One Ocean Summit : Alerte sur l’exploitation des fonds marins dans les eaux françaises

Alors que le One Ocean Summit rassemble un grand nombre de chefs d’Etats autour d’une « diplomatie bleue » instiguée par le Président de la République française, le Comité français de l’UICN souhaite alerter sur une possible exploitation minière au sein de l’espace maritime français par le biais d’une position officielle, publiée aujourd’hui. La menace qui pèse sur grands fonds marins, un des derniers écosystèmes encore préservés de notre planète – c’est à dire la volonté d’aller y extraire des minerais – a fait beaucoup parler d’elle ces derniers jours. De nombreux scientifiques et ONG s’inquiètent en effet des conséquences de ce type d’activités industrielles sur ces habitats encore méconnus et éloignés de tout son et lumière, au développement très lent. Cependant, l’attention semble se focaliser sur la possibilité d’extraction en dehors des espaces maritimes sous souveraineté des Etats Côtiers, appelée la « Zone » dans le jargon juridique. Or, au sein de la Zone, les velléités d’extraction sont régulées par l’Autorité Internationale des Fonds Marins, qui distribue les permis d’exploration (la France en détient deux) et travaille actuellement à la régulation des activités avec l’élaboration d’un code minier qui encadrerait l’extraction. Ce n’est cependant pas le cas au sein des espaces maritimes sous juridiction nationale, y compris au sein des eaux françaises qui pour rappel, représentent la deuxième plus grande Zone Economique Exclusive (ZEE) et plateaux continentaux du monde. Et ce notamment, grâce aux territoires d’outre-mer situés dans les trois océans, mais aussi au fait que la France a travaillé ces dernières années à étendre son plateau continental au delà des 200 milles marins : c’est ce qu’on appelle le « plateau continental étendu », qui a permis a la France de gagner 730 000 km2 d’espace maritime supplémentaire au large de la Guyane, des Antilles, de La Réunion, des Terres australes et de la Nouvelle-Calédonie. Or, le gouvernement a annoncé clairement en octobre dernier sa volonté de sécuriser les métaux stratégiques tels que le colbalt, le cuivre ou le nickel, dont recèleraient certains espaces au sein de la ZEE et du plateau français, notamment au large de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie française et des Terres Australes françaises – qui abritent pourtant des écosystèmes marins exceptionnels et vulnérables. Le Comité français de l’UICN, en publiant cette Position, souhaite alerter sur les dangers d’une exploitation minière au sein des eaux françaises. L’Etat possède des droits souverains sur les ressources naturelles de son sol et sous-sol, droits qui ne sont que peu encadrés par la législation française. La France, dans sa nouvelle stratégie nationale des grands fonds marins (21 janvier 2021) prône l’exploration de ces fonds, et ne cache désormais plus son ambition de les exploiter. Elle est d’ailleurs en train d’élaborer des ordonnances qui abrogeront la seule disposition du code minier français qui interdisait jusqu’ici d’exploiter les fonds marins français… « L’exploitation des derniers écosystèmes encore non impactés par l’homme est une catastrophe environnementale annoncée. Il est urgent de réaliser ce qui est en train de se passer, et demander au gouvernement des garanties juridiques pour préserver l’espace maritime de la France, et les trésors de biodiversité qui s’y trouvent encore, avant qu’il ne soit trop tard. Compte tenu de l’étendue de son espace maritime, la France possède une responsabilité importante vis-à-vis de tous et elle doit se montrer à la hauteur de ses obligations environnementales internationales ». Virginie Tassin Campanella, avocate en droit de la mer et experte du Comité français de l’UICN. ll en va de la protection de ce « One Ocean », au coeur des discussions des dirigeants réunis à Brest aujourd’hui. PLUS D’INFORMATIONS – La position du Comité français de l’UICN sur l’exploitation des fonds marins dans les eaux françaises– Les travaux du groupe Outre-mer– Le One Ocean Summit Photo bandeau : © NOAA Okeanos Explorer Program, 2016 Deepwater Exploration of the Marianas, Leg 3
Protéger les mangroves : à vos smartphones avec l’application ROM !

