PPI : 14 nouveaux projets de conservation de la biodiversité en Afrique
Le Comité de Sélection du Programme de Petites Initiatives (PPI) s’est réuni au siège du Comité français de l’UICN afin d’étudier les dossiers de candidature à l’appel à projets « petites subventions » lancé en mars 2017. Cet appel à projets s’adressait à des Organisations de la Société Civile (OSC) africaines n’ayant jamais bénéficié d’un financement PPI dans 12 pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale. À la clôture de l’appel à projets, 592 propositions de projets ont été réceptionnées (214 pour l’Afrique de l’Ouest et 378 pour l’Afrique Centrale). 21 projets ont été présélectionnés et ont été invités à soumettre un dossier complet pour lequel les OSC ont bénéficié d’un accompagnement du Programme d’Afrique Centrale et Occidentale de l’UICN (UICN PACO). Le 12 décembre, les membres du comité de sélection, représentants des institutions variées (liste des membres disponible ici), ont rendu leurs évaluations des projets basées sur des critères de pertinence, de cohérence, de faisabilité technique et financière ainsi que de durabilité. Parmi les 21 propositions présentées, le comité de sélection a retenu 14 projets pour un montant total attribué de 450 000 euros. Sur les 14 projets retenus, 7 seront mis en œuvre dans des pays d’Afrique de l’Ouest et 7 en Afrique de Centrale sur des thématiques aussi variées que la protection d’espèces menacées, l’atténuation des conflits Homme/Faune ou encore l’amélioration de la gouvernance d’aires protégées (liste complète des projets sélectionnés disponible ici). Les organisations sélectionnées auront comme objectif commun de mettre en œuvre des projets locaux de conservation de la biodiversité et de lutte contre le changement climatique (32 k€ en moyenne sur 18 mois) à travers la réalisation d’actions concrètes de terrain. Cette étape marque ainsi la fin du processus de sélection des projets dans le cadre de la cinquième phase du programme (2016-2019). Un 1er appel à projets restreint avait permis de sélectionner 20 projets au mois de juin 2017. Au total, ce sont donc 34 projets portés par 38 OSC (certains projets sont menés en consortium) et réseaux d’OSC qui seront soutenus dans 11 pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale jusque fin 2019 pour un montant total de 1 590 000 euros. Depuis 2007, le Comité Français de l’UICN, en partenariat avec l’UICN PACO, est chargé de mettre en œuvre le PPI, financé par le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM). Cet outil a pour objectif de renforcer la contribution de la société civile des pays d’Afrique subsaharienne à la préservation de l’environnement mondial tout en améliorant les conditions de vie des populations locales. Le PPI constitue aujourd’hui le principal outil de la coopération française finançant directement les OSC de pays du sud pour des actions spécifiques de conservation de biodiversité. Plus d’informations – Paul Estève – Chargé de mission du Programme de Petites Initiatives – Nicolas Salaün – Chargé de programme « Coopération internationale » – Page dédiée au Programme des petites initiatives (PPI) – Page Facebook du PPI
20 nouveaux projets de conservation de la biodiversité en Afrique
Le Comité de Sélection du Programme de Petites Initiatives (PPI) s’est réuni au siège du Comité français de l’UICN afin d’étudier les dossiers de candidature à l’appel à projets « moyennes subventions » lancé fin 2016. Parmi les 23 propositions reçues, le comité de sélection a retenu 20 projets pour un montant total de 1 140 000 euros. Sur les 20 projets retenus, 7 projets seront mis en œuvre dans des pays d’Afrique de l’Ouest, 11 en Afrique de Centrale et 2 seront des projets régionaux multi-pays qui concernent l’Afrique Centrale également (liste complète des projets sélectionnés disponible ici). Les organisations sélectionnées auront comme objectif commun de mettre en œuvre des projets de moyenne envergure (60 k€ en moyenne sur 2 ans) intégrant la réalisation d’actions concrètes de terrain, l’appui à l’amélioration de la gouvernance locale des ressources naturelles et l’engagement citoyen. Depuis 2007, le Comité