Renforcer la protection de l’Océan : le Comité français de l’UICN lance un appel à l’action

A l’occasion de la conférence « Le printemps de l’Océan », organisée aujourd’hui à la Maison de l’Océan à Paris, le Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) lance un appel à l’action pour renforcer la protection et de la restauration de l’Océan. Par cette initiative, le Comité français de l’UICN demande à la France et aux autres pays à faire des annonces ambitieuses et intensifier leurs efforts à l’occasion de la 3ème Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC 3), qui se déroulera à Nice du 9 au 13 juin 2025. A mi-chemin de la décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques, cet événement doit accélérer la mise en œuvre de l’objectif de développement durable 14 « vie aquatique », pour assurer la conservation et l’exploitation durable des écosystèmes marins et côtiers. Cet appel à l’action a été signé par une trentaine d’organisations de protection de la biodiversité afin de présenter des recommandations concrètes pour lutter contre les différentes pressions et restaurer la santé de l’Océan. En effet, 2/3 des milieux marins sont sévèrement altérés par les activités humaines alors qu’ils abritent une biodiversité unique et jouent un rôle capital pour le bien être humain et la régulation du climat. Il est structuré en 4 thématiques : RENFORCER LES AIRES MARINES PROTÉGÉES Pour atteindre l’objectif mondial de protéger efficacement 30 % de l’Océan en 2030, il est nécessaire d’augmenter la superficie du réseau des aires marines protégées, spécialement en haute mer, les niveaux de protection des aires marines protégées, et d’en garantir une gestion efficace, avec les moyens humains, techniques et financiers nécessaires. RENFORCER LA PROTECTION ET LA RESTAURATION DES ÉCOSYSTÈMES MARINS Face à leur dégradation, la restauration des écosystèmes marins et littoraux s’impose, notamment dans le cadre du règlement européen sur la restauration de la nature. L’Accord de Paris sur le climat doit être pleinement respecté et le recours aux Solutions fondées sur la Nature doit s’amplifier. La protection des écosystèmes marins profonds et mésophotiques (entre 30 et 200 mètres de profondeur) doit être renforcée, ainsi que la lutte contre la pollution marine de toute origine, tant celle résultant des activités terrestres, que maritimes. RENFORCER LA PROTECTION DES ESPÈCES MARINES Avec des chiffres alarmants montrant le déclin des espèces marines (un tiers des requins, raies, et mammifères marins menacés d’extinction ; un tiers des stocks de poissons marins surexploités…), il faut agir davantage pour leur protection, ce qui passe par la réduction de l’incidence de la pêche sur la biodiversité marine et une protection efficace des zones-clés pour la survie des espèces. ASSURER UN AVENIR DURABLE POUR L’OCÉAN Il est nécessaire de promouvoir une économie bleue régénérative, d’accroître la coopération scientifique et de développer l’éducation aux enjeux de l’Océan, ainsi que de mobiliser des financements pour les actions en faveur de l’Océan tout en réformant les subventions néfastes. Consultez l’ensemble du programme de la conférence « Le printemps de l’Océan ». Cet événement a bénéficié du soutien de l’Institut océanographique de Monaco – Fondation Albert Ier, Prince de Monaco, de la Blue Nature Alliance et de la Fondation Pew Bertarelli Ocean Legacy. Consulter l’appel à l’action. Lire le communiqué de presse et le programme Photo bandeau : © Damocean © Dalia Dahmani
Interview de Damien Martin