A l’occasion de la Journée mondiale des zones humides 2022, le Comité français de l’UICN appelle à agir pour la protection des mangroves avec le Réseau d’Observation et d’aide à la gestion des Mangroves et une nouvelle application mobile. Une nouvelle version (V2) de l’application ‘ROM’ (Réseau d’Observation et d’aide à la gestion des Mangroves) est lancée aujourd’hui 2 février, à l’occasion de la Journée Mondiale des Zones Humides. L’application a fait peau neuve avec une interface intuitive, de nouvelles fonctionnalités comme la possibilité de signaler des espèces de faune (poissons, crabes, mammifères, oiseaux, mollusques…) ou de consulter toutes les observations depuis son téléphone – en plus de pouvoir signaler des perturbations en mangrove type déchets, pollutions, remblais etc. Cet outil digital a été développé par le Pôle-relais zones humides tropicales (PRZHT), piloté par le Comité français de l’UICN en partenariat avec le Conservatoire du Littoral, avec le soutien de l’Initiative française pour les Récifs Coralliens (IFRECOR) et le concours de partenaires associatifs et scientifiques des différents territoires d’outre-mer. Un nouveau souffle pour les mangroves Cette nouvelle version de l’application ROM est l’occasion de donner un nouveau souffle au réseau d’observateurs des mangroves, qui n’a pu se rendre sur le terrain aussi souvent qu’espéré depuis 2 ans du fait de la crise sanitaire et des mouvements sociaux qui ont ébranlé les Antilles fin 2021. Grâce à l’organisation de formations et de sorties terrain avec les gardes du littoral, la police de l’environnement, les gestionnaires et toute personne intéressée par l’outil tout au long de l’année 2022, il est espéré que l’application mobile soit largement utilisée dans tous les territoires ultramarins où la mangrove est naturellement présente, c’est à dire les Antilles, la Guyane, Mayotte et les îles éparses dans l’océan indien, et la Nouvelle-Calédonie et Wallis dans le Pacifique. En Polynésie française, où la mangrove est introduite, l’application permet de signaler la présence de palétuviers à Tahiti, Moorea, Huahine, Bora-Bora, Raiatea et Tahaa et d’apprendre à reconnaître les espèces de ‘sub-mangrove’ indigènes, qu’il s’agit de protéger car fortement menacées par l’urbanisation galopante. Téléchargez, observez, signalez ! L’application ROM peut se télécharger gratuitement depuis les Stores sour le nom ‘ROM mangrove’. Plusieurs modules sont à retrouver : – Des guides « espèces » sur les palétuviers des différents territoires d’outre-mer, les espèces de sub-mangrove de Polynésie française, et les espèces de faune associée aux mangroves. Pour chaque espèce, des informations détaillées agrémentées d’une ou plusieurs photos permettent d’apprendre à mieux les reconnaître : devenez incollable sur les espèces de votre territoire !– Des modules « signalement » qui permettent, soit de signaler une perturbation (dépotoir sauvage, défrichement, remblai, maladies ou phénomènes inhabituels sur les palétuviers), soit de rapporter une observation de faune, qui peut donner des indications sur l’état de santé de la mangrove. Ainsi, chaque utilisateur peut devenir pleinement acteur de la gestion des mangroves, et accéder rapidement à l’ensemble des observations sur tous les territoires d’outre-mer. L’application inclut une partie ‘Forum’ qui permet de lancer une discussion, poser une question technique et échanger – un atout précieux pour les gestionnaires ! Alors, à vos smartphones… L’application mobile a reçu le soutien de l’Initiative française pour les Récifs Coralliens, de l’Office de l’Eau de Martinique, de l’Office français de la Biodiversité par le biais de l’initiative Terres et mers ultramarines (TeMeUm) et de la Fondation Veolia. Plus d’informations – Télécharger l’application (gratuite) sur l’App Store et Google Play ou retrouvez là en version Web sur ce lien– Communiqué de presse– Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN– Le Pôle-relais zones humides tropicales– La Journée Mondiale des Zones Humides 2022`– Le portail français sur les zones humides avec toutes les célébrations JMZH 2022 : les activités en métropole et en outre-mer Photo bandeau : Mangrove à Port-Louis, Guadeloupe © Magalie Daco
Visites virtuelles : découvrez les mares de Guadeloupe et Martinique !

