L’UICN France obtient la reconnaissance de son engagement pour la Stratégie nationale de la biodiversité

Le Comité français de l’UICN a obtenu la reconnaissance de son projet d’engagement volontaire pour la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour la biodiversité. Une cérémonie est organisée ce 30 janvier 2014, en présence du Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, pour la remise officielle de cette reconnaissance. Adhérant pleinement à cette nouvelle stratégie et ayant joué un rôle actif dans son élaboration, l’UICN France avait salué le processus participatif qui a été mis en place pour réviser la stratégie, en soulignant que les clés de la réussite seraient l’intégration concrète et efficace de la biodiversité dans toutes les politiques à toutes les échelles du territoire et la large mobilisation de tous les acteurs. Depuis, près de 400 acteurs ont adhéré à l’ambition de cette nouvelle SNB qui consiste à préserver, restaurer, renforcer, valoriser la biodiversité et en assurer l’usage durable et équitable par une mobilisation du plus grand nombre. En 2012, 22 engagements en faveur de la stratégie avaient été reconnus. En 2013, pour cette seconde phase, 47 acteurs ont déposé un dossier d’engagement volontaire. Ces dossiers ont fait l’objet d’une évaluation réalisée par des représentants du comité de suivi de la SNB. A l’issue de cet examen, le statut « d’engagement reconnu SNB » a été attribué aux projets portés par 33 acteurs (17 entreprises, 8 associations, 4 collectivités et 4 syndicats). La reconnaissance reçue par l’UICN France pour son engagement pour les 3 prochaines années, correspond aux actions phares de son programme 2013-2015, approuvé l’année dernière par son Conseil d’administration. Son engagement est constitué de 12 actions phares représentant une contribution nouvelle et majeure aux objectifs de la SNB dans les domaines suivants : Politiques de la biodiversité, Aires protégées, Espèces, Gestion des écosystèmes, Outre-mer, Education et communication et Coopération internationale. Les actions présentées sont les suivantes : Action 1 : Effectivité des normes environnementales intéressant la biodiversité Action 2 : Indicateurs de biodiversité pour les collectivités territoriales Action 3 : Le reporting biodiversité des entreprises et ses indicateurs Action 4 : Stratégie biodiversité pour un développement durable de Mayotte Action 5 : Renforcement et durabilité de la gestion des aires protégées Action 6 : Protection des écosystèmes par la mise en évidence des services écologiques qu’ils fournissent application à la Région Centre Action 7 : Accompagner le développement des énergies marines renouvelables pour une meilleure prise en compte de la biodiversité Action 8 : Contribution à l’élaboration de la méthodologie internationale de la Liste rouge des écosystèmes de l’UICN – application aux écosystèmes forestiers métropolitains Action 9 : Développement de la Liste rouge des espèces menacées en France pour les espèces marines et l’outre-mer Action 10 : Renforcement de la détection précoce et de la réaction rapide face aux espèces exotiques envahissantes en outre-mer Action 11 : La Fête de la Nature : un rendez-vous annuel avec la nature Action 12 : Soutenir la conservation et le développement local en Afrique, via le renforcement de la société civile Les évaluateurs ont souligné avoir apprécié la cohérence du projet vis-à-vis des compétences de l’UICN France, son impact potentiel sur les différents acteurs (collectivités et entreprises en particulier) et sur les différents périmètres géographiques (métropole, outre-mer, international) ainsi que la précision de la gouvernance qui associe des parties prenantes internes au plus haut niveau. Les projets de 6 organismes membres du Comité français de l’UICN ont également reçu la reconnaissance SNB : l’Office National des Forêts, la Fédération des Parcs Naturels Régionaux, l’Association Française des Ingénieurs Ecologues, Parcs Nationaux de France, Noé Conservation et l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage ; tout comme 2 de ses partenaires entreprises : Ciments Calcia et Holcim France. La mise en œuvre de cette nouvelle SNB reposant sur une implication de tous les acteurs, l’UICN France invite ainsi les organismes à adhérer nombreux à la SNB, puis à proposer des engagements volontaires constitué d’actions significatives, cohérentes, proportionnées et additionnelles.   Pour en savoir plus, consultez le site internet du Ministère de l’Ecologie   Contacts Sébastien MONCORPS – Directeur – 01 47 07 78 58 Florence CLAP – Chargée de Programme ’Politiques de la Biodiversité’ – 01 40 79 38 58 Document joint Projet engagement UICN France_SNB

En route vers le sixième congrès mondial des parcs !

