Presque 3% des océans aujourd’hui protégés
Les aires marines protégées couvrent désormais 2,8% des océans – une superficie plus grande que l’Europe – selon la carte officielle publiée aujourd’hui issue de la base de données mondiale sur les aires protégées, gérée par l’UICN et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). La carte montre une augmentation de 0,6% de la superficie des océans protégés depuis 2012. En 2010, la plupart des gouvernements du monde ont convenu de protéger au moins 10% des zones marines et côtières dans le monde d’ici 2020. « Il est encourageant de constater les progrès que nous avons réalisés jusqu’à présent » , dit Carl Gustaf Lundin, Directeur du Programme mondial marin et polaire de l’UICN. « Protéger moins de 3% de l’océan n’est pas encore suffisant pour assurer sa conservation durable. Toutefois, si nous continuons à augmenter cette superficie de un pour cent chaque année, nous devrions être en mesure d’atteindre l’objectif de 10% d’ici 2020. Nous espérons que cette carte va rendre ce processus beaucoup plus efficace ». La carte permet, pour la première fois, de rendre facilement accessible les données sur les aires marines protégées dans le monde aux spécialistes et au grand public. Elle offre la possibilité de suivre les progrès réalisés pour la protection des océans et d’identifier les zones non encore incluses sur la carte. La carte montre clairement que les progrès obtenus ces dernières années ont été impulsés par la création de grandes aires marines protégées en mer, en complément des nombreux sites de plus petite taille qui existent dans les eaux côtières de nombreux pays. Ces évolutions sont particulièrement visibles autour des eaux territoriales de l’Australie, de la France et de l’Afrique occidentale. « Les pays qui obtiennent de bons résultats devraient aider ceux qui éprouvent des difficultés à protéger leur patrimoine marin exposé à des menaces telles que la surpopulation et qui manquent de capacités et de ressources », déclare Dan Laffoley, Conseiller principal sur les sciences marines et la conservation du Programme mondial marin et polaire de l’UICN. « Cette carte devrait ainsi faciliter la collaboration entre les pays. Elle fournit des informations objectives issues des statistiques officielles pour suivre les progrès vers l’objectif de 10% ». La carte a été présentée au 3ème Congrès mondial des aires marines protégées (IMPAC 3) qui se déroule actuellement à Marseille. Co-organisé par l’UICN, l’Agence des aires marines protégées et la Ville de Marseille, IMPAC 3 rassemble plus de 1.200 spécialistes et personnalités du monde entier dans le but d’évaluer les progrès réalisés et de proposer de nouvelles solutions pour la conservation et le développement durable des océans. « La carte et les statistiques sur la couverture des aires marines protégées seront mises à jour régulièrement, au fur et à mesure que les actions de protection progresseront un peu partout dans le monde », explique Brian Mac Sharry du Programme des aires protégées du Centre mondial de surveillance de la conservation de la nature du PNUE. La carte peut être téléchargée à http://www.protectplanetocean.org/official_mpa_map
La sauvegarde des océans nécessite une meilleure gestion et de meilleurs modes de financements
Pour garantir à long terme la vie des océans et le maintien des services vitaux qu’ils procurent aux populations, il est urgent de rendre la gestion des aires marines protégées plus efficace, et de les doter de moyens financiers plus importants. C’est ce que plaide l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), à l’occasion du 3e Congrès international des aires marines protégées (IMPAC 3), qui ouvre ses portes aujourd’hui à Marseille. Organisé par l’UICN et l’Agence des aires marines protégées, IMPAC 3 rassemblera plus de 1200 gestionnaires d’aires marines protégées, spécialistes du milieu marin et autres acteurs clés du domaine, y compris des représentants