D’importants engagements pris au sommet de l’UICN pour sauver les espaces naturels les plus précieux de la planète

Le Congrès mondial des parcs de l’UICN 2014, le grand forum décennal mondial sur les aires protégées, se termine aujourd’hui avec la publication de la Promesse de Sydney. La Promesse établit un programme ambitieux visant à sauvegarder les biens naturels de la planète, décliné dans des actions telles que l’arrêt de la perte des forêts humides d’Asie-Pacifique, le triplement de la protection des océans au large des côtes africaines ou encore la plantation, par le secteur privé, de 1,3 milliards d’arbres le long de l’historique Route de la Soie. La Promesse comprend des engagements pris par des gouvernements, des organisations internationales, le secteur privé, des dirigeants autochtones, des groupes communautaires et des particuliers ; un grand nombre continue de s’ajouter à ceux déjà enregistrés. Le document souligne le besoin d’intensifier les efforts mondiaux pour protéger les espaces naturels, y compris par le biais d’une protection des paysages et des océans à plus grande échelle. Il comprend des engagements portant sur des investissements dans des solutions axées sur la nature et visant à arrêter la perte de biodiversité, répondre au changement climatique, réduire le risque et les effets des catastrophes, améliorer la sécurité alimentaire et de l’eau et promouvoir la santé humaine. Il vise aussi à inciter les habitants de la planète, de toutes les générations et de toutes les cultures, à bénéficier des merveilles de la nature à travers les aires protégées. « Les aires protégées sont, de loin, le meilleur investissement que l’on puisse faire à l’heure actuelle pour répondre à certains des grands défis du développement », dit Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « Le Congrès a catalysé d’importants engagements des décideurs à tous les niveaux de la société, afin de sauvegarder les bienfaits que les aires protégées apportent à l’humanité et d’assurer un avenir durable. Établie sur la base des connaissances collectives de plus de cinq mille spécialistes des aires protégées de tout premier plan, plus beaucoup d’autres qui ont à cœur l’avenir de notre planète, la Promesse de Sydney recueille des stratégies novatrices pour protéger ces espaces exceptionnels. » Organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et ayant pour hôtes le gouvernement australien et celui de la Nouvelle-Galles du Sud, le Congrès a réuni plus de 6000 participants de plus de 170 pays. « L’Australie se réjouit d’avoir accueilli un Congrès si réussi et pris des engagements dans le cadre de la Promesse de Sydney », dit le Ministre australien de l’Environnement, Greg Hunt. « Ils vont de l’interdiction des déblais de dragage dans la Grande Barrière et un accord historique avec la Chine pour interdire l’exploitation minière en Antarctique, à de nouvelles initiatives pour la restauration des forêts humides de la région Asie – Pacifique et l’arrêt de la perte d’espèces dans nos parcs nationaux. Ce Congrès a été une source d’inspiration majeure ; il s’agit maintenant de mettre en œuvre les solutions novatrices aux grands enjeux qui touchent notre planète. » La Promesse de Sydney trace une voie permettant d’atteindre l’objectif mondial de protection de 17% des espaces terrestres et 10% des océans d’ici 2020. Le rapport « Planète protégée », présenté à Sydney par l’UICN et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), montre que, tout en étant en bonne voie pour atteindre cet objectif, davantage d’efforts sont nécessaires afin d’assurer une gestion bonne et équitable des aires importantes pour la conservation de la biodiversité et des services écosystémiques. La Promesse de Sydney appelle également à une amélioration urgente de la protection des océans, y compris dans les zones situées au-delà des juridictions nationales. Le Congrès a souligné le besoin d’accroître les investissements et d’améliorer la qualité de la gouvernance et de la gestion des aires protégées. La diversité, la qualité et la vitalité de la gouvernance sont en effet une condition nécessaire pour assurer l’efficacité et le succès des aires protégées sur le long terme. Les délégués ont appelé à une meilleure reconnaissance des droits des peuples autochtones dans le cadre des politiques et des méthodes de gestion des aires protégées. Ils ont reconnu l’importance cruciale que revêtent les systèmes de gestion et les savoirs traditionnels pour les résultats de conservation à long terme et le bien-être des populations. Des exemples de meilleures pratiques de gouvernance équitable ont été mis en lumière grâce à la Liste verte des aires protégées, élaborée par l’UICN et présentée lors du Congrès. Cette liste est la première norme mondiale visant à définir l’excellence en matière de gestion des aires protégées. Elle comprend 23 sites situés en Australie, Chine, Colombie, Corée du Sud, Espagne, France, Italie et au Kenya, dont un certain nombre d’aires protégées autochtones. La Croatie, l’Équateur, le Mexique, le Népal, le Pérou et la Russie ont exprimé leur souhait de faire l’objet d’une évaluation pour la Liste verte lors de la phase suivante de cette initiative. Le Congrès a également souligné que les aires protégées doivent être établies là où il faut pour éviter des extinctions futures d’espèces. Le perce-oreille géant, le plus grand de la planète, a été déclaré éteint, d’après les données les plus récentes de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™ ; le Thon rouge du Pacifique, le Fugu de Chine et l’Anguille d’Amérique sont menacés en raison de la demande croissante dont ils font l’objet. L’accent a été mis sur les avantages économiques et la rentabilité de la préservation des espaces naturels de la planète, y compris en raison de leur contribution à l’adaptation au changement climatique et à l’atténuation de ses effets. De nouveaux modes de financement associant des fonds privés et publics s’avèrent nécessaires. La technologie moderne devient un nouvel acteur de la conservation de la nature : un outil de traçage de la pêche illégale et les vues sous-marines du Street View de Google ont été présentés lors du Congrès. La NASA a mis à disposition une imagerie satellitaire de pointe pour améliorer la surveillance continue des aires protégées. Vous pouvez consultez la Promesse de Sydney ici. La base de données Panorama, lancée lors du Congrès, recueille des études de cas mettant

Liste rouge de l’UICN : l’appétit mondial pour les ressources pousse de nouvelles espèces vers l’extinction