Français de l’UICN, en partenariat avec le Programme d’Afrique Centrale et Occidentale de l’UICN (UICN PACO), est chargé de mettre en œuvre le PPI, financé par le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM). Cet outil est dédié au renforcement de la société civile africaine sur les questions environnementales dans des pays où elle est historiquement peu active sur ces sujets. Il s’appuie sur un comité de sélection, représentant des institutions variées (liste des membres disponible ici), qui apportent leur expertise sur la pertinence, la cohérence, la faisabilité technique et financière ainsi que sur la durabilité des projets présentés. Cette première étape de sélection des projets « moyennes subventions » marque ainsi un temps fort de la cinquième phase du PPI. Elle sera suivie par une deuxième période de sélection des projets ayant répondu à l’appel à propositions « petites subventions » clôturé le 1er mai dernier et qui lui était ouvert à toute nouvelle organisation n’ayant jamais bénéficié du PPI. A ce stade, 22 organisations ont été présélectionnées, et ont été invitées à soumettre des propositions complètes qui seront analysées par le comité de sélection qui se réunira à la fin de l’année. Pour l’élaboration de leurs propositions, les organisations bénéficieront entre temps de l’appui de l’UICN PACO qui portera notamment sur les aspects institutionnels, administratifs, techniques et financiers des projets. CONTACT Nicolas Salaün – Chargé de programme « Coopération internationale » Paul Estève – Chargé de mission du Programme de Petites Initiatives Photo bandeau : Girafe au Niger © JP Suraud
Un nouveau programme de soutien à la société civile africaine
Après 10 ans de succès, un nouveau programme de soutien à la la société civile africaine est lancé par le FFEM et l’UICN France pour renforcer l’action sur la biodiversité et le climat Le Programme de Petites Initiatives (PPI) renouvelle pour les 3 prochaines années son appui à la société civile africaine active dans la protection de la biodiversité et la lutte contre le changement climatique. Une nouvelle convention est signée aujourd’hui entre le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) et le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN France), pour la mise en œuvre de ce programme, au moment où il célèbre ses 10 années d’existence. De petits projets pour de grands enjeux Depuis 2006, le Programme de Petites Initiatives, financé par le FFEM, accompagne directement les organisations de la société civile (OSC) des pays d’Afrique subsaharienne actives dans la préservation de la biodiversité grâce à des subventions d’un montant maximum de 50 000 €. En 10 ans, 144 organisations ont reçu une aide de ce programme dont la gestion est assurée par l’UICN France et le programme Afrique Centrale et de l’Ouest de l’UICN (UICN-PACO). Les projets apportent des résultats concrets pour la conservation de la nature en Afrique et intègrent le plus souvent, dans leurs actions, des activités génératrices de revenus qui bénéficient directement aux populations locales et à leur développement socio-économique (par ex. plus de 60 projets de développement de filières de commercialisation de produits naturels ont été financés). Le PPI constitue aujourd’hui le principal outil de la coopération française finançant directement les OSC de pays du sud pour des actions spécifiques de conservation. Une société civile africaine renforcée pour répondre aux défis environnementaux Le PPI contribue à renforcer les capacités des organisations africaines grâce à un accompagnement de proximité mis en œuvre par l’UICN-PACO. Progressivement certaines de ces OSC sont devenues des acteurs majeurs au sein de leurs pays respectifs. Elles participent aujourd’hui à des commissions nationales, mènent des actions de plaidoyer auprès des responsables politiques, partagent leur expertise, etc. Le PPI a permis la constitution et la structuration de réseaux et d’alliances entre acteurs travaillant sur les mêmes thématiques ou/et au sein d’une même région. Ces partenariats se sont même parfois étendus à l’international, aboutissant à la création de synergies et coopérations