L’UICN se félicite de la stratégie de l’Union Européenne pour la biodiversité à l’horizon 2030 et recommande aux États membres de faire également preuve d’une ambition élevée

L’UICN salue la nouvelle stratégie de l’UE pour la biodiversité jusqu’en 2030. Compte tenu de la situation mondiale post COVID-19, il est essentiel que les États membres de l’UE s’emparent de cette stratégie et adoptent toutes les mesures nécessaires pour garantir l’atteinte de ses objectifs. Nous devons également définir de nouvelles actions spécifiques en consultation avec les parties prenantes, afin de garantir le rôle central de la nature, qui conduira à une reprise efficace et durable et à une société future résiliente. En plus de l’urgence environnementale, nous sommes maintenant confrontés à l’une des plus grandes crises sanitaires du siècle dernier : l’épidémie de COVID-19. Dans ce contexte, la stratégie de l’UE pour la biodiversité à l’horizon 2030 doit être une pierre angulaire de la feuille de route européenne vers la reprise, car elle est un outil fondamental pour restaurer une relation homme-nature saine et mutuellement bénéfique. Cette stratégie est une première étape pour un leadership européen fort lors des négociations de la Convention sur la diversité biologique l’année prochaine : c’est l’occasion pour l’Europe de s’affirmer comme un chef de file ambitieux sur la scène mondiale, lors des préparatifs en cours sur le futur cadre mondial de labiodiversité. En ce sens, il est également essentiel que les États membres fassent preuve d’ambition au niveau national. À cet effet, le Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille en janvier 2021 offre une excellente plateforme. L’UICN appelle à la définition de nouvelles actions concrètes qui définiront la manière dont la stratégie sera mise en œuvre dans l’UE et dans les États membres. Cela fournirait également l’occasion d’une importante consultation avec les parties prenantes. Grâce à l’allocation des ressources nécessaires – en particulier grâce à une PAC renouvelée et respectueuse de l’environnement – et en faisant de la biodiversité une priorité dans l’agenda politique, l’Europe pourra mettre la nature au cœur de la reprise et montrer l’exemple au niveau mondial. L’UICN attend avec intérêt le soutien du Parlement européen et du Conseil européen pour la stratégie et sa mise en œuvre. Selon la Liste rouge européenne des abeilles de l’UICN, ces espèces sont soumises à de fortes pressions dans toute l’Europe. Les abeilles ne sont que l’un des nombreux pollinisateurs, fournissant un service fondamental pour la survie de notre écosystème. Leur déclin n’est pas seulement une perte pour la nature, il menace les écosystèmes dont nous dépendons, y compris notre production alimentaire. Par conséquent, la publication aujourd’hui de la stratégie de la « Ferme à la Fourchette » est un signe positif : nous devons trouver des moyens de réfléchir ensemble à la conservation de la nature et à l’agriculture durable. « Ces deux stratégies doivent être fortement interconnectées : cela représente une excellente occasion de rassembler tous les efforts et d’assurer une transition vers une utilisation durable des terres européennes à l’avenir. Pour une mise en œuvre réussie des objectifs liés à l’agriculture, il est essentiel que la PAC et la stratégie de l’UE en matière de biodiversité soient alignées de manière cohérente », a déclaré Luc Bas, directeur du Bureau régional européen de l’UICN.   Plus d’informations – Article original (anglais) – La stratégie biodiversité de l’UE – La réaction de l’UICN sur cette stratégie Photo bandeau ©  Markus Spiskeon Unsplash

