Nature+ : Vers une nouvelle ère prônant la conservation, la durabilité et les solutions fondées sur la nature

A la fin de sa session, le 5ème Congrès mondial de la nature a adopté la déclaration de Jeju. 1. La conservation de la diversité biologique, à la base même de toute vie sur Terre, revêt une importance capitale pour la vie des êtres humains. Cependant, la diversité biologique, le climat et les autres limites de la planète sont menacés par les activités humaines et notamment notre croissance basée sur les énergies fossiles, gourmande en énergie, et non durable. Notre génération a la responsabilité morale et l’occasion d’empêcher une plus grande détérioration de la diversité biologique et de la biosphère de la Terre, et nous nous engageons à y contribuer activement. 2. Depuis sa création en 1948, l’UICN a participé à tous les principaux débats mondiaux sur l’environnement et le développement durable, occupant récemment un rôle de premier plan à la Conférence Rio+20. Le document final de la Conférence décrit « L’avenir que nous voulons » et préconise que les gouvernements du monde considèrent que « l’élimination de la pauvreté, l’abandon des modes de consommation et de production non viables en faveur de modes durables, ainsi que la protection et la gestion des ressources naturelles sur lesquelles repose le développement économique et social sont à la fois les objectifs premiers et les préalables indispensables du développement durable ». Ce document appelle également tous les pays à prendre des actions urgentes pour lutter contre « les effets néfastes des changements climatiques ». 3. L’UICN fournit des connaissances scientifiques et des conseils politiques afin de venir à bout des grands défis qui menacent l’ensemble de l’humanité. Lors des débats auxquels ont participé les gouvernements, les entreprises et la société civile au Forum mondial de la nature de l’UICN, organisé en septembre 2012 dans la Province autonome spéciale de Jeju, en République de Corée, les actions suivantes ont été identifiées pour conserver la diversité biologique de la Terre. Passer à l’échelle supérieure en matière de conservation 4. Tous les secteurs de la société doivent prendre des mesures fortes pour passer à l’échelle supérieure en matière de conservation de la diversité biologique et mettre un terme à son déclin rapide et continu. La perte de la diversité biologique (espèces, écosystèmes et gènes) a des conséquences néfastes pour l’humanité, ce qui ne peut être accepté. 5. La conservation de la nature prouve chaque jour davantage son efficacité. En conséquence, nous devons amplifier nos actions sur terre et sur mer grâce à des efforts de conservation ciblés. En particulier, nous devons veiller à ce que les aires protégées soient bien gérées ; créer des programmes de repeuplement pour les espèces en péril ; adopter des mesures pour restaurer et réhabiliter les habitats ; renforcer les programmes de reproduction pour la conservation et réduire ou atténuer la surexploitation des ressources naturelles. 6. Nous savons que la connaissance est le moteur de l’action, et qu’une action efficace et des mesures correctives requièrent de meilleures connaissances sur les dangers qui menacent la diversité biologique. Nous devons intensifier nos efforts pour rassembler des informations sur les espèces, les habitats, les écosystèmes, la gouvernance et la dépendance humaine différenciée selon les sexes envers la nature, et offrir ainsi aux décideurs les outils dont ils ont besoin pour une gestion efficace des paysages terrestres et marins qui conserve la nature et soutienne les moyens de subsistance des populations. Des solutions fondées sur la nature 7. La diversité biologique ne doit pas être considérée comme un problème, mais au contraire comme une occasion d’atteindre des objectifs sociétaux plus vastes. La nature est une grande part de la solution à certains des défis les plus urgents de notre planète, comme le changement climatique, l’énergie durable, la sécurité alimentaire et le développement économique et social. Les solutions fondées sur la nature s’appuient sur la contribution prouvée d’écosystèmes divers et bien gérés pour accroître la résilience des humains, et offrir aux femmes et aux hommes des communautés pauvres des opportunités de développement supplémentaires. Ainsi, nous devons encourager la prise de conscience, les connaissances, la bonne gouvernance et des investissements durables pour montrer que la protection de l’environnement est l’affaire de tous et que l’humanité est fondamentalement dépendante de la nature. 8. Valoriser la nature et les services écosystémiques est une première étape cruciale pour offrir des avantages, des paiements et une reconnaissance aux gardiens de la nature. Les solutions fondées sur la nature offrent une vaste gamme d’avantages sociétaux et peuvent attirer l’investissement public et privé. L’UICN prendra la tête d’un mouvement de la conservation qui rapproche les communautés, la société civile, les gouvernements et les investissements afin de négocier et de mettre en oeuvre les solutions pratiques que nous offre la nature pour faire face aux multiples défis du développement, démontrant ainsi leur rentabilité et mesurant et vérifiant leurs effets. La durabilité en action 9. Les gouvernements, la société civile, les entreprises et les autres parties prenantes doivent renforcer leur engagement envers la durabilité en prenant en compte ses trois dimensions : la croissance économique soutenue, inclusive et équitable, le développement et l’intégration sociaux équitables, et la gestion intégrée et durable des ressources naturelles et des écosystèmes. 10. Nous devons intégrer la durabilité dans toutes les décisions sociétales, et soutenir la mise en oeuvre totale des accords multilatéraux environnementaux, notamment les Conventions de Rio et la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), récemment créée. 11. Nous devons travailler avec les secteurs privé et public pour accroître le transfert des technologies vertes et partager les connaissances, expériences et compétences afin d’intégrer la diversité biologique et les valeurs des écosystèmes dans la production et la consommation mondiales. Nous encourageons les gouvernements et les entreprises à rechercher une croissance verte inclusive et respectant la parité hommes-femmes qui garantisse l’intégration sociale des groupes vulnérables, éradique la pauvreté et maintienne l’empreinte de l’humanité dans des limites écologiques raisonnables. 12. Nous devons mobiliser les communautés oeuvrant pour la conservation de la diversité biologique, le développement durable et la réduction de la pauvreté dans des efforts communs, afin de mettre un terme à la perte de la

