Premiers résultats sur les habitats forestiers pour la future « Liste rouge des écosystèmes en France »
Le Comité français de l’UICN publie des premiers résultats sur les habitats forestiers de France métropolitaine en application de la nouvelle méthodologie de la « Liste rouge des écosystèmes de l’UICN ». Les listes rouges mises en place par l’UICN sont des « outils de connaissance » qui informent les décideurs, les acteurs de l’environnement et le grand public sur les risques encourus par les espèces et la biodiversité. Elles sont maintenant largement utilisées pour faire évoluer les politiques, la réglementation et orienter les actions en matière de conservation de la nature. Après le succès de la Liste rouge des espèces menacées, une nouvelle démarche a été initiée en 2008 par l’UICN à l’échelle des écosystèmes, avec l’élaboration de la méthodologie pour une « Liste rouge des écosystèmes de l’UICN ». Le Comité français de l’UICN a contribué à l’élaboration et à la validation de cette méthodologie au niveau international et a réalisé des études de cas en France : une première sur des zones humides en partenariat avec la Tour du Valat une seconde sur des habitats forestiers, avec le soutien du Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt et de l’Office National des Forêts Cette deuxième étude est consacrée à l’application de la méthodologie de l’UICN à cinq habitats forestiers répondant à des niveaux hiérarchiques différents du système de classification européen EUNIS (niveau 3 & 4). Ce travail vise non seulement à dresser un bilan objectif de la vulnérabilité de ces habitats en France mais également à définir le cadre d’une évaluation nationale de l’ensemble des habitats forestiers de France métropolitaine. Le rendu se présente sous la forme de deux volumes : un « Recueil des études de cas » et un « Bilan de l’exercice d’application ». Un des constats de cette étude est que, sur le plan méthodologique, « La Liste rouge des écosystèmes en France » déclinée aux « habitats forestiers de France métropolitaine » apparaît plus pertinente pour une application à des entités qui correspondent au niveau 4 de la typologie EUNIS. En ce qui concerne l’évaluation de la vulnérabilité des écosystèmes forestiers en France métropolitaine, les principales conclusions de l’étude soulignent : (i) les effets majeurs des changements climatiques au cours des 50 prochaines années, (ii) l’importance des dégradations indirectes résultant des activités humaines au cours des 50 dernières années, (iii) les réponses rapides que peuvent avoir les écosystèmes forestiers face aux évolutions des pratiques et des usages, et (iv) la plus grande vulnérabilité des habitats forestiers marginaux. L’étude souligne également la complémentarité de cette évaluation avec celle des habitats forestiers listés dans l’Annexe I de la Directive « Habitats-Faune-Flore », réalisée par la France dans le cadre du rapportage auprès de la Commission Européenne (article 17).
La Liste rouge mondiale des espèces menacées a 50 ans
Aujourd’hui, une espèce de mammifère sur quatre est menacée d’extinction au niveau mondial. C’est également le cas pour un oiseau sur huit, plus d’un amphibien sur trois, un tiers des requins et des coraux constructeurs de récifs, et plus d’une espèce de conifères sur trois. Comment le sait-on ? Grâce au travail des 9 000 experts de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) qui compilent les informations disponibles et alimentent en permanence la Liste rouge des espèces menacées, créée par l’UICN en 1964. Dans la dernière édition, qui vient d’être publiée, 76 199 espèces sont recensées, parmi lesquelles 22 413 sont menacées ! Pour faire de la Liste rouge un véritable « Baromètre de la Vie », il faut désormais accroître le nombre et la diversité des espèces évaluées pour obtenir un réel tableau de l’état de la biodiversité. Pour franchir un nouveau cap décisif, l’objectif fixé est d’atteindre 160 000 espèces évaluées à l’horizon 2020. La Liste rouge est l’outil de référence utilisé par les gouvernements et les ONG pour orienter les priorités de conservation. Ainsi, l’initiative internationale SOS (Sauvons nOs espèceS) porte secours aux espèces les plus menacées et aux habitats naturels