Liste rouge mondiale : Le nombre de Rhinocéros noirs d’Afrique en augmentation

Le Rhinocéros noir d’Afrique reste en danger critique d’extinction mais sa population augmente lentement grâce aux efforts de conservation réalisés contre les menaces persistantes du braconnage, selon la mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN.  Entre 2012 et 2018, la population de rhinocéros noirs (Diceros bicornis) en Afrique a connu une croissance annuelle modeste de 2,5 %, passant respectivement d’environ 4 845 à 5 630 animaux sauvages. Selon cette mise à jour, les modèles démographiques prévoient au cours des cinq prochaines années une nouvelle augmentation lente. La Liste rouge des espèces menacées de l’UICN compte aujourd’hui 116 177 espèces dont 31 030 sont menacées d’extinction.   L’augmentation du nombre de rhinocéros noirs est principalement due aux efforts continus d’application des lois et aux mesures de gestion de ses populations, comprenant des déplacements de rhinocéros sélectionnés dans des populations établies vers de nouveaux sites pour maintenir d’autres populations et accroître l‘aire de répartition de l’espèce. Une sous-espèce de Rhinocéros noir, le Rhinocéros noir du Sud-Ouest (D. b. bicornis) – précédemment évaluée comme « Vulnérable » – a eu une croissance démographique suffisante au cours des trois dernières générations pour être nouvellement classée comme « Quasi menacée ».  Les deux autres sous-espèces survivantes, le Rhinocéros noir du Sud-Est (D. b. minor) et de l’Est (D. b. michaeli), restent toutes les deux « En danger critique d’extinction » après de fortes baisses constatées entre 1970 et le milieu des années 1990. Bien que ces trois sous-espèces soient en lent rétablissement, elles restent dépendantes de la poursuite des actions de conservation. L’autre espèce de rhinocéros d’Afrique, le Rhinocéros blanc (Ceratotherium simum), est toujours classée comme « Quasi menacée » sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN.  Le nombre d’individus de la sous-espèce de Rhinocéros blanc du Sud (C. s. simum) a diminué de 15% entre 2012 et 2017 passant d’environ de 21 300 à 18 000 animaux, ce qui a largement annulé la majeure partie de la croissance de son nombre de 2007 à 2012. Ce déclin récent est dû en grande partie aux hauts niveaux de braconnage dans le parc national Kruger en Afrique du Sud, qui abrite la plus grande population de Rhinocéros blanc. Une autre sous-espèce de Rhinocéros blanc, le Rhinocéros blanc du Nord (C. s. cottoni) reste « En danger critique » (possiblement éteinte à l’état sauvage). Le Rhinocéros blanc est plus vulnérable au braconnage car il a de plus grandes cornes et préfère les habitats plus ouverts, il est donc plus facile à trouver que le Rhinocéros noir. Le braconnage des rhinocéros d’Afrique pour approvisionner le commerce international illégal de corne de rhinocéros reste la principale menace pour les deux espèces. Cependant, les fortes mesures prises par les Etats, les propriétaires fonciers privés et les communautés locales ont un effet positif : le braconnage des rhinocéros enregistré sur le continent a baissé ces dernières années. Après un pic en 2015, lorsqu’un minimum de 1 349 rhinocéros braconnés ont été retrouvés, soit en moyenne 3,7 rhinocéros braconnés par jour – ce nombre a diminué chaque année depuis. En 2018, il y avait un minimum de 892 rhinocéros braconnés, approximativement 2,4 rhinocéros braconnés par jour soit un toutes les 10 heures. Les données préliminaires de 2019 indiquent que les niveaux de braconnage ont encore diminué.  Bien que les efforts de conservation soient efficaces, les coûts liés à la sécurité des rhinocéros ont considérablement augmenté et les prix de vente d’animaux vivants ont considérablement diminué au cours de la dernière décennie, réduisant les incitations pour les propriétaires fonciers privés et les communautés à les protéger. Avec environ la moitié des Rhinocéros blancs et près de 40 % des Rhinocéros noirs aujourd’hui conservés sur des terres privées ou gérées par les communautés, la tendance croissante à considérer les rhinocéros comme un fardeau coûteux pourrait limiter ou inverser l’expansion de l’aire de répartition et des effectifs de ces espèces.   Plus d’informations – L’article complet sur le site de l’UICN (en anglais) – Contacts : Harriet Brooker, IUCN Media Relations, +44 7960 241862, harriet.brooker@iucn.org / Matthias Fiechter, IUCN Media Relations, +41 79 536 0117, matthias.fiechter@iucn.org – La Liste rouge mondiale des espèces menacées