Pour satisfaire notre appétit insatiable de ressources, la pêche, l’exploitation du bois, les activités minières et l’agriculture, entre autres, menacent la survie du thon rouge du Pacifique, du fugu chinois, de l’anguille d’Amérique et du cobra chinois. Alors que la destruction des habitats naturels a déjà causé l’extinction d’un mollusque malaisien et du plus grand perce-oreille connu au monde, elle menace toujours la survie de beaucoup d’autres espèces, selon la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™ qui vient d’être mise à jour et qui a été présentée aujourd’hui au Congrès mondial des parcs de l’UICN, à Sydney, en Australie. La Liste rouge de l’UICN, qui célèbre cette année son 50ème anniversaire, comprend maintenant 76199 espèces évaluées, dont 22413 sont menacées d’extinction. Comme près de la moitié des nouvelles espèces évaluées se trouvent dans des aires protégées, l’UICN appelle à une meilleure gestion de ces sites pour empêcher tout nouveau déclin de la biodiversité. « A chaque mise à jour de la Liste rouge de l’UICN, force est de constater que notre planète continue de perdre la diversité incroyable de la vie qu’elle porte, essentiellement à cause de nos actions destructrices pour satisfaire notre appétit insatiable pour les ressources » déclare Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN.« Mais nous avons des preuves scientifiques attestant que les aires protégées peuvent jouer un rôle vital dans le renversement de cette tendance. Les experts affirment que les espèces menacées mal représentées dans les aires protégées déclinent deux fois plus vite que celles qui y sont bien représentées. Nous avons le devoir d’augmenter le nombre d’aires protégées et de veiller à leur gestion efficace pour qu’elles puissent aider à sauver la biodiversité de notre planète. » Dans la nouvelle liste, le thon rouge du Pacifique (Thunnus orientalis) est passé de la catégorie « Préoccupation mineure » à « Vulnérable », ce qui signifie qu’il est désormais menacé d’extinction. L’espèce fait l’objet d’une pêche intensive pour le marché des sushis et des sashimis, surtout en Asie. La plupart des poissons capturés sont des juvéniles qui n’ont pas encore eu le temps de se reproduire et l’on estime que la population a subit un déclin de 19 à 33% depuis 22 ans. Les aires marines protégées n’assurent pas une protection suffisante à l’espèce. Les experts de l’UICN estiment que des aires marines protégées dans les 200 milles à partir du littoral et intégrant les zones de reproduction pourraient contribuer à la conservation de l’espèce. « La valeur marchande du thon rouge du Pacifique ne cesse d’augmenter » déclare Bruce Collette, Président du Groupe de spécialistes des thonidés et istiophoridés de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN.« Tant que les pêcheries n’appliqueront pas les mesures de conservation et de gestion élaborées pour l’océan Pacifique occidental et central, notamment la réduction des captures de juvéniles, nous ne pourrons nous attendre à ce que l’état de ce poisson s’améliore à court terme. » Le fugu (Takifugu chinensis), un poisson-globe chinois, a fait son entrée sur la Liste rouge de l’UICN, dans la catégorie « En danger critique ». On estime que sa population mondiale a diminué de 99,99% depuis 40 ans en raison de la surexploitation. Mets populaire au Japon, il fait partie des quatre principales espèces de fugu consommées en sashimis. Le fugu est un des poissons les plus toxiques du monde et doit être préparé de façon experte avant d’être consommé. Le fugu chinois est présent dans plusieurs aires marines protégées le long du littoral de la Chine. Des mesures de conservation, telles que la création d’aires marines protégées soumises à une fermeture annuelle de la pêche au chalut, ont été mises en œuvre. Toutefois, selon les experts de l’UICN, le prélèvement doit être contrôlé de toute urgence pour empêcher l’extinction de l’espèce. L’anguille d’Amérique (Anguilla rostrata), inscrite dans la catégorie « En danger », est menacée par les obstacles à sa migration, le changement climatique, des parasites, la pollution, la perte de l’habitat et le prélèvement à des fins commerciales. Compte tenu du déclin de l’anguille du Japon (Anguilla japonica), également inscrite dans la catégorie « En danger », les élevages industriels intensifs d’anguilles, en Asie de l’Est, tentent de reconstituer les stocks d’ensemencement avec d’autres espèces, telles que l’anguille d’Amérique. En conséquence, les rapports sur le braconnage de l’anguille d’Amérique aux Etats-Unis se sont multipliés. Toutes ces menaces se conjuguent pour exercer des pressions sur l’espèce mais des mesures de conservation dynamiques pourraient améliorer son état. Le cobra chinois (Naja atra) vient d’être évalué et placé dans la catégorie « Vulnérable ». Sa population a décliné de 30 à 50% depuis 20 ans. On trouve le cobra chinois dans le sud-est de la Chine, à Taiwan, dans le nord du Viet Nam et en RDP Lao, et il figure parmi les principales espèces animales exportées de Chine continentale vers Hong Kong pour le marché alimentaire. Le cobra chinois est présent dans des aires protégées telles que la Réserve naturelle d’Ailaoshan, la Réserve naturelle de Daweishan (Yunnan) et le Parc national Kenting (Taiwan). Bien que le commerce international de l’espèce soit réglementé, il est urgent de renforcer les initiatives nationales de conservation pour garantir sa survie. « Le marché alimentaire en pleine expansion exerce des pressions non durables sur cette espèce, parmi d’autres » déclare Jane Smart, Directrice du Groupe mondial pour la biodiversité de l’UICN.« Il faut, sans délai, imposer des limites strictes sur le prélèvement et prendre les mesures appropriées pour protéger les habitats. » La mise à jour de la Liste rouge met également en vedette plusieurs espèces touchées par la destruction de leur habitat, notamment les 66 espèces de caméléons menacées, bien que certaines soient présentes dans des aires protégées. Le caméléon Kinyongia matschiei, endémique des monts Usambara orientaux de Tanzanie, est classé dans la catégorie « En danger ». Comme beaucoup d’autres caméléons, cette espèce utilise la couleur pour communiquer. Il s’obscurcit également lorsqu’il est stressé et enroule sa queue autour des branches pour se sécuriser. Présent dans la Réserve naturelle Amani, une aire protégée, ce reptile est menacé par le déboisement pour l’agriculture, la production de charbon de bois et l’exploitation de

L’objectif international de couverture des aires terrestres et marines protégées en bonne voie d’être atteint d’ici 2020

