Plus de la moitié des arbres endémiques d’Europe sont menacés d’extinction

La Liste rouge européenne des arbres a évalué le risque d’extinction des 454 espèces d’arbres indigènes recensées à l’échelle du continent européen. Les résultats de cette étude révèlent près de la moitié de ces espèces (42%) sont menacées d’extinction au niveau régional, et que les plus menacées sont les espèces endémiques (58 % d’entre elles)  c’est-à-dire celles uniquement présentes en Europe. Ce nouveau chapitre de la Liste rouge européenne identifie les espèces invasives et parasites comme la plus grande menace pour les arbres européens. En particulier, les ravageurs et pathogènes (insectes, nématodes, agents microbiens infectieux, bactéries, virus et champignons) causent des déclins majeurs chez certaines de nos espèces d’arbres les plus répandues. Ainsi, l’iconique Marronnier (Aesculus hippocastanum) est évalué Vulnérable (VU) en raison de son déclin causé par la Mineuse du Marronnier, petit papillon qui a envahi toute l’Europe au cours des 30 dernières années depuis sa région d’origine des Balkans. Cette information rejoint une des fortes préoccupations des experts Groupe de travail « Forêt » du Comité français de l’UICN, à l’origine d’une proposition de Motion pour le prochain Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 intitulée « Renforcer la prévention des risques associés aux pathogènes et ravageurs exotiques envahissants des forêts ». Cette motion demande notamment aux Etats d’intégrer ces espèces dans les stratégies de lutte contre les espèces exotiques envahissantes, de renforcer les actions de prévention et les systèmes de détection précoce et de lutter contre les pratiques de gestion qui peuvent favoriser leur installation et dispersion. Enfin, si les changements climatiques sont identifiés comme une menace potentielle pour toutes les espèces d’arbres en Europe, leurs impacts sont encore souvent incertains et peuvent être fortement sous-estimés. Financée par la Commission européenne depuis 2006, plus de 15 000 espèces ont à ce jour été évaluées sur la liste rouge européenne, notamment l’ensemble des espèces de vertébrés (mammifères, amphibiens, reptiles, oiseaux et poissons), les mollusques d’eau douce, libellules, papillons, abeilles, mollusques terrestres, mollusques terrestres, coléoptères saproxyliques et une sélection d’espèces végétales comprenant fougères, mousses, plantes sauvages apparentées aux plantes cultivées, plantes médicinales et arbres.   Plus d’informations – L’article complet de l’UICN (en anglais) – L’étude complète – Le programme Ecosystèmes du Comité français de l’UICN – La liste rouge des écosystèmes en France

Ouverture des inscriptions pour le 4è Colloque national des aires marines protégées

Le 4ème colloque national des aires marines protégées se tiendra du 22 au 24 octobre 2019 à Biarritz. Organisé par l’Agence Française pour la Biodiversité et le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, en appui au Ministère de la Transition écologique et solidaire, son objectif est de lancer collectivement la rédaction de la nouvelle stratégie française de création d’aires marines protégées pour la période 2020 -2030. Positionné au cœur des dynamiques nationales et internationales pour la conservation et la gestion du milieu marin, cet évènement constituera un rendez-vous majeur pour tous les acteurs concernés par les enjeux de gestion des aires marines protégées françaises (gestionnaires, services de l’Etat, acteurs socioprofessionnels, associations ou représentants d’usagers de loisirs, scientifiques, etc.). Un colloque stratégique et participatif La nouvelle stratégie s’organisera autour de 5 enjeux stratégiques pour le réseau d’AMP : 1. un réseau complet et cohérent 2. un réseau de qualité grâce à une gestion efficace et efficiente 3. un réseau contribuant à des usages durables 4. un réseau intégré dans les politiques et les territoires 5. un réseau mobilisateur et engageant Ces cinq grands enjeux de la future stratégie feront l’objet de cinq plénières thématiques qui viseront à partager les éléments du bilan évaluatif de la stratégie actuelle 2012-2020 et à échanger avec les participants sur le niveau d’ambition souhaitée et les résultats à atteindre pour le réseau d’AMP. Chaque plénière accueillera un panel d’intervenants composé de représentants des six collèges (gestionnaires d’AMP, Etat, collectivités territoriales, acteurs socioprofessionnels, scientifiques, ONG).   Au programme Le colloque est gratuit et ouvert à tous les participants intéressés par les questions en lien avec les aires marines protégées, leur mise en œuvre et leur évolution. L’exposition « Récifs coralliens, coeur de l’océan » d’Alexis Rosenfeld et la conférence de Laurent Ballesta sur l’expédition  » Gombessa 5 – Planète Méditerranée « ,  seront ouvertes au grand public. > FORMULAIRE D’INSCRIPTION (date limite : 11 octobre)   Plus d’informations – Le site internet du 4ème Colloque – Contact : jean-francois.sys@uicn.fr, Chargé de mission « Colloque national des aires marines protégées » – Le programme en détail – Le formulaire d’inscription – Retour sur les Actes du 3ème Colloque – Le Programme Aires protégées du Comité français de l’UICN