Coordinateur du volet développement organisationnel pour le compte du PPI en Afrique de l’Ouest et membre du Groupe de travail Pays en développement & Biodiversité Damien, vous travaillez aujourd’hui en tant que Consultant en charge du développement organisationnel des acteurs de la société civile d’Afrique de l’Ouest pour le Programme de Petites Initiatives (PPI). Pouvez-vous vous présenter, et préciser notamment les raisons qui vous ont conduit à travailler dans la protection de la nature ? Alors que dire de plus pour me présenter…peut-être commencer par dire que j’ai la chance de vivre – depuis une 20aine d’année – au Sud du Bénin, dans un petit coin de campagne situé au bord d’un marécage verdoyant plus connu sous le nom de ‘’Vallée du Sitatunga’’. Ajouter qu’avec mon épouse, Chantal, nous avons deux filles : Divine-Nature (13 ans) et Sagesse (10 ans). Avec elles, et l’aide précieuse de trois supers collègues : Sathurnin, Henock et Naomie nous faisons vivre une petite ferme pédagogique avec l’objectif à l’échelle de notre agrosystème de puiser dans la richesse de la biodiversité cultivée pour tendre vers notre souveraineté alimentaire collective tout en observant les effets de nos pratiques agroécologiques sur le retour de la biodiversité sauvage. Et ce faisant travailler sur nos capacités à cohabiter avec elle tout en essayant de réduire les risques potentiels sur les humains et les dégâts sur nos productions. A ce jour, depuis notre petite parcelle d’1,25 hectare nous avons ainsi pu observer 72 espèces d’oiseaux, 40 espèces de reptiles et 14 espèces de petits mammifères. Pour ce qui est de l’origine de mon engagement pour la Nature, il prend sa source dans mon enfance et je le dois à ma mère. C’est elle, qui petit nous a transmis à mon frère et moi, son respect et sa grande curiosité envers toutes les autres formes de vie (humaines comprises) avec lesquelles nous co-existons. Elle a également su me partager son goût pour les paysages de forêts et de bocages et sa grande fascination pour les arbres, merveilles végétales que trop souvent nos yeux ne voient plus ou du moins ne contemple plus. Grâce à elle, enfant, nous avons notamment passé le plus gros de nos temps libres à courir les champs, à construire des cabanes dans les bois, à nous baigner dans les lacs ou à patauger dans les rivières ! Animée d’une puissante fibre militante, ma mère met jusqu’à ce jour cette énergie au profit d’initiatives associatives diverses qui contribuent à penser et / ou à défendre une certaine vision politique du monde auquel elle aspire. C’est donc aussi d’elle que je tiens ma propre appétence pour la vie associative au service de sociétés humaines plus équitables et respectueuses de tous nos autres cohabitants à feuilles, épines, poils, plumes, écailles… Quel est votre parcours professionnel et quelles sont vos plus belles expériences ? Comme beaucoup, mon parcours professionnel n’est pas vraiment linéaire et donc pas forcément simple à raconter en quelques mots. Ainsi, après avoir obtenu un BTS en aquaculture en France (au cours duquel j’ai eu à faire mes premiers pas en Afrique de l’Ouest), j’ai tout de suite migré vers le Bénin pour intégrer un dispositif de volontariat franco-allemand-béninois. Celui-ci avait pour objectif de contribuer à réaliser le 1er inventaire des petits poissons à potentiel aquariophile des plans d’eau du Bénin. C’est au cours de ce volontariat que j’ai fait équipe et me suis lié d’amitié avec Martial, agronome béninois fraichement diplômé. C’est avec lui que naitra l’idée, en 2004, de créer CREDI-ONG, une association béninoise de protection de la Nature devenu assez tôt partenaire historique du PPI (un clin d’œil au passage à Gaëtan QUESNE qui nous aura accompagné dans nos toutes premières démarches de rédaction de projet PPI en 2007). J’aurais occupé la fonction de Directeur Technique de cette organisation pendant 15 ans avant de rejoindre le PPI comme consultant en 2020. Une fonction qui m’aura ouvert les portes à un feu d’artifice d’expériences extrêmement diverses et enrichissantes qu’il me sera malheureusement compliqué de relater ici faute de place… Toutes puisaient leurs origines dans notre volonté de contribuer à l’émergence d’une génération de citoyens du monde apte à proposer et mettre en œuvre des solutions locales et durables pour un développement humain respectueux de la nature. Aussi, si dans cette mission on remplace ‘‘citoyens du monde’’ par ‘‘société civile’’, je trouve que mes fonctions actuelles au PPI vont dans la même direction me permettant ainsi d’avoir la chance de vivre économiquement de ce qui donne sens à ma vie. Enfin, de tous les cadeaux que ma vie professionnelle m’a offert jusque-là, je suis convaincu que le plus