Liste rouge de la flore endémique et des oiseaux de Polynésie française

Au cœur de l’océan Pacifique, de nombreuses espèces uniques au monde sont menacées d’extinction. Les îles et atolls de Polynésie française hébergent une biodiversité exceptionnelle, marquée par une faune et une flore riches et diversifiées. Au terme d’un vaste état des lieux mené durant trois ans par un panel de spécialistes, la situation se révèle très préoccupante : deux tiers des plantes endémiques et la moitié des oiseaux apparaissent menacés. Ces nouveaux résultats de la Liste rouge des espèces menacées en France sont publiés par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en collaboration avec les services du gouvernement de la Polynésie française et la Société d’ornithologie de Polynésie « Manu ». Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale   DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (décembre 2015)• Tableau synthétique oiseaux avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique flore avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Rapport d’évaluation sur les oiseaux• Publication : UICN France, MNHN & DIREN Polynésie française (2015). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Flore vasculaire endémique de Polynésie française. Paris, France.  Photos bandeau :Apetahia raiateensis © Frédéric JacqLori ultramarin © Caroline Blanvillain

Nouvelle actualisation de la Liste rouge de l’UICN : le changement climatique est la menace la plus grave pour la survie de l’ours polaire

Une nouvelle évaluation mondiale démontre que la menace la plus importante pour la survie des ours polaires à long terme est la perte de la banquise induite par le réchauffement climatique, d’après la dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™ publiée aujourd’hui par l’Union internationale pour la conservation de la nature.   Cette mise à jour indique également que la dégradation des milieux naturels est la principale menace pour de nombreuses espèces de champignons et que la surpêche est la cause majeure du déclin des poissons marins osseux. La Liste rouge de l’UICN comprend à l’heure actuelle 79837 espèces évaluées, parmi lesquelles 23250 sont menacées d’extinction. Cette nouvelle évaluation de l’ours polaire (Ursus maritimus) a eu recours aux données les plus récentes sur la banquise et les sous-populations, ainsi qu’à des simulations informatiques et des modèles statistiques qui permettent d’anticiper les modifications des effectifs d’ours polaires, en fonction des changements de la banquise. Il s’agit de l’évaluation la plus complète réalisée jusqu’à présent. Les résultats indiquent une forte probabilité d’un déclin de plus de 30% dans la population d’ours polaires dans les 35-40 années à venir. L’étude confirme le statut actuel (Vulnérable) de l’Ours polaire sur la Liste rouge de l’UICN. « Sur la base des données scientifiques les plus récentes et les plus solides, cette évaluation montre que le changement climatique continuera d’être une grave menace pour la survie des ours polaires à l’avenir », indique la Directrice générale de l’UICN, Mme Inger Andersen. « Les effets du changement climatique vont bien au-delà de cette espèce emblématique et représentent une menace que notre planète n’a jamais connue par le passé. Les États se réunissant prochainement au sommet climatique de Paris devront tout faire pour conclure un accord qui permette de faire face à ce défi sans précédent. » Des études récentes montrent que la perte de la banquise arctique a progressé plus vite que ce que la plupart des modèles climatiques laissaient suggérer. Ainsi, l’étendue des glaces au mois de septembre a subi un déclin linéaire de 14% par décennie entre 1979 et 2011. Or, les ours polaires dépendent directement de la banquise pour accéder à leurs proies. Par conséquent, une période de cinq mois ou plus sans glace entraînera un jeûne prolongé pour l’espèce, ce qui est susceptible de causer des problèmes d’infertilité accrue ou de famine dans certaines