Congrès mondial de l’UICN : 109 Recommandations adoptées

Une nouvelle étape décisive vient d’être franchie dans la préparation du Congrès mondial de la nature de l’UICN. Plus de 1 000 organisations membres de l’UICN, incluant des États et des agences gouvernementales, des ONG, des organisations de peuples autochtones ont été appelées à voter sur 109 recommandations, dont 14 proposées par les membres français de l’UICN. Toutes ces recommandations ont été adoptées et proposent des actions concrètes pour répondre aux enjeux de biodiversité. DES RECOMMANDATIONS AVEC DES SOLUTIONS CONCRÈTES POUR LA NATURE Ce vote est un succès et illustre la dynamique internationale en cours pour construire un monde plus durable, qui valorise et conserve la nature. Avec ces 109 recommandations, l’UICN continue de jouer son rôle d’alerte et de force de propositions pour protéger la biodiversité. A la différence des COP de l’ONU, ce vote est une codécision entre les Etats et les agences publiques, d’une part, et les ONG d’autre part, depuis des grandes organisations jusqu’à des petites associations. Les recommandations de l’UICN influencent et guident les décisions à prendre et les actions à engager. Elles sont notamment à l’origine de l’adoption de conventions importantes comme la Convention de Ramsar sur les zones humides, la Convention du Patrimoine mondial de l’UNESCO, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) et la Convention sur la diversité biologique (CDB). LA MOBILISATION FRANCAISE AU RENDEZ-VOUS DE LA MOBILISATION MONDIALE « Les membres du Comité français de l’UICN, les plus nombreux dans le monde après les membres des Etats-Unis, ont apporté des contributions importantes en proposant 14 de ces recommandations mondiales. » indique Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN. Il précise « Comme pour les autres recommandations, on peut les classer en 3 grands ensembles : celles demandant un renforcement d’actions sur des espèces et des écosystèmes particuliers, celles soutenant des politiques et des stratégies environnementales plus ambitieuses, et celles requérant une lutte plus importante contre des pressions pesant sur la biodiversité ». Parmi ces recommandations coordonnées par le Comité français de l’UICN figurent le renforcement de la protection des poissons des récifs coralliens, des mangroves et des grands singes, la reconnaissance des crimes environnementaux comme des crimes graves ou le déploiement des Solutions fondées sur la nature pour lutter contre le changement climatique, ainsi que la lutte contre la pollution plastique dans l’océan, la déforestation importée ou l’artificialisation des sols (plus de détails ci-après). Ces recommandations, auxquelles s’ajoutent celles sur le développement des pratiques alternatives aux pesticides de synthèse et la réduction des incidences négatives des activités de pêche et d’extraction sur les espèces et les habitats marins, ont été intégrées dans la nouvelle stratégie européenne de la biodiversité adoptée par le Conseil de l’Union Européenne le 23 octobre dernier. Par ailleurs, les Etats parties à la Convention contre le crime transnational organisé (UNTOC) viennent d’inclure les crimes portant atteinte à l’environnement dans le champ d’application de cette convention. LES ETAPES FRANCHIES ET CELLES A VENIR Au total 128 recommandations ont été retenues en décembre 2019 pour le Congrès mondial. A l’issue d’un débat en ligne de décembre 2019 à mars 2020 entre tous les membres de l’UICN dans le monde, 109 d’entre elles ont été retenues pour être votées entre le 7 et le 21 octobre 2020. Les 19 recommandations restantes seront soumises à débat lors du Congrès mondial de l’UICN à Marseille en 2021. Le Comité français de l’UICN a coordonné l’élaboration de 18 recommandations sur les 128, dont 14 ont été votées en octobre 2020 et 4 feront partie du débat des 19 recommandations restantes. L’ensemble de ces recommandations contribueront à définir les prochains objectifs pour la protection de la biodiversité à 2030, qui seront établis à la COP15 Biodiversité de l’ONU après le Congrès mondial de la nature de l’UICN. Cette mobilisation est plus que jamais indispensable puisqu’à travers la 5ème édition des Perspectives mondiales de la biodiversité, le constat est maintenant établi par l’ONU que les 20 grands objectifs internationaux pour la biodiversité fixés en 2010 n’ont pas été atteints en 2020, malgré quelques progrès.   Plus d’informations – Communiqué de presse du Comité français de l’UICN – Le document synthétique sur les 14 recommandations des membres du Comité français de l’UICN – La mobilisation du Comité français de l’UICN pour le Congrès – Les résultats par motions – Questions/Réponses sur le Congrès mondial de la nature de l’UICN – Site internet du Congrès

