Retour sur la Cérémonie nationale de la Liste Verte des aires protégées de l’UICN 2018

Le Comité français de l’UICN a organisé le 11 décembre 2018 la Cérémonie nationale de remise des diplômes aux lauréats français de la Liste Verte des aires protégées de l’UICN, annoncés lors de  la 14ème Conférence des Nations Unies sur la diversité biologique (COP14). Cet évènement avait pour objectif de récompenser les dix sites naturels labellisés cette année par cette distinction internationale récompensant l’efficacité et la qualité de la gestion des espaces protégés. La France est aujourd’hui le pays comptant le plus grand nombre d’aires protégées inscrites sur la Liste verte. La cérémonie de remise des certificats s’est déroulée au sein du Musée de l’Homme, en présence des gestionnaires des espaces naturels naturels lauréats, à savoir : l’Espace naturel sensible du Marais d’Episy (Département de Seine-et-Marne), le Parc national de Guadeloupe, le Parc national des Pyrénées, le Parc naturel marin d’Iroise, la Réserve naturelle nationale de Cerbères-Banyuls, la Réserve Biologique Intégrale Bois du Loc’h, le Parc marin de la Côte bleue, la Réserve Nationale de Chasse et de Faune Sauvage d’Orlu, la Réserve naturelle nationale des Terres australes françaises et le Parc naturel régional des Vosges du Nord. Le Président du Comité français de l’UICN, Bernard Cressens, a introduit la cérémonie en indiquant que l’UICN France à travers son groupe national liste verte s’est investi dès l’année 2013 dans cette initiative : « L’UICN France a joué un rôle moteur dans son développement en France et à contribuer activement à l’augmentation du nombre de sites français labellisés à la Liste Verte de l’UICN. » Le secrétariat international de l’UICN, représenté par James Hardcastle a rappelé les objectifs de la liste verte des aires protégées, dont la philosophie est de valoriser les réussites en matière de conservation de la biodiversité et de les mutualiser au bénéfice de l’ensemble des gestionnaires d’aires protégées. Il a souligné la contribution importante des gestionnaires français, qui représentent un quart des sites lauréats dans le monde, et dont le succès permettra d’influencer positivement d’autres pays. La Directrice générale de l’UICN, Inger Andersen, a adressé un message dans lequel elle souligne que « les sites français que nous célébrons […] sur la liste verte de l’UICN sont des modèles d’excellence qui peuvent inspirer les habitants des pays du monde entier à obtenir de meilleurs résultats pour la nature et pour les êtres humains grâce à la conservation in situ. » Jean-Philippe Siblet, Président du groupe national liste verte, a complété la session introductive de la cérémonie en rappelant que les membres français défendent une approche démocratique de la liste verte, qui doit pouvoir s’appliquer à tous les statuts d’aires protégées dès lors qu’ils démontrent des résultats de conservation réussie. L’approche française est donc soucieuse de promouvoir la diversité des candidatures, qui sont représentatives à la fois de la richesse des espaces naturels et de la pluralité des outils de protection : « les sites labellisés sont en effet le reflet de cette stratégie. Ils ont des diversités de taille, de statut de protection, de répartition géographique et de gestionnaires. Enfin, ce label doit être un encouragement pour les espaces labellisés et un outil positif pour attirer d’autres sites vers cette certification mondiale. » Les certificats ont ensuite été remis individuellement à chaque gestionnaire ou représentant de site lauréat, qui ont exprimé leur satisfaction d’être reconnus à l’échelle internationale à travers ce dispositif, qui ne constitue pas une fin en soi mais un engagement à long terme pour maintenir et partager l’excellence de la gestion des aires protégées. Le nouvel Ambassadeur délégué à l’environnement, Yann Wehrling, a prononcé le discours de clôture en exprimant sa fierté de participer à cette célébration : « Je suis ravi de découvrir la labellisation 10 sites naturels français dans la Liste Verte de l’UICN. Le Comité français de l’UICN a joué un rôle de moteur dans cette certification internationale. C’est une valorisation des territoires qui peuvent être fiers de leur patrimoine naturel. »   Revivez la Cérémonie en vidéo :   PLUS D’INFORMATIONS – Le communiqué de presse annonçant les lauréats 2018 – La liste complète des sites labellisés dans La Liste Verte de l’UICN – Le Programme Aires protégées de l’UICN France

Portrait biodiversité de Kwata

Benoît de Thoisy Directeur de l’association Kwata   Qu’est ce que Kwata ? Kwata est une association guyanaise créée en 1994, avec pour missions la connaissance et la préservation de la biodiversité. L’association met en place des programmes d’étude de la faune, de conservation d’espèces et de leurs milieux naturels, des projets d’éducation à l’environnement, et des actions de médiation environnementale.   Quelles sont vos missions au service de la biodiversité ? Kwata intervient depuis 20 ans dans l’acquisition de données sur la faune (inventaires, écologie, réponses aux perturbations), toujours associée à des actions d’information, de communication et de sensibilisation, pour les scolaires, le grand public et les décideurs. Kwata a également développé une capacité d’expertise reconnue, et est régulièrement sollicitée sur un large panel de questions environnementales. Plus récemment, l’association a pris la gestion d’un site du Conservatoire du Littoral. Enfin, elle détient une ressource originale : une collection biologique (échantillons, spécimens) sur la faune guyanaise, mise à disposition pour des études et collaborations scientifiques en taxonomie, génétique, dans le respect des Accès et Partage des Avantages.   Pouvez-vous nous présenter une action phare de votre organisme ? L’association a pendant des années sillonné les forêts et les fleuves de Guyane, à inventorier jaguars, loutres, tapirs, singes, lamantins. Mais le projet phare actuel se situe aux portes de Cayenne, où se concentrent croissance démographique, besoins en infrastructures, développement urbain. Le projet TRAMES s’attache à mieux connaitre les réservoirs de diversité, les continuités écologiques, à faire de ces zones naturelles des supports de projets pédagogiques, de sciences participatives, et surtout le lieu d’un important travail de médiation auprès des élus, afin que ces continuités écologiques soient acceptées comme éléments structurants des planifications communales et des cadres de vie.   Pourquoi avez-vous adhéré au Comité français de l’UICN ? Très impliqués dans de nombreux « Groupes de Spécialistes » au sein de la Commission de Sauvegarde des Espèces de l’UICN et son équivalent à l’UICN France, l’adhésion au Comité français de l’UICN a été motivée par une volonté de participer à ce réseau d’acteurs de la conservation, notamment sur les problématiques de l’Outre-Mer.   Quelle est votre priorité pour les années à venir ? La Guyane connait un fort développement avec des projets industriels et d’infrastructures intégrant peu ou pas les enjeux environnementaux. Que ce soit par ses projets ou par les actions de la fédération Guyane Nature Environnement, dont Kwata est membre fondateur, il sera prioritaire de travailler à la conciliation d’un aménagement territorial nécessaire avec la préservation de la biodiversité, défi majeur des années à venir.   Plus d’informations – Site internet de Kwata : www.kwata.net