entre acteurs de la société civile au Nord et au Sud. Une nouvelle phase PPI pour consolider les actions et encourager les dynamiques régionales L’objectif de cette nouvelle phase, est de continuer à soutenir les OSC afin de favoriser l’émergence d’une masse critique d’organisations capables de mener des actions concrètes sur le terrain, de travailler ensemble et d’influencer les politiques publiques et les acteurs du secteur privé. A titre d’exemple, le PPI va poursuivre son accompagnement à l’Alliance pour la conservation des Grands Singes en Afrique Centrale (GSAC), qui regroupe six OSC de quatre pays d’Afrique Centrale (Gabon, Congo Brazzaville, RDC et Cameroun) et dont l’objectif est de contribuer à la conservation des grands singes et de leurs habitats tout en appuyant le développement des communautés locales. Leur mise en réseau permettra de mutualiser les efforts, de valoriser les travaux des membres et de communiquer et porter des messages au niveau régional et international en faveur des grands singes d’Afrique (le Gorille de l’Est, le Gorille de l’Ouest, le Chimpanzé et le Bonobo), tous menacés d’extinction. Pour en savoir plus Page dédiée au PPI Site internet du FFEM Documents joints Communiqué de presse Dossier de presse sur les 10 ans du PPI
Le braconnage est à l’origine du pire déclin subi par l’Eléphant d’Afrique depuis 25 ans
L’ensemble de la population de l’Éléphant d’Afrique a connu son pire déclin depuis 25 ans, principalement en raison d’un braconnage accru ces 10 dernières années, selon le Rapport sur le statut de l’Éléphant d’Afrique présenté aujourd’hui par l’UICN, lors de la 17e session de la Conférence des Parties à la CITES, qui se tient à Johannesburg, Afrique du Sud. Ce rapport est la source de référence concernant les effectifs et la répartition des populations d’éléphants d’Afrique dans les 37 États de leur aire de répartition en Afrique sub-saharienne. Il comporte plus de 275 estimations nouvelles ou mises à jour pour des populations d’éléphants dans tout le continent africain, dont plus de 180 sont issues de relevés systématiques. Pour la première fois depuis près d’une décennie, le rapport présente le nombre total d’éléphants sur le plan continental, régional et national, et examine l’évolution des estimations des effectifs au niveau des sites. Sur la base d’estimations provenant d’un large éventail de sources – relevés aériens et comptage des crottins d’éléphant – le nombre d’éléphants estimé en 2015 est inférieur de 93 000 à celui de 2006. Cependant, ce chiffre inclue 18 000 individus de populations qui n’avait pas été comptées auparavant, ce qui signifie que le vrai déclin à partir des estimations se rapprocherait plus de 111 000. L’effectif total du continent est maintenant estimé à 415 000 éléphants, mais il peut y avoir entre 117 000 et 135 000 éléphants de plus dans des zones n’ayant pas été systématiquement recensées. La montée du braconnage pour l’ivoire, qui a commencé il y a environ une décennie – l’épisode le plus grave de ce genre connu en Afrique depuis les années 1970 et 1980 – a été la cause principale de ce déclin, tandis que la destruction des habitats représente une menace croissante pour la survie de l’espèce sur le long terme, d’après le rapport. « Ces nouveaux chiffres révèlent le sort vraiment alarmant de cette espèce majestueuse – l’un des animaux les plus intelligents du monde et le plus grand mammifère terrestre vivant actuellement, », affirme Mme Inger Andersen, Directrice générale de l’UICN. «Il est choquant mais pas surprenant que le braconnage ait des effets si dramatiques sur cette espèce emblématique. Ce rapport fournit de nouvelles preuves scientifiques de la nécessité d’intensifier les efforts pour la lutte contre le trafic illégal d’espèces sauvages. Entre-temps, les efforts entrepris pour combattre le braconnage ne doivent pas nous faire oublier d’autres menaces de plus en plus dévastatrices, comme la destruction des habitats. » Sur le plan régional, avec plus de 70% des effectifs totaux estimés, la population d’éléphants d’Afrique australe est de loin la plus nombreuse du continent : 293 000 éléphants environ dans les zones faisant