Mise à jour de la Liste rouge mondiale des espèces menacées
Des espèces sauvages de blé, de riz et d’igname sont menacées par l’urbanisation croissante et par une agriculture surintensive, tandis que des pratiques de pêche non viables ont causé un fort déclin des populations du Dauphin de l’Irrawaddy et du Marsouin aptère, selon la dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™. Cette nouvelle édition constate aussi que le Possum à queue en anneau présent en Australie se trouve au bord de l’extinction du fait de la sécheresse croissante qui sévit dans sa zone de distribution. Trois espèces de reptiles présentes uniquement sur une île australienne, le scinque de l’île Christmas, le scinque à queue bleue Cryptoblepharus egeriae et le gecko Lepidodactylus listeri sont éteints, d’après cette mise à jour de la Liste rouge. En Nouvelle-Zélande, en revanche, la situation de deux espèces de kiwis s’est améliorée grâce à des mesures de conservation. « Des écosystèmes en bonne santé et riches en espèces sont une condition indispensable pour nourrir la population mondiale croissante et réaliser le 2ème Objectif de développement durable, éliminer la faim d’ici 2030 », explique Mme Inger Andersen, Directrice générale de l’UICN. « Les espèces végétales sauvages apparentées aux espèces cultivées entretiennent la diversité génétique des cultures agricoles, leur permettant ainsi de s’adapter aux changements climatiques et d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle au niveau mondial. Cette nouvelle mise à jour de la Liste rouge de l’UICN nous alerte sur leur déclin et souligne le besoin d’y répondre, afin de sauvegarder notre propre avenir. » L’agriculture non durable et l’urbanisation menacent les espèces apparentées aux plantes cultivées Parmi les espèces apparentées aux cultures, 26 espèces de blé sauvage, 25 espèces de riz sauvage et 44 espèces d’igname sauvage ont été évaluées pour la Liste rouge de l’UICN, souvent pour la première fois, grâce à des fonds du partenariat stratégique UICN-Toyota consacrés à mieux connaître les menaces qui pèsent sur la biodiversité mondiale. Trois espèces de riz sauvage, deux espèces de blé sauvage et 17 espèces d’igname sauvage sont menacées. Le déboisement et l’urbanisation croissante, associés à une agriculture intensive, avec notamment le surpâturage et l’usage généralisé d’herbicides, représentent les principales menaces pour ces espèces. Les variétés modernes obtenues par croisement avec des espèces sauvages apparentées enrichissent la diversité génétique nécessaire, améliorant ainsi la résistance à la sécheresse, aux maladies et aux parasites. Ces problèmes devraient d’ailleurs s’aggraver avec les changements climatiques. Selon une étude récente, près des trois quarts (72%) des espèces sauvages apparentées aux cultures ne sont pas préservées de façon appropriée dans des banques de gènes et la conservation in situ à l’état sauvage demeure très difficile. Les espèces sauvages apparentées ont une grande importance économique : elles apportent annuellement 115 milliards de dollars à l’économie mondiale, et ce chiffre pourrait encore beaucoup s’accroître à l’avenir. « La diversité génétique issue des espèces sauvages apparentées nous permettra de mettre au point des cultures plus résilientes vis-à-vis du changement climatique, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire au niveau mondial. Si nous ignorons le sort de ces espèces, c’est à nos risques et périls », dit Nigel Maxted, co-président du Groupe de spécialistes des espèces sauvages apparentées de la Commission de la sauvegarde des espèces (CSE) de l’UICN. « L’évaluation des espèces sauvages apparentées pour la Liste rouge de l’UICN met à notre disposition des informations détaillées sur les menaces pesant sur ces espèces. Grâce aux nouvelles évaluations, nous sommes maintenant en mesure d’agir de façon systématique pour sauvegarder les espèces sauvages apparentées à nos cultures en réduisant les pratiques agricoles surintensives, comme le surpâturage et l’usage généralisé d’herbicides. » Le changement climatique en Australie menace le Possum à queue en anneau Le réchauffement climatique et la sécheresse croissante en Australie ont causé un très fort déclin du Possum à queue en anneau (Pseudocheirus occidentalis), qui passe de la catégorie Vulnérable à En danger critique, en raison d’une baisse de plus de 80% de sa population pendant les dix dernières années. Le possum, autrefois très répandu dans les forêts d’Eucalyptus gomphocephala et d’Agonis flexuosa, est maintenant confiné à des habitats côtiers fragmentés. Les tentatives de réinstallation de l’espèce dans le Parc de conservation de Lane-Poole, près de 100 km au sud de Perth, ont échoué à cause de la qualité médiocre de la nourriture pour cette espèce de possum, due à une sécheresse croissante. En effet, l’espèce a besoin d’aliments d’une certaine qualité, notamment de feuilles de Agonis flexuosa, en raison de son appareil digestif particulier. Le Possum à queue en anneau est sensible au stress thermique et peut se trouver en surchauffe si la température dépasse 35ºC, ce qui est de plus en plus fréquent dans cette région de l’Australie. L’espèce a subi aussi les effets de l’urbanisation, la prédation par les renards roux (Vulpes vulpes) et les chats sauvages (Felis catus), le déboisement, les incendies et des régimes inadaptés de gestion de ces derniers. Des espèces de dauphins et de marsouins d’Asie sont menacées par la pêche non durable Le Dauphin de l’Irrawaddy (Orcaella brevirostris) et le Marsouin aptère (Neophocaena asiaeorientalis) sont en déclin ; ils passent du statut Vulnérable à En danger. Les effectifs du dauphin de l’Irrawaddy ont diminué de moitié