La réponse de l’UICN au rapport Spécial du GIEC sur l’Océan et la Cryosphère dans le contexte des changements climatiques

Les preuves scientifiques selon laquelle les océans du monde se modifient de façon spectaculaire en raison des changements climatiques sont étayées par un rapport publié aujourd’hui par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Ce rapport spécial sur les océans et la cryosphère dans le contexte des changements climatiques (SROCC en anglais) nous plonge au cœur des impacts déjà observés, des risques à venir et des limites quant aux possibilités d’adaptation, mais également des solutions d’adaptation et d’atténuation possibles fondées sur les littoraux et océans. Atteindre les objectifs d’atténuation fixés par l’Accord de Paris sur les changements climatiques et limiter l’augmentation de la température moyenne mondiale à bien moins de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels est crucial pour prévenir les impacts massifs et irréversibles des changements climatiques sur les écosystèmes côtiers et marins et leurs services. Les Etats sont cependant encore loin de la profonde transformation de la société dont nous avons désespérément besoin pour faire face à ces changements climatiques. Les Solutions fondées sur la nature (SFN) – comme le réaffirme ce rapport du GIEC – restent un outil essentiel pour s’adapter à ces bouleversements dramatiques, tout en contribuant à atténuer les effets des changements climatiques. Le travail de l’UICN avec ses membres et ses partenaires a considérablement amélioré les conditions politiques en faveur des solutions fondées sur la nature et a contribué à leur mise en œuvre aux niveaux national et local dans des zones marines et côtières. « L’ampleur de l’assaut que nous, êtres humains, soumettons à l’océan est vraiment bouleversant. Les changements climatiques déciment toujours plus vite la vie marine et mettent en danger les moyens de subsistance de l’homme et notre propre vie » a déclaré la Directrice générale par intérim de l’UICN, Dr Grethel Aguilar. « La communauté mondiale doit agir de toute urgence pour atténuer et s’adapter à ces changements imminents, en exploitant pleinement le potentiel offert par les solutions fondées sur la nature en parallèle de réductions drastiques des émissions. Une action décisive peut encore porter un frein aux pertes alarmantes auxquelles nous assistons. » Avec l’Initiative sur le carbone bleu, l’UICN contribue à atténuer les changements climatiques en préservant et en restaurant les écosystèmes côtiers et marins. L’initiative continue de faire progresser les connaissances scientifiques sur le principe de carbone bleu et d’accélérer l’action politique, y compris l’intégration dans les Contributions déterminées au niveau national (Nationally Determined Contributions, NDCs) d’actions de gestion des zones côtières. La protection des écosystèmes côtiers, tels que les mangroves, les herbiers marins et les marais littoraux, peut contribuer à la séquestration continue du carbone. Inversement, la destruction de ces écosystèmes contribue aux émissions de carbone. La gestion durable des zones côtières joue également un rôle vital pour l’Adaptation fondée sur les écosystèmes (Ecosystem-based adaptation), par exemple via la conservation des récifs coralliens. Bien que largement reconnu, l’adaptation fondée sur les écosystèmes reste une solution sous-utilisée dans la lutte immédiate contre les changements climatiques, en dépit des avantages supplémentaires pour la société et la biodiversité que cela fournit. La mise en place d’aires marines protégées et d’autres mesures d’adaptation, telles que des limites de capture préventives pour prévenir la surpêche, peuvent aider à protéger les écosystèmes océaniques et à protéger les humains des effets des changements climatiques, notamment le réchauffement, la désoxygénation et l’acidification des océans. Le monde a besoin de toute urgence de nouveaux moyens pour mettre en œuvre et financer de manière durable de telles solutions fondées sur la nature dans les écosystèmes côtiers et marins. C’est pourquoi l’UICN a créé le Mécanisme de financement du capital naturel bleu (Blue Natural Capital Financing Facility) avec le gouvernement luxembourgeois. Ce mécanisme aide les investisseurs à s’impliquer dans la construction d’un avenir durable et résilient au climat, fondé sur l’utilisation durable et la conservation des écosystèmes côtiers et marins. Bien que de nombreux impacts climatiques sur les terres soient bien connus, on en sait relativement peu sur les impacts des changements climatiques sur nos océans, tels que le réchauffement des océans, la désoxygénation et l’acidification, et en particulier sur les écosystèmes des grands fonds marins. L’UICN aide à combler ce manque de connaissance par la recherche, y compris par un prochain rapport sur la désoxygénation des océans qui doit être publié à la COP25 de la CCNUCC, avec le soutien du gouvernement suédois. « Une action globale pour faire face à l’état de l’océan n’a jamais été aussi urgente. Les solutions fondées sur la nature qui s’appuient sur la conservation d’écosystèmes tels que les mangroves et les herbiers ont un rôle beaucoup plus important à jouer dans les efforts d’adaptation et contribuent également à atténuer les changements climatiques », a déclaré Minna Epps, directrice du programme marin et polaire de l’UICN. Mais le message du GIEC est très clair : si les émissions ne sont pas réduites de manière drastique, les océans et leurs écosystèmes ne seront plus les mêmes d’ici la fin de ce siècle. Cela aura des conséquences dramatiques pour les espèces et les écosystèmes, ainsi que pour nous, les êtres humains, dans le monde entier.   Plus d’informations – Le site internet du GIEC – Découvrir le rapport – La recommandation du Comité français de l’UICN demandant ce rapport spécial (Congrès de l’UICN 2016) – Le site internet de la Plateforme Océan Climat (POC) – Océan et Changement Climatique : Les nouveaux défis – publication de la POC – Les Solutions fondées sur la Nature – Le programme Ecosystèmes – Le programme Aires protégées Photo bandeau  © James Eades

