICN France publie un guide pour les accompagner Les entreprises, propriétaires ou gestionnaires d’espaces fonciers, sont régulièrement confrontées à la présence d’espèces exotiques envahissantes sur leurs sites. Certaines de leurs activités peuvent également contribuer à l’introduction d’animaux ou de végétaux exotiques envahissants et favoriser involontairement leur développement. Pour les aider à agir, l’UICN a réalisé et publié un guide avec ses entreprises partenaires. Les espèces exotiques envahissantes sont l’une des principales causes de l’érosion de la biodiversité mondiale. Leur introduction et leur expansion peuvent engendrer de nombreux impacts écologiques négatifs sur les milieux naturels et les espèces qu’ils hébergent. Elles peuvent aussi être à l’origine de coûts économiques très importants. Concernées par cette problématique et souhaitant participer aux efforts de gestion, quatre entreprises partenaires de l’UICN France – EDF, ENGIE, EQIOM, Ciments Calcia-GSM – ont souhaité bénéficier de son expertise pour mettre en place une gestion adaptée des espèces exotiques envahissantes sur leurs sites. L’UICN France a donc élaboré un guide, organisé en deux livrets : Le premier synthétise l’état des connaissances sur les espèces exotiques envahissantes, les principaux dispositifs juridiques internationaux et nationaux en vigueur, ainsi que les stratégies développées et les acteurs actifs sur ce sujet. Il fournit également des recommandations générales pour gérer ces espèces, en détaillant notamment les différentes étapes d’élaboration d’un programme d’actions. Le second est destiné à un usage de terrain.Il comporte une présentation détaillée de 12 méthodes de gestion (arrachage, cerclage, tir, piégeage, etc.) ainsi que des fiches spécifiques pour identifier et gérer 16 espèces animales (Grenouille taureau, Ragondin, etc.) et végétales (Jussies, Renouée du Japon, etc.) fréquemment observées sur les sites d’entreprises. Des retours d’expériences de gestion menées par des gestionnaires de site complètent et illustrent les explications. L’UICN France encourage ainsi en premier lieu les entreprises à élaborer des programmes d’actions pour mieux anticiper et gérer les espèces exotiques envahissantes sur leurs sites Avec ce guide, le gestionnaire d’un site d’entreprise pourra aussi, par exemple, identifier les techniques à mettre en place pour éviter la dispersion des plantes exotiques envahissantes lors des interventions de gestion ou encore découvrir la méthode de piégeage des Ecrevisses de Californie et de Louisiane à l’aide de nasses. La réalisation de ce guide a mobilisé de nombreux experts de l’UICN France, en particulier les membres du groupe de travail national « Invasions Biologiques en milieux aquatiques »*. *Groupe de travail coordonné par l’ONEMA et l’UICN France. Télécharger le guide « Les espèces exotiques envahissantes sur les sites d’entreprises » Livret 1 : Connaissances et recommandations générales, février 2016, 40 p. Livret 2 : Identifier et gérer les principales espèces, mars 2016, 96 p. – modifié Contacts Elodie Russier-Decoster – Chargée de mission Entreprises et biodiversité Matthieu Thune-Delplanque – Chargé de mission Entreprises et biodiversité
Lancement de l’appel à projets BEST 2.0 « Petites subventions »
Lancement de l’appel à projets BEST 2.0 « Petites subventions » pour les acteurs des PTOM du Pacifique et Caraïbes Les acteurs des pays et territoires d’outre-mer (PTOM) des régions Pacifique et Caraïbe peuvent déposer leur demande de petites subventions pour leurs projets de conservation de la biodiversité. Le Programme BEST 2.0 (biodiversité et services écosystémiques dans les territoires d’outre-mer européens), dont le Comité français de l’UICN est partenaire, vient de lancer le deuxième appel à petites subventions (deux catégories de financement : <50 000 EUR et <100 000 EUR) pour des projets de conservation de la biodiversité et des services écosystémiques dans les PTOM de l’UE. Ce deuxième appel est ouvert aux acteurs locaux des PTOM des régions Pacifique et Caraïbe. Dans le Pacifique, les 4 PTOM sont concernés : la Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, la Polynésie française et Pitcairn. Les écosystèmes naturels comme les récifs coralliens et les mangroves protègent les rivages des impacts des tempêtes et de l’élévation du niveau de la mer. Les eaux marines et côtières en bonne santé maintiennent des pêcheries et abritent des espèces et des habitats uniques qui attirent les visiteurs – la clé d’une industrie touristique souvent principal moteur de l’économie locale dans les PTOM. Un développement durable préservant le capital naturel est vital pour ces entités d’outre-mer. Le Programme BEST 2.0 est coordonné par le Secrétariat international de l’UICN, en partenariat avec le Comité français de l’UICN, et soutenu par la Direction générale pour la coopération internationale et le développement de la Commission européenne (CE DG DEVCO) dans le cadre de l’initiative biodiversité pour la vie (B4Life). Il vise à financer des actions de terrain de conservation et de développement durable. Le premier appel 2015 a financé 4 projets avec des subventions moyennes dans le Pacifique. Sur le portail dédié du Programme BEST 2.0, les porteurs de projets intéressés peuvent trouver les lignes directrices pour les demandes de petites subventions, les critères d’éligibilité, les réponses aux questions fréquemment posées, des conseils et leçons apprises de l’appel 2015 et soumettre une note de concept avant le 23 mai 2016. De plus amples informations peuvent être trouvées sur le site BEST de la Commission européenne, y compris l’historique de l’initiative BEST, des fiches d’information sur les projets précédemment financés et des nouvelles des partenaires régionaux.
