Réaction à la révision du statut de protection du Loup en Europe

Le Conseil de l’Union européenne (UE) a adopté aujourd’hui la révision du statut de protection du Loup gris (Canis lupus), entérinant l’affaiblissement de la protection de l’espèce sur le sol européen. Après le vote du Parlement de l’UE en ce sens en mai dernier, le loup est désormais retiré de l’Annexe IV de la Directive Habitats Faune Flore qui lui conférait une protection stricte, pour être placé dans l’Annexe V qui autorise l’application de mesures de gestion. La gestion de l’espèce restant malgré tout encadrée dans l’UE, les Etat membres devront s’assurer de prendre les mesures nécessaires pour garantir que les tirs de loups dans la nature soient rigoureusement compatibles avec son maintien dans un état de conservation favorable. Cependant, selon la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN, six des neuf populations de loups présentes dans l’Union européenne sont classées vulnérables ou quasi-menacées. L’espèce est également classée vulnérable en France. La priorité devrait donc être d’atteindre et de garantir à long terme l’état de conservation favorable du loup, avant d’envisager des mesures de contrôle de ses populations. Alors que le Comité permanent de la Convention de Berne et l’Union européenne avaient jusqu’ici toujours basé leurs décisions sur la réalité des données établies, ce déclassement sans précédent suscite la préoccupation du Comité français de l’UICN. Cette décision soulève des interrogations sur la place accordée aux connaissances scientifiques dans les décisions relatives à la préservation des espèces, faisant craindre une gestion inefficace pour réduire la prédation sur les troupeaux domestiques et constituant un recul supplémentaire dans les engagements en faveur de la biodiversité. Le Comité français de l’UICN continue à plaider en faveur d’une cohabitation durable entre le loup et les activités humaines, notamment d’élevage, et appelle instamment à poursuivre la recherche déterminée d’une approche équilibrée. Il souligne pour cela la nécessité de fonder les décisions prises sur la base des connaissances scientifiques les plus récentes, et d’appuyer les options retenues sur les expériences de terrain ayant fait la preuve de leur efficacité. À l’heure où les Etats membres préparent leur plan national dans le cadre du règlement européen sur la restauration de la nature, le Comité français rappelle le rôle primordial des grands prédateurs, dont le loup, dans l’équilibre des écosystèmes. Une politique ambitieuse en matière de restauration de la nature devrait donc pleinement inclure le maintien de cette espèce essentielle et organiser sa coexistence durable avec les activités humaines. >> Consulter les recommandations du Comité français de l’UICN pour une cohabitation durable avec le loup Photo bandeau :Loup gris (Canis lupus) © Roland Clerc
L’UICN se félicite de la stratégie de l’Union Européenne pour la biodiversité à l’horizon 2030 et recommande aux États membres de faire également preuve d’une ambition élevée

L’UICN salue la nouvelle stratégie de l’UE pour la biodiversité jusqu’en 2030. Compte tenu de la situation mondiale post COVID-19, il est essentiel que les États membres de l’UE s’emparent de cette stratégie et adoptent toutes les mesures nécessaires pour garantir l’atteinte de ses objectifs. Nous devons également définir de nouvelles actions spécifiques en consultation avec les parties prenantes, afin de garantir le rôle central de la nature, qui conduira à une reprise efficace et durable et à une société future résiliente. En plus de l’urgence environnementale, nous sommes maintenant confrontés à l’une des plus grandes crises sanitaires du siècle dernier : l’épidémie de COVID-19. Dans ce contexte, la stratégie de l’UE pour la biodiversité à l’horizon 2030 doit être une pierre angulaire de la feuille de route européenne vers la reprise, car elle est un outil fondamental pour restaurer une relation homme-nature saine et mutuellement bénéfique. Cette stratégie est une première étape pour un leadership européen fort lors des négociations de la Convention sur la diversité biologique l’année prochaine : c’est l’occasion pour l’Europe de s’affirmer comme un chef de file ambitieux sur la scène mondiale, lors des préparatifs en cours sur le futur cadre mondial de labiodiversité. En ce sens, il est également essentiel que les États membres fassent preuve d’ambition au niveau national. À cet