Patrimoine mondial de l’Unesco : inscription des Terres et mers australes françaises

Les Terres et mers australes françaises sont désormais inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. Ces territoires incluent l’archipel Crozet, les îles Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam et couvrent une superficie totale de 672 969 km2 dont environ 7 700 km2 de domaine terrestre. Ils abritent de très loin la plus vaste réserve naturelle française et comptent parmi les plus grandes aires marines protégées (AMP) au monde. La France compte désormais 45 sites classés à l’Unesco, dont six sites classés au titre du patrimoine naturel, après le golfe de Porto en Corse, les lagons de Nouvelle-Calédonie ainsi que les pitons, cirques et remparts de l’Ile de La Réunion, ou encore la chaîne des Puys, en Auvergne, et le site du mont Perdu, dans les Pyrénées (également classé site culturel). Plusieurs autres sites ont été labellisés lors de la réunion le 5 juillet 2019 du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, dont le parc national du Vatnajökull (Islande), le patrimoine naturel et culturel de la région d’Ohrid (Macédoine du Nord), le sanctuaire d’oiseaux migrateurs du littoral de la mer Jaune et du golfe de Bohai (Chine), les forêts hyrcaniennes en Iran, les sites de métallurgie ancienne du fer au Burkina Faso ou la ville de Babylone (Irak).   Les Terres et mers australes Les Terres et mers australes françaises englobent les plus grandes des rares terres émergées du sud de l’océan Indien : l’archipel Crozet, les îles Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam ainsi que 60 petits îlots situés dans la zone subantarctique. Cette « oasis » au cœur de l’océan Austral, qui couvre une superficie de plus de 67 millions d’hectares, abrite l’une des plus fortes concentrations d’oiseaux et de mammifères marins au monde. On y trouve notamment la plus grande population de manchots royaux et d’albatros à bec jaune au monde. Du fait de leur éloignement des centres d’activités humaines, ces îles sont des vitrines de l’évolution biologique extrêmement préservées et constituent un territoire unique pour la recherche scientifique. Leur inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’Humanité constitue non seulement une reconnaissance de la richesse patrimoniale exceptionnelle de ces îles australes (Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam) mais celle des actions de conservation conduites depuis plus de 10 ans par la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises sur ce territoire.   Le Groupe de travail Patrimoine mondial du Comité français de l’UICN Le patrimoine mondial constitue un domaine privilégié d’action et d’expertise de l’UICN, qui a été à l’origine de la convention en 1972. L’UICN est un organisme consultatif référent auprès du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO et joue de ce fait un rôle important dans le processus d’inscription et l’évaluation des biens naturels et mixtes sur la liste du patrimoine mondial. Il faut distinguer deux niveaux d’intervention, à l’échelle internationale et nationale. En France, le Comité français de l’UICN, à travers son groupe de travail patrimoine mondial, apporte son expertise sur les biens naturels français candidats ou classés au Patrimoine mondial. Il peut évaluer en amont le potentiel d’inscription d’un site et recommander son inscription sur la liste indicative de la France. Afin de mieux asseoir ses actions sur le Patrimoine mondial, le gouvernement français a crée en juillet 2004 le Comité national français du patrimoine mondial. Conformément au rôle dévolu à l’UICN d’organisation consultative auprès de l’UNESCO, le Comité français de l’UICN fait partie des membres de droit du comité national. Il contribue dans ce cadre à l’évaluation périodique des biens naturels français déjà inscrits et à l’examen des candidatures pouvant être portées par l’Etat français. En complément de cette mission, le Comité français de l’UICN peut intervenir en appui aux porteurs de projets, en mettant à disposition les outils méthodologiques et les lignes directrices réalisés par le Secrétariat international de l’UICN, et en analysant le potentiel d’inscription d’un site naturel ou mixte. Cependant, le Comité français de l’UICN ne pilote pas l’élaboration des dossiers de demande d’inscription. Le Comité français de l’UICN a fournit un accompagnement technique et scientifique à la la candidature des Terres et mers australes françaises pour leur inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO, dont la Réserve Naturelle a récemment rejoint la Liste verte des aires protégées de l’UICN qui récompense les sites efficacement gérés dans le monde.   Plus d’informations – L’annonce officielle du Comité du patrimoine mondial – Le livret « Les Terres et mers australes françaises, candidature 2019 à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco » – Le site internet des Terres Australes et Antarctiques françaises (TAAF) – La chaîne YouTube des TAAF – Le Programme Aires protégées du Comité français de l’UICN Photo bandeau : Kerguelen © Lucia Simion

L’UICN approuve l’engagement de Total de ne pas mener d’opérations dans les sites du Patrimoine mondial