Le Pôle-Relais Zones Humides Tropicales (PRZHT), co-piloté par le Comité français de l’UICN, vous invite à partir à la découverte des mares de Guadeloupe et de Martinique grâce à une visite virtuelle ! LES MARES, UN MILIEU MECONNU MAIS PRECIEUX A BIEN DES EGARDS Après les mangroves de Guadeloupe (« Mangwov » en créole antillais) et les mangroves de Mayotte, (« M’hoko » en shimaoré), le PRZHT vous invite cette fois à découvrir les mares de Martinique et de Guadeloupe (« Autour des mares ») en visite virtuelle ! A l’interface entre l’aquatique et le terrestre, les mares sont des infrastructures naturelles qui fonctionnent en réseau et participent à la régulation et au filtrage des eaux. D’une richesse écologique exceptionnelle, il fait bon de les sillonner pour partir à la découverte de la nature. Malheureusement, les mares ne cessent de régresser depuis plus d’un siècle, victimes de l’urbanisation continue qui cause des remblaiements, des assèchements ou des pollutions. Elles sont également envahies par des espèces exotiques animales (grenouille Scinax, Trachémyde à tempes rouge) ou végétale (jacinthes d’eau) qui contribuent à accélérer leur dégradation : ainsi, elles sont aujourd’hui fortement menacées. Il est urgent de prendre conscience de leur utilité et de leur beauté pour mieux les protéger ; particulièrement en Guadeloupe et en Martinique où l’insularité tend à aggraver la situation. Avec cette visite virtuelle, découvrez 5 mares en Guadeloupe à Grande-Terre (Anse Colas, Fidélin), Basse-Terre (Pointe Allègre, Houëlmont) et aux Saintes (Grand Trou) et 3 mares en Martinique : Domaine de Grand Macabou, Pont Café et Baie des Anglais. Ces mares sont représentatives de tous les milieux : littoral, agricole, urbain, de prairie, forestier. Que vous habitiez aux Antilles, en métropole ou ailleurs, vous pouvez dès à présent partir à la découverte des mares de Martinique et de Guadeloupe : elles se révéleront à vous comme vous ne les avez jamais vues ! Ces visites virtuelles ont pu être réalisées par Géographique grâce au soutien de la DEAL Guadeloupe, l’Office de l’Eau de Martinique, la parc national de Guadeloupe, le parc naturel régional de la Martinique et la Commune des Abymes. Plus d’informations – La visite virtuelle dans les mares de Martinique et de Guadeloupe – Toutes les visites virtuelles du Pôle-relais Zones Humides Tropicales – Le programme Outre-mer du Comité français de l’UICN – En savoir plus sur le PRZHT Photo bandeau : mare de Houëlmont à Basse-Terre, Guadeloupe © Laurent Juhel
Un arbre menacé de Nouvelle-Calédonie à l’honneur aux Floralies de Nantes
L’action de l’association Dayu Biik pour protéger le Kaori du Mont Panié (Agathis montana), arbre conifère en danger critique d’extinction sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, est mise à l’honneur cette année par le comité organisateur des Floralies Internationales de Nantes, le plus grand spectacle végétal et floral de France. Le Comité des Floralies a en effet décidé pour la première fois de mettre en avant la nécessité de conserver les espèces de flore menacées en France et dans le monde, en soutenant la participation de Dayu Biik, association accompagnée par le Comité français de l’UICN dans le cadre du programme européen BEST, à la manifestation. Les représentants de l’association feront ainsi le déplacement depuis la Province Nord de Nouvelle-Calédonie. Ils recevront les fonds collectés grâce à l’ « arbre à vœux ». Cette œuvre symbolique et participative permettra aux visiteurs de nouer un ruban de couleur, acheté à un prix symbolique, dans les branches de l’arbre afin de déposer un message de vie et d’espoir. L’association Dayu Biik est l’une des deux structures choisies par le Comité des Floralies pour être destinataire de ces fonds. Ce soutien permettra à Dayu Biik, co-gestionnaire de la Réserve de Nature Sauvage du mont Panié en Nouvelle-Calédonie, de pérenniser son programme de sauvegarde du Kaori. La kaori du mont Panié (Dayu Biik en langue local Némi) est un arbre conifère qui peut vivre plus de 1000 ans et qui revêt une importance culturelle majeure en Nouvelle-Calédonie. Endémique des plus hautes altitudes du massif du Panié, son aire de répartition mondiale est