effet, le Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille en janvier 2021 offre une excellente plateforme. L’UICN appelle à la définition de nouvelles actions concrètes qui définiront la manière dont la stratégie sera mise en œuvre dans l’UE et dans les États membres. Cela fournirait également l’occasion d’une importante consultation avec les parties prenantes. Grâce à l’allocation des ressources nécessaires – en particulier grâce à une PAC renouvelée et respectueuse de l’environnement – et en faisant de la biodiversité une priorité dans l’agenda politique, l’Europe pourra mettre la nature au cœur de la reprise et montrer l’exemple au niveau mondial. L’UICN attend avec intérêt le soutien du Parlement européen et du Conseil européen pour la stratégie et sa mise en œuvre. Selon la Liste rouge européenne des abeilles de l’UICN, ces espèces sont soumises à de fortes pressions dans toute l’Europe. Les abeilles ne sont que l’un des nombreux pollinisateurs, fournissant un service fondamental pour la survie de notre écosystème. Leur déclin n’est pas seulement une perte pour la nature, il menace les écosystèmes dont nous dépendons, y compris notre production alimentaire. Par conséquent, la publication aujourd’hui de la stratégie de la « Ferme à la Fourchette » est un signe positif : nous devons trouver des moyens de réfléchir ensemble à la conservation de la nature et à l’agriculture durable. « Ces deux stratégies doivent être fortement interconnectées : cela représente une excellente occasion de rassembler tous les efforts et d’assurer une transition vers une utilisation durable des terres européennes à l’avenir. Pour une mise en œuvre réussie des objectifs liés à l’agriculture, il est essentiel que la PAC et la stratégie de l’UE en matière de biodiversité soient alignées de manière cohérente », a déclaré Luc Bas, directeur du Bureau régional européen de l’UICN. Plus d’informations – Article original (anglais) – La stratégie biodiversité de l’UE – La réaction de l’UICN sur cette stratégie Photo bandeau © Markus Spiskeon Unsplash
BEST 2.0 : l’appel à projets 2017 est lancé !
L’appel à projets 2017 du programme BEST 2.0 pour 2017 est lancé aujourd’hui lundi 20 mars. Cet appel s’adresse aux acteurs de la conservation de la biodiversité dans les Pays et Territoires d’outre-mer (PTOM) de l’Union européenne dans les régions Pacifique, Océan Indien, Caraïbe, Atlantique Sud, et Polaires/sub-polaires. Les candidats peuvent postuler pour des petites subventions (jusqu’a 100 000 euros) avant le 14 avril 2017. Le Programme BEST 2.0 (biodiversité et services écosystémiques dans les territoires d’outre-mer européens) a lancé le troisième et dernier appel à projets « petites subventions » pour des projets appuyant la conservation de la biodiversité et des services écosystémiques dans les PTOM de l’UE. Les porteurs de projets éligibles Ce troisième appel est ouvert aux acteurs locaux des PTOM: organisations de la société civile, municipalités, villes ou services communaux, Provinces en Nouvelle-Calédonie, et PME répondant aux critères de la micro-entreprise. Dans le Pacifique et l’Océan Indien, les 2 régions pour lesquelles l’appel à projets est coordonné par le Comité français de l’UICN, les territoires concernés sont : la Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, la Polynésie française et Pitcairn pour le Pacifique, et les îles éparses et l’archipel des Chagos pour l’Océan Indien. Types de subvention Deux types de subventions sont disponibles : des « petites subventions rapides » allant jusqu’à 50 000 euros, et des « petites subventions » entre 50 000 et 100 000 euros. Les projets financés doivent contribuer à des résultats tangibles en termes de conservation de la biodiversité et/ou d’utilisation durable des ressources naturelles et des services écosystémiques, y compris l’adaptation au changement climatique ou son atténuation fondée sur les écosystèmes. Date de clôture de l’appel à projets Vendredi 14 avril 2017 – 23h59 (heure de Paris GTM +1) Vous souhaitez présenter un dossier ? Rendez vous sur le portail dédié du Programme BEST 2.0, où vous trouverez les lignes directrices pour les demandes de petites subventions, les critères d’éligibilité, les réponses aux questions fréquemment posées, des conseils et leçons apprises de l’appel 2015. C’est sur ce portail qu’il vous faudra soumettre une note de concept avant le 14 avril 2017. Contacts et liens utiles Contact région Pacifique: pacific_hub@uicn.fr Contact région Océan Indien: indianocean_hub@uicn.fr Page BEST de l’UICN France Portail BEST 2.0 Site BEST de la Commission Européenne (fiches d’information sur les projets financés précédemment) Article de Polynésie 1ère sur le sujet