régions. D’après des prévisions récentes, des étendues importantes de l’archipel arctique canadien seront libres de glace pendant plus de cinq mois par an à la fin du 21e siècle ; dans d’autres parties de l’Arctique, ce seuil de cinq mois pourrait être atteint vers le milieu du 21e siècle. Le réchauffement des températures dans la région peut aussi porter atteinte aux habitats et accroître l’incidence de maladies chez des espèces proies telles que les phoques, aggravant ainsi les risques pour les ours polaires. Les ours polaires assurent des moyens de subsistance aux peuples autochtones et, en tant que prédateurs se situant au sommet de la chaîne, ils jouent un rôle essentiel dans le maintien de l’équilibre des écosystèmes dans la région arctique. En plus de la perte de la banquise, la pollution, la prospection de ressources et les modifications des habitats dues aux activités humaines représentent aussi des menaces potentielles. L’exploitation pétrolière dans l’Arctique, par exemple, comporte un large éventail de dangers allant des marées noires à des rencontres plus fréquentes entre les ours et les êtres humains. « La perte de la banquise est la principale menace pour la survie des ours polaires, mais les plans de gestion de l’espèce doivent tenir compte de l’éventail complet de menaces actuelles et potentielles », rappelle Dag Vongraven, Président du Groupe de spécialistes des ours polaires de la CSE de l’UICN.  » Il est encourageant de constater que les États de l’aire de répartition de l’espèce ont conclu récemment un Plan d’action circumpolaire, première stratégie mondiale de conservation visant à assurer la survie des ours polaires à l’état sauvage sur le long terme. L’UICN collabore activement avec ces pays et met à leur disposition des conseils et des données scientifiques afin d’aider à la mise en œuvre du plan adopté de la façon la plus efficace et la plus coordonnée possible. Nous espérons vivement que ce plan d’action portera ses fruits et permettra de changer les perspectives de conservation de l’espèce. » Vingt-neuf espèces de champignons ont été évaluées pour cette mise à jour, ce qui double désormais le nombre de champignons figurant sur la Liste rouge de l’UICN. Ceux-ci sont touchés principalement par la destruction et la dégradation de leurs habitats, principalement à cause de changements dans les pratiques d’utilisation des sols. Leptonia carnea, une espèce colorée classée dans la catégorie « Vulnérable », n’est présente que dans les forêts de séquoias de Californie (États-Unis). Les changements climatiques en Californie (sécheresse accrue et brouillards moins fréquents) ont des effets sur les milieux naturels. L’exploitation des Séquoias (Sequoia sempervirens), classés « En danger » sur la Liste rouge, se poursuit et représente une autre menace importante pour les champignons. Les champignons procurent des services écosystémiques essentiels pour la faune et la flore. Ils sont en symbiose avec 80% de l’ensemble des plantes et constituent un élément crucial de l’appareil digestif des ruminants, dont les ovins et les bovins. En tant que composants de médicaments et comme aliments, ils sont aussi extrêmement importants pour les êtres humains. Le champignon Penicillium est à l’origine de la pénicilline et à l’heure actuelle, la plupart des antibiotiques et des statines (dont l’utilisation est répandue pour faire baisser le cholestérol dans le sang) sont issus de champignons. Les champignons servent aussi à la fabrication du pain, de la bière, du vin, du fromage et de nombreux autres aliments. Cette mise à jour de la Liste rouge montre également que la dégradation des habitats côtiers sensibles, la pollution, la surexploitation et des méthodes de pêche destructrices entraînent des risques d’extinction pour de nombreux poissons marins osseux de l’Atlantique Centre-Est et de la grande Caraïbe. Le poisson-lion envahissant, pour sa part, exerce une forte pression

Liste rouge de la faune vertébrée des Terres australes et antarctiques françaises