L’UICN organise tous les dix ans depuis 1962 les Congrès mondiaux des parcs afin de faire un bilan du développement des aires protégées et de contribuer à définir leur agenda international pour la décennie à venir. La sixième édition du congrès se tiendra en novembre 2014. Le Comité français de l’UICN a lancé, au niveau national, un processus de préparation, avec ses membres et ses experts, pour valoriser l’expertise française. Le sixième Congrès mondial des parcs de l’UICN se déroulera du 12 au 19 novembre 2014 à Sydney (Australie) et aura pour thème général « Des parcs, la planète et nous : des solutions sources d’inspiration ». Il se déclinera en trois priorités stratégiques : (a) valoriser et conserver la nature (les parcs) ; (b) trouver des solutions « naturelles » face aux changements globaux (la planète), et (c) une gouvernance efficace et équitable des services rendus par la nature (nous). Le principal enjeu consiste à valoriser la contribution des aires protégées pour la conservation de la biodiversité, la lutte contre les changements climatiques, la santé et le bien être des populations, la gouvernance des territoires et plus globalement pour répondre aux défis du développement. C’est également à cette occasion que sera lancée officiellement la liste verte des aires protégées. Ce congrès constitue une occasion majeure pour valoriser l’expertise française en matière de conservation de la biodiversité, présenter les savoir-faire et les bonnes pratiques de nos réseaux d’aires protégées, et influer sur les orientations de la politique mondiale des aires protégées. Le Comité français de l’UICN a donc souhaité mettre en place dans le cadre de sa Commission des aires protégées, en coordination avec le GIP Aten, une plateforme pour faciliter la coordination des initiatives françaises et valoriser l’ingénierie des réseaux de gestionnaires d’aires protégées. La participation est ouverte à l’ensemble des membres de l’UICN et de l’Aten (ONG, établissements publics, ministères), aux experts des commissions et des groupes de travail, et plus globalement aux acteurs impliqués dans la création et la gestion des aires protégées. Pour plus d’informations sur le Congrès mondial des parcs et sa préparation en France : • Site Internet officiel du Congrès mondial des Parcs : http://www.worldparkscongress.org • Site Internet de la plateforme française (10 février) : http://congres.airesprotegees.fr • Contact : Thierry Lefebvre (UICN France) / Naïk Faucon (Aten)

