Retour sur les Journées FRB : Biodiversité et transition écologique
La journée annuelle de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) du 5 octobre avait pour thème « Biodiversité et transition énergétique : enquêtes sur des liaisons dangereuses » Plus de 300 personnes ont participé à cet événement, dont le Comité français de l’UICN qui a présenté l’intérêt des Solutions fondées sur la Nature et l’importance de la prise en compte de la biodiversité dans le développement des énergies renouvelables lors d’une table ronde « Réconcilier biodiversité énergétique avec les acteurs ». D’autres structures sont également intervenues à cet événement, Iddri, LIFTI, Orée, EDF, Engie, Suez, Total, Enedis, RTE, GRT gaz, CCI France, Séché environnement, LPO, EPE, Icare & consult, AFB, afin d’apporter leur témoignage sur les actions ou les réflexions déjà engagées dans leurs entreprises, aux côtés des instituts de recherche comme l’IRD, le Cirad, l’Inra, le MNHN ou encore l’IIASA. L’ensemble des ces interventions et des échanges ont montré les impacts possibles de la transition énergétique sur la biodiversité et l’importance de concilier ces deux politiques environnementales, que sont celle de la préservation de la biodiversité et celle de la lutte contre le changement climatique. Ce message principal rejoint celui porté par le Comité français de l’UICN depuis plusieurs années (travaux de la Commission de Gestion des écosystèmes, recommandations du Congrès français de la nature et du Congrès mondial de l’UICN). En complément de ces témoignages, cette journée fut l’occasion pour le Ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot d’annoncer ses priorités et sa volonté de placer les enjeux de la biodiversité au même niveau que la lutte contre le changement climatique. Dans le même temps, le ministre a appelé les chercheurs à guider l’action publique, orienter ses choix et l’appuyer dans la reconquête de biodiversité. Plus d’informations – Télécharger le Compte rendu des Journées FRB 2017 – Accéder à la synthèse de l’article scientifique – Site internet de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité – Publications de l’UICN France sur le thème de la transition énergétique et la biodiversité : Bois-énergie et biodiversité forestière Energies marines renouvelables et biodiversité Energies marines renouvelables et biodiversité en outre-mer Montagnes et Transition énergétique
Guyane : après le pétrole, la transition écologique ?
Faisant suite à la motion adoptée en juin 2011 par ses membres au Congrès français de la nature et après des mois de mobilisation des organisations environnementales en Guyane, le Comité français de l’UICN accueille avec satisfaction la décision de la ministre de l’écologie, Nicole Bricq, de suspendre les permis de forages exploratoires d’hydrocarbures au large de la Guyane. Le patrimoine naturel de la Guyane est remarquable. Le littoral est bordé de mangroves sur un linéaire parmi les plus étendus au monde. Les côtes guyanaises abritent la plus grande population d’oiseaux limicoles d’Amérique du sud et les plages sont l’un des plus importants lieux de ponte pour les tortues marines, en particulier les tortues luth, une espèce en danger critique d’extinction selon la Liste rouge de l’UICN. Récemment, une étude conduite par l’Agence des aires marines protégées a révélé la présence de 12 nouvelles espèces de cétacés, toutes protégées au niveau national, soit un total de 27 espèces fréquentant les eaux guyanaises. La ministre de l’Ecologie a annoncé mercredi 13 juin 2012 sa décision de suspendre jusqu’à nouvel ordre ’tous les permis’ de forages exploratoires d’hydrocarbures, notamment celui de la société Shell. Les permis ont été suspendus dans l’attente de plus fortes garanties environnementales. Le Comité français de l’UICN salue cette décision mais souhaite que l’exploration et l’exploitation pétrolière, en particulier en eau profonde, soient abandonnées pour plusieurs raisons : Le pétrole est une énergie fossile dont la combustion contribue massivement aux émissions mondiales de gaz à effet de serre et à leurs conséquences sur le climat. De plus l’exploitation du pétrole en Guyane est principalement envisagée pour alimenter la demande mondiale en hydrocarbures et non pour répondre aux besoins énergétiques locaux. Les stocks de pétrole sont en diminution constante dans le monde et l’exploitation se fait désormais à des profondeurs très importantes avec des risques technologiques croissants comme le montrent les accidents récents liés à des plateformes pétrolières dans le Golfe du Mexique en avril 2010, au large de Rio en novembre 2011, ou encore au large des côtes nigérianes en décembre 2011. La prospection sismique a des incidences néfastes sur les écosystèmes et la faune marine, en particulier sur les cétacés. La Guyane a toutes les qualités pour devenir le premier département à enclencher une transition écologique en plaçant ses richesses naturelles au coeur de son développement. Par exemple, la création d’un réseau d’aires marines protégées bien gérées permettrait le développement d’activités économiques profitant directement aux populations locales à travers la pêche, l’écotourisme, et les énergies renouvelables. Ces dispositions confirmeraient l’ambition du gouvernement français de définir un nouveau modèle de développement écologique basé sur une gestion durable des ressources naturelles, et la mise en place d’une véritable « économie verte ». Motion sur les forages pétroliers offshore en Guyane (27 juin 2011) Document joint Forages pétroliers offshore en Guyane