l’objet de relevés systématiques. L’Afrique de l’Est possède environ 86 000 éléphants (20%), tandis que l’Afrique centrale en a environ 24 000 (6%). La population d’éléphants d’Afrique de l’Ouest reste la moins nombreuse au niveau régional, avec environ 11 000 éléphants (moins de 3%). L’Afrique de l’Est – la région la plus touchée par le braconnage – a connu une réduction de la population d’éléphants de près de 50%, attribuable en grande partie à un déclin de plus de 60% des effectifs de Tanzanie. Malgré des baisses constatées sur certains sites, depuis 2006, les effectifs de l’espèce restent stables ou sont en augmentation en Ouganda, au Kenya et au Rwanda, et une extension de l’aire de répartition a été observée au Kenya. La population d’éléphants de forêt d’Afrique centrale a aussi été fortement touchée par le braconnage pour l’ivoire, depuis les années 1990. Autrefois, la République Démocratique du Congo détenait l’une des populations d’éléphants de forêt les plus importantes d’Afrique, qui a depuis été réduite à de petites populations résiduelles. Maintenant, le Gabon et le Congo abritent les populations d’éléphants de forêt les plus importantes du continent africain, mais les deux pays ont été affectés par un fort braconnage au cours des dernières années, tout comme les populations de forêt et de savane du Cameroun. Les populations de savane du Tchad ont enregistré de lourdes pertes et celles de la République centrafricaine ont presque entièrement disparu. Les populations d’éléphants d’Afrique de l’Ouest sont pour la plupart petites, fragmentées et isolées. Depuis 2006, 12 populations ont disparu, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée Bissau, au Sierra Leone, au Togo, en Guinée et au Nigéria. La population d’éléphants du Complexe transfrontalier du « WAP », à cheval sur la frontière entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, reste le bastion de la population d’éléphants d’Afrique de l’Ouest. S’il est vrai que le braconnage n’a pas eu le même impact en Afrique australe que dans d’autres secteurs du continent, la région est maintenant confrontée à une menace croissante liée au braconnage. Des baisses des effectifs ont été observées au Mozambique et dans certaines régions du Zimbabwe, tandis que les grandes populations de Namibie, d’Afrique du Sud et du Zimbabwe sont stables ou en augmentation. Au Botswana, on constate une extension de l’aire de répartition. Il y a encore de l’incertitude quant à la taille exacte de la population d’éléphants dans la zone transfrontalière de conservation de « KAZA », qui détient la plus grande population du continent, et il reste primordial d’entreprendre une enquête coordonnée sur cette population. « C’est la première fois depuis 2006 que nous avons élaboré un rapport sur le statut de l’Éléphant d’Afrique comportant la mise à jour et l’analyse des effectifs d’éléphants et de leur répartition à l’échelle de l’ensemble du continent, » déclare Holly Dublin, Présidente du Groupe de spécialistes de l’Éléphant d’Afrique (GSEAf) de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN, qui a dirigé la préparation du rapport. « Ce rapport souligne à quel point il est important de surveiller, d’évaluer et d’analyser régulièrement la situation de l’Éléphant d’Afrique. Il est essentiel de connaître les effectifs et leur répartition afin de reconnaître les menaces qui pèsent sur l’espèce, de bien cibler les actions de conservation et d’évaluer leur efficacité. Cela a été possible grâce à
Le PPI célèbre ses 10 ans au congrès mondial de la nature
