D’importants engagements pris au sommet de l’UICN pour sauver les espaces naturels les plus précieux de la planète
Le Congrès mondial des parcs de l’UICN 2014, le grand forum décennal mondial sur les aires protégées, se termine aujourd’hui avec la publication de la Promesse de Sydney. La Promesse établit un programme ambitieux visant à sauvegarder les biens naturels de la planète, décliné dans des actions telles que l’arrêt de la perte des forêts humides d’Asie-Pacifique, le triplement de la protection des océans au large des côtes africaines ou encore la plantation, par le secteur privé, de 1,3 milliards d’arbres le long de l’historique Route de la Soie. La Promesse comprend des engagements pris par des gouvernements, des organisations internationales, le secteur privé, des dirigeants autochtones, des groupes communautaires et des particuliers ; un grand nombre continue de s’ajouter à ceux déjà enregistrés. Le document souligne le besoin d’intensifier les efforts mondiaux pour protéger les espaces naturels, y compris par le biais d’une protection des paysages et des océans à plus grande échelle. Il comprend des engagements portant sur des investissements dans des solutions axées sur la nature et visant à arrêter la perte de biodiversité, répondre au changement climatique, réduire le risque et les effets des catastrophes, améliorer la sécurité alimentaire et de l’eau et promouvoir la santé humaine. Il vise aussi à inciter les habitants de la planète, de toutes les générations et de toutes les cultures, à bénéficier des merveilles de la nature à travers les aires protégées. « Les aires protégées sont, de loin, le meilleur investissement que l’on puisse faire à l’heure actuelle pour répondre à certains des grands défis du développement », dit Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « Le Congrès a catalysé d’importants engagements des décideurs à tous les niveaux de la société, afin de sauvegarder les bienfaits que les aires protégées apportent à l’humanité et d’assurer un avenir durable. Établie sur la base des connaissances collectives de plus de cinq mille spécialistes des aires protégées de tout premier plan, plus beaucoup d’autres qui ont à cœur l’avenir de notre planète, la Promesse de Sydney recueille des stratégies novatrices pour protéger ces espaces exceptionnels. » Organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et ayant pour hôtes le gouvernement australien et celui de la Nouvelle-Galles du Sud, le Congrès a réuni plus de 6000 participants de plus de 170 pays. « L’Australie se réjouit d’avoir accueilli un Congrès si réussi et pris des engagements dans le cadre de la Promesse de Sydney », dit le Ministre australien de l’Environnement, Greg Hunt. « Ils vont de l’interdiction des déblais de dragage dans la Grande Barrière et un accord historique avec la Chine pour interdire l’exploitation minière en Antarctique, à de nouvelles initiatives pour la restauration des forêts humides de la région Asie – Pacifique et l’arrêt de la perte d’espèces dans nos parcs nationaux. Ce Congrès a été une source d’inspiration majeure ; il s’agit maintenant de mettre en œuvre les solutions novatrices aux grands enjeux qui touchent notre planète. » La Promesse de Sydney trace une voie permettant d’atteindre l’objectif mondial de protection de 17% des espaces terrestres et 10% des océans d’ici 2020. Le rapport « Planète protégée », présenté à Sydney par l’UICN et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), montre que, tout en étant en bonne voie pour atteindre cet objectif, davantage d’efforts sont nécessaires afin d’assurer une gestion bonne et équitable des aires importantes pour la conservation de la biodiversité et des services écosystémiques. La Promesse de Sydney appelle également à une amélioration urgente de la protection des océans, y compris dans les zones situées au-delà des juridictions nationales. Le Congrès a souligné le besoin d’accroître les investissements et d’améliorer la qualité de la gouvernance et de la gestion des aires protégées. La diversité, la qualité et la vitalité de la gouvernance sont en effet une condition nécessaire pour assurer l’efficacité et le succès des aires protégées sur le long terme. Les délégués ont appelé à une meilleure