15,4 pour cent des zones terrestres et 3,4 pour cent des océans sont actuellement protégés mais il reste des progrès à faire pour couvrir et gérer efficacement les zones importantes pour la biodiversité et les services ecosystémiques Selon un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) publié aujourd’hui dans le cadre du Congrès Mondial des Parcs de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le monde est sur la bonne voie pour atteindre son objectif d’expansion des aires protégées d’ici 2020 mais il reste des progrès à faire pour garantir que les zones importantes pour la biodiversité et les services ecosystémiques soient protégées en priorité et gérées de manière équitable. Produit par le Centre mondial de surveillance de la conversation de la nature (WCMC) du PNUE, en partenariat avec l’UICN et financé par l’Office fédéral suisse de l’environnement (OFEV), le rapport Protected Planet effectue non seulement un suivi des efforts mondiaux en matière de soutien et d’expansion des aires protégées mais il émet également des recommandations pour aider les gouvernements à agir et à progresser plus rapidement en la matière. Le rapport constate que 15,4 pour cent des zones terrestres et des eaux intérieures et 3,4 pour cent des océans de la planète sont désormais protégés – mettant en évidence la prise de conscience mondiale croissante de la nécessité de préserver les ressources naturelles qui auront un rôle crucial dans le cadre des futurs Objectifs de développement durable. Les aires protégées sont essentielles à la conservation des espèces, des écosystèmes et des moyens de subsistance qu’ils soutiennent. Elles jouent également un rôle important pour l’adaptation et l’atténuation des impacts du changement climatique – par exemple, en réduisant les risques de catastrophes naturelles et en constituant un puits de carbone par le biais des forêts, dont 7,8 millions de km2 se trouvent dans les aires protégées. Le rapport, le deuxième d’une série de rapports visant à évaluer les progrès réalisés pour atteindre l’Objectif 11 d’Aichi de la Convention sur la diversité biologique, révèle que 1,6 million de km2 de nouvelles aires protégées ont été déclarées depuis 2012. Depuis 2010, la couverture mondiale supplémentaire totale des aires protégées équivaut à 6,1 millions de km2, soit une zone d’une superficie proche de celle de l’Australie. L’objectif 11 préconise des aires de conservation gérées efficacement et équitablement, couvrant au moins 17 pour cent des zones terrestres de la planète et 10 pour cent des zones marines et côtières – en particulier les zones importantes pour la diversité biologique et les services fournis par les écosystèmes – d’ici 2020. Le rapport Protected Planet 2014 conclut qu’il est probable que l’objectif soit atteint en termes de couverture physique. En revanche, il met en évidence le manque de progrès dans d’autres domaines tels que : assurer que les aires protégées soient situées dans des zones d’importance particulière pour la biodiversité et les services écosystémiques, qu’elles soient administrées efficacement et équitablement et qu’elles soient bien connectées. Le rapport avertit que, sans une action mondiale concertée permettant le ciblage approprié des zones à protéger, l’amélioration et l’intégration de la planification nationale et l’évaluation de l’efficacité et de l’équité de la gestion des aires protégées, l’objectif ne sera pas atteint dans sa totalité. « Les aires protégées ont un rôle vital dans l’économie grâce aux précieux services écosystémiques qu’elles fournissent, tels que l’approvisionnement en eau et en bois et la promotion de l’écotourisme », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU et Directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner. « Tandis que nous travaillons vers un accord global sur le climat, la prochaine réunion ayant lieu très prochainement à Lima, et façonnons l’agenda post-2015 pour le développement durable, il est crucial d’étendre les aires protégées de manière ciblée – soutenant ainsi les efforts de lutte contre le changement climatique, et soutenant la biodiversité et les services écosystémiques qui contribuent aux moyens de subsistance de milliards de personnes. » « Ce rapport montre que la volonté de le faire est présente, » a t-il ajouté. « Nous devons maintenant rassembler le soutien et les fonds nécessaires afin d’assurer que les aires protégées soient gérées efficacement et équitablement et couvrent suffisamment de sites importants pour la biodiversité et les services écosystémiques. » Il y a dix ans, le Congrès mondial des parcs à Durban a donné naissance à l’idée d’objectifs mondiaux pour les aires protégées », explique la Directrice générale de l’UICN Julia Marton-Lefèvre. « Aujourd’hui, à Sydney, nous sommes fiers de lancer le rapport Protected Planet, qui montre les progrès que nous avons réalisés vers l’atteinte de nos objectifs. Nous nous engageons à faire en sorte que nos promesses ne soient pas vaines. Ce que nous devrions voir derrière ces chiffres ce sont des aires protégées bien gérées et équitables, saines, fortes et en mesure de fournir toute la gamme des atouts essentiels à la survie de la biodiversité et au bien-être des personnes dans le monde. » La couverture des aires protégées a été calculée en utilisant la version du mois d’août 2014 de la Base de données mondiale sur les aires protégées (Word Database on Protected Areas, en anglais). La base de données a subi une mise à jour majeure en 2014, suite à la réponse extrêmement positive à une requête de la CDB invitant les Parties à la Convention à soumettre des données actualisées à UNEP-WCMC afin de compiler la liste des aires protégées des Nations Unies. En août 2014, 124 pays avaient communiqué de nouvelles données et 15 étaient en cours de le faire. La couverture des aires terrestres protégées a augmenté d’environ un million de km2 depuis 2010, dont 126 000 km2 ont été ajouté depuis 2012. Au total, 20,6 millions de km2 de zones terrestres et d’eaux intérieures sont désormais couvertes. 2,2 millions de km2 d’aires protégées supplémentaires seront nécessaires pour atteindre une couverture de 17 pour cent des zones terrestres et des eaux intérieures. Un peu plus de six millions de km2 de zones marines protégées ont été ajoutées depuis 2010, avec 1,5 millions de km2 de ce total ayant été

L’UICN approuve l’engagement de Total de ne pas mener d’opérations dans les sites du Patrimoine mondial