Liste rouge mondiale : des espèces en voie de rétablissement

Les efforts de Conservation ont permis d’améliorer le statut de dix espèces, selon la mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées. Celles-ci incluent le Râle de Guam, un oiseau auparavant considéré comme éteint dans la nature. Malgré ces améliorations, la Liste rouge de l’UICN compte aujourd’hui 30 178 espèces menacées d’extinction, et les effets néfastes du changement climatique sur celles-ci sont de plus en plus évidents. La Liste rouge de l’UICN couvre aujourd’hui 112 432 espèces. « Cette mise à jour de la Liste rouge de l’UICN démontre que la conservation fonctionne et offre une lueur d’espoir dans la crise de la biodiversité », a déclaré la Dr Grethel Aguilar, Directrice générale par intérim de l’UICN. « Bien que nous sommes témoins de soixante-treize déclins vérifiés d’espèces, le succès de ces dix améliorations réelles prouve que la nature peut se rétablir si on lui en laisse une chance. Le changement climatique ajoute aux multiples menaces auxquelles les espèces sont confrontées, il est donc urgent d’agir de manière décisive pour juguler la crise. » « Les résultats d’actions de conservation déterminées démontrent que lorsque les gouvernements, les organisations de conservation et les communautés locales travaillent ensemble, nous pouvons inverser la tendance de perte de biodiversité », a déclaré Jane Smart, Directrice mondiale du Groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN. « Cette mise à jour révèle les impacts croissants des activités humaines sur la vie sauvage. L’année qui vient sera cruciale pour l’avenir de la planète, le Congrès mondial de la nature de l’UICN en juin 2020 représentant une étape clé pour définir le programme de travail mondial en matière de conservation nécessaire pour répondre à l’urgence dans laquelle se trouvent les espèces, en vue des décisions que les gouvernements prendront lors de la réunion de la Convention sur la diversité biologique à Kunming, Chine, en octobre 2020 ».   Histoires de réussites en matière de conservation La dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN révèle de véritables améliorations de la situation de huit espèces d’oiseaux et deux espèces de poissons d’eau douce. L’élevage en captivité, combiné à une gestion prudente des populations sauvages, a été la clé de ces réussites en matière de conservation. Parmi ces améliorations, on peut citer le Râle de Guam (Hypotaenidia owstoni), aptère et véloce, le deuxième oiseau de l’histoire à se rétablir après avoir été déclaré « Éteint dans la nature », après le Condor de Californie (Gymnogyps californianus). Autrefois commun sur l’Île de Guam, dans le Pacifique, les populations de cette espèce ont décliné après l’introduction accidentelle du Serpent brun arboricole (Boiga irregularis), à la fin de la Seconde Guerre mondiale. En 1987, le dernier Râle de Guam sauvage a été tué par ce prédateur envahissant. Grâce à un programme d’élevage en captivité de 35 ans, le Râle de Guam est aujourd’hui établi sur l’île voisine des Cocos. L’oiseau est cependant toujours classé « En danger critique », à une étape seulement de l’extinction. À l’Île Maurice, la Perruche de l’Île Maurice (Psittacula eques) poursuit son processus de rétablissement grâce à des efforts de conservation, dont un programme d’élevage en captivité très productif. On compte aujourd’hui plus de 750 Perruches de l’Ile Maurice à l’état sauvage et, dans cette actualisation, l’espèce a été reclassée comme « Vulnérable », après être passée d’espèce « En danger critique » à espèce « En danger » en 2007. Deux espèces de poissons d’eau douce australiens, le Maccullochella macquariensis et le Galaxias pedderensis, ont également vu leur statut s’améliorer, passant d’espèce « En danger » à « Vulnérable » et d’espèce « En danger critique » à « En danger », respectivement. Des décennies de mesures de conservation ont mis l’accent sur l’établissement de sous-populations additionnelles par le biais de réintroductions et de translocations entre populations sauvages. Les deux espèces sont menacées par la destruction et la dégradation de leur habitat.   De plus en plus de preuves des effets du changement climatique Le changement climatique contribue au déclin de nombreuses espèces, dont plusieurs poissons d’eau douce et le Requin nourrice à queue courte, tributaire des récifs. Les évaluations présentées dans cette actualisation montrent que le changement climatique affecte les espèces en modifiant les habitats et en augmentant la force et la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes, par exemple. Cette actualisation de la Liste rouge révèle que 37% des espèces de poissons d’eau douce d’Australie sont menacées d’extinction, dont au moins 58% directement à cause du changement climatique. Les poissons sont très sensibles aux sécheresses extrêmes causées par la baisse des précipitations et l’augmentation des températures. Le changement climatique aggrave également la menace que représentent les espèces exotiques envahissantes, qui peuvent se déplacer vers de nouvelles zones à mesure que la température et les débits d’eau changent. Originaire de l’ouest de l’Océan Indien, le Requin nourrice à queue courte (Pseudoginglymostoma brevicaudatum) a vu ses populations diminuer d’environ 80% en 30 ans. Simultanément affecté par la pêche non contrôlée et le changement climatique, il est passé de « Vulnérable » à « En danger critique ». Ne vivant que dans des eaux peu profondes, n’offrant aucun refuge contre la pêche, ce requin perd son habitat en raison de la dégradation des récifs coralliens causée, en partie, par le réchauffement des océans. Le changement climatique menace également l’oiseau national de la Dominique, l’Amazone impériale (Amazona imperialis). Bien que les ouragans soient un phénomène naturel dans les Caraïbes, leur fréquence et leur intensité accrues entraînent une mortalité élevée chez les oiseaux et la destruction des habitats, en plus d’effets dévastateurs sur les populations humaines. L’espèce est passée de « En danger » à « En danger critique » après l’ouragan Maria, en 2017, le plus fort ouragan jamais enregistré sur l’Île. On estime qu’il reste aujourd’hui moins de 50 individus matures dans la nature.   Évaluation mondiale des eucalyptus Toutes les espèces d’eucalyptus connues dans le monde ont été évaluées dans cette mise à jour de la Liste rouge, révélant que près de 25% d’entre elles sont menacées d’extinction. Parmi les 826 espèces d’eucalyptus, comprenant les groupes Eucalyptus, Corymbia et Angophora, 812 ne sont présentes qu’en Australie. Il s’agit d’espèces clés, qui définissent les paysages de

La vie marine et les activités de pêche de plus en plus menacés, à mesure que l’océan perd son oxygène