restreinte à une forêt de nuage qui s’étend sur moins de 5000ha ; c’est une espèce socle structurant l’ensemble de l’écosystème. Cet arbre remarquable est menacé par le changement climatique et l’érosion des sols due à l’activité fouisseuse des cochons envahissants. Plusieurs partenariats techniques et scientifiques, dont Conservation International, soutiennent par ailleurs Dayu Biik dans ce programme de conservation. Venez nombreux aux Floralies de Nantes et faites un geste pour sauver le kaori ! Plus d’informations Site des Floralies de Nantes Site de l‘association Dayu Biik La Liste rouge des espèces menacées en France Le programme européen BEST Photo bandeau © François Tron, Conservation International
Parution de la première carte harmonisée des mangroves françaises
Dans le cadre de l’IFRECOR – Initiative française pour les récifs coralliens lance, le Pôle-relais zones humides tropicales lance la première cartographie homogénéisée des mangroves du territoire français, réalisée par l’Université de Nantes. Cette cartographie constitue la première évaluation nationale des surfaces de mangroves dans les territoires d’Outre-mer français. Auparavant, il n’existait que des évaluations locales très hétérogènes bien que souvent de bonne qualité. C’est grâce aux dernières innovations technologiques, en particulier les progrès des images satellites, que cette cartographie a pu être produite. L’Université de Nantes, qui a mené ces travaux pour le compte du Pôle-relais et de l’IFRECOR, a dans un premier temps mis au point un guide méthodologique pour la cartographie des mangroves à partir de données satellites. La méthode a ensuite été utilisée pour réaliser la cartographie de l’ensemble des mangroves nationales en détectant les peuplements de palétuviers et en les dissociant des tannes et des autres types de surfaces forestières. Ce travail permet aujourd’hui de disposer de données chiffrées précises, homogènes et reproductibles, permettant ainsi le calcul d’un indicateur surfacique fiable. A quoi cela va-t-il servir ? Les mangroves sont reconnues pour leurs multiples fonctions au service des populations côtières : nurserie pour les espèces halieutiques, fourniture de produits (bois, miel, pharmacopée, tanins), atténuation des événements climatiques (houles cycloniques) ou tectoniques (tsunamis), stockage de carbone, mais aussi filtre pour la protection des habitats marins contre l’hyper sédimentation, bio-remédiation… La fondation de recherche LLOYD’S produisait en juin 2017 un rapport très explicite sur le rôle des infrastructures naturelles, au premier rang desquelles figuraient les mangroves et récifs, pour la réduction des dommages causés par les événements climatiques et géologiques côtiers. C’est pourquoi la France s’est engagée dans un effort significatif pour protéger les mangroves. La feuille de route environnementale 2014 du gouvernement fixait l’objectif de protection d’un tiers des mangroves nationales par le Conservatoire du littoral et la loi de juillet 2016 sur la reconquête de la biodiversité imposait l’engagement de mesures de protection sur plus de 55 000 hectares représentant plus de 50 % des mangroves sous responsabilité nationale. Afin d’évaluer l’efficacité de ces politiques, l’indicateur le plus fiable à ce jour correspond à l’évaluation des surfaces de mangrove. Mais d’autres indicateurs viendront rapidement compléter cette donnée afin de qualifier l’état de conservation associé à ces surfaces. A cette fin, le Réseau national d’Observateurs et d’aide à la gestion des Mangroves (ROM) a été lancé en juin 2017 par le Comité français de l’UICN et le Pôle-relais zones humides tropicales (voir la plaquette de présentation du ROM). Quelles sont les limites d’utilisation de cette carte ? Ce travail a été réalisé à une échelle globale et n’a donc n’a pas vocation à fournir une cartographie fine par territoire. En effet, chaque pixel de 900m² produit par le satellite Landsat-8 (United States Geological Survey) a été automatiquement classé. La méthode donne une évaluation des surfaces pertinentes à l’échelle globale mais reste insuffisamment précise à l’échelle locale. Les mangroves de Saint-Barthélemy, essentiellement rivulaires, n’apparaissent ainsi pas sur la