La conférence internationale de Guadeloupe renouvelle l’engagement des outre-mer européens sur la biodiversité et le changement climatique
Le Comité français de l’UICN a participé à la Conférence Internationale sur la Biodiversité et le Changement climatique dans les Outre-mer européens, organisée par le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, la Commission européenne, le gouvernement français, le Conseil Régional de la Guadeloupe, le gouvernement des îles Vierges britanniques, l’association des Pays et Territoires d’Outre-mer et l’UICN, qui s’est tenue en Guadeloupe du 22 au 25 octobre 2014. Six ans après le « Message de La Réunion », les 250 experts et représentants de haut niveau ont adopté le « Message de Guadeloupe », une feuille de route pour guider les efforts en matière de lutte contre la perte de biodiversité et les effets du changement climatique pour les 5 prochaines années. Les ateliers thématiques ont porté sur la résilience au changement climatique, la lutte contre la perte de la biodiversité, le développement des économies verte et bleue, l’avancement de la recherche sur la biodiversité et le changement climatique et la facilitation de la mobilisation des financements et l’accès aux ressources. « L’adoption du Message de la Guadeloupe est d’une importance particulière pour les entités de l’outre-mer européen et pour leurs pays voisins car ils sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique », déclara Nicolas Hulot, envoyé spécial du Président de la République française pour la protection de la planète. Parmi les actions définies dans la feuille de route du Message de la Guadeloupe, le Comité français de l’UICN salue en particulier : la mise en place d’observatoires du changement climatique, le développement de stratégies d’adaptation et d’atténuation au changement climatique qui s’appuient sur des solutions fondées sur la nature, le renforcement de la gestion des aires protégées, le développement de stratégies régionales de lutte contre les espèces exotiques envahissantes, la mise en œuvre de plans d’actions sur les espèces menacées, la meilleure prise en compte des services rendus par la nature, l’amélioration de l’éco-conditionnalité des financements publics, la poursuite de la mise en œuvre du dispositif BEST avec une gouvernance représentative et un mécanisme financier spécifique. Le Comité français de l’UICN accueille favorablement les engagements pris par la France, présentés par la Ministre de l’écologie, Ségolène Royal, en particulier la création du Parc naturel marin de Martinique, l’étude d’un projet de parc national pour les marais de Kaw en Guyane, la finalisation du Réseau écologique des départements d’outre-mer (REDOM), le soutien à la poursuite des chapitres outre-mer de la Liste rouge nationale des espèces menacées ainsi que du programme TEMEUM. Madame George Pau-Langevin, Ministre des Outre-mer se félicita de la qualité des travaux ainsi que de la dynamique enclenchée. Elle indiqua que le processus d’engagements devait se poursuivre et s’amplifier, en particulier sur le milieu marin et qu’elle apportera son soutien total pour porter le Message de Guadeloupe. Associé à ses membres et experts, le Comité français de l’UICN sera un partenaire de la mise en œuvre du « Message de la Guadeloupe » et suivra la réalisation des engagements pris. « Le Message de Guadeloupe démontre un haut niveau d’ambition et une voie à suivre pour la mise en œuvre d’objectifs concrets, qui, nous l’espérons, permettra aux entités d’outre-mer de l’Union Européenne d’atteindre, – et même de précéder – les objectifs internationaux de biodiversité d’Aichi en 2020 », déclara Julia Marton- Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. Document joint Message from Guadeloupe
Le projet « Sea For Society » : imaginons ensemble la « Blue Society »