[facebook_follow url= »https://www.facebook.com/PPInitiatives/ » width= » » height= » » color= »light » layout= »standard » faces= »false »] Le programme de petites initiatives (PPI) fête cette année ses 10 ans d’actions en faveur de l’accompagnement des acteurs de la société civile africaine dans la conservation de la biodiversité et la lutte contre les changements climatiques. Depuis 2006, le PPI, financé par le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM), géré par le Comité Français de l’UICN en partenariat avec le Programme Afrique Centrale et de l’Ouest (PACO) de l’UICN, a soutenu 181 projets en Afrique centrale et de l’Ouest, ainsi qu’à Madagascar et au Mozambique. Le programme a ainsi permis de consolider une cinquantaine d’Organisations de la Société Civile (OSC) en particulier dans sept pays prioritaires (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Cameroun, Congo et RDC) où elles ont bénéficié d’un accompagnement sur mesure. En dix ans, ce sont plus de 6.3 millions d’euros qui ont été mobilisés par le FFEM pour financer directement les projets qui reçoivent en moyenne 34 000 € sur une durée de 20 mois environ. Ces subventions permettent d’obtenir des résultats de terrain significatifs et particulièrement bien dimensionnés par rapport aux OSC sélectionnées avec 8,3 millions d’euros de cofinancements provenant des OSC elles-mêmes, des bénéficiaires et/ou d’autres partenaires financiers. 14,6 millions d’euros ont ainsi été levés au total entre 2006 et 2016. Dans un contexte global d’États peu actifs — voire défaillants — sur les questions de conservation de la biodiversité et de lutte contre les changements climatiques en Afrique, les OSC constituent des acteurs incontournables. En tant qu’acteurs de terrain indépendants et non-étatiques, elles ont en effet un rôle essentiel à jouer afin d’améliorer les conditions de vie des populations locales, de renforcer les mécanismes locaux ainsi que la gouvernance de la Gestion des Ressources Naturelles (GRN) et d’entretenir un lien avec les institutions nationales dont elles contribuent à élaborer et mettre en œuvre les politiques d’actions. Elles promeuvent des approches participatives permettant aux populations de proposer des solutions innovantes, et réalisent des actions concrètes sur le terrain. Ce programme a permis aux OSC d’obtenir un appui sur l’élaboration et la mise en oeuvre de leurs projets couvrant de nombreuses thématiques (espèces menacées, aires protégées, filières vertes…). 10 ans après son lancement, le PPI représente aujourd’hui un « label » reconnu dans le monde de la conservation. Dans le cadre du congrès mondial de la nature, qui se tiendra à Hawaii du 1er au 10 septembre 2016, le comité français de l’UICN organise une conférence le samedi 3 septembre afin de présenter et de discuter les résultats de ces 10 années d’expérience. Retrouvez l’invitation à la conférence en cliquant ici. CONTACT PRESSE ppi.evenement@gmail.com Nicolas Salaün – Chargé de Programme Coopération Internationale – nicolas.salaun@uicn.fr – +33 1 73 78 28 22 DOCUMENTS JOINTS Plaquette sur « Les 10 ans du PPI » : français Plaquette sur « Les 10 ans du PPI » : anglais
Destruction de 3 tonnes d’ivoire illicite par la France
L’UICN France salue l’action du gouvernement français pour la destruction d’un stock de 3 tonnes d’ivoire illicite saisi en France et sa détermination à renforcer la lutte contre le commerce illégal de la faune sauvage. Ce matin, Philippe Martin, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, en présence de Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète, a procédé à la destruction par concassage d’un stock de 3 tonnes d’ivoire illicite saisi en France entre 1987 et 2007 sur le champ de Mars, à Paris. Après avoir été concassés, les débris d’ivoire seront incinérés afin que plus rien n’en subsiste. Cette action spectaculaire concrétise l’engagement du Président de la République, pris lors de la table ronde organisée le 5 décembre dernier en marge du Sommet pour la Paix et la Sécurité en Afrique : détruire systématiquement l’ivoire saisi pour envoyer un message de fermeté et d’autorité sans équivoque aux trafiquants comme aux acheteurs et marquer la solidarité du gouvernement français aux pays africains. La France est le premier pays européen à détruire ses stocks depuis l’entrée en vigueur en 1989 du moratoire sur le commerce de l’ivoire. A l’avenir, toutes les pièces illégalement mises sur le marché seront confisquées puis détruites. Par ailleurs, le ministre a précisé que la multiplication par 10 des amendes encourues en cas d’infraction simple (passage de 15 000 à 150 000 euros) et par cinq en cas de trafic en bande organisée (passage de 150 000 à 750 000 euros) serait inscrite dans le projet de loi « Biodiversité ». Le