carte nationale alors qu’elles sont évaluées à 4,6 ha par une cartographie plus fine. Il s’agit donc bien là d’un indicateur surfacique national et non d’un outil de gestion local. La carte produite sera toutefois prochainement affinée grâce à l’utilisation d’images Sentinel-2 (European Space Agency) à partir de pixels de 100 m². Enfin, des travaux par sites utilisant de la très haute résolution spatiale pourront accompagner et préciser ce chantier comme la cartographie précise des mangroves qui vient d’être produite sur Wallis par la collectivité territoriale et ses partenaires. Surfaces de mangrove en 2016 (en hectares) – Université de Nantes – Pôle relais zones humides tropicales Guadeloupe Saint-Martin Saint-Barthélemy Martinique Mayotte Guyane Nouvelle-Calédonie Wallis Iles éparses 3 249 21 4,6[1] 2 060 524 55 140 29 388 31,6[2] 673 [1] Evaluation par télédétection 2017 – Pôle relais zones humides tropicales / Conservatoire du littoral [2] Etude des mangroves de Wallis 2017 – Service territorial de l’environnement / Bluecham DOCUMENT JOINT Carte en format initial CONTACTS Alain Pibot – Pôle-relais zones humides tropicales-Conservatoire du Littoral – 06 90 57 80 63 Anne Caillaud – Pôle-relais zones humides tropicales – UICN France Marc Robin – Université de Nantes
L’UICN France appelle à l’adoption d’une protection forte de la Mer de Corail
Alors que le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie s’apprête à finaliser le plan de gestion du Parc Naturel de la Mer de Corail, le Comité français de l’UICN encourage l’adoption d’une protection forte et durable pour ce patrimoine naturel marin exceptionnel, dans un avis publié suite à la consultation de son groupe « Outre-Mer ». L’avis rappelle la nécessité pour la Nouvelle-Calédonie d’adopter un plan de gestion ambitieux à la hauteur des forts enjeux écosystémiques et socio-économiques du parc marin, et d’avoir une démarche exemplaire soutenant la dynamique engagée en faveur des océans au niveau international, notamment en appliquant la recommandation de l’UICN « d‘intégrer au moins 30% de chaque habitat marin dans un réseau d’Aires Marines Protégées ou d’autres mesures efficaces de conservation sur une zone donnée ». Ces préconisations ont fait l’objet d’un courrier adressé par le Comité français de l’UICN aux co-présidents du Comité de Gestion, Messieurs Philippe Germain (Président du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie) et Thierry Lataste (Haut-Commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie), demandant à ce qu’une protection effective du Parc Naturel de la Mer de Corail soit rapidement mise en œuvre. La Nouvelle-Calédonie a mis en place depuis 3 ans un Comité de Gestion réunissant les parties prenantes, effort collégial salué localement, qui a permis de fixer les grands objectifs du Plan de Gestion du parc. Une consultation publique a été menée en février 2017 sur tout le territoire. En 2014, le gouvernement de Nouvelle-Calédonie avait crée le Parc Naturel de la Mer de Corail, couvrant l’ensemble de la Zone Economique Exclusive du territoire à l’exception des eaux provinciales (12 milles nautiques depuis la côte). Le Comité français de l’UICN avait alors félicité la Nouvelle-Calédonie, souscrivant à son ambition affichée de rejoindre les efforts de protection du milieu marin engagés au niveau international. Le parc, d’une superficie de 1,3 million de km2, représente en effet une des plus grandes aires marines protégées du monde, abritant une biodiversité marine exceptionnelle. Il comprend notamment des récifs coralliens éloignés des activités humaines, qui pourraient bien être les derniers ‘refuges’ pour ces écosystèmes aujourd’hui gravement menacés au niveau mondial. DOCUMENT JOINT Avis – Mer de Corail (Mai 2017) EN SAVOIR PLUS Site officiel dédié au parc naturel de la mer de corail Site de l’Agence française de la biodiversité sur le parc naturel de la mer de corail Article Wikipedia sur le parc naturel de la mer de corail CONTACTS Anne Caillaud, Chargée de programme « Outre-mer » François Devinck, Coordinateur pour la Nouvelle-Calédonie de la Commission Mondiale des Aires Protégées de l’UICN – milieu marin (UICN-WCPA)
BEST 2.0 : l’appel à projets 2017 est lancé !