depuis 60 ans, et ceux du marsouin aptère depuis 45 ans. Les deux espèces vivent en eaux côtières peu profondes, et leurs populations ne se trouvent que dans des milieux d’eau douce, ce qui les rend extrêmement vulnérables aux activités humaines. La cause principale de leur déclin est l’emmêlement dans des engins de pêche non sélectifs. La destruction des habitats et la surpêche de leurs proies contribuent aussi à la diminution des effectifs. « Le dauphin de l’Irrawaddy est vénéré par de nombreuses communautés et l’observation des dauphins est une activité touristique importante pour les économies locales dans certaines régions de l’Inde et du Cambodge », explique Randall Reeves, président du Groupe de spécialistes des cétacés de la Commission de la sauvegarde des espèces (CSE) de l’UICN. « En raison du statut de protection dont bénéficient les deux espèces, la chasse ou la capture délibérées sont rares
La France : candidat officiel pour le Congrès mondial de la nature de l’UICN
Dans le cadre du processus de sélection du pays hôte engagé pour accueillir le Congrès mondial de la nature de l’UICN en 2020, la France est maintenant le seul candidat officiel pour organiser ce principal événement mondial sur la biodiversité. Sous l’impulsion du Ministre Nicolas Hulot, la France a déposé son dossier de candidature le 25 septembre 2017 en sélectionnant la ville de Marseille pour l’accueil du congrès, dont la dernière édition en 2016 aux USA (Hawaii) a rassemblé environ 10 000 participants. Le Comité français de l’UICN et ses membres ont soutenu cette candidature et continueront de se mobiliser pour le congrès soit un succès. A l’issue de sa réunion qui s’est tenue du 19 au 21 novembre 2017, le Conseil d’administration international de l’UICN s’est félicité la candidature de la France pour accueillir le congrès mondial de la nature et indiqué que sa décision finale sera prise en avril/mai après une analyse plus détaillée du dossier, une inspection du site et la négociation d’un pré-accord avec les autorités françaises. La France est le seul pays finaliste, alors que 9 autres pays avaient déclaré leur intention de candidater (Afrique du Sud, Australie, Azerbaïdjan, Canada, Chine, Emirats arabes unis, Equateur, Ethiopie et Royaume-Uni). Une volonté forte du Ministre de la transition écologique et solidaire Lors de la dernière réunion du Conseil national de la biodiversité, le Ministre de la Transition écologique et solidaire a indiqué que la candidature de la France pour accueillir en 2020 le Congrès mondial de la nature de l’UICN était l’un de ses grands dossiers. Il a déclaré que « Cet événement doit être l’occasion d’une mobilisation forte de nos concitoyens autour de la reconquête de la biodiversité comme la COP21 l’a été en matière de changement climatique« . Le Ministre souhaite que cet événement soit co-construit avec la société civile et qu’il soit le point d’atterrissage d’une large mobilisation pour relancer les efforts nationaux et internationaux de préservation de la biodiversité. A l’image des « espaces générations climat » de la COP21, le gouvernement a proposé de mettre en place des « espaces générations nature » durant le congrès afin de favoriser une expression forte de la société civile, de façon librement accessible au grand public, et de lancer un « agenda des solutions pour la nature ». Le Ministre a pour objectif d’une part de faire émerger une conscience collective beaucoup plus forte sur la biodiversité et d’autre d’engager tous les acteurs dans une mobilisation tournée vers la reconquête de la biodiversité, pour, au final, créer une dynamique nationale et internationale similaire à celle du climat. Une candidature encouragée et soutenue par le Comité français de l’UICN et ses membres Le Comité français de l’UICN et ses membres ont soutenu cette candidature en soulignant que le congrès est un événement international majeur sur la biodiversité et qu’il interviendra quelques mois avant la COP Biodiversité qui se tiendra en Chine et dont les enjeux sont considérables, puisqu’il s’agira de faire le bilan des objectifs d’Aichi et d’adopter le nouveau plan stratégique de la Convention sur la Diversité Biologique pour 2021-2030. Le congrès constituera ainsi une étape décisive de la mobilisation des gouvernements et de la société civile à la veille de cette échéance qui doit renouveler l’engagement de la communauté internationale pour enrayer l’érosion de la biodiversité. Le congrès de l’UICN est également une formidable opportunité pour rencontrer les différents acteurs de la conservation de la nature du monde entier, d’échanger sur les enjeux et les solutions à adopter, de connaître les dernières avancées, de présenter des projets et de nouer des partenariats. Le Comité français de l’UICN, avec ses membres et ses experts, a toujours fortement contribué aux débats et aux décisions prises lors du congrès mondial de la nature. A propos du Congrès mondial de la nature Organisé tous les quatre ans, le Congrès mondial de la nature de l’UICN rassemble plusieurs milliers de représentants de gouvernements, des ONG, du monde scientifique, des collectivités locales et des entreprises dans le but de préserver l’environnement et d’utiliser les solutions que la nature apporte pour relever les défis actuels de notre planète. Le dernier Congrès a eu lieu du 1er au 10 Septembre 2016 au Centre des congrès d’Hawaiʻi à Honolulu, la capitale Hawaïenne. Si vous désirez voir la documentation complète (Procès-verbaux d’Assemblées des Membres, Résolutions, Motions, Statuts, etc.) des Congrès et Assemblées générales précédents, veuillez cliquer ici. Pour plus d’informations sur l’histoire du Congrès mondial de la nature de l’UICN, veuillez cliquer ici.