gouvernementaux, venus du monde entier. En 2010, la plupart des gouvernements de la planète se sont mis d’accord sur l’objectif de protéger au moins 10 % des mers et des zones côtières du globe d’ici 2020 (1). L’objectif d’IMPAC 3 est de mesurer le chemin déjà parcouru et d’ouvrir de nouvelles pistes, notamment pour améliorer le financement, la gestion, les connaissances et le suivi des aires marines protégées. « A l’échelle globale, le chemin parcouru en termes de protection des océans est très encourageant. Nous sommes passés de moins de 0,5 % d’aires marines protégées, en 2000, à plus de 2 % aujourd’hui », analyse Julia Marton-Lefèvre, directrice générale de l’UICN. « Pourtant, à ce rythme, il nous faudra encore 30 à 40 ans pour atteindre le seuil de 10 %. Répondre à l’engagement des gouvernements d’atteindre cet objectif en 2020 nécessitera un effort collectif considérable. » Selon le dernier rapport de l’UICN et du Programme international sur l’état de l’océan (IPSO), la santé des océans se détériore à un rythme beaucoup plus soutenu qu’on ne le pensait auparavant. Cette tendance est due à une baisse de la teneur des eaux marines en oxygène, causée par le changement climatique et par un enrichissement excessif en nitrates, combinés à d’autres pollutions chimiques et à une surpêche chronique. Selon François Simard, sous-directeur du Programme marin mondial de l’UICN, « Bientôt, nous ne pourrons plus infléchir la dégradation de la vie marine qui est en cours. Nous devons nous assurer d’avoir des ressources suffisantes, y compris sur le plan financier, pour que nos connaissances sur les aires marines protégées continue de s’améliorer, ainsi que la qualité de leur gestion. Si nous échouons, les effets pourraient être rapidement désastreux, pour chacun d’entre-nous. » Les eaux situées au-delà des zones sous juridiction nationale, qui représentent plus de 60 % de la surface mondiale de l’océan, nécessitent, selon l’UICN, une attention particulière. Un nouvel accord sur la biodiversité en haute mer poserait les bases juridiques pour une gestion plus intégrée de ces zones, et permettrait la création d’un réseau d’AMP à une échelle véritablement globale. Les océans couvrent plus de 70 % de la surface terrestre. Plus de 3,5 milliards de personnes vivent à moins de 100 km des côtes et puisent leurs moyens de subsistance dans la mer. Les aires marines protégées sont des zones délimitées où les ressources naturelles et culturelles bénéficient d’une protection spécifique. Elles jouent, à ce titre, un rôle central pour relever certains défis actuels, tels la sécurité alimentaire et énergétique des populations, la pauvreté et le changement climatique. Le 3e Congrès mondial des aires marines protégées se tiendra du 21 au 25 octobre. Il sera suivi par une conférence ministérielle, les 26 et 27 octobre à Ajaccio, en Corse. Les questions de gestion et de financement des aires marines protégées seront approfondies au Congrès mondial sur les parcs, un forum global sur les espaces protégés organisé par l’UICN tous les dix ans, qui se tiendra en novembre 2014 à Sydney, en Australie. (1) l’objectif de protéger au moins 10 % des zones marines et côtières à l’horizon 2020 a été approuvé à la dixième réunion de la Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique qui s’est tenue à Nagoya, au Japon, en octobre 2010. Suivez le congrès sur Oceanplus.tv
Une nouvelle étude montre l’importance de la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN
Une nouvelle norme mondiale dans l’évaluation des risques pour l’environnement, la Liste rouge de l’UICN des écosystèmes, a été testée sur 20 écosystèmes dans les six continents et dans trois océans. « En sachant quels écosystèmes sont en bonne santé et quels sont ceux qui sont perturbés, les gouvernements, les collectivités locales et les entreprises pourront prendre les bonnes décisions d’investissement pour la gestion durable de l’environnement », explique David Keith, responsable d’une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique, PLoS ONE. Le développement de cette nouvelle méthode d’évaluation est considéré comme une percée scientifique majeure pour connaître l’état de l’environnement. Calquée sur l’influente Liste rouge de l’UICN des espèces menacées, la Liste rouge de l’UICN des écosystèmes permettra de déterminer si un écosystème est vulnérable, en danger ou en danger critique. « Pour la première fois, nous avons une méthode d’évaluation des risques qui est applicable dans le monde entier pour les écosystèmes terrestres, d’eau douce et marins », explique l’une des co-auteurs de l’étude, Emily Nicholson de l’Université de Melbourne. « Notre objectif est d’évaluer tous les écosystèmes du monde d’ici 2025 et l’UICN poursuivra son travail pour évaluer de grandes zones géographiques, comme les continents et les bassins océaniques. Mais notre base de données est conçue pour accueillir également des études réalisées au niveau d’une municipalité, d’un pays ou par type d’écosystème, comme le montrent les études de cas de l’article publié dans la revue PLoS ONE « , explique Jon Paul Rodriguez, chef de projet de la Liste rouge de l’UICN des Écosystèmes. Les écosystèmes reculés de montagne du Tepui vénézuélien sont parmi ceux les moins à risque d’effondrement, selon l’étude. À l’autre extrême, la mer d’Aral, en Asie centrale, s’est effondrée au cours des années 1980 et 1990. « Les leçons tirées de l’évaluation de la mer d’Aral font réfléchir », dit Richard Kingsford, directeur du Centre des zones humides (Wetlands Centre) et autre co-auteur de l’étude.« Non seulement une multitude d’espèces a été perdue à jamais, mais l’effondrement de l’écosystème a conduit à un désastre socio-économique. « Les pêcheries de la mer d’Aral et l’industrie maritime se sont effondrées, et parallèlement les maladies respiratoires et digestives ont augmenté et l’espérance de vie a diminué, en raison des tempêtes de poussière générées par la désertification du fond de la mer. Huit écosystèmes australiens évalués dans l’étude se situent entre ces deux extrêmes. Certains d’entre eux sont déjà en rapide déclin, tandis que pour d’autres, les menaces en sont aux premiers stades et pourraient être plus facilement traitées par des décisions politiques et de gestion pour maintenir la diversité et les fonctions des écosystèmes. « Une gestion avisée de l’environnement est impérative pour maintenir des écosystèmes fonctionnels, leur diversité biologique et les services écosystémiques dont nos économies et notre bien-être social dépendent », dit Edmund Barrow, chef du Programme de gestion des écosystèmes de l’UICN. La Liste rouge de l’UICN des écosystèmes devrait devenir un outil précieux pour les autorités locales et nationales, les gestionnaires et d’autres acteurs qui pourront utiliser ces évaluations afin de mieux gérer les ressources limitées de notre planète. Le Comité français de l’UICN est partie prenante de l’élaboration de cette Liste rouge de l’UICN des écosystèmes. Il est membre du groupe de travail international de l’UICN et a assisté aux principaux ateliers de travail organisés aux USA, en France et au Sénégal. La méthodologie a été testée en 2012 sur les zones humides littorales de France métropolitaine et le sera en 2013 sur les forêts de métropole puis en 2014 sur les mangroves de Mayotte. Ces études vont fournir des résultats sur l’état des écosystèmes présents sur le territoire français et alimenter les études de cas réalisées ailleurs dans le monde, comme celles présentées dans l’article de la revue PLoS ONE. L’UICN cherche des soutiens pour compléter l’évaluation mondiale de l’état de conservation des écosystèmes terrestres, d’eau douce, marins et souterrains de la planète avant 2025. En savoir plus Liste rouge mondiale des écosystèmes Commission on Ecosystem Management de l’UICN international La liste rouge France des écosystèmes
Conseil de la mer et des littoraux, traçons un cap pour les océans !