dont elles dépendent. Piloté par l’UICN, SOS sélectionne et finance les meilleurs projets de terrain – 87 à ce jour – qui permettent de préserver des centaines d’espèces menacées à travers le monde. En France, la Liste rouge nationale identifie les plantes et les animaux menacés en métropole et en outre-mer. Pour sa réalisation, le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’histoire naturelle peuvent compter sur l’implication de nombreuses organisations et de plusieurs centaines de scientifiques et de naturalistes. Cet état des lieux est d’autant plus important que la France figure parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces mondialement menacées. A l’occasion du 50e anniversaire de la Liste rouge mondiale, Terre sauvage publie un numéro exceptionnel, entièrement consacré à la Liste rouge, aux espèces qui y sont recensées, et aux initiatives conduites pour les sauver. A travers le monde, les reporters et les photographes de Terre sauvage racontent comment on tente de sauver l’antilope saïga au Kazakhstan, le palissandre du Siam en Thaïlande, ou les vautours un peu partout ! Contacts Dora Godinho, UICN International, tel. +41 (0) 22 999 02 44 Florian Kirchner, UICN France, tel. 06 89 29 72 89 Emmanuelle Kerbati, Terre sauvage, tel. 04 79 26 27 60 Liens La Liste rouge mondiale Pour en savoir plus sur la Liste rouge mondiale L’initiative SOS La Liste rouge nationale Le numéro spécial de Terre sauvage Documents joints Communiqué : La Liste rouge des espèces menacées a 50 ans
Position de l’UICN sur la COP20 de la Convention sur les changements climatiques
L’UICN participe à la 20ème Conférence des Parties (COP20) de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) à Lima, Pérou, du 1 au 12 Décembre 2014, et publie à cette occasion sa position. Dans le cadre de son engagement politique sur le changement climatique, l’UICN a préparé un document de position qui présente ses recommandations sur les négociations de la COP Climat à Lima (en téléchargement ci-dessous). Le message principal de l’UICN est de souligner que la nature offre de nombreuses solutions pratiques dans la lutte contre le changement climatique et l’adaptation à ses impacts, qui, lorsqu’elles sont mises en œuvre correctement, peuvent procurer des avantages immédiats et tangibles. En particulier, l’UICN alerte les gouvernements à Lima pour que le projet de texte de négociation de l’accord 2015 reconnaisse la valeur des écosystèmes et permette la mise en œuvre de mesures d’atténuation et d’adaptation basées sur les écosystèmes. L’UICN demande que ces actions doivent être réalisées d’une manière qui protège la biodiversité, qu’elles soient socialement équitable et respectueuses des questions de genre, et qu’elles prennent en compte les connaissances locales, traditionnelles et autochtones ainsi que les besoins des communautés les plus vulnérables. L’UICN appelle également les gouvernements à inclure des objectifs spécifiques et ambitieux sur l’atténuation et l’adaptation basées sur les écosystèmes et l’adaptation à la fois dans leurs engagements post-2020 et ceux pré-2020. Ceux-ci pourraient inclure, par exemple, les engagements suivants : – Rejoindre efforts internationaux lancés au titre de la Déclaration de New York sur les forêts pour réduire de moitié la perte globale des forêts naturelles d’ici 2020, et y mettre fin en 2030 – Contribuer à la restauration de 150 millions d’hectares de paysages et de terres forestières dégradés d’ici 2020 à travers le Défi de Bonn, et la restauration de 200 autres millions d’hectares d’ici 2030 – Étendre la couverture existante des aires protégées terrestres, côtières et marines en accord avec l’objectif 11 d’Aichi – Assurer la conservation des autres réservoirs naturels de carbone tels que les zones humides, même si elles ne sont pas comptabilisées dans les mécanismes existants Notant les récentes conclusions du 5ème rapport d’évaluation du GIEC, l’UICN appelle également les pays à réduire leur dépendance aux combustibles fossiles, à étendre leurs choix énergétiques vers les énergies renouvelables, et à élever leurs niveaux d’ambition pré-2020 et post-2020. Document joint Position UICN COP 20 Climat
L’UICN France propose aux régions françaises 25 indicateurs de biodiversité