L’appel à projets 2017 du programme BEST 2.0 pour 2017 est lancé aujourd’hui lundi 20 mars. Cet appel s’adresse aux acteurs de la conservation de la biodiversité dans les Pays et Territoires d’outre-mer (PTOM) de l’Union européenne dans les régions Pacifique, Océan Indien, Caraïbe, Atlantique Sud, et Polaires/sub-polaires. Les candidats peuvent postuler pour des petites subventions (jusqu’a 100 000 euros) avant le 14 avril 2017. Le Programme BEST 2.0 (biodiversité et services écosystémiques dans les territoires d’outre-mer européens) a lancé le troisième et dernier appel à projets « petites subventions » pour des projets appuyant la conservation de la biodiversité et des services écosystémiques dans les PTOM de l’UE. Les porteurs de projets éligibles Ce troisième appel est ouvert aux acteurs locaux des PTOM: organisations de la société civile, municipalités, villes ou services communaux, Provinces en Nouvelle-Calédonie, et PME répondant aux critères de la micro-entreprise. Dans le Pacifique et l’Océan Indien, les 2 régions pour lesquelles l’appel à projets est coordonné par le Comité français de l’UICN, les territoires concernés sont : la Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, la Polynésie française et Pitcairn pour le Pacifique, et les îles éparses et l’archipel des Chagos pour l’Océan Indien. Types de subvention Deux types de subventions sont disponibles : des « petites subventions rapides » allant jusqu’à 50 000 euros, et des « petites subventions » entre 50 000 et 100 000 euros. Les projets financés doivent contribuer à des résultats tangibles en termes de conservation de la biodiversité et/ou d’utilisation durable des ressources naturelles et des services écosystémiques, y compris l’adaptation au changement climatique ou son atténuation fondée sur les écosystèmes. Date de clôture de l’appel à projets Vendredi 14 avril 2017 – 23h59 (heure de Paris GTM +1) Vous souhaitez présenter un dossier ? Rendez vous sur le portail dédié du Programme BEST 2.0, où vous trouverez les lignes directrices pour les demandes de petites subventions, les critères d’éligibilité, les réponses aux questions fréquemment posées, des conseils et leçons apprises de l’appel 2015. C’est sur ce portail qu’il vous faudra soumettre une note de concept avant le 14 avril 2017. Contacts et liens utiles Contact région Pacifique: pacific_hub@uicn.fr Contact région Océan Indien: indianocean_hub@uicn.fr Page BEST de l’UICN France Portail BEST 2.0 Site BEST de la Commission Européenne (fiches d’information sur les projets financés précédemment) Article de Polynésie 1ère sur le sujet
Conférence de Carthagène : la région Caraïbe au chevet des océans
La France accueille cette semaine la 14ème Conférence des Parties (COP) de la Convention de Carthagène, qui regroupe 25 Etats riverains de la Grande Caraïbe autour de la protection et la mise en valeur du milieu marin de la région. Les travaux ont débuté ce lundi 13 mars à Cayenne en Guyane : le Comité français de l’UICN participe aux travaux et négociations. Les délégués des 25 Etats signataires de la convention de Carthagène pour la protection et la mise en valeur du milieu marin de la région des Caraïbes (signée en Colombie en 1983) se sont retrouvés à Cayenne, en Guyane, lundi 13 mars. L’objectif principal est de s’accorder sur une nouvelle feuille de route autour des 3 protocoles de la convention: le protocole SPAW (Specially Protected Areas and Wildlife) qui liste des espèces et aires marines à protéger ; le protocole LBS (Land-Based Sources and Activities) qui vise à lutter contre les pollutions d’origine terrestre déversées dans les océans ; et le protocole Oil Spill pour renforcer les mesures de prévention des risques de marées noires par le biais d’une coopération régionale (consulter les documents de la conférence). La Convention de Carthagène et ses protocoles, placés sous l’égide du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), sont contraignants pour ses Parties : les décisions prises engagent véritablement les Etats de la région qui s’étend a Guyane à la Floride, et du Belize à la Barbade. Une première décision prise dès le début de la conférence est l’inscription de 8 espèces de requins dans le protocole SPAW, qui seront dorénavant protégés. Compte-tenu de ses enjeux pour la biodiversité d’outre-mer, le Comité français de l’UICN est présent durant toute la conférence à Cayenne, représenté par son Président, Bernard