Les entreprises doivent davantage préserver le capital naturel

La crise sanitaire actuelle nous impose d’agir dès à présent en investissant dans la transition écologique au bénéfice simultané de l’économie, de la nature, du climat et de la société. Les entreprises ont une forte responsabilité pour engager cette transition et le Comité français de l’UICN les appelle à s’y engager résolument, en soulignant le rôle crucial de la biodiversité.    RESILIENCE DE LA BIODIVERSITÉ ET DES ECOSYSTEMES POUR UNE SANTE PLANETAIRE  La biodiversité et les écosystèmes sont la base de notre économie et de notre bien-être. Leur dégradation causée par nos modes de consommation et de production est, à l’inverse, source d’instabilité économique et sociale. « L’érosion mondiale de la biodiversité et le changement climatique qui se poursuivent vont continuer de favoriser l’émergence de nouvelles crises, des pandémies comme celle que nous connaissons actuellement, mais aussi des sécheresses, inondations, tempêtes, si nous n’agissons pas davantage pour la protection de la planète » déclare Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN. Il est ainsi urgent de réduire nos pressions sur la nature (artificialisation des sols et dégradation des habitats naturels, surexploitation des ressources naturelles, commerce des espèces menacées, pollutions…) et d’agir résolument pour préserver et restaurer les écosystèmes afin de bénéficier de leurs services (stockage du carbone, quantité et qualité de l’eau, pollinisation, nourriture, médicaments, tourisme et loisirs etc).   LE NECESSAIRE ENGAGEMENT DES ENTREPRISES : L’ACTION DU COMITE FRANÇAIS DE L’UICN  Le Comité français de l’UICN accompagne depuis plus de 10 ans des entreprises en les accompagnant pour intégrer la préservation du capital naturel dans leurs stratégies et à y consacrer des ressources suffisantes pour déployer des plans d’actions pertinents et opérationnels. « Les entreprises doivent poursuivre leurs efforts pour répondre à la crise actuelle et prendre des mesures fortes pour inverser la courbe de dégradation de la biodiversité et construire une économie plus durable » souligne Florence Clap, responsable du programme Politiques de la biodiversité du Comité français de l’UICN.  Avec ses 8 partenaires « entreprises » qui sont : EDF, VEOLIA, ENGIE, Storengy (Groupe ENGIE), HeidelbergCement France, EQIOM (Groupe CRH), PRIMAGAZ et L’OCCITANE, le Comité français de l’UICN a : – rédigé des recommandations pour réaliser un reporting extra-financier sur la biodiversité de qualité, sujet d’importance désormais majeur pour les agences de notations en France comme à l’international ; – sensibilisé et mobilisé les collaborateurs en entreprise pour déployer l’action en interne et progresser vers un changement des comportements ; – réalisé des plans de gestion écologique sur les sites d’activités et le foncier des entreprises ; – identifié les impacts et dépendances à la biodiversité sur les chaines de valeur des entreprises afin de prendre les mesures garantissant sa préservation ; – aidé à la construction d’engagements dans le cadre des initiatives « act4nature international » et « Entreprises engagées pour la nature – act4nature France ».   LUNDI 15 JUIN 2020 : UN EVENEMENT MONDIAL INÉDIT POUR LES ENTREPRISES Co-organisé par la coalition Business for Nature dont fait partie l’UICN, le sommet Building business resilience :  How collective leadership will reverse nature loss se déroulera en visioconférence lundi 15 juin. Plus de 2500 participants sont inscrits pour renforcer la place de la nature dans le monde de l’après crise sanitaire.   Le Comité français de l’UICN compte sur l’engagement des entreprises françaises pour rejoindre cette mobilisation en faveur de la nature et montrer concrètement leurs innovations, réalisations et projets dans la perspective du Congrès mondial de la nature de l’UICN en janvier 2021 à Marseille qui va consacrer un événement spécial pour les chefs d’entreprises du monde entier.   Plus d’informations – Le communiqué de presse sur notre appel – La page dédiée à nos actions avec les entreprises – S’inscrire à la conférence du 15 juin – Le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 – Contacts : Florence Clap, Chargée du programme Politiques de la biodiversité / Melina Gersberg, Chargée de mission “entreprises et biodiversité” – partenariats EDF, ENGIE, Veolia et L’Occitane / Fanny Brunstein, Chargée de mission “entreprises et biodiversité” – partenariats HeidelbergCement France, Eqiom et Primagaz