beau d’entre tous c’est la multitude de belles personnes qui m’ont accueilli à leur côté (souvent chez elles, dans leur famille) et ont partagé avec moi leur passion pour leur métier, leurs diverses façons d’être au monde ou leur univers de vie et de pensée. Il me plait d’en citer ici quelques-unes à qui je dois beaucoup : Arnaud LEFEVRE, Sandrine MARCHAND, Jan KAMSTRA, Yann HUCHEDE, Romain CHANOINE, Samuel MARTIN, Anne-Marie PEYRE, feu René SEGBENOU, Mère Jah et bien sûr aujourd’hui tous mes collègues actuels au PPI Nicolas, Paul, Marie, Hafida, Aurélien, Emmanuel et Thomas qui m’accompagnent avec beaucoup de patience et de bienveillance dans mes fonctions actuelles de coordinateur. Pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans la conservation de la biodiversité à l’international et en particulier dans les pays en développement ? Comme expliqué précédemment et un peu comme Obélix, je suis tombé dedans quand j’étais petit ! J’ai ainsi passé des journées de mon enfance à capturer tout un tas de petites bêtes diverses tels que couleuvres, orvets, crapauds, grenouilles, limaces, escargots, vairons, porte-bois, crevettes, crabes… qui ont malgré eux nourri mon instinct de petit prédateur (et oui, même si je ne tuais pas ou peu, il doit y avoir un peu de ça !) et mon appétit naturaliste. Aussi, jusqu’à ce jour cette passion (potion ?) magique pour le vivant m’habite et j’ai plaisir à essayer de la transmettre autour
Position du Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) sur les menaces exercées sur les sciences aux Etats-Unis

Ces dernières semaines, se multiplient les pressions exercées sur les sciences de l’environnement et du climat aux Etats-Unis. Face à ces différentes menaces, le Comité français de l’UICN apporte son soutien au mouvement « Stand up for science », qui s’organise à travers le monde, à l’initiative des chercheurs et chercheuses étasuniens, le 7 mars prochain. Le Comité français de l’UICN, qui appuie son action sur les sciences du vivant et rassemble près de 80 organisations de la protection de la nature en France et plus de 300 expert/es de la biodiversité, souhaite informer son réseau et le grand public de cette mobilisation et de sa décision de s’associer à ce mouvement international. Le Comité français de l’UICN tient à : rappeler le rôle fondamental de la contribution de la recherche américaine aux travaux sur le changement climatique et l’océan, le littoral et les prévisions météorologiques notamment, et à souligner le rôle historique et primordial des Etats-Unis dans les travaux du GIEC, souligner l’importance du partage des données scientifiques pour l’amélioration des connaissances et la production des savoirs à l’échelle mondiale, Face aux conséquences des pressions exercées, le Comité français de l’UICN : réaffirme son soutien aux scientifiques et aux jeunes chercheurs et chercheuses exerçant aux Etats-Unis dans le domaine de l’environnement, du climat, de la santé et des droits humains, alerte sur les conséquences de ces décisions dans d’autres pays, comme l’Argentine, avec les menaces pesant sur le CONICET (équivalent argentin du CNRS), demande à ce que les pressions exercées sur la communauté scientifique américaine et aux travaux inhérents cessent, demande à ce que le Gouvernement français influe en faveur d’une réintégration des personnes licenciées et au rétablissement des travaux interrompus, que ce soit dans les domaines de la qualité de l’eau, de l’air, de la protection des milieux naturels et des parcs nationaux, de la modélisation climatique ou de la santé, des droits humains ou de l’aide au développement, appelle ses organisations membres (ministères, établissements publics, organismes de recherche, associations) et le grand public à se mobiliser afin de poursuivre les objectifs de l’Union internationale pour la conservation de la nature de travailler au développement de relations avec la biosphère, qui soient au bénéfice de tous et toutes et assurent l’adaptabilité au changement, et la durabilité à tous les niveaux, appelle à la défense d’une vision du monde où les êtres humains vivent en harmonie avec la biosphère.