11 motions des membres français seront débattues au Congrès mondial de l’UICN

Les membres français de l’UICN présenteront 11 motions lors du 5ème Congrès mondial de la nature sur des sujets cruciaux comme la réforme des aides financières néfastes à la biodiversité, l’exploitation des hydrocarbures, la protection des océans, l’outre-mer européen, la coopération avec les collectivités locales, les aires marines protégées et les énergies renouvelables. Suite au Congrès français de la nature qui s’est tenu en avril 2012, les membres français de l’UICN ont décidé de soumettre 11 motions sur des sujets d’importance internationale au prochain Congrès mondial de la nature (6-15 septembre 2012, Jeju, Corée du Sud). Les 11 motions ont été retenues par le Groupe de travail international sur les résolutions de l’UICN et seront donc soumises au vote de l’Assemblée générale de l’UICN. Ces motions sont les suivantes : MOTION 006 – Coopération avec les collectivités territoriales pour la mise en œuvre du nouveau programme mondial de l’UICN MOTION 059 – Protection des canyons de la Méditerranée MOTION 097 – Renforcement de la politique de la mer et des océans MOTION 098 – Accélérer le rythme de création d’aires marines protégées à l’échelle mondiale et la certification de l’efficacité de leur gestion MOTION 100 – Renforcement des dispositifs européens pour la biodiversité en outre‐mer MOTION 105 – Protéger les écosystèmes et la diversité biologique des grands fonds marins des menaces provoquées par l’exploitation minière des fonds marins MOTION 116 – Développement des énergies renouvelables et conservation de la biodiversité MOTION 118 – Exploration et exploitation des hydrocarbures liquides ou gazeux non conventionnels MOTION 119 – Forages pétroliers offshore en Guyane, Surinam et Guyana MOTION 120 – Forages pétroliers offshore en Méditerranée MOTION 143 – Réforme des aides financières dommageables à la biodiversité Au total, 173 motions seront examinées et votées par l’Assemblée générale de l’UICN. Les textes, édités dans les trois langues officielles de l’UICN (anglais, français, espagnol), sont consultables sur le site internet du congrès : http://portals.iucn.org/2012motions/ Vous trouverez ci-dessous un document récapitulatif avec la liste de toutes les motions en français. Deux motions ont été également soutenues par des membres français : la motion 004 « Création d’un mécanisme relatif à l’éthique à l’UICN » et la motion 164 « De l’importance de ne pas régresser dans le domaine du droit et de la politique de l’environnement ». Pour tout savoir sur le prochain Congrès mondial de l’UICN, visitez le site internet dédié à l’événement. Document joint Liste des motions UICN Jeju 2012

