Hier, au ZooParc de Beauval, le colloque « Trafic d’espèces : bilan & perspectives », organisé par l’AFdPZ et le Comité français de l’UICN, a permis de dresser un état des lieux lucide, trois ans après la publication de nos 25 recommandations.
Le constat demeure sans appel : le trafic d’espèces sauvages est aujourd’hui la quatrième activité criminelle mondiale, avec un poids financier qui peut atteindre 190 milliards de dollars par an. Au-delà de l’atteinte majeure portée à la biodiversité, ce trafic alimente la corruption, fragilise la sécurité globale et constitue un risque sanitaire croissant, notamment en matière de zoonoses.
Trois ans après nos recommandations, des avancées concrètes sont à saluer :
- la création du Commandement pour l’environnement et la santé (CESAN) au sein de la Gendarmerie nationale, l’institutionnalisation du Comité Opérationnel de Lutte contre la Délinquance Environnementale (COLDEN) et l’ouverture de stations d’accueil en zone aéroportuaire traduisent une évolution réelle des réponses apportées.
- Les campagnes de sensibilisation menées avec plusieurs partenaires, dont le WWF et TRAFFIC, ont également permis de toucher un large public et de mieux faire connaître les enjeux liés à ce trafic.
Pour autant, le bilan reste incomplet :
- la France n’a pas respecté l’échéance du 21 mai 2026 pour la transposition de la directive européenne 2024/1203 sur la criminalité environnementale.
- Surtout, les moyens humains, techniques et budgétaires des services de contrôle demeurent insuffisants au regard de l’ampleur des trafics et de leur adaptation rapide, notamment via les plateformes numériques et des circuits logistiques de plus en plus fragmentés.
Ce colloque a confirmé une conviction forte : la lutte contre le trafic d’espèces ne pourra progresser durablement qu’à travers une stratégie cohérente, pluriannuelle et dotée de moyens à la hauteur des enjeux. C’est à cette condition que les avancées engagées pourront être consolidées et que de nouvelles étapes pourront être franchies.
Nous remercions chaleureusement l’AFdPZ pour cette organisation conjointe, ainsi que le ZooParc de Beauval pour son accueil, sans oublier le travail de notre groupe de travail “Trafic des espèces sauvages”.