Un nouveau rapport de l’UICN nous alerte sur le fait que la perte d’oxygène dans l’Océan mondial menace de plus en plus les espèces de poissons et perturbe l’ensemble des écosystèmes marins. Selon ce rapport publié lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques réunie à Madrid (COP 25), la perte d’oxygène océanique provoquée par les changements climatiques et l’enrichissement des eaux marines en nutriments constitue une menace croissante pour les pêcheries, ainsi que pour de nombreuses espèces telles que les thons, les marlins ou les requins. « Avec ce rapport, l’ampleur des dommages causés par les changements climatiques sur l’océan prend toute son importance. Alors que l’océan qui se réchauffe perd de l’oxygène, l’équilibre délicat de la vie marine est largement perturbé », a déclaré le Dr Grethel Aguilar, Directeur général par intérim de l’UICN. « Les effets potentiellement désastreux sur les pêcheries et les communautés côtières vulnérables signifient que les décisions prises lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques sont encore plus cruciales. Pour freiner la perte d’oxygène dans les océans, parallèlement aux autres effets désastreux des changements climatiques, les dirigeants mondiaux doivent s’engager à des réductions d’émissions immédiates et substantielles ». Le rapport intitulé « La désoxygénation des océans : un problème pour tous », est à ce jour la plus vaste étude scientifique sur les causes, les impacts et les solutions possibles face à la désoxygénation des océans. Les régions océaniques à faible concentration en oxygène se multiplient, avec aujourd’hui environ 700 sites affectés par des conditions de faible teneur en oxygène dans le monde contre seulement 45 dans les années 1960. Au cours de la même période, le volume des eaux anoxiques – des zones complètement dépourvues d’oxygène – dans l’océan mondial a quadruplé, selon le rapport. « Nous constatons maintenant des niveaux d’oxygène dissous de plus en plus bas dans de vastes zones de l’océan. Ceci est peut-être l’ultime signal d’alarme des résultats de l’expérience incontrôlée que l’humanité déclenche dans l’océan mondial, à mesure que les émissions de carbone continuent d’augmenter » a déclaré Dan Laffoley, Conseiller principal en sciences marines et conservation du Programme marin et polaire mondial de l’UICN et corédacteur du rapport. « L’appauvrissement de l’océan en oxygène menace les écosystèmes marins déjà soumis au stress du réchauffement et de l’acidification des océans. Pour arrêter l’expansion inquiétante des zones à faible concentration d’oxygène, nous devons réduire de manière décisive les émissions de gaz à effet de serre, ainsi que la pollution par les nutriments provenant de l’agriculture et d’autres sources. » La désoxygénation commence à modifier l’équilibre de la vie marine, en favorisant les espèces les plus tolérantes à une faible teneur en oxygène (notamment les microbes, les méduses et certains calamars) au détriment des espèces sensibles au manque d’oxygène (de nombreuses espèces marines dont la plupart des poissons). Certains des biomes les plus productifs de l’océan – qui assurent un cinquième des captures de poissons marins sauvages dans le monde – sont formés par des courants océaniques transportant une eau riche en nutriments mais pauvre en oxygène jusqu’aux côtes bordant les façades orientales des bassins océaniques du monde. En tant que systèmes naturellement pauvres en oxygène, ces zones sont particulièrement vulnérables aux changements, même minimes, dans la teneur en oxygène océanique. Les impacts observés ici finiront par se propager et toucheront des centaines de millions de personnes. Les groupes d’espèces comme les thons, les marlins et les requins sont particulièrement sensibles au faible taux d’oxygène, en raison de leur grande taille et de leurs besoins énergétiques. Ces espèces commencent à être poussées vers des eaux de plus en plus superficielles, riches en oxygène, ce qui les rend davantage vulnérables à la surpêche. Le rapport prévient également que le très faible taux d’oxygène océanique peut aussi affecter des processus de base comme le cycle des éléments essentiels à la vie sur Terre, tels que les cycles de l’azote et du phosphore. Les océans seraient amenés à perdre 3 à 4 % de leur taux d’oxygène d’ici 2100 en cas de scénario « business-as-usual », mais cette moyenne mondiale masque les changements locaux qui devraient, par exemple, être beaucoup plus sévères dans les hautes et moyennes latitudes. De plus, la plupart de la perte d’oxygène devrait se concentrer dans la tranche d’eau comprise entre la surface et 1000 mètres de profondeur, la plus riche en biodiversité marine. « Alors que nous avons connaissance des zones mortes depuis de nombreuses décennies, le réchauffement des océans devrait maintenant amplifier la désoxygénation de très grandes étendues de l’océan. Nous devons travailler ensemble pour rétablir l’équilibre en oxygène des océans », a déclaré Isabella Lövin, ministre de l’environnement et de l’énergie et vice-Premier ministre de Suède, l’un des principaux bailleurs de fonds du rapport. « Avec ce rapport, il est temps de placer la désoxygénation des océans parmi nos principales priorités afin de restaurer la santé des océans. » Les principaux moteurs de la perte d’oxygène océanique sont les changements climatiques et l’enrichissement des eaux en nutriments, ces derniers affectant principalement les zones côtières. À mesure que les océans se réchauffent, leurs eaux retiennent moins d’oxygène et gagnent en flottabilité, ce qui affecte le mélange des eaux de surface très riches en oxygène avec celles des profondeurs, qui contiennent naturellement moins d’oxygène. La pollution par les nutriments entraîne quant à elle une perte d’oxygène au sein des eaux côtières car les engrais, les eaux usées ou les déchets animaux et aquacoles provoquent une croissance excessive des algues, qui à leur tour épuisent l’oxygène dissous lors de leur décomposition. « Une action mondiale urgente pour surmonter et inverser les effets de la désoxygénation des océans est nécessaire. Les décisions prises lors de la conférence sur le climat détermineront si notre océan continue de maintenir une vie marine riche et variée, ou si les zones habitables et riches en oxygène seront de plus en plus, progressivement et irrémédiablement, perdues. Les dirigeants mondiaux se réuniront également en juin 2020 lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN, à Marseille, pour mener des actions en vue