Palme IFRECOR 2017 et le lauréat est …
Mardi 21 novembre, Annick Girardin, Ministre des Outre-mer a dévoilé le projet lauréat 2017 du concours Palme IFRECOR. La cérémonie de remise de la Palme s’est déroulée au Ministère des Outre-mer, en présence de Guillaume Néry, quadruple champion du monde d’apnée et Julie Gautier, sa femme et réalisatrice de vidéo en apnée, parrain et marraine de cette 6ème édition. La collectivité de la province Nord (Nouvelle-Calédonie), la mairie de Bouéni (Mayotte) et la ville de Carbet (Martinique) étaient les trois nominés pour cette édition. Le lauréat 2017 La Palme IFRECOR 2017 est décernée au projet « Plans de gestion sur la Zone Côtière Nord-Est, Patrimoine Mondial de l’UNESCO » de Nouvelle Calédonie. Le projet est porté par Mme Nadia Heo, Présidente de la commission environnement de la province Nord. La lauréate a reçu une dotation de 5 000 euros qui viendra abonder le projet présenté. « Je suis très heureuse de récompenser une élue calédonienne qui s’est beaucoup investie pour la protection du lagon en Province Nord. Mme Heo n’hésite pas à montrer l’exemple au sein de sa propre commune pour défendre la biodiversité récifale », déclare Annick Girardin, Ministre des Outre-mer. « Je suis profondément honorée de recevoir ce trophée, qui couronne un travail de longue haleine de la province Nord, impliquant l’ensemble des acteurs locaux, les jeunes, les femmes, les mairies, ainsi que les autorités coutumières, pour mieux préserver notre lagon à valeur universelle exceptionnelle, déclare Nadio Heo, Présidente de la commission de la province Nord en Nouvelle Calédonie et Lauréate 2017 du concours Palme IFRECOR. C’est un projet ambitieux que je soutiens depuis ses débuts, et sa reconnaissance au niveau national est pour moi vraiment significative. Elle va nous permettre de redoubler d’efforts pour réduire les impacts sur nos précieux récifs coralliens, herbiers et mangroves ». « Les récifs coralliens sont de véritables oasis de vie qui rendent des services inestimables à l’humanité. En parcourant la mer et plongeant régulièrement je constate qu’il est urgent de se mobiliser pour les préserver, ajoute Guillaume Néry, quadruple champion du monde d’apnée. En tant que parrain de ce concours, je suis heureux de soutenir les actions menées par des élus engagés comme Mme Heo, qui contribuent à la protection de ces écosystèmes uniques. » « Les Outre-mer français englobent 10% des récifs coralliens du monde. Les élus ultramarins sont donc des ambassadeurs de premier rang pour encourager la protection des ces milieux naturels source d’émerveillement et de services socio-économiques et culturels. A l’échelle mondiale, les services à l’humanité de ces écosystèmes sont estimés à 30 milliards de dollars par an. Cette année, le thème de la Palme IFRECOR était « l’urgence d’agir » et a permis de mettre en valeur trois projets innovants. Bravo à la lauréate de Nouvelle-Calédonie, Mme Heo, dont le projet était particulièrement ambitieux », souligne Bernard Cressens, Président de l’UICN France. Le projet Depuis 2014, la collectivité de la province Nord a mis en place des plans de gestion sur la Zone Côtière Nord-Est inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, accompagnée des acteurs locaux des villages concernés (Touho, Poindimié, Poum et Ouégoa). Soit 371 400 hectares de récifs, herbiers et mangroves. Ces plans de gestion intègrent, sur la base d’un diagnostic environnemental participatif, l’ensemble des préoccupations des populations et des collectivités locales en matière de préservation des récifs coralliens et des écosystèmes associés. Les sites concernés présentent des enjeux de conservations variés, dont la gestion des prélèvements des ressources halieutiques, la gestion du trait de côte, la gestion des feux de brousse et la gestion des déchets. Les plans de gestion fixent les objectifs à moyen terme concernant la gestion des zones inscrites au Patrimoine Mondial. Ils définissent également les actions prévues, leur coût, les pilotes, ainsi que les indicateurs nécessaires à leur évaluation. Plusieurs actions ont d’ores et déjà été mises en œuvre en matière de replantation de mangroves, de sensibilisation locale, d’arrachage d’espèces invasives. Découvrir la vidéo du projet : Plus d’informations – Communiqué de presse annonçant le lauréat de la Palme 2017 – Dossier de presse de la 6ème édition de la Palme IFRECOR – Discours d’Annick Girardin, Ministre des Outre-mer – Site internet de l’IFRECOR crédit photo bandeau : © Yannick Rigaber
Près de deux fois plus de sites naturels du Patrimoine mondial menacés par le changement climatique