Un quart des requins et des raies menacés d’extinction au niveau mondial

Un quart des requins et des raies sont menacés d’extinction au niveau mondial selon la Liste rouge des espèces menacées ™ de l’UICN, les raies étant à un niveau de risque plus élevé que les requins. Ces résultats font partie de la première analyse mondiale de ces espèces effectuée par le Groupe de spécialistes des requins de l’UICN. Cette étude, qui marque le début de l’année du 50e anniversaire de la Liste rouge de l’UICN, a été publiée dans la revue eLIFE. Elle inclut l’analyse de l’état de conservation de 1041 espèces de requins, raies et chimères (groupe d’espèces proche des requins et raies). Selon les résultats, les requins, les raies et les chimères présentent un risque d’extinction considérablement plus élevé que la plupart des autres groupes d’animaux. Ce groupe présente la plus faible proportion d’espèces considérées comme étant en bonne situation – seulement 23 % des espèces sont classées en catégorie « Préoccupation mineure ». « Notre analyse montre que les requins et les espèces qui leur sont proches sont confrontés à un risque alarmant d’extinction », a déclaré le Dr Nick Dulvy, co-président du Groupe de spécialistes des requins de l’UICN et titulaire d’une chaire de recherche du Canada à l’Université Simon Fraser en Colombie-Britannique.« Les grandes espèces de raies et de requins sont les espèces les plus en péril, en particulier celles qui vivent dans des eaux peu profondes, accessibles à la pêche. «  L’article indique également que la surpêche est la principale menace pesant sur ces espèces. Les captures déclarées de requins, raies et chimères ont atteint un pic en 2003, les raies représentant la part la plus importante sur les 40 dernières années. De plus, les captures réelles sont susceptibles d’être largement sous-évaluées. Les prises non-intentionnelles représentent une grande partie des captures de requins et de raies, mais le développement des marchés émergents et la diminution des stocks des espèces ciblées par les pêcheries font de ces « prises accessoires » des prises de plus en plus convoitées. L’abattage intentionnel des requins et des raies lié au fait qu’ils sont perçus comme un risque pour les personnes, l’impact des engins de pêche et les captures ciblées sont les causes du classement en catégories menacées d’au moins 12 espèces. « Étonnamment, nous avons constaté que les raies, y compris les poissons-scie, les raies guitare et les raies pastenagues, sont généralement moins bien loties que les requins, les raies représentant cinq des sept familles les plus menacées » a déclaré le Dr Colin Simpfendorfer, co – président du Groupe de spécialistes des requins de l’UICN et professeur en sciences de l’environnement à l’Université James Cook du Queensland en Australie.« Alors que l’attention du public, des médias et des gouvernements se penche de plus en plus sur le sort des requins, le déclin généralisé des raies passe totalement inaperçu. Les mesures de conservation en faveur des raies sont très en retard, ce qui accroît notre inquiétude sur la situation de ce groupe d’espèces « . Le marché mondial des ailerons de requins, pour la préparation de soupe d’ailerons, est un facteur important du déclin des requins, mais aussi de certaines raies à ailerons valorisables, comme les raies guitare. Les requins, raies et chimères sont également recherchés pour leur viande. D’autres produits sont fabriqués à partir de ces espèces : fortifiant chinois à base de branchies de raies manta, ou produits pharmaceutiques à base de foie de requins de profondeur. L’Indo-Pacifique, en particulier le golfe de Thaïlande, et la mer Méditerranée sont les deux « points chauds » où le déclin des requins et des raies est le plus alarmant. Selon les experts, la mer Rouge abrite également un nombre relativement élevé de requins et de raies menacés. « Les requins, les raies et les chimères se développent généralement lentement et produisent peu de petits, ce qui les rend particulièrement vulnérables à la surpêche », affirme Sonja Fordham, vice-présidente du Groupe de spécialistes des requins de l’UICN et présidente de « Shark Advocates International », un projet de « The Ocean Fondation », basée à Washington DC.« Des progrès politiques significatifs ont été accomplis au cours des deux dernières décennies, mais pour une conservation efficace de ces espèces, une accélération importante de la dynamique et un élargissement de la portée des mesures sont nécessaires pour prendre en compte toute la diversité de ces espèces exceptionnelles. Notre analyse démontre clairement que la nécessité d’une telle action est urgente ». Les requins, raies et chimères sont appelés « poissons cartilagineux » en raison de leurs squelettes constitués de cartilage plutôt que d’os. Ils sont l’un des groupes d’animaux les plus anciens et les plus écologiquement diversifiés au monde. L’étude est le résultat d’une collaboration de 302 experts de 64 pays différents. Toutes les informations sur la situation mondiale des requins, raies et chimères : http://www.iucn.org/fr/ ?14311/A-quarter-of-sharks-and-rays-threatened-with-extinction Plus d’informations sur la situation en France métropolitaine de ces espèces : http://uicn.fr/liste-rouge-nationale-les-requins-et-raies-de-france-metropolitaine-menaces-par-une-peche-non-durable/

Position du Comité français de l’UICN sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes

Les zones humides abritent un très grand nombre d’espèces animales et végétales adaptées et caractéristiques de ces milieux. Elles rendent de nombreux services à notre société, tels que la production de nourriture et de matériaux divers, la régulation de la ressource en eau ou encore le contrôle des pollutions. Pourtant, près de 67% des zones humides métropolitaines ont disparu depuis le début du XXème siècle : leur conservation est donc un enjeu prioritaire et le lancement d’un nouveau plan national d’actions en 2014 a été annoncé par le gouvernement lors de la 2ème conférence environnementale. Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est né en 1967 et les associations de protection de l’environnement s’y sont montrées réticentes dès les premières phases, contestant ce choix d’aménagement du territoire et constatant les très forts impacts écologiques de ce projet. Il a récemment déclenché de vives réactions et manifestations citoyennes et associatives, dont l’ampleur est souvent comparée à la mobilisation contre l’extension du camp militaire sur le plateau du Larzac ou contre le projet d’implantation de la centrale nucléaire dans le Cap Sizun du début des années 1970 à 1981. Le site concerné, d’une superficie d’environ 1600 hectares, est en effet constitué à 98 % de zones humides. Il s’agit d’un espace bocager de landes et de prairies humides, ainsi que de prairies mésophiles et de forêts de feuillus. L’équilibre entre les activités agricoles extensives et une artificialisation très limitée des sols a permis le maintien d’un réseau hydrographique dense caractérisé par une eau de très bonne qualité, qui de fait, joue un rôle important vis-à-vis des bassins versants avals de la Loire et de la Vilaine. En raison de la déclaration en Zone d’Aménagement Différé de 1974, l’agriculture extensive de proximité s’est maintenue. Beaucoup de milieux similaires ont déjà été drainés ou modifiés en Loire-Atlantique, département classé comme l’un des plus artificialisés de France avec un taux supérieur à 16% de sa superficie. Ce site est d’une grande importance écologique, au sens large. En effet, il englobe deux ZNIEFF et accueille une quarantaine d’espèces d’intérêt national et/ou communautaire, pour certaines protégées par les Directives « Oiseaux » et « Habitats », au même titre que plusieurs communautés végétales. Mais surtout, de par la configuration topographique, leur situation géographique, et leurs conditions d’usages, ces zones humides jouent un rôle clé dans la régulation de la ressource en eau, dont l’écrêtement des crues. La destruction de cet écosystème, même accompagnée de mesures compensatoires adéquates, aura des impacts autant quantitatifs que qualitatifs sur les masses d’eaux de surface, souterraines et de transition à une échelle bien plus large que celle du site, sans oublier l’augmentation du risque d’inondation pour les habitants des villes alentours. Enfin, la mise en œuvre de ce projet créera en l’état un précédent dommageable pour de nombreux sites naturels en France. La mise en œuvre de la doctrine « Eviter-Réduire-Compenser » apparaît en effet insuffisante dans la méthodologie proposée par les maîtres d’ouvrages, de par la globalisation des fonctions à compenser, les ajustements réalisés en termes de surfaces de zones humides impactées et la conversion en « Unité de Compensation Globale » de l’évaluation des impacts résiduels sur ces zones humides. Le manque de justification de cette méthode a été avancé par de nombreux experts et par le Conseil National de la Protection de la Nature. Le Comité français de l’UICN estime donc qu’il est nécessaire, avant le lancement de tout travaux, de compléter les connaissances par la réalisation d’études permettant d’aboutir à une connaissance approfondie des impacts du projet sur les systèmes écologiques du site et de ses alentours. Il est notamment indispensable de disposer de données précises sur les fonctions liées à la gestion de la ressource en eau et sur les risques potentiels engendrés par la disparition d’une telle superficie de zones humides fonctionnelles. Ces études doivent être réalisées pour définir et mettre en oeuvre toutes les actions nécessaires pour éviter, réduire et compenser les impacts sur les services rendus par les zones humides et les espèces présentes dans une démarche d’exemplarité et d’excellence environnementale.