Les propositions de l’UICN France pour la conférence environnementale 2013
Dans la cadre de la 2ème conférence environnementale, le Comité français de l’UICN présente ses propositions pour renforcer la protection de l’environnement marin, l’un des 5 thèmes à l’ordre du jour des débats. La 2ème conférence environnementale aura lieu les 20 et 21 septembre 2013 et abordera cinq nouveaux sujets dont « la biodiversité marine, la mer et les océans dans la perspective de renforcement des connaissances et de la protection de l’environnement marin en métropole et en outre-mer ». Dans ce cadre, le Comité français de l’UICN a souhaité exprimer les recommandations suivantes. Axe 1 : Améliorer les connaissances et les protections des écosystèmes marins et littoraux ► Permettre la progression des connaissances, en particulier en créant des liens de solidarité entre sciences fondamentales et sciences appliquées, et favoriser l’accès à de nouvelles sources de financement, en : – Plaçant la mer et les océans dans les priorités de la recherche française des prochaines années (les progrès doivent pouvoir être évalués sur le nombre de projets de recherche financés et les montants alloués) – Mobilisant le secteur privé, usager des ressources marines renouvelables (pharmaceutique, cosmétique, diététique,….énergies marines) et non renouvelables (extractions de granulats marins,….), pour financer des programmes de recherche dans le cadre de partenariats publics/privés, notamment concernant les impacts de ces activités et la recherche de solutions de suppression ou de limitation de ces impacts, – Favorisant le développement des sciences participatives, avec les acteurs économiques et associatifs (mesures incitatives, avantages fiscaux, rémunérations, subventions…) ► Soutenir les travaux sur les Listes Rouges des espèces menacées et des écosystèmes, menés au niveau national, pour identifier les priorités et lancer des plans d’action et initiatives de protection, et améliorer les connaissances sur les espèces classées en « Données insuffisantes » de la Liste rouge des espèces menacées en France pour les groupes déjà évalués (mammifères marins, requins et raies,…) ► Renforcer les actions visant à promouvoir les actions de mobilisation, d’éducation et de sensibilisation pour la préservation de la biodiversité marine, comme l’initiative Blue Society, et sa prise en compte dans les formations aux métiers de la mer Axe 2 : Le renforcement de l’action de la France en ces domaines dans les outre-mer ► Mettre en œuvre rapidement, ou renforcer, les actions prioritaires approuvées lors de la 1ère conférence environnementale (Stratégies territoriales de la biodiversité par collectivité, inventaires du patrimoine naturel, réseau d’espaces protégés…) ► Développer une planification spatiale maritime en outre-mer pour atteindre un bon état écologique des milieux marins, adaptée à ces territoires et inspirée de la Directive-cadre « Stratégie pour le milieu marin » et du projet de DPSM/GIZC ► Renforcer la protection des mangroves dans les Départements (Guyane, Guadeloupe, Martinique, Mayotte) et Collectivités (Nouvelle-Calédonie) d’outre-mer principalement concernés, en valorisant les interactions mangroves/herbiers marins/récifs coralliens ► Assurer la mise en place pérenne de l’initiative BEST pour la préservation de la biodiversité de l’outre-mer européen ► Réglementer l’exploitation des ressources pétrolières et minérales en outre-mer en encadrant strictement le développement des projets, en appliquant le principe de précaution et en assurant une large concertation avec l’ensemble des acteurs de la société civile Axe 3 : Les conditions d’une valorisation durable des ressources du milieu marin ► Poursuivre la mise en place d’un réseau représentatif et efficacement géré d’aires marines protégées en réaffirmant l’objectif de couvrir 20% du domaine maritime français d’ici 2020 ► Evaluer, promouvoir et valoriser l’importance de la biodiversité marine dans une perspective de développement durable basé sur les ressources naturelles marines et de protection de l’environnement marin (secteurs d’activités, filières, formations, emplois), ► Mettre en application les résultats des travaux menés sur la fiscalité écologique et affecter ces ressources à la gestion des écosystèmes marins ► Intégrer la protection de la biodiversité marine dans les politiques et projets de développement des énergies marines ►Dynamiser la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour la mer et le littoral et les instances de gouvernance (Conseil national de la mer et des littoraux, COMER) en favorisant une approche intégrée avec les différents acteurs de la mer, pour renforcer la politique maritime française ► Poursuivre la mise en œuvre du protocole APA ratifié par la France ► Renforcer le rôle et l’implication des collectivités portuaires et territoires maritimes dans les plans d’action pour la biodiversité marine et dans la gestion des aires marines protégées ► Encadrer davantage la pêche profonde et soutenir une pêche durable Axe 4 : L’action internationale de la France pour la protection juridique et la gouvernance de la haute mer ► Soutenir la signature d’un accord international sur la Haute Mer ► Influencer les Etats signataires des Conventions de Mers Régionales pour une meilleure prise en compte de la biodiversité marine dans des protocoles d’accord et en favorisant la collaboration avec les organisations régionales de pêche ► Annoncer la création de nouvelles AMP lors du Congrès IMPAC3 et engager de nouvelles initiatives régionales ► Appuyer l’initiative hollandaise de réduction des pollutions plastiques et développer des appels à projet pour l’effacement du 7eme continent plastique et autres zones d’agrégation des rejets plastiques Documents joints Propositions UICN France biodiversité marine (document complet) Propositions UICN France biodiversité marine (synthèse)
Conférence environnementale : Le congrès mondial de la nature offre des solutions aux crises que nous vivons !