Les espèces vivant dans les zones isolées de la planète ne sont pas à l’abri de l’impact des activités humaines. C’est ce que montrent les nouveaux résultats de la Liste rouge des espèces menacées en France, consacrés aux oiseaux, aux mammifères et aux reptiles des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). Les Terres australes françaises, la Terre Adélie et les îles Eparses sont des territoires relativement bien préservés, répartis de la zone tropicale aux latitudes polaires. Ces territoires inhabités représentent des sites majeurs pour la reproduction des tortues marines, des oiseaux et des mammifères marins. Mais le bilan réalisé met en évidence les menaces multiples qui pèsent sur cette biodiversité. Cet état des lieux a été établi par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec la collectivité des TAAF. Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale   DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (mars 2015)• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Rapport d’évaluation• Publication : UICN France, MNHN & TAAF (2015). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Vertébrés des Terres australes et antarctiques françaises. Paris, France.  Photo bandeau :Albatros d’Amsterdam © Jérémie Demay / CEBC CNRS IPEV

La Liste rouge mondiale des espèces menacées a 50 ans

Aujourd’hui, une espèce de mammifère sur quatre est menacée d’extinction au niveau mondial. C’est également le cas pour un oiseau sur huit, plus d’un amphibien sur trois, un tiers des requins et des coraux constructeurs de récifs, et plus d’une espèce de conifères sur trois. Comment le sait-on ? Grâce au travail des 9 000 experts de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) qui compilent les informations disponibles et alimentent en permanence la Liste rouge des espèces menacées, créée par l’UICN en 1964. Dans la dernière édition, qui vient d’être publiée, 76 199 espèces sont recensées, parmi lesquelles 22 413 sont menacées ! Pour faire de la Liste rouge un véritable « Baromètre de la Vie », il faut désormais accroître le nombre et la diversité des espèces évaluées pour obtenir un réel tableau de l’état de la biodiversité. Pour franchir un nouveau cap décisif, l’objectif fixé est d’atteindre 160 000 espèces évaluées à l’horizon 2020. La Liste rouge est l’outil de référence utilisé par les gouvernements et les ONG pour orienter les priorités de conservation. Ainsi, l’initiative internationale SOS (Sauvons nOs espèceS) porte secours aux espèces les plus menacées et aux habitats naturels dont elles dépendent. Piloté par l’UICN, SOS sélectionne et finance les meilleurs projets de terrain – 87 à ce jour – qui permettent de préserver des centaines d’espèces menacées à travers le monde. En France, la Liste rouge nationale identifie les plantes et les animaux menacés en métropole et en outre-mer. Pour sa réalisation, le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’histoire naturelle peuvent compter sur l’implication de nombreuses organisations et de plusieurs centaines de scientifiques et de naturalistes. Cet état des lieux est d’autant plus important que la France figure parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces mondialement menacées. A l’occasion du 50e anniversaire de la Liste rouge mondiale, Terre sauvage publie un numéro exceptionnel, entièrement consacré à la Liste rouge, aux espèces qui y sont recensées, et aux initiatives conduites pour les sauver. A travers le monde, les reporters et les photographes de Terre sauvage racontent comment on tente de sauver l’antilope saïga au Kazakhstan, le palissandre du Siam en Thaïlande, ou les vautours un peu partout !   Contacts Dora Godinho, UICN International, tel. +41 (0) 22 999 02 44 Florian Kirchner, UICN France, tel. 06 89 29 72 89 Emmanuelle Kerbati, Terre sauvage, tel. 04 79 26 27 60   Liens La Liste rouge mondiale Pour en savoir plus sur la Liste rouge mondiale L’initiative SOS La Liste rouge nationale Le numéro spécial de Terre sauvage   Documents joints Communiqué : La Liste rouge des espèces menacées a 50 ans

Liste rouge de l’UICN : l’appétit mondial pour les ressources pousse de nouvelles espèces vers l’extinction