Sea for Society est un projet européen, piloté par Nausicaa, qui a pour objectif de consulter et d’impliquer la société civile en Europe sur les enjeux de la mer. Le Comité français de l’UICN est partenaire de ce projet qui réunit 28 organismes issus de 11 pays européens et d’Israël. L’objectif est d’associer chercheurs, décideurs politiques, acteurs économiques, représentants de la société civile, jeunes et citoyens à travers le dialogue, l’apprentissage mutuel et une action commune autour d’une nouvelle façon d’appréhender la mer et les océans, nommée la « Blue Society ». Comment pouvons nous développer une approche plus intégrée et plus durable des écosystèmes marins et des littoraux en Europe ? Financé par l’Union Européenne, le projet Sea for Society (SFS) s’efforce d’apporter des réponses innovantes. L’océan mondial et les solutions que celui-ci offre en termes de développement économique, social, culturel ou technologique sont définitivement une composante clé avec laquelle il faut compter. Le projet « Sea For Society » (SFS) est un « Plan d’action mutualisé pour l’apprentissage et la mobilisation » qui regroupe 28 partenaires de 12 pays dans un processus de dialogue et d’actions conjoints pour examiner les questions clés, mettre en évidence les problèmes transversaux et proposer des solutions afin de garantir une gestion durable des services rendus par les écosystèmes marins par les citoyens européens. Les acteurs et citoyens européens donnent leur voix Des études antérieures ont démontré que les citoyens européens ne sont pas pleinement conscients des services que rendent les écosystèmes marins et de l’impact du comportement de chacun. De mai à octobre 2013, neuf Etats européens ont organisé des consultations nationales à destination des jeunes/ citoyens et des acteurs sociaux économiques pour débattre sur leur relation avec la mer et les océans dans leur vie quotidienne. La méthodologie développée pour les débats européens, proposée par l’Université Nationale d’Irlande, Galway, appelée « Collective Intelligence » (Intelligence Collective), est identique dans tous les pays. Six thèmes liant l’environnement marin à la vie quotidienne ont été retenus : Santé humaine, Énergies, Loisirs et Tourisme, Aménagement du Territoire et Alimentation. Cette approche participative nouvelle rassemble un réseau d’acteurs ayant des opinions et des intérêts parfois différents, si ce n’est opposés, mais qui, collectivement, possèdent la connaissance et les solutions pour avancer vers une utilisation intégrée et durable des ressources marines. En France, ces consultations ont eu lieu en juin et en septembre 2013. Une approche collective pour aider des politiques maritimes européennes intégrées et soutenir l’engagement public et privé vers la Blue Society Les résultats de cette phase de dialogue ouvert seront comparés et analysés sur une base transnationale de façon à identifier et sélectionner les défis transversaux de diverses régions et cultures en Europe. En 2014, une campagne de mobilisation sera lancée dans toute l’Europe pour élargir le transfert de connaissance et des meilleures pratiques vers une audience beaucoup plus large. Elle aura pour objectif de renforcer le pouvoir des acteurs et des citoyens de développer des solutions novatrices communes basées sur le concept de « Blue Society ». En 2015, une conférence européenne présentera les résultats et les perspectives de ce large engagement mutuel de la Blue Society. Ce Plan de mobilisation et d’apprentissage mutuel a pour objectif d’aider la Direction Générale de la Recherche et l’Innovation de la Commission Européenne à mieux identifier les futurs thèmes de recherche, les nouveaux modes de gouvernance de l’environnement marin et maritime et de favoriser des investissements pour une Blue Society, le tout à des niveaux régionaux, nationaux et européens. La « Blue Society » vise ainsi à développer des technologies et des produits nouveaux et novateurs fondés sur les immenses opportunités offertes par les océans de la planète pour répondre aux besoins des générations présentes et futures dans un esprit de « croissance positive », et pour prendre en compte la restauration et la durabilité des écosystèmes marins. Nous vous invitons à consulter le site internet du projet Sea For Society http://seaforsociety.eu ainsi que le blog France http://seaforsociety-france.blogspot.fr/ Contact Pauline Teillac-Deschamps, Chargée du programme « écosystèmes » Document joint Brochure Sea for society
La Commission européenne s’attaque aux espèces envahissantes