Biodiversité, transition énergétique, réforme du code minier, fiscalité écologique… Pour chacun des grands chantiers lancés par le gouvernement à la suite de la conférence environnementale, la dimension maritime doit être prise compte. Pourtant, la mer est la grande absente des débats. Demain, la première réunion du Conseil National de la Mer et des Littoraux (CNML), créé à l’initiative du Grenelle de la Mer, est l’occasion de mettre les océans au cœur de la politique environnementale de la France. Parviendra-t-il à le faire ? Le CNML doit être porteur d’une politique maritime environnementale ambitieuse Pour certains, la mer est le nouvel « eldorado ». On connaît malheureusement les travers d’un développement économique sauvage. Pour ne pas répéter en mer les erreurs commises à terre, il est impératif de réintégrer la protection de la mer à l’agenda du Gouvernement. Créé pour assurer le suivi du Grenelle de la mer et rendre son avis sur tous les domaines intéressant la mer, le CNML doit donner une dimension environnementale réelle à la politique maritime de la France. Demandez le programme ! Biodiversité, transition énergétique, réforme du code minier, fiscalité écologique… Le CNML doit insuffler une dynamique marine aux chantiers ouverts par le Gouvernement. La transition énergétique devra passer par le développement des énergies marines renouvelables, notamment dans les outre-mer, où la France s’est engagée pour le développement de projets pilotes. La réforme du code minier, quant à elle, doit intégrer les enjeux de l’exploitation minière en mer et la protection des milieux. Enfin, le volet marin de la fiscalité écologique doit impérativement être développé si nous voulons nous donner les moyens de respecter nos engagements européens et internationaux (qualité de l’eau, bon état écologique en 2020, atteinte du rendement maximum durable pour les stocks de poissons, création d’aires marines protégées…). Océans : la France doit être chef de file La France devra également s’atteler au chantier de la gouvernance des océans. Lors du Sommet de Rio+20, de juin dernier, les Etats membres des Nations unies se sont engagés à « s’occuper en urgence » et ce avant 2014, de la préservation et de la gestion de la biodiversité marine en haute mer. Malheureusement, l’agenda et les propositions restent toujours aussi flous. Avec 11 millions de km² d’espaces maritimes, la France doit être force de propositions dès maintenant ! Le Conseil National de la Mer et des Littoraux doit être porteur d’une nouvelle ambition pour la mer. C’est en réussissant à mettre les océans au cœur des priorités environnementales de la France qu’il légitimera son existence et démontrera son utilité. La mer est notre patrimoine commun et il est grand temps de la connaître et de la sauver pour faire mentir l’adage « la mer c’est ce que les gens ont dans le dos quand ils regardent la plage »* Communiqué de presse en pdf en téléchargement ci-dessous. * Eric Tabarly Document joint Communiqué de presse CNML
Nature+ : Vers une nouvelle ère prônant la conservation, la durabilité et les solutions fondées sur la nature
A la fin de sa session, le 5ème Congrès mondial de la nature a adopté la déclaration de Jeju. 1. La conservation de la diversité biologique, à la base même de toute vie sur Terre, revêt une importance capitale pour la vie des êtres humains. Cependant, la diversité biologique, le climat et les autres limites de la planète sont menacés par les activités humaines et notamment notre croissance basée sur les énergies fossiles, gourmande en énergie, et non durable. Notre génération a la responsabilité morale et l’occasion d’empêcher une plus grande détérioration de la diversité biologique et de la biosphère de la Terre, et nous nous engageons à y contribuer activement. 2. Depuis sa création en 1948, l’UICN a participé à tous les principaux débats mondiaux sur l’environnement et le développement durable, occupant récemment un rôle de premier plan à la Conférence Rio+20. Le document final de la Conférence décrit « L’avenir que nous voulons » et préconise que les gouvernements du monde considèrent que « l’élimination de la pauvreté, l’abandon des modes de consommation et de production non viables en faveur de modes durables, ainsi que la protection et la gestion des ressources naturelles sur lesquelles repose le développement économique et social sont à la fois les objectifs premiers et les préalables indispensables du développement durable ». Ce document appelle également tous les pays à prendre des actions urgentes pour lutter contre « les effets néfastes des changements climatiques ». 