Les pays doivent davantage recourir à la nature dans leurs décisions politiques sur le climat

Selon un rapport publié par l’UICN et l’Université d’Oxford, les pays ne tiennent pas pleinement compte du potentiel considérable qu’offrent les écosystèmes tels que les mangroves et les tourbières pour s’attaquer au changement climatique dans le cadre de leurs engagements au titre de l’Accord de Paris. Bien que les deux tiers des signataires de l’Accord de Paris incluent des solutions fondées sur la nature – des actions visant à protéger, restaurer et gérer de manière durable les écosystèmes mondiaux – dans leurs objectifs climatiques nationaux, appelés « contributions déterminées au niveau national » (CDN) en vertu de l’Accord de Paris, ces mesures ne sont pas suffisamment importantes ou rigoureuses, constate le rapport. « Les milieux naturels comme les forêts, les mangroves et les tourbières pourraient nous aider à renforcer considérablement l’ambition climatique mondiale d’ici 2020, tout en protégeant les communautés vulnérables des pires effets du changement climatique et en préservant la forte diversité de la vie sur cette planète », a déclaré la Directrice générale ad interim de l’UICN, Dr Grethel Aguilar. « Cette analyse montre clairement que tous les pays peuvent renforcer leurs objectifs climatiques en incorporant de façon notable les solutions fondées sur la nature. Lors du prochain Sommet de l’ONU sur l’action climatique, les pays ne peuvent se permettre d’ignorer le potentiel de la nature pour aider le monde à atténuer les changements climatiques et à s’y adapter. » Pour que les engagements se traduisent par des changements réels sur le terrain, les pays doivent inclure des objectifs plus concrets et quantifiables sur les solutions fondées sur la nature dans leurs futurs CDN.  Par exemple, à l’heure actuelle, seulement environ 17% des CDN incluant des solutions fondées sur la nature pour l’adaptation au climat, fixent des objectifs quantifiables. De même, plus de 70 % des CDN font référence à la restauration ou à la conservation des forêts, mais seulement 20 % d’entre eux incluent des objectifs quantifiables et seulement 8 % incluent des objectifs exprimés en tonnes d’équivalent CO2.  « Trop souvent, les gens ne pensent qu’aux forêts lorsqu’ils réfléchissent à la façon dont la nature peut aider à faire face au changement climatique. Ce rapport montre que les pays n’intègrent pas encore l’ensemble des solutions fondées sur la nature – mangroves, tourbières, zones arides en plus des forêts – qui pourraient fournir environ un tiers des mesures d’atténuation climatique nécessaires d’ici 2030 pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris », a déclaré le Dr Sandeep Sengupta, Coordinateur mondial sur le changement climatique au siège de l’UICN et co-auteur du rapport. « Il est urgent d’obtenir un financement accru pour les solutions fondées sur la nature. Alors que la crise climatique s’aggrave, nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’ignorer l’apport essentiel de la nature. » La plupart des engagements visant à atténuer les changements climatiques par le biais de la nature se concentrent sur les forêts, et le potentiel d’autres écosystèmes tels que les mangroves, les tourbières ou les zones arides est largement sous estimé, a constaté le rapport. Par exemple, seulement 19 % des pays ayant des écosystèmes côtiers reconnaissent le potentiel de ces habitats pour atténuer les changements climatiques dans leurs CDN. « La restauration, la gestion durable et équitable et la conservation des écosystèmes représentent une opportunité majeure pour permettre d’accroître l’ambition climatique de tous les pays », a déclaré Nathalie Seddon, Professeure spécialiste de la biodiversité à l’Université d’Oxford et principal auteur du rapport. « Non seulement la gestion des écosystèmes nous aide à agir sur les causes du changement climatique, mais elle nous aide également à en gérer les conséquences. Cependant, nous avons besoin d’engagements concrets et quantifiables qui mobilisent pleinement les solutions fondées sur la nature, tout en réduisant les émissions dans d’autres secteurs, si nous voulons faire face à l’ampleur du défi climatique auquel nous sommes confrontés. » Le rapport « Les Solutions fondées sur la nature dans les contributions déterminées au niveau national : Synthèse et recommandations pour renforcer l’ambition et l’action climatiques d’ici 2020″ a été publié une semaine avant le Sommet de l’ONU sur l’action climatique à New York. Il fait la synthèse de plusieurs évaluations comparatives majeures sur l’importance de la nature dans les CDN et propose des recommandations pour renforcer l’ambition et l’action d’ici 2020 en  intégrant de manière significative les solutions fondées sur la nature. Les solutions fondées sur la nature ont un rôle important à jouer pour lutter contre les causes et les conséquences du changement climatique. À l’échelle mondiale, les écosystèmes contribuent à ralentir le réchauffement climatique en capturant et en stockant d’importantes quantités de carbone. Des estimations récentes suggèrent que les solutions climatiques naturelles peuvent fournir environ un tiers de l’atténuation climatique nécessaire d’ici 2030 pour stabiliser le réchauffement à moins de 2°C. Elles fournissent également une défense puissante contre les impacts et les dangers à long terme du changement climatique.   Plus d’informations – Le rapport (en anglais) – Les Solutions fondées sur la Nature – Contacts : Matthias Fiechter, IUCN Media Relations, Tel: +41229990392, Email: matthias.fiechter@iucn.org Goska Bonnaveira, IUCN Media Relations, Tel: +41792760185, Email: goska.bonnaveira@iucn.org