Comité français de l’UICN salue cette action en faveur de l’Eléphant d’Afrique, espèce classée dans la Liste rouge mondiale des espèces menacées, à laquelle il a été associé. Son Groupe de spécialistes de l’Eléphant d’Afrique tient à jour les informations les plus récentes sur la situation de l’espèce et apporte son expertise pour assurer sa préservation. Avec 22000 éléphants abattus en 2012 et probablement plus en 2013, sur une population totale d’environ 500 000 individus, l’UICN estime qu’un cinquième des éléphants d’Afrique va disparaître dans les 10 prochaines années si rien n’est fait. En décembre dernier, l’UICN a convié au Botswana les principaux Etats et ONG concernés pour un Sommet sur l’Eléphant d’Afrique, à l’issu duquel 14 mesures d’urgence ont été adoptées pour renforcer la lutte contre le commerce illégal de l’ivoire et la protection des populations d’éléphants africains. Depuis 2007, le Comité français de l’UICN gère également le Programme de Petites Initiatives (PPI) du Fonds Français pour l’Environnement Mondial, destiné à renforcer les capacités de la société civile des pays d’Afrique occidentale et centrale, de Madagascar et du Mozambique en matière de conservation et de développement local. Ce programme se traduit par la mise en oeuvre d’environ 150 petits projets, qui portent notamment sur la protection des espèces menacées, les conflits homme/animal et la mise en application des lois sur la faune.
Les requins, les rhinocéros et les éléphants ressortent gagnants du sommet de la CITES sur le commerce des espèces sauvages
Un vote historique pour améliorer la durabilité du commerce international de huit espèces de requins et de raies, inscrites dans la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, est l’une des principales décisions prises lors de la conférence de la CITES sur le commerce des espèces sauvages qui s’est tenue à Bangkok. Parmi les autres décisions prises lors de la 16e réunion de la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES), certaines concernent aussi des mesures pour réduire le braconnage et le commerce illégal de l’ivoire et des cornes de rhinocéros, qui ont augmenté de façon dramatique ces dernières années. « Les décisions prises à la CITES permettront d’améliorer la survie de nombreuses espèces menacées dans la nature », explique la Directrice générale de l’UICN, Julia Marton-Lefèvre. « Nous sommes ravis de voir que l’expertise scientifique sur la biologie, la conservation et le commerce des espèces fournie à la Convention par la Commission de Sauvegarde des Espèces de l’UICN et par TRAFFIC a été précieuse pour les prises de décision de la réunion de Bangkok. » La conférence a vu un nombre record de pays voter pour réglementer le commerce international du Requin Océanique, de trois espèces de requins-marteaux, du Requin-taupe commun et des deux espèces existantes de raies Manta. Les parties ont également voté pour l’interdiction du commerce international du Poisson-scie (Pristis microdon), qui est classé en Danger critique d’extinction. La demande croissante d’ailerons, de viande et de plaques branchiales de requins, ainsi que d’individus pour les aquariums, menace sérieusement la survie de ces espèces. Près de 1,2 millions de requins océaniques, pêchés pour leurs grandes nageoires, transitent à travers les marchés de l’Asie du Sud Est chaque année et plus de 4000 raies Manta sont harponnées pour prélever leurs branchies. « Il s’agit d’une étape historique vers une meilleure protection de ces espèces marines », explique Nick Dulvy, co-président du Groupe de spécialistes des requins de l’UICN. « Maintenant, après presque deux décennies de progrès lents et fragmentaires, les Parties ont convenu que la CITES peut compléter les mesures nationales de pêche afin de s’assurer que le commerce mondial est durable et légal. » Pour faire face à la hausse des niveaux de braconnage des éléphants d’Afrique et du commerce illégal de l’ivoire, les Parties ont convenu de mesures pour améliorer le contrôle du commerce illégal mondial de l’ivoire, comprenant le développement d’actions spécifiques par pays. Un soutien a également été réaffirmé pour les systèmes mondiaux