Pour accompagner les collectivités dans le renforcement de leurs actions en faveur de la biodiversité, l’UICN France publie aujourd’hui un jeu commun et synthétique de 25 indicateurs de biodiversité destiné aux régions françaises. Ce jeu vient compléter le cadre de réflexion et d’analyse que l’UICN France a proposé aux territoires pour définir leurs indicateurs de biodiversité. Dans une perspective d’amélioration continue, et afin de renforcer leur mobilisation en faveur de la biodiversité, il est nécessaire que les collectivités suivent et évaluent régulièrement leurs actions. Pour mesurer et rendre compte des progrès établis, les indicateurs sont des outils adéquats. L’échelon régional est particulièrement concerné par cette problématique compte tenu de sa montée en puissance sur les compétences relatives à la préservation de la biodiversité (schéma régional de cohérence écologique, chef de filât…). C’est pourquoi, l’UICN France a identifié avec son groupe de travail « Collectivités & Biodiversité », rassemblant les membres français de l’UICN et de nombreuses collectivités, un jeu synthétique d’indicateurs de biodiversité à destination des régions françaises. L’utilisation de cet outil commun d’auto-évaluation permettra à toutes les régions qui le souhaitent de suivre l’évolution de la biodiversité sur leur territoire (son état, les pressions qui s’exercent sur elle, les impacts sur les services écologiques bénéficiant aux acteurs du territoire) et les réponses apportées pour sa préservation. Elles pourront également se situer dans le contexte international et national, en valorisant leur contribution à l’atteinte des objectifs d’Aichi et à ceux de la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB), favorisant ainsi la cohérence entre ces différents niveaux d’objectifs. Cet outil « clé en main » se présente sous la forme d’un porte-folio de 25 fiches indicateurs présentant pour chaque indicateur le questionnement stratégique auquel il se rattache, ses modalités de calcul, des éléments pour son analyse et interprétation, et des références utilisées, ainsi que d’un guide pratique pour accompagner leur utilisation. L’UICN France invite toutes les régions françaises à renseigner périodiquement ce jeu de 25 indicateurs et à le compléter en fonction notamment de leurs spécificités propres (géographiques, écosystémiques, liées aux pratiques…), de leurs enjeux prioritaires, et de l’évolution des données disponibles, en concertation avec l’ensemble des acteurs du territoire. Pour consulter l’étude : UICN France (2014). Indicateurs de biodiversité pour les collectivités territoriales : jeu commun et synthétique d’indicateurs de biodiversité pour l’échelon régional. Paris, France. Pour plus d’information sur le travail de l’UICN France avec les collectivités, veuillez consulter la page dédiée Contacts • Florence Clap, Chargée de Programme « Politiques de la biodiversité » – Tél : 01 47 07 71 78 • Valérie Moral, Chargée de mission « Collectivités et biodiversité » – Tél : 01 40 79 37 49 L’UICN France est le réseau des organismes et des experts de l’Union internationale pour la Conservation de la Nature en France (www.uicn.fr). Reconnaissant l’importance de responsabiliser et de mobiliser les collectivités territoriales pour répondre aux défis de la conservation de la biodiversité, l’UICN France a mis en place un groupe de travail « Collectivités territoriales & Biodiversité », lieu d’échanges et de travail entre les collectivités françaises volontaires (Régions, Départements, Communes et Intercommunalités), leurs regroupements (ARF, ADF, AMF…), la Fédération des Parcs Naturels Régionaux ainsi que les autres membres du réseau français de l’UICN. L’objectif de cette plateforme est de valoriser et de renforcer le travail engagé par les collectivités territoriales en faveur de la biodiversité, en favorisant les échanges et le partage d’expériences autour de thèmes fédérateurs portés par l’UICN. Documents joints UICN France (2014). Indicateurs de biodiversité pour les collectivités territoriales : jeu commun et synthétique d’indicateurs de biodiversité pour l’échelon régional. Paris, France. UICN France – communiqué jeu indicateurs biodiversité régional