La nouvelle proposition législative publiée hier par la Commission européenne vise à assurer une action coordonnée au niveau européen pour lutter contre les impacts des espèces exotiques envahissantes. L’UICN, réunissant certains des meilleurs experts en la matière en Europe, se félicite de cette nouvelle proposition mais souligne certaines préoccupations. « La proposition de la Commission européenne ouvre la voie vers une action plus importante et mieux coordonnée en Europe, incluant ses entités d’outre-mer, pour lutter contre les espèces exotiques envahissantes », a déclaré Luc Bas, directeur du Bureau de représentation de l’UICN auprès de l’Union européenne (UE). « La prévention, les systèmes d’alerte précoce et de réaction rapide, l’éradication et les mesures de contrôle, sujets inclus dans la proposition et soutenus par les experts de l’UICN, vont dans la bonne direction. Cependant, il y a certains éléments qui doivent encore être précisés, tels que le processus d’identification des espèces prioritaires ». Selon la proposition législative, une liste d’espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’UE sera développée. Un plafond de 50 espèces à inclure dans cette liste est proposé. Un comité, composé de représentants des gouvernements de l’UE et d’institutions, doit être mis en place pour prendre des décisions sur les ajouts ou suppressions dans cette liste. « Le plafond proposé par la Commission européenne est beaucoup trop faible pour atteindre les objectifs en matière de biodiversité au niveau de l’UE et au niveau mondial. En outre, le calendrier proposé de cinq ans pour la révision éventuelle de cette liste ne garantit pas la flexibilité nécessaire pour réagir rapidement aux nouvelles menaces », a déclaré Piero Genovesi, Président du Groupe de spécialistes des espèces envahissantes de la Commission de Sauvegarde des Espèces de l’UICN. « Le processus pour ajouter des espèces à la liste est d’une importance cruciale. Il doit être fondé sur la science et être réactif. Les décisions doivent être prises à la suite de recommandations sur l’évaluation des risques et de ne pas se baser sur des intérêts politiques. L’UICN appelle à l’implication des acteurs concernés et des scientifiques dans le comité proposé « . Il existe plus de 1500 espèces exotiques qui engendrent des impacts négatifs en Europe. Rien qu’à Londres, 76 espèces envahissantes ont été signalées. Les espèces exotiques envahissantes génèrent des coûts élevés et réduisent la biodiversité. Elles posent de sérieux défis pour la santé publique et l’économie, et peuvent endommager les infrastructures. Selon l’UICN, il est essentiel que des ressources financières soient disponibles aux niveaux européen et national pour mettre en œuvre les mesures prévues, en particulier pour les réponses d’urgence face aux invasions. Un certain nombre d’exemples d’échec à répondre rapidement en raison du manque de ressources existent déjà, comme le Frelon asiatique (Vespa velutina) en France, le Raton laveur (Procyon lotor) en Espagne, l’Ecureuil gris d’Amérique (Sciurus carolinensis) en Italie, la Limace espagnole (Arion vulgaris) en Suède et le Poisson-lion (genre Pterois) dans la région des Caraïbes. Avec les ressources nécessaires et l’implication de tous les acteurs clés, la réduction de l’impact des espèces envahissantes est possible. Par exemple, l’élimination des rats de la petite île méditerranéenne de Montecristo a augmenté le succès de reproduction des puffins indigènes, qui étaient menacés, à 90%. Une publication récente de l’UICN a mis en évidence des exemples d’actions locales efficaces dans les zones urbaines de plus de 15 pays européens. « Les villes sont voies importantes d’entrée des espèces envahissantes, par exemple à travers des arrivées accidentelles avec des navires ou avec le commerce d’animaux de compagnie et de plantes ornementales. Toutefois, tel que présenté lors de la récente conférence de l’UICN sur les espèces envahissantes dans les zones urbaines, les villes sont également essentielles pour empêcher de nouvelles introductions et sensibiliser les citoyens aux problèmes liés aux espèces envahissantes », a déclaré Chantal van Ham, Chargée du Programme européen de l’UICN. La proposition de la Commission européenne doit être adoptée par le Parlement européen et le Conseil avant de devenir opérationnelle. L’UICN espère que ce processus se traduira par un instrument législatif renforcé et concerté et qu’il ne sera pas reporté après les élections l’année prochaine. L’UICN continuera de fournir des informations scientifiques et de faciliter le dialogue entre les parties prenantes sur cette question très urgente. En particulier, le Comité français de l’UICN poursuit la mise en oeuvre de son Initiative sur les espèces exotiques envahissantes en outre-mer et envisage d’organiser l’année prochaine un colloque national sur ce thème.