Congrès mondial de l’UICN 2012

L’île de Jeju en République de Corée accueillera, du 6 au 15 septembre 2012, le 5ème Congrès mondial de l’UICN, la plus grande conférence consacrée à la conservation de la nature. Environ 8 000 délégués sont attendus au Congrès mondial de la nature 2012 de l’UICN, qui aura lieu sur l’île de Jeju, en République de Corée, du 6 au 15 septembre. Ce Congrès est le plus grand et le plus important évènement mondial dans le domaine de la conservation de la nature. Organisé tous les quatre ans, il réunit des dirigeants des gouvernements, du secteur public, des organisations non gouvernementales, des entreprises, des agences des Nations Unies et des organisations sociales, pour débattre sur les problèmes environnementaux et de développement les plus pressants dans le monde et identifier les meilleures solutions. Les objectifs du congrès sont de : • Tirer profit de l’influence stratégique potentielle du Congrès dans les domaines de la conservation de la biodiversité, du changement climatique, des moyens de subsistance, de la sécurité alimentaire et d’une économie plus verte ; • Débattre de thèmes prioritaires et trouver un consensus entre la communauté de la conservation et les acteurs qu’elle cherche à influencer (p. ex., le secteur privé, les praticiens du développement, de l’économie politique internationale, les ministères nationaux autres que ceux de l’environnement, etc.) ; • Présenter de nouveaux concepts et faits établis sur le thème de la résilience du point de vue de ses liens avec une gamme de pratiques de conservation soutenant le bien-être humain ; • Présenter les succès et les résultats de la conservation obtenus par l’Union dans la période intersessions écoulée.   Le thème du Congrès 2012 est Nature+, un slogan choisi pour traduire l’importance fondamentale de la nature et son lien inhérent à chaque aspect de nos vies. Le Congrès examinera depuis cette perspective comment une nature forte et résiliente est intrinsèquement liée à la solution des problèmes que rencontre la planète. Nature+climat, nature+sécurité alimentaire, nature+économie : voici quelques-unes des questions que traitera le Congrès de l’UICN. Nature+ pour dynamiser la résilience naturelle. « La nature est intrinsèquement forte, mais nous devons améliorer la rapidité avec laquelle la nature et les populations s’adaptent aux changements » affirme Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « Si nous parvenons à améliorer la solidité de la nature, les écosystèmes seront plus résilients et les populations, les communautés et les économies se porteront mieux ». La conservation fonctionne. « La lenteur apparente des décisions mondiales sur les questions environnementales cache ce qui se passe réellement sur le terrain », souligne Enrique Lahmann, Directeur du Congrès de l’UICN. « De nombreux résultats à l’échelle locale montrent qu’investir dans la nature et restaurer des aires naturelles entraîne des bénéfices sociaux et économiques. Même si tous les succès ne peuvent pas toujours être reproduits dans tous les écosystèmes ou systèmes culturels ou politiques, ils indiquent malgré tout comment rendre la nature plus résiliente à l’échelle mondiale ». La nature offre des solutions pour s’adapter aux changements climatiques.« L’adaptation fondée sur les écosystèmes est une solution financièrement intéressante dont les gouvernements devraient se saisir de manière proactive dans les politiques nationales, et la mettre en œuvre immédiatement sur le terrain » déclare Chong-Chun Kim, Secrétaire général du Comité organisateur coréen. « Améliorer la gestion des systèmes fluviaux, des récifs coralliens, des mangroves et des forêts améliore de façon tangible la résilience des communautés voisines pour s’adapter aux conséquences immédiates et à long-terme des changements climatiques ». Durant plus de 10 jours, les membres et les experts de l’UICN, ainsi que de nombreuses autres organisations et personnalités s’engageront dans des débats, partageront leurs expériences, étendront leurs réseaux, enfin prendront des décisions sur notre façon de protéger et gérer l’environnement pour un développement humain, social et économique durable. L’événement débutera avec le Forum, un large espace de débat sur la conservation, comprenant des ateliers, des tables-rondes, des formations, des sessions de posters, et cinq « Dialogues de personnalités » avec des dirigeants mondiaux renommés. Le Forum laissera ensuite place à trois jours d’Assemblée générale des Membres, la plus haute autorité décisionnelle de l’UICN qui constitue un parlement environnemental unique de gouvernements et d’ONG. Toutes les informations (inscription, programme, hébergement…) sont disponibles sur le site internet du congrès mondial.

Congrès français de la nature 2012 : 14 nouvelles motions adoptées

Le Comité français de l’UICN a organisé son 11ème Congrès français de la nature le 12 avril 2012 à Paris, en préparation du prochain congrès mondial de la nature qui se tiendra du 6 au 15 septembre 2012 à Jeju en Corée du Sud. Au cours de ce 11ème congrès, le Comité français de l’UICN a présenté les objectifs et préparatifs du prochain congrès mondial de la nature que l’UICN organisera en septembre 2012 en Corée du Sud, les résultats de l’accord-cadre signé entre le gouvernement français et le siège mondial de l’UICN, ainsi que les négociations en cours pour Rio+20. Les organismes et experts français de l’UICN ont ensuite débattu et adopté 14 nouvelles motions sur les thèmes suivants : Politiques de la biodiversité Réforme des aides publiques dommageables à la biodiversité Coopération avec les collectivités territoriales pour la mise en œuvre du nouveau programme mondial de l’UICN Aires protégées Renforcer et certifier la gestion des aires marines protégées Consolider et pérenniser la stratégie de création des aires protégées terrestres Inscription de sites naturels d’outre-mer sur la liste du patrimoine mondial Espèces Réintroduction du Bouquetin ibérique dans les Pyrénées Renforcement des connaissances sur la situation de la Martre, de la Belette et du Putois Chasse au Bruant ortolan, Pinson des arbres et Pinson du Nord Conservation du Pétrel noir de Bourbon Outre-mer Renforcement des dispositifs européens pour la biodiversité en outre-mer Mer Renforcement de la politique de la mer et des océans Energie Développement des énergies renouvelables et conservation de la biodiversité Exploration et exploitation des hydrocarbures non conventionnels Forages pétroliers offshore en Méditerranée Les textes des motions sont consultables dans la rubrique du Congrès français de la nature