La société Total a confirmé qu’elle ne mènera pas d’opérations extractives dans les sites naturels du Patrimoine mondial, comprenant le parc national des Virunga. L’UICN approuve cette décision et demande à toutes les sociétés pétrolières et gazières de suivre cet engagement. L’UICN, qui est l’organisme consultatif officiel auprès de l’UNESCO sur les sites naturels du Patrimoine mondial, a lancé des appels répétés dans le passé auprès des industries extractives et des gouvernements qui délivrent des permis miniers afin d’arrêter les activités d’exploration et de l’exploitation du pétrole et du gaz dans les sites du Patrimoine mondial. Le Comité français de l’UICN avait alerté le PDG de Total en mai 2012 sur la cette situation et demandé à l’entreprise de s’engager à respecter les limites du parc national et plus largement les sites du Patrimoine mondial. Jusqu’à présent, la société Royal Dutch Shell était la seule entreprise pétrolière et gazière à avoir pris un tel engagement. L’engagement de Total a été officiellement communiqué dans un courrier adressé au Centre du Patrimoine mondial de l’UNESCO. « L’engagement de Total montre clairement que de telles activités dans les sites du patrimoine mondial n’est pas une option pour des industries extractives responsables », dit Julia Marton- Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « Il nous donne l’espoir que les secteurs du pétrole, du gaz et des mines, dans leur ensemble, s’engagent à assumer pleinement leur responsabilité partagée pour la conservation des endroits les plus précieux et irremplaçables de notre planète. Nous appelons toutes les entreprises extractives et les gouvernements qui régulent ce secteur, à déclarer les sites du Patrimoine mondial comme des zones « interdites » ». Les menaces générées par l’industrie extractive sont particulièrement graves en Afrique, où un site naturel sur quatre est affecté. Le parc national des Virunga en République Démocratique du Congo a été le site soumis aux risques les plus élevés au cours des dernières années, après que le gouvernement congolais ait accordé des permis pour procéder à l’exploration dans le parc. L’engagement de Total relâche une partie de la pression sur le parc national des Virunga. Il indique également que l’entreprise respectera les limites actuelles du parc, même si une partie de la protection du parc est retirée. Malgré l’annonce de Total, une autre entreprise basée au Royaume-Uni, SOCO, poursuit des activités extractives dans une zone chevauchant celle du parc des Virunga. « Les États Parties à la Convention du Patrimoine mondial et les entreprises privées doivent respecter le principe établi de longue date statuant que les sites du patrimoine mondial doivent rester hors d’atteinte de l’industrie extractive », dit Tim Badman, Directeur du Programme du patrimoine mondial de l’UICN. « Nous nous félicitons de l’étape positive franchie par Total en faveur de la protection du patrimoine naturel mondial et en particulier pour le parc national des Virunga et sa faune et flore spectaculaires. » Le parc national des Virunga abrite quelque 100 individus des derniers gorilles de montagne et se place parmi les plus grands sites de biodiversité en Afrique. Il a été établi en 1925 comme le premier parc national de l’Afrique et en 1979 il est devenu l’un des premiers sites du Patrimoine mondial. Il figure également sur la liste des zones humides d’importance internationale de la Convention de Ramsar. En dépit d’être répertorié comme un site du Patrimoine mondial en péril depuis 20 ans, les menaces sur le parc restent très critiques et comprennent l’exploration pétrolière, les conflits armés, le commerce illégal d’espèces sauvages et l’occupation illicite. La réponse globale à apporter aux menaces qui pèsent sur les sites du Patrimoine mondial et d’autres aires protégées à travers le monde sera discutée lors du prochain Congrès mondial des parcs de l’UICN, qui se tiendra du 12 au 19 novembre 2014 à Sydney, en Australie.

Des mesures d’urgence adoptées pour les éléphants d’Afrique

Des Etats clés concernés par le commerce illégal de l’ivoire se sont engagés à prendre des mesures urgentes pour y mettre fin et sécuriser les populations d’éléphants à travers l’Afrique. L’accord a été conclu lors du Sommet de l’Eléphant d’Afrique convoqué par le gouvernement du Botswana et l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Le sommet est la toute première réunion consacrée aux dynamiques en cours sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’ivoire. Les mesures ont été décidées par des Etats clés de l’aire de répartition de l’Eléphant d’Afrique clés comprenant le Gabon, le Kenya, le Niger et la Zambie, des Etats de transit de l’ivoire comme le Vietnam, les Philippines et la Malaisie et des Etats de destination de l’ivoire, comme la Chine et la Thaïlande. « Notre fenêtre d’opportunité pour lutter contre le commerce illégal de l’ivoire se ferme et si nous n’endiguons pas la marée, les générations futures condamneront notre manque de volonté à agir », a déclaré Seretse Khama Ian Khama, Président de la République du Botswana. « Il est maintenant temps que l’Afrique et l’Asie unissent leurs forces pour protéger cette espèce universellement appréciée et indispensable ». L’une des 14 mesures approuvées par les délégués (voir document complet ci-dessous) consiste à classer le trafic d’espèces sauvages comme un « crime grave ». Cela débloquera la coopération pour l’application du droit international prévue dans le cadre de la Convention des Nations Unies contre le crime organisé transnational, comprenant de l’entraide judiciaire, la saisie et la confiscation des biens, l’extradition et d’autres outils pour tenir les criminels responsables de la criminalité de la faune sauvage. D’autres mesures comprennent l’engagement des communautés vivant avec les éléphants en faveur de leur conservation, le renforcement des législations nationales pour assurer des peines maximales envers la criminalité liée à la faune, la mobilisation des ressources financières et techniques pour lutter contre cette criminalité et la réduction de la demande pour l’ivoire illicite. « Nous sommes très heureux du résultat du Sommet, surtout parce qu’il a impliqué certains des pays les plus importants le long de la chaîne de valeur de l’ivoire illégal » a déclaré la Directrice générale de l’UICN Julia Marton-Lefèvre. « Nous espérons que ces résultats de ce Sommet iront au-delà de la situation des éléphants d’Afrique et permettront d’accroître les efforts pour lutter contre le commerce illégal d’autres espèces sauvages qui les menace également, telles que les rhinocéros et les pangolins ». L’année 2011 a enregistré les plus hauts niveaux de braconnage et de commerce illégal de l’ivoire depuis au moins 16 ans et l’année 2012 ne montre aucun signe de ralentissement. Selon les données préliminaires, des niveaux encore plus élevés de trafic illégal pourraient être atteints en 2013. Dix-huit saisies majeures concernant plus de 40 tonnes d’ivoire ont été enregistrées depuis le début de l’année, ce qui représente la plus grande quantité d’ivoire saisis au cours des 25 dernières années. La pauvreté et la corruption, ainsi que la demande croissante de l’Asie sont les principaux moteurs du braconnage et du commerce illégal de l’ivoire. L’Eléphant d’Afrique (Loxodonta africana), le plus grand mammifère terrestre du monde, est actuellement considéré comme « vulnérable » sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN ™, avec une estimation de sa population totalisant environ 500 000 animaux. Le Sommet de l’Eléphant d’Afrique a été organisé avec le soutien financier du ministère britannique de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales, le gouvernement allemand, l’Agence américaine pour le développement international, la Banque africaine de développement et la Banque mondiale. Documents joints Sommet Eléphant d’Afrique – les mesures d’urgence African Elephant Summit – urgent measures