Le nombre de sites naturels du Patrimoine mondial menacés par le changement climatique est passé de 35 à 62 en seulement trois ans et il est devenu la menace la plus préoccupante à laquelle ces sites sont confrontés, selon un rapport publié le 13 novembre par l’UICN à l’occasion de la COP23 , la conférence de l’ONU sur le changement climatique à Bonn, Allemagne. Pour la première fois, l’Horizon du patrimoine mondial de l’UICN 2 – version actualisée du rapport sur l’Horizon du patrimoine mondial de l’UICN de 2014 – évalue comment les perspectives de conservation des 241 sites naturels du patrimoine mondial changent au fil du temps. Il analyse les menaces, la protection et la gestion des sites ainsi que l’état de leurs valeurs, caractéristiques uniques qui justifient leur statut prestigieux de sites du patrimoine mondial. Selon cette évaluation, les conséquences du changement climatique, telles que le blanchissement des coraux et la fonte des glaciers, touchent un quart des sites, contre un sur sept en 2014, et situent les récifs coralliens et les glaciers parmi les écosystèmes les plus menacés. D’autres écosystèmes, comme les zones humides, les deltas à faible altitude, le pergélisol et les écosystèmes sensibles au feu sont également touchés. Le rapport signale que le nombre de sites naturels du patrimoine mondial affectés par le changement climatique risque d’augmenter davantage car le changement climatique reste la plus grande menace potentielle pour le patrimoine mondial naturel. « La protection des sites du patrimoine mondial est une responsabilité internationale qui incombe aux gouvernements signataires de l’Accord de Paris, » déclare Inger Andersen, Directrice générale de l’UICN. « Ce rapport de l’UICN adresse un message clair aux délégués réunis ici à Bonn : le changement climatique agit vite et n’épargne pas les trésors de notre planète. La rapidité et l’échelle à laquelle il dégrade notre patrimoine naturel met en évidence à quel point une implication urgente et ambitieuse des nations est indispensable pour mettre en œuvre l’Accord de Paris. » Au cours des trois dernières années, les récifs coralliens classés au patrimoine mondial, comme l’Atoll d’Aldabra dans l’océan Indien, deuxième plus grand atoll corallien au monde, le Récif de la barrière du Belize dans l’Atlantique, le plus grand récif-barrière de l’hémisphère nord, et la Grande barrière de corail, qui est le plus grand récif de la planète, ont été touchés par des épisodes dévastateurs de blanchissement massif des coraux suite à la hausse des températures marines. La Grande barrière de corail, par exemple, a subi un blanchissement qui a touché jusqu’à 85% des récifs observés en 2016. Le recul des glaciers, qui est également dû à la hausse des températures, menace des sites tels que le Parc national du Kilimandjaro, où se situe le plus haut sommet d’Afrique, et celui des Alpes suisses Jungfrau-Aletsch, qui abrite le plus grand glacier des Alpes. « Les sites naturels du patrimoine mondial jouent un rôle crucial pour soutenir les économies locales et apporter des moyens de subsistance », explique Tim Badman, Directeur du Programme du patrimoine mondial de l’UICN. « Leur destruction peut donc avoir des conséquences dévastatrices qui vont au-delà de leur beauté exceptionnelle et de leur valeur naturelle. Dans le Parc national de Huascarán au Pérou, par exemple, la fonte des glaciers perturbe l’approvisionnement en eau et les métaux lourds qui se trouvaient sous la glace contaminent l’eau et le sol. Cela accentue l’urgence du défi qu’il faut relever pour protéger ces lieux. » Outre ce constat, le rapport présente encore d’autres défis à relever pour le patrimoine mondial. Des menaces, telles que les espèces envahissantes, le tourisme non durable ou le développement d’infrastructures, sont également en augmentation. Elles affectent les processus écologiques et menacent la survie des espèces dans les sites. Les espèces exotiques envahissantes constituent la menace la plus répandue. Leur impact est souvent aggravé par le changement climatique qui facilite leur propagation et leur installation. Globalement, le rapport estime que 29 % des sites du patrimoine mondial sont confrontés à de graves préoccupations et que 7 % ont un avenir menacé. Cela est notamment le cas du Parc national des Everglades aux États-Unis et du Lac Turkana au Kenya. Il prévoit que deux tiers des sites, c’est-à-dire la même proportion qu’en 2014, ont de grandes chances d’être bien conservés dans un avenir proche. Le rapport révèle également que la qualité et l’efficacité de la gestion des sites naturels du patrimoine mondial ont chuté depuis 2014, notamment en raison de ressources financières insuffisantes. Moins de la moitié des sites ont un bon niveau de gestion. Toutefois, le rapport évoque aussi des exemples de réussite qui montrent l’impact positif et concret que peut donner une bonne gestion. Le Parc National de Comoé en Côte d’Ivoire, par exemple, a vu sa population d’éléphants et de chimpanzés se rétablir grâce à une gestion efficace et au soutien international, suite à la stabilisation politique du pays. Par conséquent, ses perspectives de conservation se sont sensiblement améliorées au cours des trois dernières années. Il s’agit de l’un des 14 sites dont le classement a progressé depuis le rapport sur L’Horizon du patrimoine mondial de l’UICN de 2014. Plus d’informations Télécharger le rapport ici. Célia Zwahlen, Programme du Patrimoine mondial de l’UICN, Celia.Zwahlen@iucn.org, +41229990716 Ewa Magiera, Relations avec les médias, UICN, Ewa.Magiera@iucn.org, +41765053378 Page dédiée du programme Aires Protégées de l’UICN France
Une espèce de mammifère sur trois désormais menacée ou quasi menacée en France métropolitaine