de surveillance qui permettent d’appuyer les décisions prises dans le cadre de la Convention, ainsi que pour le Plan d’action pour l’Eléphant d’Afrique. La conservation des éléphants d’Asie a également été abordée, notamment à travers une plus grande reconnaissance du commerce illégal d’éléphants vivants et le développement d’une stratégie de conservation de l’Eléphant d’Asie avec tous les pays de son aire de répartition d’ici novembre 2013. La conférence a identifié le commerce illégal des cornes de rhinocéros comme un enjeu nécessitant des actions urgentes de la part de plusieurs pays. Selon le Groupe de spécialistes des rhinocéros d’Afrique de l’UICN, leur braconnage a augmenté de 43% entre 2011 et 2012 et le commerce illicite des cornes continue de constituer une menace sérieuse pour les rhinocéros dans le monde entier. Les délégués à Bangkok sont également entendus sur des contrôles plus stricts du commerce international d’espèces de bois à Madagascar, tels que bois de rose (Dalbergia spp.) et d’ébène (Disopyros spp.). Ils ont aussi adopté des mesures pour réduire l’impact du commerce sur certaines espèces de tortues d’eau douce et terrestres de façon à augmenter leurs chances de survie. D’autres décisions concernent plusieurs espèces de crocodiles et de serpents, la surveillance du commerce des pangolins et l’engagement renouvelé de gérer durablement la pêche au Napoléon, une espèce en danger qui fut l’une des premières espèces de poissons faisant l’objet d’une pêche commerciale à être considérée par la CITES.
Les ONG africaines bénéficiaires de 2,2 millions d’euros sur 2011-2013 pour de nouvelles actions sur l’environnement
Le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) et l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN France) renouvellent leur partenariat dans le cadre du programme de petites initiatives. La mobilisation des acteurs locaux de la société civile africaine est essentielle pour faire progresser la protection de l’environnement. C’est pour accompagner le renforcement de leurs capacités à répondre aux enjeux de la biodiversité et de la lutte contre le changement climatique que le FFEM et l’UICN France engagent la troisième phase du Programme Petites Initiatives (PPI 3). Un financement de 2.2 millions d’euros pour la période 2011-2013 permettra de soutenir 40 nouveaux projets, avec une priorité sur cinq pays : Burkina Faso, Ghana, Togo, Cameroun et République Démocratique du Congo. Chaque projet est une histoire originale qui répond à des réalités de terrain et à une demande des communautés locales qui montre ainsi l’engagement de la société civile africaine à s’investir dans la préservation de l’environnement. Les actions réalisées concernent différentes thématiques comme : la conservation et la valorisation de zones humides, côtières ou marines à travers la protection des habitats (forêts littorales à Madagascar, mangroves au Ghana), l’amélioration des ressources halieutiques lacustres (RDC), le développement d’activités éco-touristiques liées à l’avifaune (Bénin), la création d’espaces protégés (Madagascar) ; le suivi scientifique et la protection d’espèces menacées comme les gorilles de plaines et de montagne, les baleines, les tortues marines ou les hippopotames ; la gestion de forêts tropicales communautaires et le développement de filières durables de commercialisation des produits forestiers non ligneux ; le traitement des déchets avec une valorisation des crédits carbone (Cameroun, Madagascar, Mozambique et Togo). Ces ONG ont développé de nombreuses expériences et méthodes permettant d’apporter des solutions concrètes aux défis de l’environnement, montrant toute la richesse des initiatives locales. Entre 2006 et 2011, environ 100 projets ont été subventionnés dans 25 pays. Tous les renseignements sur le programme et les critères de sélection des projets sont disponibles sur www.ffem.fr et sur la page dédié au Programme de Petites Initiatives (PPI). Le programme de Petites Initiatives du Fonds Français pour l’Environnement Mondial est soutenu, depuis sa création, par le Ministère du développement durable et le Ministère des Affaires étrangères et européennes.