3. L’UICN fournit des connaissances scientifiques et des conseils politiques afin de venir à bout des grands défis qui menacent l’ensemble de l’humanité. Lors des débats auxquels ont participé les gouvernements, les entreprises et la société civile au Forum mondial de la nature de l’UICN, organisé en septembre 2012 dans la Province autonome spéciale de Jeju, en République de Corée, les actions suivantes ont été identifiées pour conserver la diversité biologique de la Terre. Passer à l’échelle supérieure en matière de conservation 4. Tous les secteurs de la société doivent prendre des mesures fortes pour passer à l’échelle supérieure en matière de conservation de la diversité biologique et mettre un terme à son déclin rapide et continu. La perte de la diversité biologique (espèces, écosystèmes et gènes) a des conséquences néfastes pour l’humanité, ce qui ne peut être accepté. 5. La conservation de la nature prouve chaque jour davantage son efficacité. En conséquence, nous devons amplifier nos actions sur terre et sur mer grâce à des efforts de conservation ciblés. En particulier, nous devons veiller à ce que les aires protégées soient bien gérées ; créer des programmes de repeuplement pour les espèces en péril ; adopter des mesures pour restaurer et réhabiliter les habitats ; renforcer les programmes de reproduction pour la conservation et réduire ou atténuer la surexploitation des ressources naturelles. 6. Nous savons que la connaissance est le moteur de l’action, et qu’une action efficace et des mesures correctives requièrent de meilleures connaissances sur les dangers qui menacent la diversité biologique. Nous devons intensifier nos efforts pour rassembler des informations sur les espèces, les habitats, les écosystèmes, la gouvernance et la dépendance humaine différenciée selon les sexes envers la nature, et offrir ainsi aux décideurs les outils dont ils ont besoin pour une gestion efficace des paysages terrestres et marins qui conserve la nature et soutienne les moyens de subsistance des populations. Des solutions fondées sur la nature 7. La diversité biologique ne doit pas être considérée comme un problème, mais au contraire comme une occasion d’atteindre des objectifs sociétaux plus vastes. La nature est une grande part de la solution à certains des défis les plus urgents de notre planète, comme le changement climatique, l’énergie durable, la sécurité alimentaire et le développement économique et social. Les solutions fondées sur la nature s’appuient sur la contribution prouvée d’écosystèmes divers et bien gérés pour accroître la résilience des humains, et offrir aux femmes et aux hommes des communautés pauvres des opportunités de développement supplémentaires. Ainsi, nous devons encourager la prise de conscience, les connaissances, la bonne gouvernance et des investissements durables pour montrer que la protection de l’environnement est l’affaire de tous et que l’humanité est fondamentalement dépendante de la nature. 8. Valoriser la nature et les services écosystémiques est une première étape cruciale pour offrir des avantages, des paiements et une reconnaissance aux gardiens de la nature. Les solutions fondées sur la nature offrent une vaste gamme d’avantages sociétaux et peuvent attirer l’investissement public et privé. L’UICN prendra la tête d’un mouvement de la conservation qui rapproche les communautés, la société civile, les gouvernements et les investissements afin de négocier et de mettre en oeuvre les solutions pratiques que nous offre la nature pour faire face aux multiples défis du développement, démontrant ainsi leur rentabilité et mesurant et vérifiant leurs effets. La durabilité en action 9. Les gouvernements, la société civile, les entreprises et les autres parties prenantes doivent renforcer leur engagement envers la durabilité en prenant en compte ses trois dimensions : la croissance économique soutenue, inclusive et équitable, le développement et l’intégration sociaux équitables, et la gestion intégrée et durable des ressources naturelles et des écosystèmes. 10. Nous devons intégrer la durabilité dans toutes les décisions sociétales, et soutenir la mise en oeuvre totale des accords multilatéraux environnementaux, notamment les Conventions de Rio et la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), récemment créée. 11. Nous devons travailler avec les secteurs privé et public pour accroître le transfert des technologies vertes et partager les connaissances, expériences et compétences afin d’intégrer la diversité biologique et les valeurs des écosystèmes dans la production et la consommation mondiales. Nous encourageons les gouvernements et les entreprises à rechercher une croissance verte inclusive et respectant la parité hommes-femmes qui garantisse l’intégration sociale des groupes vulnérables, éradique la pauvreté et maintienne l’empreinte de l’humanité dans des limites écologiques raisonnables. 12. Nous devons mobiliser les communautés oeuvrant pour la conservation de la diversité biologique, le développement durable et la réduction de la pauvreté dans des efforts communs, afin de mettre un terme à la perte de la