Stratégie régionale pour la biodiversité bourguignonne
L’UICN France soutient la mise en œuvre de la stratégie régionale pour la biodiversité bourguignonne Afin de répondre plus efficacement aux enjeux de préservation de la biodiversité, l’UICN France recommande à toutes les régions de mettre en place des stratégies régionales pour la biodiversité. Dans le cadre d’un partenariat avec Alterre Bourgogne, l’agence régionale pour l’environnement et le développement soutenable en Bourgogne, l’UICN France a accompagné les acteurs bourguignons dans l’élaboration de leur stratégie régionale pour la biodiversité qui entre en phase de mise en œuvre dans un contexte régional renouvelé. Un territoire engagé pour la biodiversité aux côtés de l’UICN France La Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB), qui concrétise l’engagement international de la France au titre de la Convention sur la diversité biologique (CDB), met l’accent sur la nécessité d’agir ensemble et à tous les niveaux territoriaux pour répondre aux enjeux de la biodiversité qui continue de se dégrader. Elle vise à être mise en œuvre non seulement par l’Etat mais aussi par les collectivités territoriales et les différents acteurs de la société civile. Conscients de leurs responsabilités, l’Etat et le Conseil régional de Bourgogne ont souhaité s’inscrire dans ce processus dès 2012 en élaborant une stratégie régionale pour la biodiversité (SRB), fondée sur les principes directeurs définis par l’UICN France avec le soutien du secrétariat de la CDB. Cette démarche, articulée avec l’élaboration du Schéma régional de cohérence écologique (SRCE), a bénéficié de l’expertise de l’UICN France et a reçu l’appui technique et méthodologique d’Alterre Bourgogne. Une mobilisation des acteurs bourguignons de deux ans pour construire la stratégie régionale pour la biodiversité Une gouvernance collégiale et pérenne associant l’ensemble des acteurs régionaux est un des points fondamentaux de l’élaboration et de la mise en œuvre d’une SRB. L’objectif est en effet de doter la région d’un cadre de référence commun, construit par et pour tous les acteurs du territoire afin qu’ils s’approprient les enjeux de la biodiversité et agissent de concert pour améliorer la connaissance, la restauration et la conservation du capital écologique régional. L’élaboration de la SRB bourguignonne a ainsi fait l’objet d’une large concertation de 2 ans qui a rassemblé plus de 1500 participants au cours d’une quarantaine de réunions d’échanges et de co-construction. Ce travail a permis la production des trois documents composant la SRB : • le diagnostic présente une synthèse des enjeux sur la base d’un état des lieux de la biodiversité régionale et de ses interactions avec les activités du territoire ; • la stratégie définit les orientations stratégiques et les objectifs opérationnels de préservation et de valorisation de la biodiversité régionale à horizon 2020 ; • le guide d’accompagnement pour l’action fournit les informations et recommandations nécessaires pour passer à l’action et mettre en œuvre la SRB concrètement et partout sur le territoire. Des engagements à poursuivre et à renforcer pour mettre en œuvre la SRB A ce jour, ce sont déjà 45 acteurs bourguignons (associations, collectivités, établissements publics, socio-professionnels, etc.) qui ont adhéré à la stratégie régionale pour la biodiversité en signant la charte d’adhésion, 1re étape d’engagement dans la mise en œuvre de la stratégie. Les premières signatures ont eu lieu le 22 mai 2015, à l’occasion de la Journée mondiale de la biodiversité, et le 10 juin 2015, pendant les Assises nationales de la biodiversité, qui avaient lieu à Dijon.Tout acteur du territoire souhaitant s’engager dans la SRB est invité à : 1. Adhérer à la stratégie en signant la charte d’adhésion. 2. S’engager en proposant un plan d’action. 3. Faire labelliser son engagement. La SRB offre également la possibilité à tout citoyen de devenir « ambassadeur de la biodiversité en Bourgogne » en signant une charte citoyenne. L’UICN France encourage tous les acteurs du territoire à s’engager dans la mise en œuvre de leur stratégie régionale pour la biodiversité, en mettant en place des projets concrets et démonstratifs. Afin de susciter et de soutenir ces engagements, l’UICN France recommande de poursuivre le travail d’animation et de suivi de la SRB bourguignonne. Par ailleurs, compte tenu du nouveau contexte régional, l’UICN France préconise d’y intégrer dès que possible les enjeux et spécificités du territoire franc-comtois, afin d’évoluer vers un dispositif applicable à l’ensemble du territoire et des acteurs de la nouvelle région Bourgogne – Franche Comté. Pour en savoir plus Accéder à la stratégie régionale pour la biodiversité bourguignonne UICN France, 2015. Etat des lieux synthétique des politiques ou stratégies de préservation de la biodiversité des régions de France métropolitaine et en outre-mer. Paris. 4 p. UICN France, 2011. Lignes directrices pour l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies régionales pour la biodiversité en France métropolitaine. Paris. 8 p. Egalement disponibles en anglais et en espagnol. UICN France, 2011. Quelles stratégies régionales pour la biodiversité en France métropolitaine ? Paris. 116 p. Pour plus d’informations sur les travaux de l’UICN France avec les collectivités, consulter la page dédiée. Disponible en téléchargement Plaquette Stratégie régionale pour la biodiversité Bourguignone Contacts Florence Clap, Chargée de programme « Politiques de la biodiversité » Valérie Moral, Chargée de mission « Collectivités territoriales et biodiversité » Tél. : 01 47 07 78 58