reconnaissance des droits des peuples autochtones dans le cadre des politiques et des méthodes de gestion des aires protégées. Ils ont reconnu l’importance cruciale que revêtent les systèmes de gestion et les savoirs traditionnels pour les résultats de conservation à long terme et le bien-être des populations. Des exemples de meilleures pratiques de gouvernance équitable ont été mis en lumière grâce à la Liste verte des aires protégées, élaborée par l’UICN et présentée lors du Congrès. Cette liste est la première norme mondiale visant à définir l’excellence en matière de gestion des aires protégées. Elle comprend 23 sites situés en Australie, Chine, Colombie, Corée du Sud, Espagne, France, Italie et au Kenya, dont un certain nombre d’aires protégées autochtones. La Croatie, l’Équateur, le Mexique, le Népal, le Pérou et la Russie ont exprimé leur souhait de faire l’objet d’une évaluation pour la Liste verte lors de la phase suivante de cette initiative. Le Congrès a également souligné que les aires protégées doivent être établies là où il faut pour éviter des extinctions futures d’espèces. Le perce-oreille géant, le plus grand de la planète, a été déclaré éteint, d’après les données les plus récentes de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™ ; le Thon rouge du Pacifique, le Fugu de Chine et l’Anguille d’Amérique sont menacés en raison de la demande croissante dont ils font l’objet. L’accent a été mis sur les avantages économiques et la rentabilité de la préservation des espaces naturels de la planète, y compris en raison de leur contribution à l’adaptation au changement climatique et à l’atténuation de ses effets. De nouveaux modes de financement associant des fonds privés et publics s’avèrent nécessaires. La technologie moderne devient un nouvel acteur de la conservation de la nature : un outil de traçage de la pêche illégale et les vues sous-marines du Street View de Google ont été présentés lors du Congrès. La NASA a mis à disposition une imagerie satellitaire de pointe pour améliorer la surveillance continue des aires protégées. Vous pouvez consultez la Promesse de Sydney ici. La base de données Panorama, lancée lors du Congrès, recueille des études de cas mettant
Liste rouge de l’UICN : l’appétit mondial pour les ressources pousse de nouvelles espèces vers l’extinction
Pour satisfaire notre appétit insatiable de ressources, la pêche, l’exploitation du bois, les activités minières et l’agriculture, entre autres, menacent la survie du thon rouge du Pacifique, du fugu chinois, de l’anguille d’Amérique et du cobra chinois. Alors que la destruction des habitats naturels a déjà causé l’extinction d’un mollusque malaisien et du plus grand perce-oreille connu au monde, elle menace toujours la survie de beaucoup d’autres espèces, selon la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™ qui vient d’être mise à jour et qui a été présentée aujourd’hui au Congrès mondial des parcs de l’UICN, à Sydney, en Australie. La Liste rouge de l’UICN, qui célèbre cette année son 50ème anniversaire, comprend maintenant 76199 espèces évaluées, dont 22413 sont menacées d’extinction. Comme près de la moitié des nouvelles espèces évaluées se trouvent dans des aires protégées, l’UICN appelle à une meilleure gestion de ces sites pour empêcher tout nouveau déclin de la biodiversité. « A chaque mise à jour de la Liste rouge de l’UICN, force est de constater que notre planète continue de perdre la diversité incroyable de la vie qu’elle porte, essentiellement à cause de nos actions destructrices pour satisfaire notre appétit insatiable pour les ressources » déclare Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN.« Mais nous avons des preuves scientifiques attestant que les aires protégées peuvent jouer un rôle vital dans le renversement de cette tendance. Les experts affirment que les espèces menacées mal représentées dans les aires protégées déclinent deux fois plus vite que celles qui y sont bien représentées. Nous avons le devoir d’augmenter le nombre d’aires protégées et de veiller à leur gestion efficace pour qu’elles puissent aider à sauver la biodiversité de notre planète. » Dans la nouvelle liste, le thon rouge du Pacifique (Thunnus orientalis) est passé de la catégorie « Préoccupation mineure » à « Vulnérable », ce qui signifie qu’il est désormais menacé d’extinction. L’espèce fait l’objet d’une pêche intensive pour le marché des sushis et des sashimis, surtout en Asie. La plupart des poissons capturés sont des juvéniles qui n’ont pas encore eu le temps de se reproduire et l’on estime que la population a subit un déclin de 19 à 33% depuis 22 ans. Les aires marines protégées n’assurent pas une protection suffisante à l’espèce. Les experts de l’UICN estiment que des aires marines protégées dans les 200 milles à partir du littoral et intégrant les zones de reproduction pourraient contribuer à la conservation de l’espèce. « La valeur marchande du thon rouge du Pacifique ne cesse d’augmenter » déclare Bruce Collette, Président du Groupe de spécialistes des thonidés et istiophoridés de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN.« Tant que les pêcheries n’appliqueront pas les mesures de conservation et de gestion élaborées pour l’océan Pacifique occidental et central, notamment la réduction des captures de juvéniles, nous ne pourrons nous attendre à ce que l’état de ce poisson s’améliore à court terme. » Le fugu (Takifugu chinensis), un poisson-globe chinois, a fait son entrée sur la Liste rouge de l’UICN, dans la catégorie « En danger critique ». On estime que sa population mondiale a diminué de 99,99% depuis 40 ans en raison de la surexploitation. Mets populaire au Japon, il fait partie des quatre principales espèces de fugu consommées en sashimis. Le fugu est un des poissons les plus toxiques du monde et doit être préparé de façon experte avant d’être consommé. Le fugu chinois est présent dans plusieurs aires marines protégées le long du littoral de la Chine. Des mesures de conservation, telles que la création d’aires marines protégées soumises à une fermeture annuelle de la pêche au chalut, ont été mises en œuvre. Toutefois, selon les experts de l’UICN, le prélèvement doit être contrôlé de toute urgence pour empêcher l’extinction de l’espèce. L’anguille d’Amérique (Anguilla rostrata), inscrite dans la catégorie « En danger », est menacée par les obstacles à sa migration, le changement climatique, des parasites, la pollution, la perte de l’habitat et le prélèvement à des fins commerciales. Compte tenu du déclin de l’anguille du Japon (Anguilla japonica), également inscrite dans la catégorie « En danger », les élevages industriels intensifs d’anguilles, en Asie de l’Est, tentent de reconstituer les stocks d’ensemencement avec d’autres espèces, telles que l’anguille d’Amérique. En conséquence, les rapports sur le braconnage de l’anguille d’Amérique aux Etats-Unis se sont multipliés. Toutes ces menaces se conjuguent pour exercer des pressions sur l’espèce mais des mesures de conservation dynamiques pourraient améliorer son état. Le cobra chinois (Naja atra) vient d’être évalué et placé dans la catégorie « Vulnérable ». Sa population a décliné de 30 à 50% depuis 20 ans. On trouve le cobra chinois dans le sud-est de la Chine, à Taiwan, dans le nord du Viet Nam et en RDP Lao, et il figure parmi les principales espèces animales exportées de Chine continentale vers Hong Kong pour le marché alimentaire. Le cobra chinois est présent dans des aires protégées telles que la Réserve naturelle d’Ailaoshan, la Réserve naturelle de Daweishan (Yunnan) et le Parc national Kenting (Taiwan). Bien que le commerce international de l’espèce soit réglementé, il est urgent de renforcer les initiatives nationales de conservation pour garantir sa survie. « Le marché alimentaire en pleine expansion exerce des pressions non durables sur cette espèce, parmi d’autres » déclare Jane Smart, Directrice du Groupe mondial pour la biodiversité de l’UICN.« Il faut, sans délai, imposer des limites strictes sur le prélèvement et prendre les mesures appropriées pour protéger les habitats. » La mise à jour de la Liste rouge met également en vedette plusieurs espèces touchées par la destruction de leur habitat, notamment les 66 espèces de caméléons menacées, bien que certaines soient présentes dans des aires protégées. Le caméléon Kinyongia matschiei, endémique des monts Usambara orientaux de Tanzanie, est classé dans la catégorie « En danger ». Comme beaucoup d’autres caméléons, cette espèce utilise la couleur pour communiquer. Il s’obscurcit également lorsqu’il est stressé et enroule sa queue autour des branches pour se sécuriser. Présent dans la Réserve naturelle Amani, une aire protégée, ce reptile est menacé par le déboisement pour l’agriculture, la production de charbon de bois et l’exploitation de