Journée mondiale de la biodiversité 2012 : L’ONU plaide pour une protection renforcée des océans
À l’occasion de la Journée mondiale de la biodiversité, le 22 mai 2012, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a plaidé en faveur de la protection de la biodiversité marine, à l’heure où les océans sont de plus en plus menacés. « Les océans couvrent pratiquement trois-quarts de la surface du globe. Ils hébergent à la fois le plus grand animal connu – la baleine bleue– ainsi que des milliards de minuscules micro-organismes. Des rivages de sable jusqu’aux abysses les plus profonds, les océans et les littoraux font vivre une abondante diversité biologique dont l’humanité a besoin », a déclaré M. Ban Ki-Moon, qui regrette dans un message qu’en dépit de son importance, la biodiversité marine ait été « malmenée par l’homme » L’Assemblée générale a proclamé le 22 mai Journée internationale de la biodiversité afin de sensibiliser l’opinion publique à l’importance de la biodiversité. La biodiversité marine est le thème retenu cette année, afin de donner aux États Parties à la Convention sur la diversité biologique et à tous ceux qui s’intéressent à la vie marine l’opportunité de renforcer la prise de conscience sur cette question et de favoriser les actions concrètes. Déplorant la surpêche, le Secrétaire général de l’ONU a indiqué que plus de la moitié des ressources halieutiques de la planète était aujourd’hui épuisée et un tiers supplémentaire appauvri : « On estime que 30% à 35% des environnements marins les plus importants – dont les phanérogames, les mangroves et les récifs coralliens – ont été détruits. Les déchets plastiques continuent de tuer des organismes marins et la pollution terrestre menace certaines eaux côtières d’asphyxie, a-t-il expliqué. « De surcroît », a noté Ban Ki-moon, « l’utilisation accrue de combustibles fossiles perturbe le climat de la planète : elle réchauffe la surface des eaux, élève le niveau de la mer et augmente l’acidité des océans, produisant des conséquences dont nous prenons à peine la mesure. » Or, relève le Secrétaire général, la pêche est à l’origine de plus de 15% des protéines animales consommées dans le monde. Les océans et les zones côtières fournissent des services écosystémiques précieux, du tourisme à la protection contre les tempêtes. Et de minuscules plantes photosynthétisantes appelées phytoplanctons produisent 50% de l’oxygène que nous respirons, a-t-il précisé. Tout espoir n’est cependant pas perdu, selon le Secrétaire général de l’ONU. Une étude scientifique menée en 2011 a ainsi montré qu’en dépit des dommages infligés à la faune marine et aux habitats marins au cours des siècles derniers, 10% à 50% des populations et des écosystèmes avaient affiché des signes d’amélioration dès lors que les menaces posées par l’activité humaine avaient diminué ou disparu. « Ceci étant, alors que près de 15% de la surface de la terre est protégée, à peine plus de 1% des milieux marins le sont », a relevé le Secrétaire général, qui s’est toutefois félicité de récents progrès, notamment grâce à la création de grandes réserves marines et au recensement des habitats de haute mer. Pour Ban Ki-moon, la Conférence Rio+20 doit donner un nouvel élan à l’action en faveur de la gestion et de la conservation des océans en incitant les Nations Unies, les gouvernements et les autres partenaires à prendre des mesures pour freiner la surpêche, élargir les zones marines protégées, réduire la pollution des océans et endiguer les effets des changements climatiques. « En agissant aux niveaux national, régional et mondial, et notamment en resserrant la coopération internationale, nous pourrons atteindre les objectifs d’Aichi pour la biodiversité et conserver 10% des zones marines et côtières d’ici à 2020 et ainsi faire un grand pas vers la protection de la biodiversité marine en vue de l’avenir que nous voulons. » Pour en savoir plus, consultez le document « The Ocean : many worlds of life » (en anglais) publié par le Secrétariat de la Convention sur la Diversité Biologique.