Le commerce illégal de l’ivoire pourrait faire disparaître un cinquième des éléphants d’Afrique dans la prochaine décennie

D’après de nouvelles études rendues publiques aujourd’hui, à l’occasion d’un sommet organisé par le gouvernement du Botswana et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) afin d’examiner la situation inquiétante de l’Éléphant d’Afrique, si les taux de braconnage se poursuivent au niveau actuel, le continent africain pourrait perdre un cinquième de ses éléphants dans les dix années à venir. Les dernières études relatives au braconnage estiment en effet qu’en 2012, près de 15 000 éléphants ont été abattus de façon illicite sur 42 sites, dans 27 pays africains participant au programme MIKE (Système de suivi de l’abattage illégal des éléphants), un programme de la CITES (la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) bénéficiant d’un soutien financier de l’Union européenne. Selon les analyses de MIKE, ces chiffres signifient qu’à l’échelle de l’ensemble du continent, 22 000 éléphants environ auraient été abattus illégalement en 2012, légèrement moins que l’estimation de 25 000 pour 2011. « Avec 22 000 éléphants d’Afrique abattus illégalement en 2012, la situation reste critique. Le braconnage de l’espèce en Afrique atteint toujours des chiffres très élevés, et pourrait entraîner des extinctions locales s’il se poursuit au rythme actuel. La situation est particulièrement préoccupante en Afrique centrale, où le taux estimé de braconnage double la moyenne continentale », précise John E. Scanlon, Secrétaire général de la CITES. Le Groupe de spécialistes de l’Éléphant d’Afrique de l’UICN estime que la population de l’espèce (Loxodonta africana) est de 500 000 individus environ. En Afrique centrale, les éléphants subissent de plein fouet les effets du braconnage, mais, eu égard à l’importance de l’abattage illégal dans toutes les sous-régions, même les populations plus nombreuses d’Afrique australe et de l’est sont confrontées à un risque si la tendance n’est pas inversée. L’escalade du braconnage ces dernières années semble être principalement due à la pauvreté et aux insuffisances de la gouvernance dans les pays de l’aire de répartition de l’éléphant, associées à une demande croissante d’ivoire illégal dans les pays consommateurs. L’importance du braconnage trouve son pendant dans les chiffres élevés du commerce de l’ivoire tirés de la base de données du Système d’information sur le commerce des produits de l’éléphant (ETIS), gérée par TRAFFIC au nom de la Conférence des Parties à la CITES. D’après des données de l’ETIS corrigées des biais, le commerce illégal de l’ivoire a atteint en 2011 son niveau le plus élevé depuis au moins 16 ans et ces niveaux inadmissibles persistent en 2012. D’après des indicateurs préliminaires, le commerce illicite pourrait atteindre des chiffres encore plus élevés en 2013. Bien qu’encore incomplètes, les données brutes des saisies importantes d’ivoire en 2013 (portant sur 500 kg d’ivoire au moins en une seule transaction) représentent d’ores et déjà la plus grande quantité d’ivoire confisquée depuis 25 ans pour ce type de saisie. Des saisies d’ivoire à très grande échelle signalent l’implication de la criminalité organisée ; dans le courant de cette année, 41,6 tonnes d’ivoire ont été saisies lors d’opérations de ce genre, mais nous ne savons pas encore si ces résultats reflètent un progrès dans la lutte contre la criminalité ou une escalade du commerce ; il faudra pour cela attendre l’analyse complète des résultats de 2013, qui sera disponible l’année prochaine. « Entre 2000 et 2013, on observe un accroissement du trafic de l’ivoire à grande échelle, en termes du nombre d’expéditions et de la quantité d’ivoire échangée illégalement. En 2013, nous constatons une augmentation de 20% par rapport aux chiffres record de 2011 ; nous sommes très inquiets », dit Tom Milliken, spécialiste du commerce de l’ivoire chez TRAFFIC et responsable de la base de données ETIS. Depuis 2009, les routes commerciales ont changé, privilégiant maintenant l’Afrique de l’est au lieu de l’Afrique occidentale et centrale. La Tanzanie et le Kenya sont maintenant les points de sortie les plus importants pour l’ivoire illicite quittant le continent. La Malaisie, le Vietnam et Hong Kong sont les lieux de transit principaux, avec la Chine pour destination principale, et parfois la Thaïlande. Depuis deux ans, toutefois, d’autres évolutions se dessinent : le Togo et la Côte d’Ivoire semblent ainsi devenir de nouveaux points de sortie sur le continent africain, et l’Indonésie, l’Espagne, le Sri Lanka, la Turquie et les Émirats Arabes Unis de nouveaux pays de transit. Les chiffres les plus récents du braconnage et du trafic sont publiés au moment où les représentants des pays de l’aire de répartition de l’Éléphant d’Afrique, ainsi que des principaux pays de transit et de destination du commerce illégal de l’ivoire se réunissent au Botswana. Les participants devraient s’engager à prendre des mesures concrètes pour enrayer le commerce illégal et préserver des populations viables dans l’ensemble du continent africain, notamment en renforçant la législation nationale de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages et en améliorant la coopération entre les différents pays et à l’intérieur de chacun d’entre eux. L’UICN, par le biais du Groupe de spécialistes de l’Éléphant d’Afrique de sa Commission de la sauvegarde des espèces (CSE), fournit des données scientifiques qui sous-tendent le Programme de suivi de l’abattage illégal de l’éléphant et le Système d’information sur le commerce des produits de l’éléphant. « Ces systèmes de suivi fournissent aux décideurs des données vitales et fiables, et nous sommes très heureux de pouvoir présenter des informations actualisées au Sommet de l’Éléphant d’Afrique », dit Mme Holly Dublin, Présidente du Groupe de spécialistes de l’Éléphant d’Afrique de l’UICN. « Le tableau d’ensemble dessiné par ces nouveaux éléments devrait inciter tous les délégués à ce Sommet à se mettre d’accord sur les mesures nécessaires qui doivent être prises d’urgence pour préserver les éléphants d’Afrique ». « Confrontés à ce sombre tableau, nous devons rester vigilants, mais pour la première fois depuis des années il y a quelques signes encourageants indiquant une stabilisation possible en matière de braconnage. Ceci nous permet d’espérer que, si nous renforçons nos actions de lutte contre la criminalité et de sensibilisation du public dans l’ensemble de la chaîne du trafic illégal, si nous appuyons la mise en place de moyens d’existence