Cinq espaces naturels français sont inscrits sur la liste verte des aires protégées de l’UICN
Sur les 23 aires protégées candidates à la liste verte des aires protégées de l’UICN, 5 sont des sites français. Les lauréats sont le parc national des Pyrénées, la réserve naturelle nationale de Cerbère Banyuls, le parc naturel marin d’Iroise, l’espace naturel sensible Marais d’Episy et le parc national de la Guadeloupe. L’Union internationale pour la conservation de la nature vient de lancer au cours du sixième congrès mondial des parcs qui se déroule du 12 au 19 novembre à Sydney, la liste verte des aires protégées. Il s’agit d’un nouveau système de certification permettant d’évaluer la qualité de gestion et de gouvernance des aires protégées et de valoriser celles qui répondent à l’ensemble des standards. La France est un pays pilote de l’initiative et participe activement à la promotion de ce nouveau système en lien avec ses réseaux d’aires protégées. Ainsi, le Comité français de l’UICN a établi en 2013 un groupe d’experts avec pour président, Jean-Philippe Siblet, directeur du Service du patrimoine naturel au Muséum national d’histoire naturelle. Ce groupe de référence permet de contribuer au développement de la liste verte à l’échelle nationale et de promouvoir la candidature de sites. Plusieurs partenaires financiers ont apporté leur appui à ses activités, notamment le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, le Conseil Régional d’Île-de-France, la Mairie de Marseille, l’Agence des aires marines protégées et Parcs nationaux de France. Sur les 23 aires protégées candidates à la liste verte des aires protégées de l’UICN, 5 sont des sites français. Les lauréats sont le parc national des Pyrénées, la réserve naturelle nationale de Cerbère Banyuls, le parc naturel marin d’Iroise, l’espace naturel sensible Marais d’Episy et le parc national de la Guadeloupe. Ce résultat constitue une reconnaissance internationale de la qualité de la gestion et de la gouvernance de ces cinq aires protégées. Les certificats ont été décernés à l’occasion d’une cérémonie qui s’est déroulée pendant le Congrès mondial des Parcs le 14 novembre, en présence du Président de l’UICN, Monsieur Zhang Xinsheng, et de sa nouvelle Directrice générale, Madame Inger Andersen. Le prochain Congrès mondial de la nature, qui se tiendra en 2016 à Hawaï, validera définitivement les critères et le système de gouvernance de la liste verte des aires protégées, sur la base des retours d’expériences de cette phase pilote. Au cours des deux prochaines années, le groupe de référence va poursuivre ses activités pour améliorer l’adaptation des indicateurs au contexte national, faciliter les procédures d’inscription et d’évaluation, et promouvoir de nouvelles candidatures françaises. Contacts Thierry Lefèbvre, chargé du programme aires protégées Sophie Coste, chargée de mission gestion des aires protégées Jean-François Sys, chargé de mission Méditerranée
L’objectif international de couverture des aires terrestres et marines protégées en bonne voie d’être atteint d’ici 2020
15,4 pour cent des zones terrestres et 3,4 pour cent des océans sont actuellement protégés mais il reste des progrès à faire pour couvrir et gérer efficacement les zones importantes pour la biodiversité et les services ecosystémiques Selon un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) publié aujourd’hui dans le cadre du Congrès Mondial des Parcs de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le monde est sur la bonne voie pour atteindre son objectif d’expansion des aires protégées d’ici 2020 mais il reste des progrès à faire pour garantir que les zones importantes pour la biodiversité et les services ecosystémiques soient protégées en priorité et gérées de manière équitable. Produit par le Centre mondial de surveillance de la conversation de la nature (WCMC) du PNUE, en partenariat avec l’UICN et financé par l’Office fédéral suisse de l’environnement (OFEV), le rapport Protected Planet effectue non seulement un suivi des efforts mondiaux en matière de soutien et d’expansion des aires protégées mais il émet également des recommandations pour aider les gouvernements à agir et à progresser plus rapidement en la matière. Le rapport constate que 15,4 pour cent des zones terrestres et des eaux intérieures et 3,4 pour cent des océans de la planète sont désormais protégés – mettant en évidence la prise de conscience mondiale croissante de la nécessité de préserver les ressources naturelles qui auront un rôle crucial dans le cadre des futurs Objectifs de développement durable. Les aires protégées sont essentielles à la conservation des espèces, des écosystèmes et des moyens de subsistance qu’ils soutiennent. Elles jouent également un rôle important pour l’adaptation et l’atténuation des impacts du changement climatique – par exemple, en réduisant les risques de catastrophes naturelles et en constituant un puits de carbone par le biais des forêts, dont 7,8 millions de km2 se trouvent dans les aires protégées. Le rapport, le deuxième d’une série de rapports visant à évaluer les progrès réalisés pour atteindre l’Objectif 11 d’Aichi de la Convention sur la diversité biologique, révèle que 1,6 million de km2 de nouvelles aires protégées ont été déclarées depuis 2012. Depuis 2010, la couverture mondiale supplémentaire totale des aires protégées équivaut à 6,1 millions de km2, soit une zone d’une superficie proche de celle de l’Australie. L’objectif 11 préconise des aires de conservation gérées efficacement et équitablement, couvrant au moins 17 pour cent des zones terrestres de la planète et 10 pour cent des zones marines et côtières – en particulier les zones importantes pour la diversité biologique et les services fournis par les écosystèmes – d’ici 2020. Le rapport Protected Planet 2014 conclut qu’il est probable que l’objectif soit atteint en termes de couverture physique. En revanche, il met en évidence le manque de progrès dans d’autres domaines tels que : assurer que les aires protégées soient situées dans des zones d’importance particulière pour la biodiversité et les services écosystémiques, qu’elles soient administrées efficacement et équitablement et qu’elles soient bien connectées. Le rapport avertit que, sans une action mondiale concertée permettant le ciblage approprié des zones à protéger, l’amélioration et l’intégration de la planification nationale et l’évaluation de l’efficacité et de l’équité de la gestion des aires protégées, l’objectif ne sera pas atteint dans sa totalité. « Les aires protégées ont un rôle vital dans l’économie grâce aux précieux services écosystémiques qu’elles fournissent, tels que l’approvisionnement en eau et en bois et la promotion de l’écotourisme », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU et Directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner. « Tandis que nous travaillons vers un accord global sur le climat, la prochaine réunion ayant lieu très prochainement à Lima, et façonnons l’agenda post-2015 pour le développement durable, il est crucial d’étendre les aires protégées de manière ciblée – soutenant ainsi les efforts de lutte contre le changement climatique, et soutenant la biodiversité et les services écosystémiques qui contribuent aux moyens de subsistance de milliards de personnes. » « Ce rapport montre que la volonté de le faire est présente, » a t-il ajouté. « Nous devons maintenant rassembler le soutien et les fonds nécessaires afin d’assurer que les aires protégées soient gérées efficacement et équitablement et couvrent suffisamment de sites importants pour la biodiversité et les services écosystémiques. » Il y a dix ans, le Congrès mondial des parcs à Durban a donné naissance à l’idée d’objectifs mondiaux pour les aires protégées », explique la Directrice générale de l’UICN Julia Marton-Lefèvre. « Aujourd’hui, à Sydney, nous sommes fiers de lancer le rapport Protected Planet, qui montre les progrès que nous avons réalisés vers l’atteinte de nos objectifs. Nous nous engageons à faire en sorte que nos promesses ne soient pas vaines. Ce que nous devrions voir derrière ces chiffres ce sont des aires protégées bien gérées et équitables, saines, fortes et en mesure de