Parution du kit pédagogique « Connaître, comprendre, agir pour la biodiversité ! »

Dans le contexte actuel d’une érosion accélérée de la biodiversité, les enjeux de sa préservation doivent être mieux connus pour mobiliser plus largement la société, en particulier auprès des enfants. L’Adphile, association qui a pour objet de promouvoir le loisir philatélique auprès du plus large public possible, a souhaité apporter sa contribution sur ce sujet majeur, sous la forme d’un kit scolaire, élaboré en partenariat avec le Comité français de l’UICN, le Conservatoire du littoral et d’autres organisations. Pour la rentrée 2019, 2 000 kits « Connaître, comprendre et agir pour la biodiversité ! » ont été édités et diffusés auprès des écoles qui en ont fait la demande. Destiné  aux classes de CP à la 6ème, son objectif est double : Reconnecter les enfants à la nature et les sensibiliser à la protection de la biodiversité Les thèmes suivants y sont traités : – Qu’est-ce que la biodiversité ? – Quels liens les hommes entretiennent-ils avec la nature ? – Comment fonctionnent les écosystèmes ? – Quelles sont les causes de l’érosion de la biodiversité ? Chaque activité pédagogique de ce kit permet d’engager des échanges et des débats. L’objectif est de conduire les élèves à s’interroger sur la complexité des relations entre l’être humain et la nature, d’appréhender les interrelations entre les questions environnementales, économiques et culturelles, et d’identifier les actions citoyennes à mettre en oeuvre.   Un plaidoyer sur la biodiversité construit avec les élèves Ce kit propose également d’inviter les classes à l’écriture d’un plaidoyer sur la biodiversité, où elles pourront exposer dans un texte, illustré par le timbre, les actions identifiées comme prioritaires par les élèves. Les textes seront remis de manière collective aux instances représentatives (Etat et associations partenaires) et présentés lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN en juin 2020 à Marseille.   Plus d’informations – Télécharger le kit – Site internet de l’Adphile – Adphile email : philcom.adphile@laposte.net / tél. : 01 41 87 42 21 – Le programme Education et communication du Comité français de l’UICN photo bandeau © Wojtek Meczynsk – Coral Reef Image Bank