Pour satisfaire notre appétit insatiable de ressources, la pêche, l’exploitation du bois, les activités minières et l’agriculture, entre autres, menacent la survie du thon rouge du Pacifique, du fugu chinois, de l’anguille d’Amérique et du cobra chinois. Alors que la destruction des habitats naturels a déjà causé l’extinction d’un mollusque malaisien et du plus grand perce-oreille connu au monde, elle menace toujours la survie de beaucoup d’autres espèces, selon la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™ qui vient d’être mise à jour et qui a été présentée aujourd’hui au Congrès mondial des parcs de l’UICN, à Sydney, en Australie. La Liste rouge de l’UICN, qui célèbre cette année son 50ème anniversaire, comprend maintenant 76199 espèces évaluées, dont 22413 sont menacées d’extinction. Comme près de la moitié des nouvelles espèces évaluées se trouvent dans des aires protégées, l’UICN appelle à une meilleure gestion de ces sites pour empêcher tout nouveau déclin de la biodiversité. « A chaque mise à jour de la Liste rouge de l’UICN, force est de constater que notre planète continue de perdre la diversité incroyable de la vie qu’elle porte, essentiellement à cause de nos actions destructrices pour satisfaire notre appétit insatiable pour les ressources » déclare Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN.« Mais nous avons des preuves scientifiques attestant que les aires protégées peuvent jouer un rôle vital dans le renversement de cette tendance. Les experts affirment que les espèces menacées mal représentées dans les aires protégées déclinent deux fois plus vite que celles qui y sont bien représentées. Nous avons le devoir d’augmenter le nombre d’aires protégées et de veiller à leur gestion efficace pour qu’elles puissent aider à sauver la biodiversité de notre planète. » Dans la nouvelle liste, le thon rouge du Pacifique (Thunnus orientalis) est passé de la catégorie « Préoccupation mineure » à « Vulnérable », ce qui signifie qu’il est désormais menacé d’extinction. L’espèce fait l’objet d’une pêche intensive pour le marché des sushis et des sashimis, surtout en Asie. La plupart des poissons capturés sont des juvéniles qui n’ont pas encore eu le temps de se reproduire et l’on estime que la population a subit un déclin de 19 à 33% depuis 22 ans. Les aires marines protégées n’assurent pas une protection suffisante à l’espèce. Les experts de l’UICN estiment que des aires marines protégées dans les 200 milles à partir du littoral et intégrant les zones de reproduction pourraient contribuer à la conservation de l’espèce. « La valeur marchande du thon rouge du Pacifique ne cesse d’augmenter » déclare Bruce Collette, Président du Groupe de spécialistes des thonidés et istiophoridés de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN.« Tant que les pêcheries n’appliqueront pas les mesures de conservation et de gestion élaborées pour l’océan Pacifique occidental et central, notamment la réduction des captures de juvéniles, nous ne pourrons nous attendre à ce que l’état de ce poisson s’améliore à court terme. » Le fugu (Takifugu chinensis), un poisson-globe chinois, a fait son entrée sur la Liste rouge de l’UICN, dans la catégorie « En danger critique ». On estime que sa population mondiale a diminué de 99,99% depuis 40 ans en raison de la surexploitation. Mets populaire au Japon, il fait partie des quatre principales espèces de fugu consommées en sashimis. Le fugu est un des poissons les plus toxiques du monde et doit être préparé de façon experte avant d’être consommé. Le fugu chinois est présent dans plusieurs aires marines protégées le long du littoral de la Chine. Des mesures de conservation, telles que la création d’aires marines protégées soumises à une fermeture annuelle de la pêche au chalut, ont été mises en œuvre. Toutefois, selon les experts de l’UICN, le prélèvement doit être contrôlé de toute urgence pour empêcher l’extinction de l’espèce. L’anguille d’Amérique (Anguilla rostrata), inscrite dans la catégorie « En danger », est menacée par les obstacles à sa migration, le changement climatique, des parasites, la pollution, la perte de l’habitat et le prélèvement à des fins commerciales. Compte tenu du déclin de l’anguille du Japon (Anguilla japonica), également inscrite dans la catégorie « En danger », les élevages industriels intensifs d’anguilles, en Asie de l’Est, tentent de reconstituer les stocks d’ensemencement avec d’autres espèces, telles que l’anguille d’Amérique. En conséquence, les rapports sur le braconnage de l’anguille d’Amérique aux Etats-Unis se sont multipliés. Toutes ces menaces se conjuguent pour exercer des pressions sur l’espèce mais des mesures de conservation dynamiques pourraient améliorer son état. Le cobra chinois (Naja atra) vient d’être évalué et placé dans la catégorie « Vulnérable ». Sa population a décliné de 30 à 50% depuis 20 ans. On trouve le cobra chinois dans le sud-est de la Chine, à Taiwan, dans le nord du Viet Nam et en RDP Lao, et il figure parmi les principales espèces animales exportées de Chine continentale vers Hong Kong pour le marché alimentaire. Le cobra chinois est présent dans des aires protégées telles que la Réserve naturelle d’Ailaoshan, la Réserve naturelle de Daweishan (Yunnan) et le Parc national Kenting (Taiwan). Bien que le commerce international de l’espèce soit réglementé, il est urgent de renforcer les initiatives nationales de conservation pour garantir sa survie. « Le marché alimentaire en pleine expansion exerce des pressions non durables sur cette espèce, parmi d’autres » déclare Jane Smart, Directrice du Groupe mondial pour la biodiversité de l’UICN.« Il faut, sans délai, imposer des limites strictes sur le prélèvement et prendre les mesures appropriées pour protéger les habitats. » La mise à jour de la Liste rouge met également en vedette plusieurs espèces touchées par la destruction de leur habitat, notamment les 66 espèces de caméléons menacées, bien que certaines soient présentes dans des aires protégées. Le caméléon Kinyongia matschiei, endémique des monts Usambara orientaux de Tanzanie, est classé dans la catégorie « En danger ». Comme beaucoup d’autres caméléons, cette espèce utilise la couleur pour communiquer. Il s’obscurcit également lorsqu’il est stressé et enroule sa queue autour des branches pour se sécuriser. Présent dans la Réserve naturelle Amani, une aire protégée, ce reptile est menacé par le déboisement pour l’agriculture, la production de charbon de bois et l’exploitation de