La société Total a confirmé qu’elle ne mènera pas d’opérations extractives dans les sites naturels du Patrimoine mondial, comprenant le parc national des Virunga. L’UICN approuve cette décision et demande à toutes les sociétés pétrolières et gazières de suivre cet engagement. L’UICN, qui est l’organisme consultatif officiel auprès de l’UNESCO sur les sites naturels du Patrimoine mondial, a lancé des appels répétés dans le passé auprès des industries extractives et des gouvernements qui délivrent des permis miniers afin d’arrêter les activités d’exploration et de l’exploitation du pétrole et du gaz dans les sites du Patrimoine mondial. Le Comité français de l’UICN avait alerté le PDG de Total en mai 2012 sur la cette situation et demandé à l’entreprise de s’engager à respecter les limites du parc national et plus largement les sites du Patrimoine mondial. Jusqu’à présent, la société Royal Dutch Shell était la seule entreprise pétrolière et gazière à avoir pris un tel engagement. L’engagement de Total a été officiellement communiqué dans un courrier adressé au Centre du Patrimoine mondial de l’UNESCO. « L’engagement de Total montre clairement que de telles activités dans les sites du patrimoine mondial n’est pas une option pour des industries extractives responsables », dit Julia Marton- Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « Il nous donne l’espoir que les secteurs du pétrole, du gaz et des mines, dans leur ensemble, s’engagent à assumer pleinement leur responsabilité partagée pour la conservation des endroits les plus précieux et irremplaçables de notre planète. Nous appelons toutes les entreprises extractives et les gouvernements qui régulent ce secteur, à déclarer les sites du Patrimoine mondial comme des zones « interdites » ». Les menaces générées par l’industrie extractive sont particulièrement graves en Afrique, où un site naturel sur quatre est affecté. Le parc national des Virunga en République Démocratique du Congo a été le site soumis aux risques les plus élevés au cours des dernières années, après que le gouvernement congolais ait accordé des permis pour procéder à l’exploration dans le parc. L’engagement de Total relâche une partie de la pression sur le parc national des Virunga. Il indique également que l’entreprise respectera les limites actuelles du parc, même si une partie de la protection du parc est retirée. Malgré l’annonce de Total, une autre entreprise basée au Royaume-Uni, SOCO, poursuit des activités extractives dans une zone chevauchant celle du parc des Virunga. « Les États Parties à la Convention du Patrimoine mondial et les entreprises privées doivent respecter le principe établi de longue date statuant que les sites du patrimoine mondial doivent rester hors d’atteinte de l’industrie extractive », dit Tim Badman, Directeur du Programme du patrimoine mondial de l’UICN. « Nous nous félicitons de l’étape positive franchie par Total en faveur de la protection du patrimoine naturel mondial et en particulier pour le parc national des Virunga et sa faune et flore spectaculaires. » Le parc national des Virunga abrite quelque 100 individus des derniers gorilles de montagne et se place parmi les plus grands sites de biodiversité en Afrique. Il a été établi en 1925 comme le premier parc national de l’Afrique et en 1979 il est devenu l’un des premiers sites du Patrimoine mondial. Il figure également sur la liste des zones humides d’importance internationale de la Convention de Ramsar. En dépit d’être répertorié comme un site du Patrimoine mondial en péril depuis 20 ans, les menaces sur le parc restent très critiques et comprennent l’exploration pétrolière, les conflits armés, le commerce illégal d’espèces sauvages et l’occupation illicite. La réponse globale à apporter aux menaces qui pèsent sur les sites du Patrimoine mondial et d’autres aires protégées à travers le monde sera discutée lors du prochain Congrès mondial des parcs de l’UICN, qui se tiendra du 12 au 19 novembre 2014 à Sydney, en Australie.