Cressens, et par sa coordinatrice du Pôle-relais zones humides tropicales, Gaëlle Vandersarren. Les enjeux de protection de la biodiversité des territoires ultra-marins français que sont la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane française, d’une exceptionnelle richesse, sont très élevés : le capital naturel de ses territoires est indispensable à leur économie, qui repose notamment sur le tourisme, sujet sur lequel l’UICN France anime un atelier ce jeudi 16 mars. La Ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, préside vendredi 17 mars le segment ministériel de la Conférence, dans le but d’aboutir à une déclaration commune : l’appel de Guyane. Le document proposé appelle à une « reconquête de la biodiversité exceptionnelle de la Grande Région Caraïbe », notamment grâce aux aires marines protégées, à la mise en place de mesures de lutte contre les espèces exotiques envahissantes (notamment par la gestion des eaux de ballast), et des mesures chiffrées de protection des récifs coralliens, mangroves et herbiers dans le cadre de l’Initiative Internationale pour les Récifs Coralliens (ICRI – actuellement présidée par la France) à l’horizon 2020. Le Comité français de l’UICN se félicite ainsi des décisions annoncées cette semaine par Ségolène Royal pour l’affectation de 658 hectares de mangroves en Martinique au Conservatoire du littoral, notre partenaire dans l’animation du Pôle-relais sur les zones humides tropicales, la création imminente du nouveau parc naturel marin de Martinique, et l’avancement du projet d’inscription des « volcans et forêts du nord de la Martinique » au patrimoine mondial de l’Unesco qui sera présenté en février 2018. S’il existe déjà de nombreux parcs, réserves et sanctuaires contribuant à protéger la biodiversité exceptionnelle de la Caraïbe, il est important que des moyens plus importants, à la fois humains et financiers, soit alloués à leur gestion. Pour assurer une gestion efficace des aires protégées, des mesures de financement innovantes pourraient être mises en place au niveau régional, s’appuyant sur des sources de financement qui n’ont pas encore été assez exploitées : une contribution des croisiéristes, évoqué dans l’appel de Guyane, semble s’imposer. On peut aussi penser à d’autres pistes comme les taxes aéroportuaires, des charges d’entrée dans les parcs…il serait en effet logique que ceux qui viennent profiter des richesses écologiques de la région participent au financement de sa préservation. Des financements solides, pérennes, allant aux acteurs de terrain et consolidant les réseaux régionaux en place tels que Caribea initiative, CariWet et le Pôle-Relais pour les zones humides tropicales ou CaMPAM pour les aires marines protégées permettraient que de véritables actions soient prises pour protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes dont la bonne santé nous permet de relever directement d’autres défis de société comme le changement climatique, la santé ou la sécurité alimentaire – ce que nous appelons les Solutions Fondées sur la Nature. Le Comité français de l’UICN souhaite ainsi que cette conférence soit celle de l’action et que l’engagement des Etats, à travers l’appel de la Guyane, soit renforcé et opérationnel sur la biodiversité. Le Comité français soutient des propositions additionnelles pour améliorer le texte de l’appel avec des actions sur 1/ la restauration des populations de poissons-perroquets par des stratégies de conservation et gestion des pêches, qui correspond à une recommandation adoptée par l’Assemblée générale de l’ICRI en 2013, 2/ l’intégration des enjeux de biodiversité dans le développement de la transition énergétique, par une planification adéquate des projets d’ENR et en évitant, réduisant et compensant les impacts (application du triptyque ERC inscrit dans la loi biodiversité), 3/ le lancement et renforcement de plans d’actions sur les espèces les plus menacées, 4/ la restauration de 15% des écosystèmes dégradés d’ici 2020 et 5/ la lutte contres les pollutions d’origine terrestre (nitrates, phosphates, pesticides). CONTACT Anne Caillaud, Chargée de programme Outre-Mer
L’UICN France devient co-coordinateur du Pôle-relais Zones humides tropicales