Liste rouge de la flore de Mayotte : près d’une espèce sur deux est menacée

L’analyse inédite conduite sur la flore de Mayotte montre que 43% des espèces sont menacées. Ces nouveaux résultats de la Liste rouge nationale portent sur l’ensemble des espèces composant la flore vasculaire indigène de Mayotte (fougères, arbres, orchidées et autres plantes à fleurs). Pour la première fois, ils permettent de connaître le risque de disparition et les menaces pesant sur chacune des 610 espèces de l’île. L’état des lieux a été réalisé avec un panel de botanistes, experts de la flore mahoraise. Il a été mené par le Comité français de l’UICN, le Conservatoire botanique national de Mascarin (CBNM), la Fédération des conservatoires botaniques nationaux (FCBN) et le Muséum national d’Histoire naturelle. Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale Documents et liens • Dossier de presse (juillet 2014) • Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf) • Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)  Photo bandeau : Vanilla humbloti © Guillaume Viscardi

Les 100 espèces les plus menacées du monde : sont-elles sans prix ou sans valeur ?

Le caméléon de Tarzan, le bécasseau à spatule et le paresseux pygmé à trois doigts se situent tous en tête d’une nouvelle liste des espèces les plus proches de l’extinction, publiée aujourd’hui par la Société zoologique de Londres (ZSL) et l’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature. Pour la toute première fois, plus de 8 000 scientifiques appartenant à la Commission de sauvegarde des espèces (CSE) de l’UICN se sont rassemblés pour identifier 100 espèces d’animaux, de plantes et de champignons parmi les plus menacées de la planète. Cependant, les écologistes craignent qu’on ne fera rien pour empêcher leur extinction parce qu’aucune de ces espèces ne procure des avantages évidents à l’humanité. « De plus en plus, la communauté des donateurs et le mouvement écologiste ont tendance à épouser la thèse de « l’utilité de la nature pour les humains », selon laquelle les espèces et les habitats sauvages sont appréciés et hiérarchisés en fonction des services qu’ils peuvent rendre aux populations », déclare le professeur Jonathan Baillie, directeur de la conservation de la Société Zoologique de Londres (ZSL). « De ce fait, il est devenu toujours plus difficile pour les écologistes de protéger les espèces les plus menacées de la planète. Il nous incombe de prendre une décision morale et éthique importante : Ces espèces ont-elles le droit de survivre, ou pouvons-nous nous permettre de les laisser aller jusqu’à l’extinction » ? Tel est le thème du rapport Priceless or Worthless (« Sans prix ou Sans valeur ? ») présenté aujourd’hui au Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui se tient actuellement en Corée. Cette publication vise à rehausser l’intérêt accordé à la protection de ces créatures « sans valeur » dans les programmes de conservation établis par l’ensemble des ONG actives dans ce domaine. « Toutes les espèces figurant sur la liste sont uniques et irremplaçables. Si elles disparaissent, aucune somme d’argent ne les fera renaître », déclare Ellen Butcher de la ZSL, co-auteur du rapport. « Cependant, si nous prenons des mesures immédiates, nous pouvons leur donner de bonnes chances de survie. Mais pour cela, nous avons besoin d’une société qui souscrive à la position éthique voulant que toutes les espèces ont le droit inhérent d’exister ». Leur déclin a pour l’essentiel été causé par les humains, mais dans presque tous les cas, la communauté scientifique estime que leur extinction peut encore être évitée si on leur consacre des efforts de conservation bien ciblés. Les actions de conservation ont produit des résultats dans le cas de nombreuses espèces, telles que le cheval de Przewalski (Equus ferus) et la baleine à bosse (Megaptera novaeangliae), qui ont été sauvés de l’extinction. Ces 100 espèces se trouvant dans 48 pays seront les premières à disparaître complètement si rien n’est fait pour les protéger. Le paresseux pygmé à trois doigts (Bradypus pygmaeus) fait partie des animaux qui sont voués à un sombre avenir. L’île d’Escudo, à 17 km au large du Panama, est le seul lieu au monde où l’on peut encore trouver ces minuscules paresseux. Moitié plus petits que leurs cousins vivant sur le continent sud-américain, ces animaux ont le poids approximatif d’un bébé nouveau-né. Ils sont les paresseux les plus petits et les plus lents du monde, et ils restent en situation de danger critique. De même, le saola (Pseudoryx nghetinhensis) est l’un des mammifères les plus gravement menacés du Sud-Est de l’Asie. La population de ces antilopes connues sous le nom d’unicorne asiatique en raison de leur rareté ne s’élève probablement plus qu’à quelques dizaines d’individus aujourd’hui. Au Royaume-Uni, une petite région du Pays de Galles est l’unique endroit au monde où l’on trouve encore la galle colorée du saule (Cryptomyces maximus). La population des champignons émetteurs de spores est actuellement en déclin, et il suffirait d’un seul événement catastrophique pour entraîner sa destruction totale. « Si nous considérons que ces espèces n’ont pas de prix, il est temps que la communauté écologique, le gouvernement et l’industrie agissent en conséquence et montrent aux générations de demain que nous attachons de la valeur à toute vie », ajoute le professeur Baillie. Bien que la monétisation de la nature demeure une nécessité valable pour les écologistes, il ne faut pas pour autant négliger la grande valeur des espèces qui se trouvent au bord de l’extinction, déclare le rapport. « Toutes les espèces ont une valeur pour la nature, et donc pour les humains », déclare Simon Stuart, président de la Commission de sauvegarde des espèces. « Même si la valeur de certaines espèces pourrait ne pas paraître évidente à première vue, toutes les espèces contribuent en fait, à leurs façons respectives, au bon fonctionnement de la planète ». SOS – Save Our Species, est un partenariat mondial animé par les principales organisations de la conservation en vue de mobiliser de nouvelles sources de financement pour protéger des espèces menacées, leurs habitats et les populations qui en dépendent. En adhérant à SOS, des gouvernements, des fondations, des entreprises et des mécènes peuvent unir leurs forces et faire en sorte que les espèces mentionnées dans cet ouvrage puissent prospérer à nouveau. Pour lire la publication en ligne, cliquez ici