Huit ans après le premier état des lieux, la mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées montre une aggravation de la situation des mammifères dans l’Hexagone : 33 % des espèces terrestres et 32 % des espèces marines apparaissent menacées ou quasi menacées, contre respectivement 23 % et 25 % en 2009. Le bilan réalisé porte sur le risque de disparition de l’ensemble des mammifères terrestres et marins recensés sur le territoire métropolitain. Après une analyse de la situation de chacune des 125 espèces, les résultats montrent que 17 espèces sont menacées et 24 autres quasi menacées. Menées dans le cadre de la Liste rouge nationale, les évaluations ont été conduites par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec la Société française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM) et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Tous les résultats sont disponibles en téléchargement ci-dessous. >> Retour à la Liste rouge nationale DOCUMENTS ET LIENS • Communiqué de presse (novembre 2017)• Infographie des résultats et infographie des évolutions• Tableau synthétique avec catégories et critères (pdf)• Tableau synthétique avec catégories et critères (sur l’INPN)• Synthèse des changements de catégories entre 2009 et 2017• Rapport d’évaluation• Publication : UICN France, MNHN, SFEPM & ONCFS (2017). La Liste rouge des espèces menacées en France – Chapitre Mammifères de France métropolitaine. Paris, France. Photo bandeau :Vison d’Europe © Julien Steinmetz
3 nominés pour recevoir la Palme IFRECOR 2017
3 PRÉSÉLECTIONNÉS POUR LA PALME IFRECOR 2017, LE PRIX DES ÉLUS ENGAGÉS POUR LES CORAUX La collectivité de la province Nord (Nouvelle-Calédonie), la mairie de Bouéni (Mayotte) et la ville de Carbet (Martinique) sont nominées après délibération du Jury. Le Lauréat de la Palme IFRECOR 2017 sera dévoilé par la Ministre des Outre-mer, Annick Girardin lors d’une cérémonie le 21 novembre prochain (sur invitation), avec la participation exceptionnelle de Guillaume Néry, quadruple champion du monde d’apnée et Julie Gautier, sa femme et réalisatrice de vidéo en apnée, parrains de cette 6ème édition. Des projets sur le thème « l’urgence d’agir : des actions novatrices en faveur des coraux, herbiers et mangroves » initiés par des élus d’Outre-mer Depuis 2011, l’IFRECOR – Initiative française pour les récifs coralliens organise son grand concours PALME IFRECOR et invite les élus de Martinique, Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, La Réunion, Mayotte, les îles éparses, Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna et la Polynésie Française à se mobiliser pour la préservation et la gestion durable des récifs coralliens, herbiers et mangroves. Ce prix récompense et met en lumière chaque année, les initiatives, actions et politiques mises en place par les élus de l’Outre-mer français pour préserver et gérer durablement les écosystèmes coralliens de leurs territoires. Soumis à de nombreuses menaces, ces derniers pourraient disparaître complètement d’ici 2050 et ont été victimes d’épisodes de blanchissement massifs en 2016 et 2017. Dans le cadre de la 6ème édition de la Palme, l’IFRECOR dévoile les projets et initiatives présélectionnés par les membres du jury. Les critères de sélection reposent sur l’implication des collectivités et des parties prenantes, l’innovation, ainsi que la démonstration d’impacts positifs sur la résilience de l’état de santé des récifs coralliens et des écosystèmes associés. Plus d’informations – Communiqué de presse de l’annonce avec le détail des élus et des projets préselectionnés – Site internet de l’IFRECOR – Dossier de presse de la 6ème édition de la Palme IFRECOR crédit photo : © Eric Clua
Le rôle crucial des Solutions fondées sur la nature pour l’Accord de Paris
La 23ème conférence des Nations Unies sur le changement climatique s’est tenue du 6 au 17 novembre à Bonn, en Allemagne. Cette conférence, présidée par le gouvernement fidjien, sera l’occasion pour les représentants des gouvernements mais aussi les acteurs économiques et ceux de la société civile de travailler aux détails de la mise en œuvre de l’accord de Paris : « the Paris rulebook ». Ces échanges avaient pour objectif de traiter des moyens financiers, techniques et humains à mettre en œuvre afin d’encourager les initiatives et projets d’atténuation et d’adaptation au changement climatique. Au cours de cette conférence internationale, l’engagement de l’UICN sera de promouvoir le rôle central que doivent avoir les Solutions fondées sur la Nature dans les stratégies de lutte et d’adaptation au changement climatique (voir les messages clés ci-dessous). Le Comité français de l’UICN s’est mobilisé depuis 2015 afin que les Solutions fondées sur la Nature soient davantage reconnues et intégrées dans les accords internationaux et les orientations stratégiques françaises dans la lutte contre le changement climatique. Ces solutions, qui se traduisent par des actions de protection, de restauration et de gestion durable des écosystèmes, sont indispensables pour agir tant sur l’atténuation (stockage de carbone) que sur l’adaptation (limitation des risques naturels, résilience des territoires). Elles contribuent en même temps à la préservation de la biodiversité, défi étroitement lié à celui du changement climatique. Au niveau international, une analyse récente publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) [Comptes-rendus de l’Académie nationale des sciences des États-Unis] estime que les solutions naturelles pour le climat sont un moyen économique et/ou rentable d’offrir plus d’un tiers de l’atténuation climatique nécessaire d’ici à 2030 pour stabiliser le réchauffement en dessous de 