Les petits projets dans les pays du Sud : un outil efficace pour la préservation de la biodiversité

A l’occasion de la journée mondiale de la biodiversité, le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) et le Comité français de l’UICN montrent que les ONG des pays du Sud peuvent jouer un rôle essentiel face à la dégradation de la biodiversité et à l’épuisement des ressources naturelles. Depuis 2005, le FFEM a mis au point un Programme « Petites Initiatives » afin de soutenir les ONG du Sud pour mettre en oeuvre des projets de protection de la biodiversité et de développement local. Aujourd’hui, 56 projets, situés essentiellement en Afrique francophone, ont été financés et sont suivis par le Comité français de l’UICN. Les résultats sont au rendez-vous : des hectares de mangroves sont maintenant protégés au Bénin, des pêcheurs ont créé une réserve marine pour protéger les poulpes à Madagascar, une réserve gérée par une communauté locale protège les hippopotames au Niger… Tous ces projets présentent également un volet de développement qui consiste à assurer aux populations une source de revenus grâce à la protection de la biodiversité (ex : écotourisme) et l’utilisation durable des ressources. Ces petits projets souples, gérés directement par les ONG, permettent d’obtenir des résultats concrets pour la biodiversité et de mobiliser les populations locales. Leur efficacité par rapport aux moyens employés est reconnue. D’importantes institutions financières comme le Fonds pour l’Environnement Mondial (Global Environment Facility en anglais) ou la Banque Mondiale investissent de plus en plus dans ce type de projets qui représentent un outil prometteur, à soutenir et promouvoir, pour protéger la biodiversité mondiale. Un dossier de presse sur le Programme Petites Initiatives du FFEM a été préparé par le Comité français de l’UICN, présentant 13 projets financés : www.uicn.fr – rubrique « actualités ». Des photos sont disponibles sur demande pour illustrer articles et reportages. Contacts Silvia Ritossa Chargée de mission « actions internationales » Tél. 01 40 79 57 75 / silvia.ritossa@uicn.fr Rémi Gouin Consultant Tél. 06 28 32 54 32 Julien Calas Chargé de mission Biodiversité du Fonds Français pour l’Environnement Mondial Tél. 01 53 44 30 93 Le Programme Petites Initiatives est un programme du Fonds Français pour l’Environnement Mondial ; www.ffem.fr. Document joint Dossier de presse FFEM – PPI
Un nouvel appel à projets pour les petits projets du Sud

Le Comité français de l’UICN assure la gestion et le suivi/évaluation du Programme de Petites Initiatives (PPI) du Fonds Français pour l’Environnement Mondial qui vient de lancer un nouvel appel à projets. L’objectif du programme PPI est de soutenir la société civile des pays du Sud, en leur octroyant une subvention dans le cadre de la mise en œuvre d’un projet environnemental axé sur les thématiques suivantes : Conservation de la biodiversité protection d’écosystèmes remarquables avec un statut national ou une décision locale de protection ; protection ou réintroduction d’espèces ou de variétés rares et menacées ; valorisation durable de ressources biologiques rares et/ou menacées. Lutte contre les changements climatiques projets générant des économies significatives d’émission de carbone, notamment en zone urbaine. Lutte contre les POPs limitation de l’usage des POPs en agriculture ; traitement des déchets des POPs. Les projets de reboisement et de lutte contre l’érosion, d’électrification solaire, ou de foyers améliorés ne sont pas éligibles. La subvention octroyée vise des projets d’une durée de deux ans maximum pour un montant maximum de 50.000 euros, représentant 50% du financement lorsqu’un organisme étranger figure parmi les cofinanciers et pouvant représenter jusqu’à 75% du montant total du projet lorsque les fonds ne proviennent que de source locale. La date limite d’envoi des dossiers de demande de subvention est fixée au 08 février 2008. Vous pouvez retrouver toutes ces informations sur le site du FFEM et contacter Silvia Ritossa, Chargée de mission « actions internationales » du Comité français de l’UICN (silvia.ritossa@uicn.fr) pour avoir des renseignements complémentaires.