Mise à jour de la Liste rouge mondiale des espèces menacées

Liste rouge des espèces menacées de l’UICN : la pêche non durable et la chasse pour la viande de brousse entraînent l’extinction d’espèces emblématiques. La surpêche a poussé deux familles de raies au bord de l’extinction, tandis que la chasse de viande de brousse et la perte d’habitats ont conduit au déclin de sept espèces de primates, selon la dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN. Cette mise à jour révèle également d’autres preuves de l’état critique des poissons d’eau douce dans le monde, comme le montre le grand nombre d’espèces menacées en raison de la disparition de rivières aux cours d’eau non perturbés, de la dégradation de leurs habitats, de la pollution et des espèces envahissantes au Japon et au Mexique. Avec cette mise à jour, la liste rouge des espèces menacées de l’UICN a franchi la barrière des 100 000 espèces évaluées. Sur les 105 732 espèces précisément étudiées, 28 338 sont classées menacées. « Avec plus de 100 000 espèces désormais évaluées dans la Liste rouge de l’UICN, cette mise à jour montre clairement à quel point les humains surexploitent la vie sauvage », a déclaré la Directrice générale ad interim de l’UICN, Dr Grethel Aguilar. « Nous devons nous rendre compte que la préservation de la diversité de la nature est dans notre intérêt et qu’elle est absolument fondamentale pour atteindre les Objectifs de Développement Durable. Les États, les entreprises et la société civile doivent agir d’urgence pour mettre un terme à la surexploitation de la nature et doivent respecter et appuyer les communautés locales et les peuples autochtones pour le renforcement de moyens de subsistance durables. »   Chiffres mondiaux pour la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN 2019-2 : ESPÈCES TOTALES ÉVALUÉES = 105 732 (Total des espèces menacées = 28 338) Eteintes = 873 Eteintes à l’état sauvage = 73 En danger critique = 6 127 En danger = 9 754 Vulnérables = 12 457 Quasi menacées = 6 435 Faible risque/dépendant de mesures de conservation = 205 (cette ancienne catégorie est progressivement éliminée de la Liste rouge de l’UICN) Préoccupation mineure = 54 039 Données insuffisantes = 15 769   Plus d’informations – L’article complet de l’UICN (en anglais) – Pour en savoir plus sur la Liste rouge mondiale des espèces menacées – Contacts : Goska Bonnaveira, IUCN Media Relations, +41 792760185, goska.bonnaveira@iucn.org Harriet Brooker, IUCN Media Relations, +44 7960241862, harriet.brooker@iucn.org – Pour en savoir plus sur la Liste rouge des espèces menacées en France Photo bandeau : Cercopithecus roloway © Hans Hillewaert / CC BY-SA 4.0 / Wikipédia

Patrimoine mondial de l’Unesco : inscription des Terres et mers australes françaises

Les Terres et mers australes françaises sont désormais inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. Ces territoires incluent l’archipel Crozet, les îles Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam et couvrent une superficie totale de 672 969 km2 dont environ 7 700 km2 de domaine terrestre. Ils abritent de très loin la plus vaste réserve naturelle française et comptent parmi les plus grandes aires marines protégées (AMP) au monde. La France compte désormais 45 sites classés à l’Unesco, dont six sites classés au titre du patrimoine naturel, après le golfe de Porto en Corse, les lagons de Nouvelle-Calédonie ainsi que les pitons, cirques et remparts de l’Ile de La Réunion, ou encore la chaîne des Puys, en Auvergne, et le site du mont Perdu, dans les Pyrénées (également classé site culturel). Plusieurs autres sites ont été labellisés lors de la réunion le 5 juillet 2019 du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, dont le parc national du Vatnajökull (Islande), le patrimoine naturel et culturel de la région d’Ohrid (Macédoine du Nord), le sanctuaire d’oiseaux migrateurs du littoral de la mer Jaune et du golfe de Bohai (Chine), les forêts hyrcaniennes en Iran, les sites de métallurgie ancienne du fer au Burkina Faso ou la ville de Babylone (Irak).   Les Terres et mers australes Les Terres et mers australes françaises englobent les plus grandes des rares terres émergées du sud de l’océan Indien : l’archipel Crozet, les îles Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam ainsi que 60 petits îlots situés dans la zone subantarctique. Cette « oasis » au cœur de l’océan Austral, qui couvre une superficie de plus de 67 millions d’hectares, abrite l’une des plus fortes concentrations d’oiseaux et de mammifères marins au monde. On y trouve notamment la plus grande population de manchots royaux et d’albatros à bec jaune au monde. Du fait de leur éloignement des centres d’activités humaines, ces îles sont des vitrines de l’évolution biologique extrêmement préservées et constituent un territoire unique pour la recherche scientifique. Leur inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’Humanité constitue non seulement une reconnaissance de la richesse patrimoniale exceptionnelle de ces îles australes (Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam) mais celle des actions de conservation conduites depuis plus de 10 ans par la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises sur ce territoire.   Le Groupe de travail Patrimoine mondial du Comité français de l’UICN Le patrimoine mondial constitue un domaine privilégié d’action et d’expertise de l’UICN, qui a été à l’origine de la convention en 1972. L’UICN est un organisme consultatif référent auprès du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO et joue de ce fait un rôle important dans le processus d’inscription et l’évaluation des biens naturels et mixtes sur la liste du patrimoine mondial. Il faut distinguer deux niveaux d’intervention, à l’échelle internationale et nationale. En France, le Comité français de l’UICN, à travers son groupe de travail patrimoine mondial, apporte son expertise sur les biens naturels français candidats ou classés au Patrimoine mondial. Il peut évaluer en amont le potentiel d’inscription d’un site et recommander son inscription sur la liste indicative de la France. Afin de mieux asseoir ses actions sur le Patrimoine mondial, le gouvernement français a crée en juillet 2004 le Comité national français du patrimoine mondial. Conformément au rôle dévolu à l’UICN d’organisation consultative auprès de l’UNESCO, le Comité français de l’UICN fait partie des membres de droit du comité national. Il contribue dans ce cadre à l’évaluation périodique des biens naturels français déjà inscrits et à l’examen des candidatures pouvant être portées par l’Etat français. En complément de cette mission, le Comité français de l’UICN peut intervenir en appui aux porteurs de projets, en mettant à disposition les outils méthodologiques et les lignes directrices réalisés par le Secrétariat international de l’UICN, et en analysant le potentiel d’inscription d’un site naturel ou mixte. Cependant, le Comité français de l’UICN ne pilote pas l’élaboration des dossiers de demande d’inscription. Le Comité français de l’UICN a fournit un accompagnement technique et scientifique à la la candidature des Terres et mers australes françaises pour leur inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO, dont la Réserve Naturelle a récemment rejoint la Liste verte des aires protégées de l’UICN qui récompense les sites efficacement gérés dans le monde.   Plus d’informations – L’annonce officielle du Comité du patrimoine mondial – Le livret « Les Terres et mers australes françaises, candidature 2019 à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco » – Le site internet des Terres Australes et Antarctiques françaises (TAAF) – La chaîne YouTube des TAAF – Le Programme Aires protégées du Comité français de l’UICN Photo bandeau : Kerguelen © Lucia Simion