Objectif biodiversité 2010 non atteint : l’UICN France demande une nouvelle stratégie
En 2001, l’Union Européenne s’engageait à stopper l’érosion de la biodiversité à l’horizon 2010. Pour répondre à cet engagement et à ceux de la convention sur la diversité biologique, la France a adopté sa Stratégie nationale pour la biodiversité et lancé 11 plans d’action. Aujourd’hui, force est de constater que l’objectif fixé n’a pas été atteint. En cette année internationale de la biodiversité, la France doit redéfinir une nouvelle stratégie à la hauteur des enjeux et de ses responsabilités. La biodiversité continue de se dégrader sur le territoire français comme le montrent les derniers chiffres de la Liste rouge des espèces menacées en France : 1 espèce d’oiseaux sur 4, 1 espèce d’amphibiens, de reptiles et de poissons d’eau douce sur 5, 1 espèce de mammifères sur 10, ou encore 1 espèce d’orchidées sur 6 risquent de disparaître en métropole. Outre-mer, 49 des 100 espèces considérées comme les plus envahissantes au monde sont présentes et nos récifs coralliens sont endommagés de 10 à 80 % selon les territoires. La stratégie nationale pour la biodiversité a permis de commencer à intégrer les enjeux de biodiversité dans les grandes politiques publiques (agriculture, infrastructures de transport, mer, tourisme…). Des progrès ont été accomplis et la prise en compte de la biodiversité s’est améliorée. Sur les 10 dernières années, les espaces naturels protégés progressent en nombre (+32%) et en surface (+20%), ainsi que les financements dédiés à la protection de la biodiversité, notamment grâce à l’implication des collectivités locales et des entreprises. Pourtant, toutes ces actions restent encore nettement insuffisantes pour freiner les pressions qui s’exercent sur la biodiversité. Les tendances lourdes comme l’artificialisation du territoire, l’intensification agricole et l’exploitation excessive de la mer se poursuivent à un rythme important. Une simple révision de la stratégie nationale pour la biodiversité ne sera pas suffisante : elle doit être redéfinie et largement renforcée. Le portage politique devra être assuré aux plus hauts niveaux de l’Etat et ses résultats doivent être présentés chaque année devant le Parlement. Des moyens humains et financiers nouveaux devront être mobilisés pour répondre aux ambitions affichées. Le caractère « national » de cette stratégie doit être impérativement développé : elle doit être un cadre commun qui incite et mobilise tous les acteurs de la société (Etat, établissements publics, associations, collectivités locales, entreprises, citoyens…) à agir ensemble pour préserver la biodiversité. Elle doit influencer beaucoup plus efficacement les grandes politiques publiques, dont plusieurs prennent insuffisamment en compte la biodiversité. Enfin, la stratégie devra être complétée dans des domaines importants, non couverts actuellement, comme l’éducation et l’économie. En cette année internationale de la biodiversité, la France, pays particulièrement riche en biodiversité au niveau mondial grâce à l’outre-mer, doit soutenir des propositions à la hauteur des enjeux et de ses responsabilités, à travers le renforcement de sa stratégie nationale et d’autres initiatives proposées lors du dernier Congrès français de la nature (20 janvier 2010, Paris). Elle doit avoir une action exemplaire lors de la 10ième conférence des parties de la Convention sur la Diversité Biologique (Nagoya, octobre 2010), où un nouvel objectif et d’un nouveau cadre d’action international seront adoptés. Documents joints CP SNB 2010 UICN France Bilan SNB 2004 2010 UICN France Résolution AIB 2010 UICN France
Union européenne et outre-mer : le message de l’île de La Réunion
Le message final issu de la première conférence sur le changement climatique et la perte de biodiversité organisée à l’échelle de l’outre-mer européen a été rendu public mercredi 8 octobre à Barcelone, à l’occasion du Congrès mondial de l’UICN. Ce document contient l’ensemble des conclusions et recommandations issues de la conférence. La conférence « L’Union européenne et l’outre-mer : stratégies face au changement climatique et à la perte de biodiversité », co-organisée par l’UICN, l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique, la Région Réunion et le Ministère de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales, s’est tenue à La Réunion du 7 au 11 juillet 2008, en tant qu’événement du calendrier officiel la Présidence française de l’Union européenne. Face au