La moitié des régions de France métropolitaine dotées de Stratégies régionales pour la biodiversité
Après avoir publié un état des lieux des stratégies régionales pour la biodiversité (SRB) et des lignes directrices pour soutenir leur élaboration et leur mise en œuvre en 2011, l’UICN France poursuit sa mobilisation pour promouvoir ce dispositif et actualiser le panorama national. Ces dernières années, les évolutions successives du contexte législatif français ont renforcé le rôle et les compétences de l’échelon régional en matière de préservation et de gestion du patrimoine naturel à l’échelle des territoires. De nombreuses régions ont souhaité aller au-delà de l’exercice de ces compétences en se dotant de dispositifs volontaires et engagés visant à préserver la biodiversité, telles que les stratégies régionales pour la biodiversité (SRB). Une Stratégie régionale de la biodiversité est : • construite par et pour l’ensemble des acteurs du territoire régional (démarche participative, exercice de concertation régionale) ; • une vision partagée des enjeux et des objectifs du territoire en matière de préservation de la biodiversité (diagnostic stratégique du territoire) ; • un cadre de référence commun qui détermine les orientations stratégiques à suivre pour préserver la biodiversité régionale ; • mise en œuvre par des actions opérationnelles reposant sur l’implication des partenaires volontaires, dans le cadre de leurs propres dispositifs et en fonction de leurs compétences. Afin d’améliorer la connaissance et le déploiement de ce dispositif, l’UICN France a publié en 2011 un état des lieux des stratégies régionales pour la biodiversité accompagné de lignes directrices pour leur élaboration et leur mise en œuvre. Depuis, l’UICN France poursuit sa mobilisation pour suivre et actualiser régulièrement le panorama des stratégies régionales pour la biodiversité. Ainsi, à ce jour, en France métropolitaine 11 régions ont élaboré des SRB en collaboration avec d’autres acteurs locaux (services déconcentrés de l’Etat et établissements publics, autres échelons de collectivités, socio-professionnels, société civile, etc.) contre 6 en 2011. En outre-mer, 2 collectivités sont actuellement dotées de stratégie de préservation de la biodiversité. Ce dispositif, préconisé aux niveaux international et national, contribue à l’atteinte des objectifs de la Convention sur la diversité biologique (CDB), ainsi qu’à la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB). Cette dernière, qui concrétise l’engagement de la France au titre de la CDB, met en effet l’accent sur la nécessité d’agir ensemble et à tous les niveaux territoriaux, et vise à être mise en œuvre non seulement par l’Etat mais aussi par les collectivités locales et les différents acteurs de la société civile. En savoir plus • UICN France, 2015. Etat des lieux synthétique des politiques ou stratégies de préservation de la biodiversité des régions de France métropolitaine et en outre-mer. Paris 4 p. • UICN France, 2011. Lignes directrices pour l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies régionales pour la biodiversité en France métropolitaine. Paris. 8 p. (également disponible en anglais et en espagnol). • UICN France, 2011. Quelles stratégies régionales pour la biodiversité en France métropolitaine ? Paris. 116 p. • UICN France, 2011. Quelles stratégies régionales pour la biodiversité en France métropolitaine ? Monographies des 6 stratégies régionales pour la biodiversité analysées. Paris. 124 p. Contacts Valérie Moral, Chargée de mission « collectivités territoriales et biodiversité », Tél : 01.44.05.73.26 Florence Clap, Chargée de programme « politiques de la biodiversité », Tél : 01.44.05.73.69 Documents joints CP UICN France SRB 2015
Vers un renforcement de la prévention et de la gestion des espèces exotiques envahissantes dans l’océan Indien
Du 23 au 26 janvier 2012, soixante experts et acteurs sont réunis à Mayotte, à l’invitation du Comité français de l’UICN, pour répondre à l’enjeu des espèces exotiques envahissantes. Durant quatre jours, ces participants provenant de Mayotte, de La Réunion et de pays voisins (Madagascar, Comores, Seychelles, Maurice), ainsi que de tout l’outre-mer (Antilles françaises, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française…) échangent et confrontent leurs expériences sur ce sujet majeur pour la conservation de la biodiversité. Les espèces exotiques envahissantes sont reconnues comme l’une des principales causes de l’érosion de la biodiversité à l’échelle mondiale, en particulier dans les îles. Elles engendrent des dégâts écologiques importants, pouvant s’accompagner d’impacts négatifs pour les activités économiques et la santé humaine. Les collectivités françaises d’outre-mer sont particulièrement concernées : 49 des 100 espèces considérées comme les plus envahissantes au monde y sont déjà présentes. Les îles du sud-ouest de l’océan Indien ne sont pas épargnées. De nombreuses espèces introduites par l’homme, volontairement ou accidentellement, représentent aujourd’hui une menace pour la flore et la faune indigènes. On recense ainsi plus de 70 plantes introduites envahissantes à Mayotte, au moins 16 aux Comores, 100 à Madagascar et plus de 190 à La Réunion. Parmi celles-ci figurent la vigne marronne ou l’arbuste lantana, dont l’expansion menace les milieux naturels. Parmi les animaux, l’escargot achatine s’attaque aux cultures vivrières, tandis que les rats et les mainates exercent une forte pression sur plusieurs espèces d’oiseaux indigènes. Face à ces menaces, des actions de lutte sont engagées, comme celle menée contre la fougère aquatique salvinia, dont l’envahissement menaçait une retenue collinaire d’eau douce à Mayotte, et qui s’est soldée au bout de 6 mois par le contrôle réussi de la plante. Dans un contexte mondial marqué par la multiplication des déplacements et des échanges commerciaux, et par l’attrait grandissant pour des plantes et des animaux exotiques, le risque de voir arriver de nouvelles espèces envahissantes est permanent. Face à la menace des invasions biologiques, la coopération régionale est un enjeu déterminant : la circulation, l’échange et la mutualisation des informations permettent une prévention plus efficace, une détection plus rapide et l’amélioration des méthodes de lutte. C’est pour répondre au défi des invasions biologiques que soixante experts et acteurs sont réunis à Mayotte pendant quatre jours, pour échanger et mettre en commun leurs compétences. Ils se penchent tout particulièrement sur les thèmes de la biosécurité, des stratégies locales de lutte, de la coopération régionale et des liens entre activités agricoles et espèces envahissantes. Leur objectif est d’identifier des priorités d’action et d’élaborer des recommandations pour renforcer la sensibilisation, la prévention et la gestion des espèces exotiques envahissantes. L’atelier permettra également de définir les bases d’un futur réseau de coopération régionale « Océan Indien » sur les invasions biologiques. Organisé par le Comité français de l’UICN, cet atelier a été conçu en collaboration avec la DEAL (Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement) de Mayotte et le Conseil général de Mayotte, et en partenariat avec le Conseil régional de La Réunion. Il bénéficie de l’appui technique de la DEAL de La Réunion et du Conservatoire botanique national de Mascarin. Pour consulter tous les documents de l’atelier (programme, liste des participants, présentations…), rendez-vous sur le site Internet dédié : www.especes-envahissantes-outremer.fr Documents joints Communiqué Atelier espèces exotiques envahissantes océan Indien Motion pour la création d’un réseau de coopération régionale sur les espèces exotiques envahissantes dans l’océan Indien