Le Comité français de l’UICN prépare activement le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020

Le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 Organisé tous les quatre ans, le Congrès mondial de la nature de l’UICN rassemble des milliers de représentants de gouvernements, d’agences publiques, d’ONG, du monde scientifique, des collectivités locales, des peuples autochtones et des entreprises. Le congrès a pour objectif de renforcer les efforts de protection de la biodiversité dans le monde et de promouvoir les solutions pour relever les défis les plus pressants de l’environnement et du développement durable.   Le Congrès mondial de l’UICN vise à : 1. Rassembler et mobiliser le réseau mondial de la conservation 2. Identifier et échanger sur les questions importantes et émergentes de la conservation 3. Lancer des nouvelles actions en faveur de la conservation 4. Etablir et influer sur les priorités d’action et l’agenda mondial pour la conservation Du 11 au 19 juin 2020, la France accueillera le Congrès mondial de la nature 2020 de l’UICN à Marseille (Parc Chanot). Il constitue le grand rendez-vous international avant la COP15 de la Convention sur la Diversité Biologique qui se tiendra en Chine en novembre 2020, évènement majeur qui révisera les objectifs internationaux de la biodiversité (objectifs d’Aïchi) et l’engagement des 196 Etats Parties à la Convention pour la période 2021 – 2030 à travers un nouveau plan stratégique mondial. Pour tout savoir sur le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 : https://www.iucncongress2020.org/fr   La coordination du Comité français de l’UICN Le Comité français de l’UICN coordonne les contributions de son réseau d’organismes membres, d’experts et de partenaires au Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020. Il contribue aussi à cette occasion à une mobilisation plus large sur les enjeux de la biodiversité d’ici 2020, et au-delà, en métropole et dans les outre-mer, incluant les collectivités et les entreprises, et actions de sensibilisation du grand public, en particulier des plus jeunes. Il vise enfin à renouveler une vision éthique de la conservation de la biodiversité.   Sommaire 1. Préparation des motions de l’Assemblee Générale de l’UICN 2. Préparation d’évènements pour le Forum, première partie du Congres mondial 3. Espaces Générations Nature et excursions 4. Accompagnement de la mobilisation 2020 en France 5. Actions pour sensibiliser le grand public 6. Relations avec le réseau international de l’UICN 7. Contribution à la COP15 de la Convention sur la Diversité Biologique 8. Donner une dimension éthique au Congrès   PREPARATION DES MOTIONS DE L’ASSEMBLEE GENERALE DE L’UICN Le Comité français de l’UICN a mis en place une préparation collective des motions, à travers des groupes d’échange, qui a abouti à la préparation de motions sur des enjeux internationaux de la biodiversité. Ils ont été débattus lors du Congrès français de la nature, le 12 juin 2019 à Marseille au Palais du Pharo. Ces projets sont actuellement soutenus par les membres français de l’UICN, et d’autres membres de l’UICN dans le monde, pour être soumis au débat et au vote de l’Assemblée Générale de l’UICN. Le Comité français de l’UICN proposera aussi à ses membres de soutenir d’autres motions. Au dernier Congrès mondial de l’UICN en 2016, 11 motions avaient été proposées par des membres français, sur un total de 121 adoptées. > Consulter les motions déposées par le Comité français de l’UICN et sélectionnées   Les prochaines étapes: – Discussion électronique sur les motions en cours, jusqu’au 11 mars 2020 – Vote électronique des motions en mai 2020 et en séance à l’Assemblée générale en juin 2020   PREPARATION D’EVENEMENTS POUR LE FORUM, PREMIERE PARTIE DU CONGRES MONDIAL Le Comité français de l’UICN accompagne son réseau dans l’élaboration de contributions en réponse à l’appel à propositions pour le Forum (sessions thématiques, pitch des intervenants, campus de formation). Les évènements pour le Forum ont été sélectionnés parmi 1 450 propositions. Les acteurs français se sont particulièrement mobilisés avec plus de deux cents évènements déposés. Le Comité français de l’UICN disposera également d’un pavillon dans l’espace d’exposition, ouvert au public, afin que les membres français de l’UICN y présentent leurs actions et leurs engagements. Le Comité français collabore aussi à la programmation du Pavillon France. La publication du programme provisoire du Forum sera disponible le 9 janvier 2020.   ESPACES GENERATIONS NATURE ET EXCURSIONS Le Comité français participe à l’organisation des Espaces Générations Nature, gérés par l’Agence Française pour la Biodiversité, qui proposeront durant toute la durée du congrès des animations à vocation pédagogique et expérientielle pour sensibiliser le grand public aux enjeux de la biodiversité (accès gratuit). Le Comité français de l’UICN appuiera également la proposition d’excursions, pré, pendant et post-Congrès, en particulier dans les aires protégées, pour que les participants du congrès venus du monde entier découvrent les sites naturels remarquables de la région et les actions de conservation mises en place.   ACCOMPAGNEMENT DE LA MOBILISATION 2020 EN FRANCE Le Comité français de l’UICN souhaite mobiliser spécifiquement les outre-mer compte-tenu de l’importance mondiale de la biodiversité de ces territoires. Il veut aussi contribuer à la mobilisation des collectivités territoriales et il a publié à cet effet une brochure à leur attention et lancé un nouveau portail pour accompagner leur engagement (voir la section « collectivités et biodiversité » du site internet). En particulier, le Comité français de l’UICN accompagne l’élaboration des stratégies « biodiversité » de la Ville de Marseille et du Département des Bouches-du-Rhône, et participe au comité de pilotage local d’organisation du congrès. Enfin, il contribue à la mobilisation des entreprises en travaillant directement avec ses partenaires entreprises et en étant impliqué dans l’initiative « Act4Nature ».   ACTIONS POUR SENSIBILISER LE GRAND PUBLIC Le Comité français de l’UICN s’implique pour que le Congrès mondial soit une opportunité forte d’expliquer à tous les enjeux de biodiversité et de faire largement connaître les actions réalisées et les solutions à mettre en place. A ce titre, la sensibilisation des jeunes est cruciale et le Comité français est actuellement impliqué dans deux projets, « Les enfants pour la biodiversité» en partenariat avec Milan Presse et le développement de kits pédagogiques pour la biodiversité en collaboration avec l’association Adphile. Le Comité