changement climatique et à la perte de biodiversité, la conférence a réuni pour la première fois les représentants des 7 Régions ultra-périphériques (RUP) et des 21 Pays et territoires d’outre-mer (PTOM) de l’Union européenne, ainsi que des délégués d’Etats membres, des institutions européennes, de certains Petits Etats Insulaires en Développement (PEID), d’organisations internationales et régionales, d’instituts de recherche, de la société civile et du secteur privé. La conférence avaient deux objectifs : Elle visait d’une part à susciter une prise de conscience de la richesse écologique de l’outre-mer européen et des menaces auxquelles il est confronté. D’autre part, à proposer une stratégie politique européenne capable d’y répondre par des actions concrètes sur l’adaptation au changement climatique, les énergies renouvelables, la conservation de la biodiversité et la gestion des écosystèmes. Le « Message de l’île de La Réunion », adopté par les participants, présente 21 propositions pour les RUP, les PTOM et leurs régions du monde. Il est renforcé par des recommandations en matière d’actions et de mesures issues des 11 tables-rondes et ateliers, auxquels ont contribué plus de 400 personnes. Pour visiter le site Internet de la conférence >> cliquez ici. Document joint Message de l’île de La Réunion 7-11 juillet 2008
L’Union européenne et l’outre-mer

L’UICN organise, en partenariat avec l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC) et le Conseil régional de La Réunion, une conférence internationale intitulée « L’Union européenne et l’outre-mer – Stratégies face au changement climatique et à la perte de biodiversité » à Saint-Denis de La Réunion du 07 au 11 juillet 2008. Cette conférence est un évènement officiel de la Présidence française de l’Union européenne. L’Union européenne comprend 7 Régions ultrapériphériques (RUP), qui font partie intégrante de son territoire, et 20 Pays et territoires d’outre-mer (PTOM) qui lui sont associés. Ces 27 entités forment un réseau unique au monde réparti sur tous les océans de la planète. Les RUP et les PTOM possèdent une biodiversité d’une richesse et d’une variété extraordinaire, qui est un patrimoine de premier plan mondial mais aussi un élément essentiel de leur potentiel économique, social et culturel. Des menaces importantes s’exercent sur ce patrimoine, telles que la destruction des habitats, la diffusion rapide des espèces envahissantes ou encore la pollution des milieux naturels. A ces menaces traditionnelles vient désormais s’ajouter le changement climatique, auquel les RUP et les PTOM sont souvent particulièrement exposés. Une synthèse scientifique de ces enjeux est actuellement coordonnée par l’UICN, en coopération avec l’ONERC pour la partie française, et sera publiée en français et en anglais avant la conférence. Dans ce contexte, les RUP et les PTOM méritent l’attention de toute l’Union européenne. Ils sont habités par des citoyens européens et se trouvent dans des régions d’une importance écologique planétaire, au voisinage de pays avec lesquels l’Union coopère étroitement : pays ACP et Petits Etats Insulaires en Développement (PEID), qui font souvent face aux mêmes défis écologiques. Les RUP et PTOM offrent ainsi à l’Union européenne de grandes opportunités pour développer ses politiques et renforcer sa contribution globale et régionale en matière d’environnement. Avec l’appui de l’Europe, ils peuvent devenir des pôles d’excellence en matière de recherche pour le développement durable, de gestion des écosystèmes, de protection de la biodiversité, d’énergies renouvelables et d’adaptation au changement climatique. En s’appuyant sur des processus et des engagements existants, la conférence souhaite encourager l’Union européenne à se doter d’un nouveau volet de sa politique environnementale s’appuyant sur les RUP et les PTOM, et permettre un renforcement de la coopération avec leurs voisins régionaux : Petits Etats Insulaires en Développement (PEID) et pays ACP. Compte tenu de son engagement sur l’outre-mer, le Comité français de l’UICN est associé à la préparation de cette importante manifestation et travaille en étroite collaboration avec le Bureau européen de l’UICN, coordinateur de l’événement. Contacts : jean-philippe.palasi@iucn.org et yves.desoye@iucn.org Pour télécharger le document de présentation et le programme de la conférence >> cliquez ici. Lien vers le site Internet du Bureau européen de l’UICN >> ici. Document joint Programme_Conference_UE_Outre-mer_-_Juil_08_Fr_final