Liste rouge 2012 des espèces menacées de l’UICN : la France en première ligne au niveau mondial

Rendue publique le 19 mai, à la veille de la Conférence des Nations Unies de Rio sur le développement durable, la nouvelle mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées montre que 19 817 espèces sont menacées d’extinction sur les 63 837 étudiées à ce jour. Avec le déclin rapide des espèces animales et végétales, nos sources de nourriture, de médicaments et d’eau salubre, tout comme la pollinisation des cultures ou la régénération de la fertilité des sols, risquent de se trouver en danger.   Pour lire le communiqué de presse consacré à la Liste rouge mondiale 2012 >> cliquez ici (en français). Avec cette nouvelle édition, le Comité français de l’UICN souligne la responsabilité majeure de la France dans la lutte contre l’érosion de la biodiversité mondiale : d’après cet état des lieux, la France est en première ligne, figurant parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces mondialement menacées. Pour lire le communiqué de presse faisant le point sur la situation de la France d’après la Liste rouge mondiale >> cliquez ici. Pour en savoir plus sur la Liste rouge des espèces menacées >> voir ici (en français). Toutes les informations sur la Liste rouge 2012 sont disponibles sur le site de l’UICN International >> ici (en anglais). Document joint Communiqué UICN France Liste rouge mondiale 2012

La France rejoint l’initiative « Save Our Species » de l’UICN

L’effort de protection des espèces menacées à l’échelle mondiale fait aujourd’hui un grand bond en avant avec l’annonce du Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM), qui s’engage à verser un don d’un million d’euros à SOS (Sauvons nos espèces). « SOS », une alliance mondiale lancée à l’initiative de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et la Banque Mondiale, utilisera ces fonds pour protéger la diversité de la vie sur la planète au travers de projets de conservation sur le terrain. « Si nous ne faisons rien pour enrayer le déclin des espèces, non seulement nous perdrons pour toujours de nombreux animaux et plantes, mais la trame même de notre société sera fortement compromise », indique Jean-Christophe Vié, Directeur adjoint du Programme mondial des espèces de l’UICN et Directeur de SOS. « Nous remercions le FFEM de son intérêt pour SOS et du soutien qu’il est prêt à apporter à nos efforts de préservation du monde naturel que nous partageons ». A travers leurs actions, l’UICN et le FFEM poursuivent un objectif partagé : protéger la biodiversité de la planète quand et où il le faut en priorité, en privilégiant les espèces des pays en développement. Avec une mission consistant à « encourager la protection de l’environnement local dans les pays en développement », le FFEM associe la protection environnementale au développement durable et place la protection de la diversité biologique au coeur de ses activités. Les efforts ciblés de SOS en matière de conservation des espèces ont été un élément central dans la décision du FFEM d’établir un partenariat avec l’organisation et de lui apporter son soutien financier. « C’est avec confiance que nous établissons ce partenariat avec l’UICN pour sauver la planète », dit François-Xavier Duporge, Secrétaire général du FFEM.« L’UICN dispose des meilleures connaissances et compétences sur le plan mondial en matière de conservation des espèces. Nous avons décidé de lui apporter un soutien financier afin de mobiliser tous les acteurs de la conservation et les encourager à agir, en espérant que d’autres gouvernements, des fondations, des mécènes et le secteur privé se joindront à nous pour sauver les merveilles de notre planète. » La Liste rouge des espèces menacées de l’UICN fait état de la disparition de la riche diversité de la planète à un rythme accéléré et alarmant : un mammifère sur quatre, un amphibien sur trois, un corail sur trois, un oiseau sur huit sont en danger d’extinction. SOS vise à ralentir les effets de cette crise d’extinction en rassemblant tous les secteurs de la société autour de la préservation de la vie sur la Terre, y compris des entreprises novatrices appartenant à tous les domaines d’activité, telles que Nokia, première société commerciale à avoir rejoint SOS. Récemment, 3,3 millions de dollars ont été affectés à 23 nouveaux projets de SOS dans différentes régions du monde afin de promouvoir des actions de conservation. « Nous sommes confrontés à la plus grande crise d’extinction naturelle de toute l’histoire de l’humanité », indique Alessandro Badalotti, coordinateur pour le projet SOS.« Ne rien faire, c’est rester inactif alors même que les bases de notre sécurité économique et de notre mode de vie sont en danger. Le soutien d’organisations telles que le FFEM nous aide à aborder ces enjeux et à obtenir des résultats. » La présente décennie a été déclarée Décennie de la Diversité Biologique par les Nations Unies. Les questions liées à la sauvegarde des espèces seront examinées lors du Congrès mondial de la nature, qui se tiendra à Jeju (République de Corée), du 6 au 15 septembre 2012.   Pour plus d’informations ou pour des interviews  Elke Blodau, Marketing & Communication Officer SOS, tel. +41 22 999 0372 Maggie Roth, Relations médias UICN, tel. +41 22 999 0115 Pour en savoir plus sur SOS : www.SOSpecies.org Pour en savoir plus sur le FFEM: www.ffem.fr/site/ffem