Un arbre menacé de Nouvelle-Calédonie à l’honneur aux Floralies de Nantes

L’action de l’association Dayu Biik pour protéger le Kaori du Mont Panié (Agathis montana), arbre conifère en danger critique d’extinction sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, est mise à l’honneur cette année par le comité organisateur des Floralies Internationales de Nantes, le plus grand spectacle végétal et floral de France. Le Comité des Floralies a en effet décidé pour la première fois de mettre en avant la nécessité de conserver les espèces de flore menacées en France et dans le monde, en soutenant la participation de Dayu Biik, association accompagnée par le Comité français de l’UICN dans le cadre du programme européen BEST, à la manifestation. Les représentants de l’association feront ainsi le déplacement depuis la Province Nord de Nouvelle-Calédonie. Ils recevront les fonds collectés grâce à l’ « arbre à vœux ». Cette œuvre symbolique  et participative permettra aux visiteurs de nouer un ruban de couleur, acheté à un prix symbolique, dans les branches de l’arbre afin de déposer un message de vie et d’espoir.  L’association Dayu Biik est l’une des deux structures choisies par le Comité des Floralies pour être destinataire de ces fonds. Ce soutien permettra à Dayu Biik, co-gestionnaire de la Réserve de Nature Sauvage du mont Panié en Nouvelle-Calédonie, de pérenniser son programme de sauvegarde du Kaori. La kaori du mont Panié (Dayu Biik en langue local Némi) est un arbre conifère qui peut vivre plus de 1000 ans et qui revêt une importance culturelle majeure en Nouvelle-Calédonie. Endémique des plus hautes altitudes du massif du Panié, son aire de répartition mondiale est restreinte à une forêt de nuage qui s’étend sur moins de 5000ha ; c’est une espèce socle structurant l’ensemble de l’écosystème. Cet arbre remarquable est menacé par le changement climatique et l’érosion des sols due à l’activité fouisseuse des cochons envahissants. Plusieurs partenariats techniques et scientifiques, dont Conservation International, soutiennent par ailleurs Dayu Biik dans ce programme de conservation. Venez nombreux aux Floralies de Nantes et faites un geste pour sauver le kaori ! Plus d’informations Site des Floralies de Nantes  Site de l‘association Dayu Biik La Liste rouge des espèces menacées en France Le programme européen BEST  Photo bandeau  ©  François Tron, Conservation International 

Guide technique sur la restauration de mangrove : se fonder sur les meilleures pratiques pour ne pas se « planter » !