2°C. De même, selon le rapport de l’ONU sur l’écart des émissions 2017, les forêts, les zones humides et les sols offrent un potentiel de réduction d’émissions annuelles totales compris entre 4 et 12 GtCO2e. Au niveau national, le Comité français de l’UICN se félicite de la mise à jour du Plan National d’Action contre le Changement Climatique (PNACC) qui intègre les Solutions fondées sur la Nature et de l’adoption du Plan Climat qui vise à les développer. Ce dernier comporte également un axe pour mettre fin à la déforestation importée en France, ce qui est une avancée notable dans la lutte contre la déforestation, source majeure de gaz à effet de serre. Au delà de ces actions ciblées sur les écosystèmes, l’UICN France rappelle aussi l’importance d’analyser les impacts potentiels vis-à-vis de la biodiversité de toutes les stratégies et actions de lutte contre le changement climatique, que ce soit dans le déploiement des énergies renouvelables, la rénovation des bâtiments ou encore le recours à de nouveaux matériaux. Il est important de concilier de façon cohérente et efficace la lutte contre le changement climatique et celle contre l’érosion de la biodiversité (voir les travaux réalisés). Le Comité français de l’UICN salue également la déclaration de haut niveau pour l’intégration des Solutions fondées sur la Nature dans gestion de l’eau, initiée par le Partenariat Français pour l’Eau lors de l’atelier international « génie écologique et risques climatiques » à Paris en Septembre 2017, co-organisé avec le Comité français. Afin de poursuivre cette mobilisation, le Comité français de l’UICN se rendra à Bonn pour un atelier organisé par la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) afin de rédiger les lignes directrices internationales pour des approches fondées sur les écosystèmes pour l’adaptation au changement climatique et la gestion des risques naturels. Plus d’informations Messages clefs de l’UICN pour la COP23 Page dédiée sur les Solutions fondées sur la nature Sélection de publications de référence Déclaration d’engagement pour intégrer les SfN dans la gestion de l’eau
Les solutions fondées sur la nature pour lutter contre les changements climatiques
L’UICN France appelle à promouvoir le rôle des écosystèmes dans la lutte contre les changements climatiques et à investir de façon spécifique et ambitieuse dans des solutions fondées sur la nature. Des milieux naturels préservés jouent un rôle fondamental dans l’atténuation, en stockant et captant le carbone, et dans l’adaptation aux effets des changements climatiques, en limitant les risques naturels. Quelle est la situation ? D’une part, les changements climatiques sont l’une des principales menaces pesant sur les milieux naturels et les espèces de notre planète : perturbations des cycles biologiques, acidification des océans, blanchissement des récifs coralliens… D’ici 2050, 25% des espèces pourraient disparaître à cause du dérèglement climatique. Ils accroissent aussi l’intensité et la fréquence des risques naturels, comme les inondations, l’érosion des côtes ou les sécheresses. D’autre part, parmi le panel des solutions proposées (économies d’énergie, développement des énergies renouvelables…), celles offertes par la nature sont souvent méconnues ou sous-estimées. Pourquoi investir dans les solutions fondées sur la nature ? Les solutions fondées sur la nature sont les solutions qui s’appuient sur les écosystèmes afin de relever les défis globaux comme la lutte contre les changements climatiques. Les écosystèmes terrestres et marins jouent un rôle fondamental dans l’atténuation des changements climatiques en stockant et captant le carbone. Ce sont aujourd’hui les plus grands réservoirs naturels de carbone et, grâce à la photosynthèse, ils absorbent environ la moitié des émissions de CO2 générées par les activités humaines chaque année. Cependant, ce rôle est aujourd’hui compromis par la dégradation des milieux naturels. De plus, la déforestation et l’artificialisation des sols sont à l’origine d’environ 20% des émissions de gaz à effet de serre. Les écosystèmes jouent également un rôle fondamental dans l’adaptation aux effets des changements climatiques en réduisant les impacts des risques naturels (inondations, érosion, sécheresse…). Les solutions fondées sur la nature concernent trois types d’actions, qui peuvent être combinées dans les territoires : la préservation d’écosystèmes intacts et en bon état écologique, l’amélioration de la gestion durable d’écosystèmes utilisés par les activités humaines, et la restauration d’écosystèmes dégradés ou la création d’écosystèmes. Quelles expériences dans les territoires ? De nombreux projets sont déjà réalisés dans les territoires, en métropole et en outre-mer, pour mettre en place des solutions fondées sur la nature : protection de forêts en libre évolution dans la région Rhône-Alpes, création de grandes aires marines protégées en Polynésie française, restauration de milieux humides urbains en Seine-Saint-Denis pour gérer les inondations, préservation des dunes sur le littoral aquitain, gestion intégrée de la zone côtière en Nouvelle-Calédonie et sur le littoral métropolitain, création d’îlots de fraicheur à Orléans, développement mosaïques paysagères gérées par le pâturage dans le Parc naturel régional des Alpilles. Toutes ces expériences sont présentées dans la brochure