fournir toute la gamme des atouts essentiels à la survie de la biodiversité et au bien-être des personnes dans le monde. » La couverture des aires protégées a été calculée en utilisant la version du mois d’août 2014 de la Base de données mondiale sur les aires protégées (Word Database on Protected Areas, en anglais). La base de données a subi une mise à jour majeure en 2014, suite à la réponse extrêmement positive à une requête de la CDB invitant les Parties à la Convention à soumettre des données actualisées à UNEP-WCMC afin de compiler la liste des aires protégées des Nations Unies. En août 2014, 124 pays avaient communiqué de nouvelles données et 15 étaient en cours de le faire. La couverture des aires terrestres protégées a augmenté d’environ un million de km2 depuis 2010, dont 126 000 km2 ont été ajouté depuis 2012. Au total, 20,6 millions de km2 de zones terrestres et d’eaux intérieures sont désormais couvertes. 2,2 millions de km2 d’aires protégées supplémentaires seront nécessaires pour atteindre une couverture de 17 pour cent des zones terrestres et des eaux intérieures. Un peu plus de six millions de km2 de zones marines protégées ont été ajoutées depuis 2010, avec 1,5 millions de km2 de ce total ayant été
Le congrès mondial des parcs de l’UICN place la nature au coeur d’un avenir durable
Près de 5000 délégués de plus de 160 pays, dont des chefs d’État, des gardiens de parcs, des chefs d’entreprise et des dirigeants autochtones, se sont rassemblés à Sydney afin de définir l’avenir des aires protégées et de les placer au cœur des solutions aux grands défis auxquels est confrontée la planète. Le Congrès mondial des parcs de l’UICN, qui se tient tous les dix ans depuis 1962, est le seul forum mondial consacré aux aires protégées – parcs nationaux, réserves naturelles, aires de conservation communautaire – créées en vue de sauvegarder la nature ainsi que les bienfaits et avantages qu’elle nous apporte. Organisée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et ayant pour hôtes le gouvernement australien et celui de la Nouvelle-Galles du Sud, le Congrès a pour thème « Les parcs, la planète et nous : des solutions sources d’inspiration ». Il fera un bilan des progrès réalisés en vue d’atteindre les objectifs fixés sur le plan mondial, il abordera les difficultés et menaces rencontrées actuellement par les aires protégées et encouragera la mise en place de solutions naturelles aux enjeux liés à la durabilité. L’ouverture du Congrès a eu lieu aujourd’hui, avec l’arrivée à Sydney de quatre pirogues traditionnelles vaka, parties de la Nouvelle-Zélande et de Fidji avec des dirigeants du Pacifique à bord afin de lancer un appel mondial à la protection des océans face aux effets dévastateurs du changement climatique. « Du Parc National Royal à Sydney, la première aire protégée créée dans le pays, jusqu’au Parc de la Grande Barrière, l’un des plus emblématiques, nos extraordinaires espaces naturels ont été le cœur et l’âme de l’Australie depuis 1879 », dit M. Greg Hunt, Ministre australien de l’Environnement. « Nous sommes fiers d’être les hôtes de cet événement, qui établira le programme des actions internationales visant à gérer ces sites uniques et précieux en vue de l’avenir. » Les délégués présents à Sydney élaboreront une feuille de route visant à atteindre l’objectif mondial de protection d’au moins 17% des espaces terrestres et 10% des océans d’ici 2020, issu lui-même des débats de la session précédente du Congrès mondial des parcs de l’UICN, qui s’est tenue à Durban (Afrique du Sud). Ils examineront également les difficultés et les menaces auxquelles sont confrontées actuellement les aires protégées, dont le changement climatique, le braconnage et le commerce illicite des espèces sauvages, ainsi que des activités destructrices telles que l’exploitation forestière et minière illégales. L’UICN présentera certains de ses produits les plus novateurs lors du Congrès, notamment la Liste verte des espèces protégées, qui est la première norme internationale reconnaissant les aires protégées bien gérées, et l’Horizon du Patrimoine mondial, première évaluation des sites naturels du Patrimoine mondial à l’échelle de la planète. Les délégués seront aussi présents lors du lancement de