Le Pôle-relais zones humides tropicales (PRZHT) co-animé par le Comité français de l’UICN, est heureux de vous présenter son Guide technique pour la restauration de mangrove, résultat d’un travail de fond de plus de 2 ans qui a permis d’examiner et de retransmettre les meilleures pratiques au niveau international, pour mener un chantier de restauration écologique réussi. Ce guide, qui se veut le plus pratique et facile possible, peut être utilisé par quiconque souhaite se lancer dans un projet de restauration en mangrove : gestionnaire, collectivité, association… sans oublier bien sûr de se mettre d’abord en lien avec le Conservatoire du Littoral pour les territoires où il est présent et propriétaire de terrains où se situent les mangroves ! Le guide donne les clés pour identifier les différents paramètres à considérer afin de s’orienter vers l’une des deux alternatives possibles : – La restauration par colonisation naturelle (restauration du terrain, notamment des flux hydrauliques) préconisée comme approche à privilégier dans tous les cas et, – La plantation, qui peut être envisagée si la colonisation naturelle n’est pas possible (sites isolés de sources potentielles de semences par exemple) et si les conditions le permettent, parfois en complément d’autres actions de restauration de site (nettoyage, dépollution, retrait des remblais etc…). Le guide a pour vocation d’orienter vers une restauration efficace et durable, avec pour résultat le rétablissement d’une forêt de mangrove écologiquement fonctionnelle et autosuffisante. En effet, les mangroves étant soumises à de fortes pressions anthropiques (la pollution, les remblais, l’artificialisation des sols et l’urbanisation par exemple), les opération de restauration sont de plus en plus fréquentes, et ce, sur l’ensemble des territoires d’Outre-mer, souvent par le biais de chantiers de plantations qui ne sont pas toujours concluants dans la durée. En complément de ce guide, le Pôle-relais prévoit d’organiser des journées d’échange technique pour les acteurs des Antilles et de Mayotte afin d’accompagner au plus près les gestionnaires dans leurs initiatives. Plus d’informations – Pour obtenir une copie papier du guide, contactez pole-tropical@uicn.fr – Découvrir le guide technique sur la restauration de mangrove – Le Pôle-relais zones humides tropicales – Accéder au site internet du PRZHT Photo bandeau  © Maxwell Ridgeway on Unsplash

Quelles Solutions fondées sur la Nature en Méditerranée ?

L’atelier international sur la « mise en œuvre des Solutions fondées sur la Nature pour lutter contre le changement climatique – focus sur la région méditerranéenne » a rassemblé du 22 au 24 janvier 2019 à Marseille plus d’une centaine de participants intéressés par l’utilisation et la diffusion de ces solutions. Organisé conjointement par le Plan Bleu, le Centre de coopération de l’UICN pour la Méditerranée, le Comité français de l’UICN, le Conservatoire du Littoral, la Tour du Valat, MedWet et Wetlands International, cet événement a réuni les chercheurs, gestionnaires d’espaces naturels, décideurs, collectivités locales, société civile et ONG de la région méditerranéenne et de l’Union européenne afin de partager les défis et leviers pour la dissémination des Solutions fondées sur la Nature dans les territoires. Les Solutions fondées sur la Nature sont définies comme des actions de protection, de gestion durable et de restauration permettant de répondre à la fois aux enjeux de l’atténuation et l’adaptation au changement climatique et de la conservation de la biodiversité. Si, en France, ces solutions sont intégrées au nouveau Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC 2) ainsi que dans le Plan Climat et le Plan Biodiversité, elles sont encore peu identifiées parmi le panel des réponses possibles face au changement climatique dans le monde. Cet atelier visait en premier lieu à partager les meilleures pratiques européennes et méditerranéennes en termes de Solutions fondées sur la Nature afin sensibiliser les décideurs politiques à l’importance de la restauration, la gestion durable et la préservation des écosystèmes pour une adaptation efficace au changement climatique. Il était également l’occasion d’inciter à de nouvelles collaborations en faveur de la mise en œuvre de ces solutions en Europe et dans tout le bassin méditerranéen. Les conclusions de cet atelier viendront alimenter les réflexions nationales, européennes et internationales sur les Solutions fondées sur la Nature en particulier dans la perspective du Congrès mondial de la nature qui se tiendra en 2020 à Marseille.   Un policy brief de l’atelier sera publié en février 2019   Plus d’informations – Les Solutions fondées sur la Nature – Le Communiqué de presse annonçant l’évènement – Consulter le site web du Plan Bleu – Contacts UICN France : Pauline Teillac-Deschamps, Chargée de Programme « Ecosystèmes », pauline.teillac-deschamps@uicn.fr et Justine Delangue, Chargée de mission « Services écologiques’ », justine.delangue@uicn.fr bandeau photo © N. Poulet