Des scientifiques identifient les aires protégées les plus irremplaçables dans le monde

Une nouvelle étude scientifique a identifié les aires protégées les plus importantes pour empêcher l’extinction d’espèces de mammifères, d’oiseaux et d’amphibiens dans le monde. Issue d’une collaboration internationale, cette analyse fournit des conseils pratiques pour améliorer l’efficacité des aires protégées dans la conservation de la biodiversité à l’échelle mondiale. L’étude, publiée dans la dernière édition de la revue internationale Science, calcule l’irremplaçabilité de chaque aire protégée individuellement à partir d’une base de données comprenant 173 000 aires protégées terrestres et 21 500 espèces évaluées par la Liste Rouge des Espèces Menacées de l’UICN. L’analyse compare la contribution de chaque aire protégée pour la survie des espèces sur le long terme. Soixante-dix-huit sites (comprenant 137 aires protégées dans 34 pays) ont été identifiés comme des sites exceptionnellement irremplaçables. Tous réunis, ces sites hébergent la majorité des populations de plus de 600 espèces d’oiseaux, d’amphibiens et de mammifères, dont la moitié est menacée dans le monde. Dans la plupart des cas, ces aires protègent des espèces qui ne peuvent être trouvées nulle part ailleurs, comme par exemple le Canard de Laysan (Anas laysanensis), une espèce en danger critique d’extinction endémique du Refuge National de la Faune et de la Flore des îles Hawaiiennes (Hawaiian Islands National Wildlife Refuge) aux Etats-Unis, ou les 13 espèces d’amphibiens présent uniquement dans le Parc National de Canaima au Venezuela. Plusieurs de ces aires irremplaçables sont déjà reconnues comme étant de “Valeur Universelle Exceptionnelle” selon la Convention du Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Ces sites comprennent entre autres les célèbres Iles Galápagos en Equateur, le Parc National de Manú au Pérou et les Ghats Occidentaux en Inde. Cependant, la moitié de la surface recouverte par ces aires protégées n’est pas reconnue au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Tel est le cas, par exemple, du Parc National des Montagnes Udzungwa en Tanzanie, des Zones Humides d’Importance Internationale de la Péninsule de Zapata à Cuba, et du Parc Naturel National de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie, le site le plus irremplaçable du monde pour les espèces menacées. “Ces lieux exceptionnels seraient tous de bons candidats pour être classés au Patrimoine Mondial de l’UNESCO”, dit Soizic Le Saout, premier auteur de l’étude. “Une telle reconnaissance pourrait assurer une protection plus efficace de l’exceptionnelle biodiversité de ces aires du fait des normes exigées pour les sites inscrits au Patrimoine Mondial”. Contrairement aux précédentes évaluations qui se concentraient sur l’augmentation du nombre de sites protégés, cette étude souligne le besoin d’améliorer la gestion, souvent insuffisante, des aires protégées déjà existantes et propose une ligne de conduite pour mettre en œuvre ces améliorations. “Par exemple, les Réserves Forestières Nationales de Páramo Urrao en Colombie, n’existent pas vraiment sur le terrain” dit Paul Salaman, un expert en biodiversité de la Colombie et directeur général de Rainforest Trust. “Elles furent crées légalement en 1975 mais n’ont jamais fait l’objet d’une réelle gestion de protection”. “Les aires protégées peuvent remplir leur rôle pour réduire la perte de biodiversité uniquement si elles sont gérées efficacement” dit Simon Stuart, président de la Commission de Sauvegarde des Espèces de l’UICN.“Puisque les budgets pour la conservation sont limités, les gouvernements devrait donc prêter une attention tout particulière à l’efficacité de la gestion des aires protégées les plus irremplaçables.” Cette étude s’appuie sur le travail d’un large réseau d’experts qui collectent et analysent des données pour la Liste Rouge des Espèces Menacées de l’UICN™ et pour la Base de Données Mondiales sur les Aires Protégées. Elle est le résultat d’une collaboration internationale entre le Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE, CNRS Montpellier) en France, l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) via sa Commission de Sauvegarde des Espèces et via sa Commission Mondiale sur les Aires Protégées, le Centre Mondial de Surveillance de la Conservation (UNEP-WCMC) et BirdLife International. La publication de cette étude se produit exactement un an avant le Congrès mondial sur les parcs, le rendez-vous incontournable pour les aires protégées, qui se tiendra à Sydney et fixera l’ordre du jour de leur conservation pour la prochaine décennie. L’article peut être commandé sur http://www.sciencemag.org/content/342/6160/803.summary Pour en savoir plus, consultez la base de données mondiales des aires protégées et la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN

Conclusions du 3ème congrès mondial des aires marines protégées (IMPAC 3)