l’imagerie Google « Street View » la plus étendue en date, comprenant les aperçus les plus complets du récif de la Grande Barrière et un premier grand ensemble d’images du Sydney sous-marin. « Nous savons que les aires protégées fonctionnent, tant pour préserver la nature que pour assurer notre bien-être », dit Mme Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « à Sydney, nous voulons les placer au cœur de nos économies et nos sociétés. Face aux défis croissants de notre époque, dont le changement climatique, les catastrophes naturelles, la sécurité alimentaire et de l’eau, l’instabilité économique et la montée des maladies infectieuses, il est grand temps de nous servir des solutions que la nature met à notre disposition. » À l’heure actuelle, plus de 200 000 aires protégées couvrent près de 15% des terres et 3% des océans de la planète. Tout en protégeant certaines des espèces les plus menacées, les aires protégées assurent des moyens de subsistance aux populations humaines et contribuent d’une façon importante à l’économie des différents pays. Malgré l’augmentation du nombre d’aires protégées ces dernières années, il y a de nombreuses lacunes dans leur couverture sur le plan mondial et un grand nombre d’entre elles sont insuffisamment financées et mal gérées. Rob Stokes, Ministre de l’Environnement et du Patrimoine en Nouvelle-Galles du Sud, a mentionné que sa région est la terre d’accueil idéale du Parc Mondial des Congrès, en raison de sa précieuse renommée et expertise en gestion des espaces protégés. « La Nouvelle-Galles du Sud a vu son nombre de parcs augmenter considérablement au fil des années, allant de 1% en 1967, année de la première implantation d’un service des Parcs, à 9% aujourd’hui soit plus de sept millions d’hectares » indiquait Mr Stokes. « Nous sommes très fiers du fait qu’un quart de notre domaine en Nouvelle-Galles du Sud soit couvert par des accords de gestion conjointe avec les propriétaires traditionnels. » « La Nouvelle-Galles du Sud abrite également le second Parc National le plus ancien au monde, soit le premier pour notre Nation, prouvant notre engagement de longue date envers la protection de nos atouts environnementaux et culturels. » À l’occasion de cet événement, des gouvernements devraient annoncer des engagements et des plans d’action d’urgence en faveur des aires protégées, notamment pour combattre l’escalade du braconnage en Afrique. Les résultats du Congrès seront recueillis dans la Promesse de Sydney, qui contribuera à définir des approches novatrices pour aborder les objectifs de la conservation et du développement dans les années à venir. Pour en savoir plus : http://worldparkscongress.org/
La conférence internationale de Guadeloupe renouvelle l’engagement des outre-mer européens sur la biodiversité et le changement climatique
Le Comité français de l’UICN a participé à la Conférence Internationale sur la Biodiversité et le Changement climatique dans les Outre-mer européens, organisée par le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, la Commission européenne, le gouvernement français, le Conseil Régional de la Guadeloupe, le gouvernement des îles Vierges britanniques, l’association des Pays et Territoires d’Outre-mer et l’UICN, qui s’est tenue en Guadeloupe du 22 au 25 octobre 2014. Six ans après le « Message de La Réunion », les 250 experts et représentants de haut niveau ont adopté le « Message de Guadeloupe », une feuille de route pour guider les efforts en matière de lutte contre la perte de biodiversité et les effets du changement climatique pour les 5 prochaines années. Les ateliers thématiques ont porté sur la résilience au changement climatique, la lutte contre la perte de la biodiversité, le développement des économies verte et bleue, l’avancement de la recherche sur la biodiversité et le changement climatique et la facilitation de la mobilisation des financements et l’accès aux ressources. « L’adoption du Message de la Guadeloupe est d’une importance particulière pour les entités de l’outre-mer européen et pour leurs pays voisins car ils sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique », déclara Nicolas Hulot, envoyé spécial du Président de la République française pour la protection de la planète. Parmi les actions