Un site naturel du Patrimoine mondial sur dix est en péril, d’après l’UICN

La session annuelle du Comité du Patrimoine mondial de l’UNESCO, qui s’ouvre à Saint-Pétersbourg dimanche, va examiner l’inscription de 36 nouveaux sites sur la Liste en tant que bien naturels ou culturels, ainsi qu’un certain nombre de rapports de suivi sur des sites déjà inscrits. Cependant, si les recommandations de l’UICN visant à inscrire quatre nouveaux sites sur la Liste du Patrimoine mondial en péril sont acceptées, 21 sur les 211 sites naturels du Patrimoine mondial, soit un sur dix, sera officiellement « en danger ». « Les sites du Patrimoine mondial ont une valeur emblématique pour la conservation sur la planète, mais ils se trouvent pourtant soumis à des pressions croissantes », dit Tim Badman, Directeur du Programme du Patrimoine mondial à l’UICN. « La Convention, qui fête ses 40 ans cette année, devra en faire beaucoup plus pour protéger les sites inscrits sur la Liste dans les dix années à venir, tout particulièrement pour ceux qui sont en péril, si l’on veut que l’inscription sur la Liste du Patrimoine mondial reste un modèle de référence incontestable. Pour célébrer ses 40 années d’existence, la Convention a choisi le thème des communautés, et nous pensons que les avantages apportés par le Patrimoine mondial aux populations concernées représentent un élément clé du succès de la conservation des sites. » L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), organe consultatif du Patrimoine mondial pour la nature, présentera des recommandations techniques relatives à quatre nouveaux sites naturels et les résultats de ses missions de suivi sur des sites du Patrimoine mondial dont la valeur est menacée. L’UICN propose l’inscription de quatre sites naturels : le Trinational de la Sangha, un complexe partagé par le Cameroun, la République centrafricaine et le Congo, les lacs d’Ounianga (Tchad), le site fossilifère de Chengjiang (Chine) et le lagon sud des îles Chelbacheb (Palaos). En outre, des rapports seront présentés sur 56 autres sites emblématiques, notamment sur les problèmes que rencontrent les îles Galápagos, la Grande Barrière de corail australienne et le Serengeti. L’UICN recommande l’inscription des Parcs nationaux du Lac Turkana (Kenya), de la Zone de gestion des Pitons (Sainte-Lucie), des Forêts vierges de Komi (Fédération de Russie), de la Réserve de faune du Dja (Cameroun) et des Parcs du lac Turkana (Kenya) sur la Liste du Patrimoine mondial en péril. Les sites du Patrimoine naturel d’Afrique centrale et occidentale comptent parmi les plus menacés, en raison des activités minières, du braconnage et des conflits armés. Des sites emblématiques, tels que le Parc national Niokolo-Koba au Sénégal et le Parc national du Manovo-Gounda St Floris en République Centrafricaine sont en danger imminent de perdre leur Valeur universelle exceptionnelle. Dix sur les seize sites naturels et mixtes (naturels et culturels) de la région sont inscrits sur la Liste du Patrimoine en péril. « Le besoin de mesures urgentes pour sauver ce qui reste de ces parcs est évident », dit Mariam Kenza Ali, responsable de la conservation du Patrimoine mondial à l’UICN. « Ainsi, au Niokolo-Koba au Sénégal, la population d’éléphants est presque inexistante, il reste très peu de lions et la population de la plupart des espèces d’antilopes a été décimée. La situation est la même au Parc national de la Comoé en Côte d’Ivoire et elle est également critique dans bien d’autres aires protégées de la région. Il est difficile de trouver du financement pour des plans de sauvetage et, parfois, la volonté politique manque cruellement. » La prospection minière, pétrolière et gazière à l’intérieur des sites du Patrimoine mondial se développe également, d’après l’UICN. Ces activités sont en train de causer des dommages irréversibles à des sites d’une valeur exceptionnelle, comme le Parc national des Virunga en RDC et les forêts vierges de Komi en Russie. Un rapport indépendant sur les sites du Patrimoine mondial et les industries extractives sera présenté pendant la session du Comité à Saint-Pétersbourg. Il recommande notamment d’établir des règles égales pour tous les acteurs, de façon à ce que les politiques liées aux industries extractives soient aussi homogènes que possible, indépendamment du pays où se trouve le site concerné du Patrimoine mondial.

La Réunion : incendies dans le site du Patrimoine mondial

L’UICN et l’UNESCO suivent avec préoccupation la situation dans les Pitons, cirques et remparts de La Réunion, site inscrit sur la liste des biens naturels du Patrimoine mondial en 2010, où les incendies font rage depuis le 25 octobre avec de graves conséquences sur la biodiversité. Selon les premiers rapports du Parc national de la Réunion, presque 3.000 ha des 100 000 ha du site du Patrimoine mondial ont été détruits par les incendies. De nombreux milieux naturels ont été atteints. Vingt-six espèces de plantes rares sont déjà connues pour avoir été touchées par les incendies. Seize de ces espèces sont répertoriées comme menacées sur la Liste rouge de l’UICN. Les incendies ont également fortement affecté la faune, en premier lieu desquels les invertébrés, mais aussi les aires de nidification d’oiseaux tels que les Oiseaux verts (Zosterops olivaceus), Tec-Tec (Saxicola tectes), Papangues (Circus maillardi). Par ailleurs, il est à craindre pour la survie de la population réunionnaise de Lézard vert des Hauts (Phelsuma borbonica) récemment découverte dans la zone touchée par les incendies. Le site a été inscrit sur la liste du Patrimoine mondial en 2010 pour sa biodiversité exceptionnelle et pour la beauté de son paysage de forêts subtropicales, de forêts de nuages et de landes, dominé par deux pics volcaniques et trois cirques bordés de falaises. Le Centre du Patrimoine mondial de l’UNESCO a demandé à l’Etat français de lui fournir un rapport détaillé afin d’évaluer les impacts des incendies sur les valeurs pour lesquelles le site est inscrit sur la liste du Patrimoine mondial. L’UICN a également proposé son expertise scientifique pour évaluer les impacts de ces incendies sur la biodiversité réunionnaise.