Le 3ème congrès mondial des aires marines protégées (IMPAC 3) a rendu ses conclusions après 5 jours de débat entre les 1500 participants de 87 pays. Il a été suivi le 26 octobre par une conférence ministérielle où le ministre français de l’Ecologie et 19 autres ministre de l’environnement ont adopté le Message d’Ajaccio pour la préservation des océans. La Conférence ministérielle d’Ajaccio, tenue en présence de nombreux représentants gouvernementaux, d’organisations internationales et d’organisations non gouvernementales, s’est organisée autours de trois tables rondes, sur les thèmes suivants : les bénéfices et l’urgence de la préservation des océans, la promotion du niveau régional comme cadre approprié pour une action efficace, et les initiatives internationales nécessaires pour protéger la haute mer. Les échanges ont permis de dégager une déclaration commune (voir le Message d’Ajaccio ci-dessous), sur la base du travail des experts qui se sont réunis pendant une semaine à Marseille (voir les conclusions d’IMPAC 3 ci-dessous). Ses signataires ont réaffirmé leur volonté d’atteindre l’objectif de 10% d’Aires Marines Protégées d’ici 2020 (Objectif 11 d’Aichi) – contre 3% aujourd’hui – et se sont engagés à mobiliser les moyens nécessaires dans ce domaine. Le message ministériel d’Ajaccio souligne l’urgence de conserver et de gérer durablement la haute mer. Il appelle la communauté internationale à adopter avant la fin 2014 la décision de l’Assemblée générale des Nations Unies qui permettra de lancer la négociation d’un accord de mise en œuvre pour la conservation et la gestion durable de la diversité biologique marine dans les zones qui ne relèvent pas des juridictions nationales. Ces zones situées hors des juridictions nationales représentent 64 % des océans et, loin d’être des espaces vides, contiennent d’extraordinaires richesses en biodiversité, notamment sur les monts et dans les canyons sous-marins. Les ministres présents à Ajaccio représentaient, en plus de la France, de la Polynésie française et de la Nouvelle-Calédonie, les pays suivants : l’Albanie, l’Arabie saoudite, la Belgique, les Comores, le Bahreïn, Chypre, la Dominique, la Guinée, l’Italie, l’Inde, Monaco, le Nicaragua, les Samoa, le Sénégal, la Tanzanie, le Togo et la Tunisie. La Directrice générale de l’UICN, présente à la conférence, a souligné, dans son discours (voir ci-dessous) ses 6 principaux enseignements d’IMPAC 3 et souhaité que les engagements ministériels pris à Ajaccio puissent accélérer l’établissement d’aires marines protégées bien gérées et mobiliser les ressources financières nécessaires. Les signataires ont chaleureusement remercié les participants du congrès IMPAC3 à Marseille, du 21 au 25 octobre 2013, pour leurs conclusions qui ont constitué la base des réflexions de la Conférence ministérielle d’Ajaccio. Lors de la conférence, Philippe Martin, le, ministre français de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, et SAS Albert II de Monaco ont annoncé conjointement la création d’un Fonds fiduciaire pour les aires marines protégées de Méditerranée. Ce fonds a vocation à renforcer et pérenniser la gestion d’aires marines protégées. Par son action, il contribuera à la constitution d’un réseau écologiques d’aires marines protégées en Méditerranée, que les ministres de Tunisie, d’Italie, de Monaco et de Chypre, autour de Philippe Martin, appellent de leur vœux. Philippe Martin a également précisé le niveau d’engagement financier international de la France dans ce domaine, avec plus de 20 millions d’euros de soutien du Fonds Français pour l’Environnement Mondial et de l’Agence Française de Développement, pour les deux prochaines années, accordés à des projets de protection du milieu marin : en Méditerranée (3 M€), en Afrique de l’Ouest (3,7 M€), dans l’Océan Indien (5,5 M€), dans les Caraïbes (1 M€) et dans le Pacifique (6,5 M€). Par ailleurs, la France a annoncé son adhésion au Global Partnership for Oceans, initiative de la Banque Mondiale pour la préservation des océans. Enfin, dans le prolongement de la visite de Frédéric Cuvillier en juin 2013, Philippe Martin a annoncé la création officielle du Parc naturel marin du bassin d’Arcachon, dont le décret devrait être signé dans les prochaines semaines, la mise à l’étude d’un parc naturel marin autour du Cap Corse, ainsi qu’une candidature conjointe France/Italie pour l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO du parc marin international des Bouches de Bonifacio (Corse) et de l’archipel de la Maddalena (Sardaigne).   Pour en savoir plus, consultez ci-dessous les conclusions du congrès IMPAC 3 et le Message ministériel d’Ajaccio. Pour revoir les temps forts du congrès d’IMPAC 3, connectez vous sur Oceanplus.tv   Documents joints Conclusions IMPAC 3 Message ministériel Ajaccio IMPAC 3 Message ministériel Ajaccio IMPAC 3 – annexe Discours de la Directrice générale de l’UICN – IMPAC 3

La sauvegarde des océans nécessite une meilleure gestion et de meilleurs modes de financements

Pour garantir à long terme la vie des océans et le maintien des services vitaux qu’ils procurent aux populations, il est urgent de rendre la gestion des aires marines protégées plus efficace, et de les doter de moyens financiers plus importants. C’est ce que plaide l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), à l’occasion du 3e Congrès international des aires marines protégées (IMPAC 3), qui ouvre ses portes aujourd’hui à Marseille. Organisé par l’UICN et l’Agence des aires marines protégées, IMPAC 3 rassemblera plus de 1200 gestionnaires d’aires marines protégées, spécialistes du milieu marin et autres acteurs clés du domaine, y compris des représentants gouvernementaux, venus du monde entier. En 2010, la plupart des gouvernements de la planète se sont mis d’accord sur l’objectif de protéger au moins 10 % des mers et des zones côtières du globe d’ici 2020 (1). L’objectif d’IMPAC 3 est de mesurer le chemin déjà parcouru et d’ouvrir de nouvelles pistes, notamment pour améliorer le financement, la gestion, les connaissances et le suivi des aires marines protégées. « A l’échelle globale, le chemin parcouru en termes de protection des océans est très encourageant. Nous sommes passés de moins de 0,5 % d’aires marines protégées, en 2000, à plus de 2 % aujourd’hui », analyse Julia Marton-Lefèvre, directrice générale de l’UICN. « Pourtant, à ce rythme, il nous faudra encore 30 à 40 ans pour atteindre le seuil de 10 %. Répondre à l’engagement des gouvernements d’atteindre cet objectif en 2020 nécessitera un effort collectif considérable. » Selon le dernier rapport de l’UICN et du Programme international sur l’état de l’océan (IPSO), la santé des océans se détériore à un rythme beaucoup plus soutenu qu’on ne le pensait auparavant. Cette tendance est due à une baisse de la teneur des eaux marines en oxygène, causée par le changement climatique et par un enrichissement excessif en nitrates, combinés à d’autres pollutions chimiques et à une surpêche chronique. Selon François Simard, sous-directeur du Programme marin mondial de l’UICN, « Bientôt, nous ne pourrons plus infléchir la dégradation de la vie marine qui est en cours. Nous devons nous assurer d’avoir des ressources suffisantes, y compris sur le plan financier, pour que nos connaissances sur les aires marines protégées continue de s’améliorer, ainsi que la qualité de leur gestion. Si nous échouons, les effets pourraient être rapidement désastreux, pour chacun d’entre-nous. » Les eaux situées au-delà des zones sous juridiction nationale, qui représentent plus de 60 % de la surface mondiale de l’océan, nécessitent, selon l’UICN, une attention particulière. Un nouvel accord sur la biodiversité en haute mer poserait les bases juridiques pour une gestion plus intégrée de ces zones, et permettrait la création d’un réseau d’AMP à une échelle véritablement globale. Les océans couvrent plus de 70 % de la surface terrestre. Plus de 3,5 milliards de personnes vivent à moins de 100 km des côtes et puisent leurs moyens de subsistance dans la mer. Les aires marines protégées sont des zones délimitées où les ressources naturelles et culturelles bénéficient d’une protection spécifique. Elles jouent, à ce titre, un rôle central pour relever certains défis actuels, tels la sécurité alimentaire et énergétique des populations, la pauvreté et le changement climatique. Le 3e Congrès mondial des aires marines protégées se tiendra du 21 au 25 octobre. Il sera suivi par une conférence ministérielle, les 26 et 27 octobre à Ajaccio, en Corse. Les questions de gestion et de financement des aires marines protégées seront approfondies au Congrès mondial sur les parcs, un forum global sur les espaces protégés organisé par l’UICN tous les dix ans, qui se tiendra en novembre 2014 à Sydney, en Australie. (1) l’objectif de protéger au moins 10 % des zones marines et côtières à l’horizon 2020 a été approuvé à la dixième réunion de la Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique qui s’est tenue à Nagoya, au Japon, en octobre 2010. Suivez le congrès sur Oceanplus.tv