Le Pôle-relais Zones humides tropicales (auparavant « Pôle-relais mangroves et zones humides d’outre-mer »), qui œuvre à la protection des zones humides dans les territoires ultramarins tropicaux, se dote d’une nouvelle coordination. Une convention vient d’être signée entre le Conservatoire du Littoral, qui pilotait jusqu’ici le Pôle, et le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN France), pour assurer conjointement la mise en œuvre de cette initiative qui célèbre ses 4 années d’existence. LE PÔLE, C’EST QUOI ? Les Pôles-relais zones humides ont été créés en 2001 dans la lignée du Plan national d’actions en faveur des milieux humides pour accompagner les initiatives locales en faveur d’une gestion durable de ces milieux naturels. Ce réseau des 5 Pôles-relais est animé depuis 2008 par l’ONEMA (maintenant Agence Française pour la Biodiversité) qui apporte un appui au Ministère en charge de l’environnement pour soutenir la politique nationale en ce domaine. Ne concernant au départ que la métropole, un dernier-né a vu le jour en 2012 : le Pôle-relais mangroves et zones humides d’Outre-mer, animé par l’antenne de Guadeloupe du Conservatoire du Littoral. Pour renforcer et développer l’action de ce Pôle-relais, le Conservatoire a sollicité l’UICN France, très impliquée sur les questions de biodiversité ultramarine, pour co-animer ses activités. Les deux partenaires ont en effet des compétences géographiques et techniques complémentaires sur les zones humides ultramarines, et une légitimité reconnue pour animer un réseau en faveur de la conservation de ces milieux. MIEUX PROTEGER LES ZONES HUMIDES DANS LES TROIS GRANDES REGIONS TROPICALES FRANÇAISES Les zones humides des Outre-mer tropicaux français (qui incluent mangroves, forêts marécageuses, mares intérieures, vasières, tourbières et marais littoraux) sont particulièrement menacées par les pressions humaines (développement d’infrastructures et d’aménagements littoraux, urbanisation, pollution, espèces exotiques envahissantes…), ces facteurs étant plus ou moins importants en fonction des territoires. Le Pôle-relais zones humides tropicales a pour mission d’accompagner et de promouvoir des initiatives locales exemplaires sur ces milieux, afin d’encourager in fine une meilleure protection des zones humides par tous les acteurs dans les territoires tropicaux français : Antilles françaises, Guyane, Mayotte, Iles éparses, La Réunion, Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, et Polynésie française. Les quatre premières années de mise en place du Pôle ont permis de poser les bases nécessaires pour le développement institutionnel et structurel du Pôle, de constituer une base documentaire de référence, de lancer des actions de communication et de sensibilisation, et de faciliter les échanges et conseils auprès des différents acteurs. L’implication de l’UICN France va permettre d’étendre son périmètre d’action, en particulier dans les régions Océan Indien et Pacifique, et de développer son action en s’appuyant sur le réseau national et mondial de l’UICN. Le Pôle, dont la coordination se fera toujours depuis la Guadeloupe, souhaite également engager une démarche proactive pour encourager l’adoption de mesures de protection efficaces sur le terrain, et pour apporter un appui aux porteurs de projets ayant un impact sur les milieux humides. UNE NOUVELLE PHASE QUADRIENNALE POUR CONSOLIDER LES ACTIONS ET ENCOURAGER LES DYNAMIQUES RÉGIONALES Le Pôle-relais, maintenant doté d’un bureau et d’un comité de pilotage réunissant les principaux partenaires et bailleurs de fonds, va se doter d’un plan d’action stratégique pour sa nouvelle phase 2017-2020. La mi ssion principale – constituer un réseau d’échanges entre les acteurs de la conservation des zones humides tropicales – englobe quatre objectifs : (1) encourager une meilleure protection et restauration de la santé des écosystèmes humides et de leur biodiversité, (2) faire connaître et apprécier les zones humides tropicales et leur valeur écologique, économique et patrimoniale, (3) favoriser une utilisation durable de ces milieux afin qu’ils soient préservés pour les générations à venir, et réduire les impacts directs et indirects et (4) favoriser une coopération régionale des territoires ultramarins avec les pays voisins confrontés à des problématiques similaires. C’est donc fort de ce nouveau partenariat que commence cette nouvelle phase, dans le but de changer les tendances de destruction négatives affectant les zones humides dans les territoires ultramarins tropicaux. POUR EN SAVOIR PLUS Page UICN du Pôle-relais Site internet du Pôle-relais Le Pôle sur Twitter Le Pôle sur Facebook