Le 5ème congrès mondial de la nature de l’UICN, qui réunit actuellement plus de 10 000 participants, appelle à de nouveaux engagements pour la biodiversité et affirme que des solutions basées sur la nature permettront de répondre aux défis de demain (développement économique et social, changement climatique, sécurité et qualité alimentaire). Depuis Jeju en Corée du Sud, le congrès mondial de l’UICN rappelle l’importance des services écologiques dans l’économie mondiale et le coût de la dégradation de la biodiversité pour nos sociétés. Un développement social et économique ne doit plus se faire au détriment de la nature mais en mettant, au contraire, la nature au cœur de tous nos choix de développement. « Les services rendus par la nature sont estimés à 23.500 milliards d’euros par an, soit environ un tiers du PIB mondial ! Osons l’idée d’une croissance économique basée sur la nature » déclare Christophe Lefebvre, Président du Comité français et Conseiller européen de l’UICN, en introduction de la journée dédiée au développement économique et social. A la veille de la conférence environnementale qui aura lieu les 14 et 15 septembre, le Comité français de l’UICN invite la conférence à prendre en compte les recommandations du Congrès mondial de la nature. Dans le domaine des financements, la suppression des subventions dommageables à la biodiversité, la taxation des transactions financières et le recours à des financements innovants devraient permettre de limiter les pressions sur la biodiversité et de dégager les investissements nécessaires dont la nature et l’homme ont besoin. L’élaboration d’une stratégie pour le financement de la conservation de la biodiversité en France doit être lancée. Dans le domaine de la gouvernance, l’implication plus forte des collectivités territoriales est nécessaire pour stopper le déclin de la biodiversité. L’un des enjeux majeurs du congrès, qui est en débat, est l’adhésion des collectivités locales à l’UICN, aux côtés des Etats et des ONG. Les partenariats avec le secteur privé doivent aussi être encouragés pour renforcer leur performance environnementale, ainsi que l’amélioration des normes et la généralisation des bonnes pratiques. La transition énergétique passe par une évolution déterminée des énergies fossiles vers les énergies renouvelables, tout en veillant à éviter et minimiser leurs impacts sur la biodiversité. Il faut sortir de notre dépendance au pétrole et, dans l’immédiat, suspendre ou encadrer beaucoup plus strictement les projets d’exploitation pétrolière offshore (Méditerranée, plateau des Guyanes) et des hydrocarbures non conventionnels (gaz de schistes notamment). Le rôle des écosystèmes dans la lutte contre le changement climatique doit être davantage reconnu et constituer un axe d’action fort avec les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables. La restauration et le maintien des écosystèmes et les services écologiques qu’ils fournissent, sont les piliers sur lesquels les actions des acteurs politiques, économiques et sociaux doivent reposer. Protéger et gérer les écosystèmes nécessitent le renforcement de la politique des aires protégées. Dans le domaine des océans, la constitution d’un grand réseau d’aires marines protégées efficacement gérées est la principale solution au défi du maintien et de la reconstitution des stocks halieutiques, et plus largement des écosystèmes marins. Le Comité français de l’UICN participera à la conférence environnementale les 14 et 15 septembre. Une contribution a été rédigée avec l’ensemble de son réseau, consultable ci-dessous. Documents joints Contribution UICN France conférence environnementale Communiqué UICN France conférence environnementale