publiée par l’UICN France, en téléchargement ci-dessous. Des écosystèmes préservés et restaurés : des solutions efficaces dans la lutte contre les changements climatiques Les solutions fondées sur la nature représentent des opportunités importantes pour répondre aux enjeux des changements climatiques, tout en apportant des bénéfices pour la biodiversité et le bien-être humain. Elles représentent aussi une alternative économiquement viable et durable, souvent moins coûteuse à long terme que des investissements technologiques ou la construction et l’entretien d’infrastructures. Les solutions fondées sur la nature doivent être ainsi pleinement intégrées dans les stratégies de lutte contre les changements climatiques. Il est crucial d’investir aujourd’hui de façon spécifique et ambitieuse dans les solutions fondées sur la nature. Elles doivent être un élément clef des contributions nationales des Etats pour respecter les engagements de l’Accord de Paris, et plus largement de l’ensemble des acteurs dans la mise en œuvre de leurs stratégies et plans d’action sur le climat et les risques naturels suite à la COP21. Contacts – Sébastien Moncorps, Directeur de l’UICN France – Pauline Teillac-Deschamps, Chargée de programme « écosystèmes » de l’UICN France Tél : 01 47 07 78 58 Plus d’informations Accéder à la page dédiée aux Solutions fondées sur la nature UICN France – Des solutions fondées sur la nature pour lutter contre les changements climatiques (édition actualisée) UICN France – Des solutions fondées sur la nature pour lutter contre les changements climatiques (édition anglaise)
Retour sur les Journées FRB : Biodiversité et transition écologique
La journée annuelle de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) du 5 octobre avait pour thème « Biodiversité et transition énergétique : enquêtes sur des liaisons dangereuses » Plus de 300 personnes ont participé à cet événement, dont le Comité français de l’UICN qui a présenté l’intérêt des Solutions fondées sur la Nature et l’importance de la prise en compte de la biodiversité dans le développement des énergies renouvelables lors d’une table ronde « Réconcilier biodiversité énergétique avec les acteurs ». D’autres structures sont également intervenues à cet événement, Iddri, LIFTI, Orée, EDF, Engie, Suez, Total, Enedis, RTE, GRT gaz, CCI France, Séché environnement, LPO, EPE, Icare & consult, AFB, afin d’apporter leur témoignage sur les actions ou les réflexions déjà engagées dans leurs entreprises, aux côtés des instituts de recherche comme l’IRD, le Cirad, l’Inra, le MNHN ou encore l’IIASA. L’ensemble des ces interventions et des échanges ont montré les impacts possibles de la transition énergétique sur la biodiversité et l’importance de concilier ces deux politiques environnementales, que sont celle de la préservation de la biodiversité et celle de la lutte contre le changement climatique. Ce message principal rejoint celui porté par le Comité français de l’UICN depuis plusieurs années (travaux de la Commission de Gestion des écosystèmes, recommandations du Congrès français de la nature et du Congrès mondial de l’UICN). En complément de ces témoignages, cette journée fut l’occasion pour le Ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot d’annoncer ses priorités et sa volonté de placer les enjeux de la biodiversité au même niveau que la lutte contre le changement climatique. Dans le même temps, le ministre a appelé les chercheurs à guider l’action publique, orienter ses choix et l’appuyer dans la reconquête de biodiversité. Plus d’informations – Télécharger le Compte rendu des Journées FRB 2017 – Accéder à la synthèse de l’article scientifique – Site internet de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité – Publications de l’UICN France sur le thème de la transition énergétique et la biodiversité : Bois-énergie et biodiversité forestière Energies marines renouvelables et biodiversité Energies marines renouvelables et biodiversité en outre-mer Montagnes et Transition énergétique
Bilan de l’Atelier international #Nature4climate
Retour sur l’Atelier international Eau & Climat – « Génie écologique et risques climatiques » 220 participants des 5 continents ont participé à l’atelier international Eau & Climat sur le thème « Génie écologique et risques climatiques » organisé par l’Agence de l’eau Seine-Normandie et l’Agence Française de développement en partenariat avec le Comité français de l’UICN, le Partenariat Français pour l’Eau, l’Institut du développement durable et des relations internationales et l’Agence française pour la biodiversité, les 20, 21 et 22 septembre 2017 à Paris. Les présentations, échanges et groupes de travail ont permis de souligner l’importance de s’appuyer sur les écosystèmes pour s’adapter au changement climatique et les avantages apportés par ces solutions fondées sur la nature, grâce à des retours d’expériences diversifiés. Les débats ont également mis en lumière la nécessité d’intégrer ces solutions dans les politiques et projets d’aménagement du territoire, d’assurer un portage institutionnel et une appropriation de ces solutions par les populations locales. Sous l’effet du changement climatique, la raréfaction des ressources en eau, la multiplication des événements extrêmes et la montée du niveau de la mer menacent les écosystèmes et les populations. Favoriser les solutions