La France et l’UICN intensifient leurs efforts en faveur de la conservation de la biodiversité mondiale

Delphine BATHO, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, Victorin LUREL, ministre des Outre-mer, Pascal CANFIN, ministre délégué chargé du Développement et Anne PAUGAM, directrice générale de l’Agence française de développement ont signé aujourd’hui un nouvel accord avec l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), représentée par Julia MARTON-LEFÈVRE, sa directrice générale. Cet accord vise à apporter des avancées importantes pour la conservation de la biodiversité attendues d’ici 2016. Initié en 2005 entre la France et l’UICN et renouvelé en 2009, l’accord de partenariat se voit ainsi reconduit pour une nouvelle durée de quatre ans et vient renforcer l’engagement de la France en matière de protection de la biodiversité dans le respect de ses engagements internationaux au regard de la Convention sur la Diversité Biologique (CBD). Près de 8 millions d’euros seront investis par la France afin de soutenir des actions sur trois thèmes majeurs pour la préservation de biodiversité de la planète : la conservation de la biodiversité et la gestion durable des ressources naturelles en Afrique sub-saharienne ; la gouvernance des Océans et la protection de l’environnement marin des territoires côtiers et insulaires en développement et dans l’Outre-mer européen ; la gouvernance mondiale de la biodiversité. Avec la signature de cet accord, la France renforce sa place de Partenaire Stratégique de l’UICN. Créée à Fontainebleau en 1948 l’UICN rassemble plus de 1 200 membres gouvernementaux –dont 92 États– et non gouvernementaux ainsi que 11 000 experts, scientifiques, à travers le monde. Dans cet accord, le Comité français de l’UICN sera chargé de mobiliser les différents membres et experts français dans la mise en œuvre des différentes actions. Selon Delphine BATHO, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, « en matière de biodiversité, la France considère qu’elle a une responsabilité particulière en raison de la grande variété de son patrimoine naturel, de ses territoires d’outre-mer et de ses espaces maritimes. L’UICN mène une action irremplaçable en explorant les domaines nouveaux où devront s’exercer vigilance et protection. Cet accord contribuera à donner corps à la priorité accordée par la France à la thématique des océans et aux engagements européens et internationaux pris en matière de biodiversité marine. Le destin de l’humanité est lié à celui de la biodiversité. Il s’agit tout simplement de garder la nature vivante, de garder notre planète vivante ». « Répondre à la crise actuelle de la nature sur le continent africain, assurer une meilleure protection des océans et apporter nos connaissances scientifiques en faveur de la gouvernance mondiale des ressources naturelles -tels sont les principaux axes de ce nouveau partenariat entre la France et l’UICN-. Je me réjouis que nous allons intensifier nos efforts communs pour démontrer que la nature est source de solutions aux enjeux planétaires comme le changement climatique, la pauvreté, ou encore la sécurité alimentaire et énergétique, » a déclaré Julia MARTON-LEFÈVRE, Directrice générale de l’UICN. Victorin LUREL, ministre des Outre-mer affirme que « la France a la particularité, grâce aux outre-mer, d’être présente dans tous les continents, hors l’Asie, et tous les océans. De ce fait, elle porte une responsabilité unique en matière de préservation et de gestion durable de la biodiversité. Du caractère insulaire des outre-mer français découlent des spécificités en termes de richesse de la biodiversité, de degré d’endémisme très élevé, mais aussi de fragilité et de menaces incluant désormais le changement climatique à l’échelle planétaire. La vocation de l’UICN est d’encourager et d’aider les sociétés humaines dans le monde à conserver la diversité et l’intégrité de la nature, et à utiliser de manière équitable et écologiquement durable les ressources naturelles. En outre, elle bénéficie d’un réseau international rassemblant plus de 1 200 membres publics et privés. Ces caractéristiques font à l’évidence de l’UICN un partenaire naturel et privilégié du gouvernement français dans la concrétisation de son engagement politique en faveur de la préservation de la biodiversité ». Pascal CANFIN, ministre délégué chargé du développement, souligne quant à lui que « la préservation de la biodiversité est, avec le climat, un enjeu fondamental pour le développement durable. La croissante démographique et urbaine, l’exploitation intensive des ressources naturelles, la dégradation des écosystèmes et des terres mettent en péril la sécurité alimentaire et sanitaire, en particulier celles des plus pauvres. La situation est particulièrement préoccupante en Afrique. L’Agence Française de Développement s’apprête à publier sa première stratégie d’intervention en matière de biodiversité. Dans ce cadre, elle prévoit de doubler ses financements, qui devraient atteindre 600M€ sur les quatre années à venir. L’UICN est un partenaire de premier ordre pour relever ce défi ».