Thon rouge : une épreuve test de l’application les engagements de Nagoya

Cette semaine la Commission Internationale pour la Conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT), qui réunit 48 pays pêcheurs de thonidés dans l’Atlantique, dont la France, doit décider du quota de prises pour l’année 2011. Avec le développement rapide de la pêche industrielle à la senne, cette espèce (stock atlantique ouest) est aujourd’hui en « danger critique d’extinction » sur la liste rouge de l’UICN. Lors de la récente conférence internationale sur la biodiversité de Nagoya, les Etats ont pris des engagements pour éviter l’extinction d’espèces menacées, gérer de manière durable les ressources halieutiques et supprimer la surpêche (objectifs 6 et 12 du plan d’action stratégique ) d’ici 2020. La France a annoncé qu’elle défendrait un quota de pêche global de 13 500 tonnes de thon rouge pour 2011 dont 2500 tonnes pour les pêcheurs français (mêmes quotas que l’année dernière). Or, selon les derniers travaux des scientifiques de l’ICCAT, le maintien du quota actuel ne laisserait que de 63 % de chance à la population de thon rouge de se reconstituer d’ici à 2022. De plus, ce quota ne tient compte, ni de la pêche illégale en Méditerranée, ni des nombreuses failles dans le système de déclarations. Le Comité français de l’UICN rappelle que le respect des engagements de Nagoya nécessite de définir des quotas de pêche annuels au thon rouge compatibles avec un rétablissement à 100% de l’espèce et de prendre des mesures pour mettre fin à la pêche illicite en Méditerranée. (1) Objectif 6 : D’ici à 2020, tous les stocks de poisson et d’invertébrés et plantes aquatiques sont gérés et récoltés d’une manière durable, légale et en appliquant des approches fondées sur les écosystèmes, de telle sorte que la surpêche soit évitée, des plans et des mesures de récupération sont en place pour toutes les espèces épuisées, les pêcheries n’ont pas d’impacts négatifs marqués sur les espèces menacées et les écosystèmes vulnérables, et l’impact de la pêche sur les stocks, les espèces et les écosystèmes restent dans des limites écologiques sûres. Objectif 12 : D’ici à 2020, l’extinction d’espèces menacées connues est évitée et leur état de conservation, en particulier de celles qui tombent le plus en déclin, est amélioré et maintenu.