fondées sur la nature, « sans regret » et multifonctionnelles, permettant de protéger à la fois les populations et les écosystèmes, et les services écologiques qu’ils procurent, sont des défis essentiels pour faire face aux changements climatiques. Face aux enjeux des risques naturels et dans un contexte de changement climatique, cet atelier a su montrer la nécessité de : Faire de la nature une alliée, de s’inspirer et s’appuyer sur des écosystèmes en bon état pour mieux s’adapter aux changements climatiques, tout en restant humble face aux dynamiques naturelles. Développer un dialogue, permettant de partager des éléments de diagnostic qui vont permettre aux acteurs, praticiens, décideurs de s’en inspirer pour proposer des réponses à la hauteur des enjeux. Des réflexions qui seront portées sur la scène internationale Les échanges issus de cet atelier seront portés à la COP23 et au Forum Mondial de l’Eau Brasilia 2018 et contribueront à enrichir la dynamique lancée dans les bassins français pour s’adapter aux changements climatiques en cohérence avec la mise en oeuvre des Objectifs de développement durable des Nations Unies. Des écosystèmes sains pour s’adapter au changement climatique Préserver des écosystèmes sains et fonctionnels permet de les rendre plus résilients face aux changements globaux et de favoriser l’adaptation de nos économies et nos modes de vie qui en sont bien plus dépendants que nous le pensons. Des solutions multifonctionnelles Les solutions fondées sur la nature sont multifonctionnelles (comme l’agroforesterie ou la restauration de zones humides) et apportent des co-bénéfices pour l’emploi, les rendements agricoles, l’environnement, les ressources en eau, la biodiversité… Ces solutions nécessitent une réflexion sur l’aménagement du territoire Faire de la place au vivant, accepter des espaces de liberté le long de nos côtes, pour les cours d’eau, pour les dynamiques écologiques de la biodiversité sont autant de « nouvelles » façons de gérer les risques naturels liés à l’eau. Les politiques publiques et d’aménagement doivent intégrer les solutions fondées sur la nature dans le panel des solutions de gestion des risques naturels. Les zones humides, urbaines ou en milieux ruraux, par exemple en Chine ou sur la vallée de l’Oise, supposent un aménagement radicalement différent de l’espace associé à une redistribution des ressources et des priorités. Les solutions fondées sur la nature doivent être de plus en plus considérées, explorées et utilisées tout en sachant qu’il n’y a pas de solution unique mais plusieurs solutions adaptées à un territoire et à sa population. Elles n’excluent pas le recours aux solutions plus classiques de génie civil qui peuvent être combinées dans les territoires à ces solutions douces en fonction des enjeux. Des retours d’expériences diversifiés Nous avons maintenant de nombreux exemples de toutes natures qui sont autant de démonstrateurs qu’il est possible d’avoir recours à la restauration et/ou la protection des écosystèmes dans la gestion des risques liés à l’eau et de leur pertinence dans un contexte de changement climatique. Il s’agit aujourd’hui d’encourager leur mise en œuvre, au-delà de la réalisation technique de ces solutions. La conduite des politiques et acceptabilité sociale Un certain nombre de pistes ont été évoquées, parmi lesquelles l’importance et l’efficacité de la participation, qui suggèrent qu’il faut des politiques non seulement participatives, mais plus encore inclusives, qui s’appuient sur des diagnostics clairs des besoins des populations locales, comme l’a souligné l’exemple brésilien. Les projets ont pu pointer les insuffisances ou les limites à la mise en œuvre des solutions fondées sur la nature : acceptabilité sociale, portage politique, financement spécifique, manque de données à la fois hydrologique mais aussi sur les écosystèmes, maîtrise du foncier, mais aussi un retour sur l’efficacité des solutions choisies et des bénéfices pour la biodiversité. Nous bénéficions en effet de plusieurs décennies d’expérience de génie écologique, dans des domaines aussi divers que la gestion du trait de côte, de l’érosion, de l’agroforesterie, des trames vertes et bleues en zone urbaine. L’enjeu aujourd’hui est de faire sortir ces expériences, ces savoir-faire techniques, de leur domaine spécialisé et d’en faire les bases de politiques publiques qui répondent à ces défis. Ils l’ont dit durant l’atelier « Nous n’arriverons pas à relever les défis du climat sans prendre en compte les écosystèmes » Sébastien MONCORPS, Directeur de l’UICN France « Notre responsabilité de décideur politique c’est d’agir, au plan local, par bassin et au plan international. La stratégie d’adaptation au changement climatique du bassin Seine-Normandie, partagée par l’ensemble des acteurs rassemblent nos forces et actions pour relever le défi du changement climatique. » François SAUVADET, Président du Comité de bassin Seine-Normandie « Rendre la ville plus perméable, infiltrer la pluie là où elle tombe, rendre nos milieux naturels plus résistants aux impacts du changement climatiques sont des solutions mises en œuvre par les acteurs du bassin et soutenus par l’Agence de l’eau Seine-Normandie » Patricia BLANC, Directrice générale de l’Agence de l’eau Seine-Normandie « Les pays partenaires de l’Agence Française de Développement sont des pays en