Retour sur la COP18 sur le commerce des espèces sauvages (CITES)

La 18e session de la Conférence des parties (CoP18) à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) s’est tenue du 17 au 28 août 2019 à Genève. La CITES est un accord international qui a pour objectif de veiller à ce que le commerce international des spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent.  La France a été à l’origine ou a fortement encouragé plusieurs des mesures adoptées lors de cette conférence. Le commerce de plusieurs espèces sera encadré de façon plus stricte (en Annexe 2), notamment les girafes, holothuries (concombres de mer), requins-taupes, mygales et tortues étoilées et le prélèvement en milieu naturel des éléphanteaux sera désormais interdit, grâce à la position des 28 Etats membres de l’Union européenne. Les grands félins asiatiques et les geckos tokay ont également bénéficié d’un renforcement de leur protection. « La COP CITES a revêtu cette année une dimension toute particulière alors que les enjeux de biodiversité montent en puissance. Il est donc d’autant plus réjouissant de constater les résultats globalement positifs cette année. Citons notamment les quelques sujets sur lesquels l’Etat français s’est investi : l’inscription à l’annexe II de la girafe et de trois sous-espèces d’holothuries, et l’interdiction de la capture d’éléphants (notamment d’éléphanteaux) dans la nature pour les envoyer dans des zoos ou parcs » a déclaré Yann Wehrling, Ambassadeur à l’environnement.   Interdiction du commerce d’éléphanteaux Alors qu’il ne reste qu’environ 415.000 éléphants d’Afrique, la COP18 a voté plusieurs dispositions favorables à l’espèce après des négociations intenses. C’est en premier lieu le cas de l’interdiction du commerce des éléphanteaux vivants, capturés dans la nature pour les besoins des zoos et des cirques hors de leur habitat naturel. La conférence a également repoussé les propositions de plusieurs pays d’Afrique australe visant à autoriser un commerce limité d’ivoire. L’interdiction existante du commerce est maintenue. Régulation du commerce des girafes La COP18 a accepté une proposition présentée par plusieurs Etats africains de contrôler le commerce des girafes vivantes et des produits qui en sont issus. L’animal est ajouté à l’Annexe II de la convention, sans aller jusqu’à l’interdiction qui s’applique aux espèces inscrites à l’Annexe I. Une protection endurcie pour les requins Dix-huit espèces de requins et de raies, menacées par l’ampleur du commerce international de leurs ailerons et de leur chair, ont reçu la protection de l’Annexe II lors de la COP18 de la CITES. L’inscription concerne le requin-taupe bleu et le petit requin-taupe (ou requins makos), en voie de disparition, ainsi que six espèces de guitares de mer et dix espèces de raies. La décision est importante car elle va permettre de réguler le commerce de ces espèces. Désormais, leur exportation sera proscrite depuis chacun des 183 Etats Parties, à moins d’avoir été formellement autorisée, permis et certificats à l’appui, par le pays en question. Inscription à l’Annexe I pour deux espèces de loutres Les loutres cendrées et les loutres d’Asie, menacées d’extinction par le commerce illicite d’animaux de compagnie et la demande pour leurs peaux, se sont également vues accorder une plus forte protection (en Annexe I). Les populations sauvages de ces deux espèces répondaient aux critères d’inscription à l’Annexe I car elles ont connu un fort déclin à cause de la réduction de leur aire de répartition, de la perte de leur habitat ou de sa qualité, et de la forte exploitation dont elles sont victimes. Ces deux espèces sont classées sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN comme « vulnérables ». Entre 1980 et 2018, il y a eu plus de 250 saisies représentant au total 6 010 loutres, dont des loutres cendrées et d’Asie, selon les données de la CITES sur ces activités commerciales.   Les actions du Comité français de l’UICN pour la CITES Le Comité français de l’UICN est consulté par les autorités françaises avant chaque Conférence des Parties à la CITES. Il fournit des avis reposant sur les analyses de l’UICN et de TRAFFIC et sur la contribution des experts de la Commission de sauvegarde des espèces.   Plus d’informations – Site dédié à la COP18 de la CITES – Les informations et documents de la CITES – Retrouver toutes les analyses de l’IUCN et de TRAFFIC – Le Programme Espèces de l’UICN France – Le Programme Coopération internationale de l’UICN France