définies dans la feuille de route du Message de la Guadeloupe, le Comité français de l’UICN salue en particulier : la mise en place d’observatoires du changement climatique, le développement de stratégies d’adaptation et d’atténuation au changement climatique qui s’appuient sur des solutions fondées sur la nature, le renforcement de la gestion des aires protégées, le développement de stratégies régionales de lutte contre les espèces exotiques envahissantes, la mise en œuvre de plans d’actions sur les espèces menacées, la meilleure prise en compte des services rendus par la nature, l’amélioration de l’éco-conditionnalité des financements publics, la poursuite de la mise en œuvre du dispositif BEST avec une gouvernance représentative et un mécanisme financier spécifique. Le Comité français de l’UICN accueille favorablement les engagements pris par la France, présentés par la Ministre de l’écologie, Ségolène Royal, en particulier la création du Parc naturel marin de Martinique, l’étude d’un projet de parc national pour les marais de Kaw en Guyane, la finalisation du Réseau écologique des départements d’outre-mer (REDOM), le soutien à la poursuite des chapitres outre-mer de la Liste rouge nationale des espèces menacées ainsi que du programme TEMEUM. Madame George Pau-Langevin, Ministre des Outre-mer se félicita de la qualité des travaux ainsi que de la dynamique enclenchée. Elle indiqua que le processus d’engagements devait se poursuivre et s’amplifier, en particulier sur le milieu marin et qu’elle apportera son soutien total pour porter le Message de Guadeloupe. Associé à ses membres et experts, le Comité français de l’UICN sera un partenaire de la mise en œuvre du « Message de la Guadeloupe » et suivra la réalisation des engagements pris. « Le Message de Guadeloupe démontre un haut niveau d’ambition et une voie à suivre pour la mise en œuvre d’objectifs concrets, qui, nous l’espérons, permettra aux entités d’outre-mer de l’Union Européenne d’atteindre, – et même de précéder – les objectifs internationaux de biodiversité d’Aichi en 2020 », déclara Julia Marton- Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. Document joint Message from Guadeloupe
Le sixième congrès mondial des parcs de l’UICN approche !
La sixième édition du Congrès mondial des parcs de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature aura lieu du 12 au 19 novembre 2014 en Australie à Sydney. C’est un événement majeur où plus de 4000 participants du monde entier sont attendus. L’agenda international des aires protégées pour la prochaine décennie sera débattu lors de ce congrès autour du thème « les parcs, la planète et nous : des solutions sources d’inspiration ». Pour la première fois, le Congrès rassemblera et communiquera les solutions les plus convaincantes et inspirantes offertes par les aires protégées en réponse aux défis mondiaux. Il contribuera à créer de nouveaux engagements durables pour les aires protégées dans les secteurs de la conservation, du développement et de la finance. Ce sera la promesse de Sydney. La France joue un rôle crucial dans l’atteinte des objectifs mondiaux de conservation : les aires protégées en France couvrent aujourd’hui près de 20% de l’espace terrestre. La France est le seul pays présent dans 5 des 34 « points chauds » de la biodiversité mondiale ; elle possède le second domaine maritime au monde avec 10% des récifs coralliens et lagons. Plus de 80 délégués français seront présents à Sydney. Ils défendront les ambitions, l’expérience, les solutions françaises apportées au défis de la conservation et soutiendront la place de la francophonie au sixième congrès mondial des parcs. Pour préparer cet événement, le Comité français de l’UICN a lancé, avec l’ATEN, une plateforme collaborative afin de partager l’information sur le congrès, mobiliser les acteurs français en métropole et en outre-mer, et coordonner les initiatives françaises. Un stand France permettra aussi de faciliter les échanges et les présentations lors du congrès, grâce au soutien apporté par l’Agence Française de Développement. Toutes les informations sur la présence française au congrès sont disponibles sur http://congres.airesprotegees.fr/ et celles sur le congrès mondial sur http://worldparkscongress.org/