Conclusions du 3ème congrès mondial des aires marines protégées (IMPAC 3)

Le 3ème congrès mondial des aires marines protégées (IMPAC 3) a rendu ses conclusions après 5 jours de débat entre les 1500 participants de 87 pays. Il a été suivi le 26 octobre par une conférence ministérielle où le ministre français de l’Ecologie et 19 autres ministre de l’environnement ont adopté le Message d’Ajaccio pour la préservation des océans. La Conférence ministérielle d’Ajaccio, tenue en présence de nombreux représentants gouvernementaux, d’organisations internationales et d’organisations non gouvernementales, s’est organisée autours de trois tables rondes, sur les thèmes suivants : les bénéfices et l’urgence de la préservation des océans, la promotion du niveau régional comme cadre approprié pour une action efficace, et les initiatives internationales nécessaires pour protéger la haute mer. Les échanges ont permis de dégager une déclaration commune (voir le Message d’Ajaccio ci-dessous), sur la base du travail des experts qui se sont réunis pendant une semaine à Marseille (voir les conclusions d’IMPAC 3 ci-dessous). Ses signataires ont réaffirmé leur volonté d’atteindre l’objectif de 10% d’Aires Marines Protégées d’ici 2020 (Objectif 11 d’Aichi) – contre 3% aujourd’hui – et se sont engagés à mobiliser les moyens nécessaires dans ce domaine. Le message ministériel d’Ajaccio souligne l’urgence de conserver et de gérer durablement la haute mer. Il appelle la communauté internationale à adopter avant la fin 2014 la décision de l’Assemblée générale des Nations Unies qui permettra de lancer la négociation d’un accord de mise en œuvre pour la conservation et la gestion durable de la diversité biologique marine dans les zones qui ne relèvent pas des juridictions nationales. Ces zones situées hors des juridictions nationales représentent 64 % des océans et, loin d’être des espaces vides, contiennent d’extraordinaires richesses en biodiversité, notamment sur les monts et dans les canyons sous-marins. Les ministres présents à Ajaccio représentaient, en plus de la France, de la Polynésie française et de la Nouvelle-Calédonie, les pays suivants : l’Albanie, l’Arabie saoudite, la Belgique, les Comores, le Bahreïn, Chypre, la Dominique, la Guinée, l’Italie, l’Inde, Monaco, le Nicaragua, les Samoa, le Sénégal, la Tanzanie, le Togo et la Tunisie. La Directrice générale de l’UICN, présente à la conférence, a souligné, dans son discours (voir ci-dessous) ses 6 principaux enseignements d’IMPAC 3 et souhaité que les engagements ministériels pris à Ajaccio puissent accélérer l’établissement d’aires marines protégées bien gérées et mobiliser les ressources financières nécessaires. Les signataires ont chaleureusement remercié les participants du congrès IMPAC3 à Marseille, du 21 au 25 octobre 2013, pour leurs conclusions qui ont constitué la base des réflexions de la Conférence ministérielle d’Ajaccio. Lors de la conférence, Philippe Martin, le, ministre français de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, et SAS Albert II de Monaco ont annoncé conjointement la création d’un Fonds fiduciaire pour les aires marines protégées de Méditerranée. Ce fonds a vocation à renforcer et pérenniser la gestion d’aires marines protégées. Par son action, il contribuera à la constitution d’un réseau écologiques d’aires marines protégées en Méditerranée, que les ministres de Tunisie, d’Italie, de Monaco et de Chypre, autour de Philippe Martin, appellent de leur vœux. Philippe Martin a également précisé le niveau d’engagement financier international de la France dans ce domaine, avec plus de 20 millions d’euros de soutien du Fonds Français pour l’Environnement Mondial et de l’Agence Française de Développement, pour les deux prochaines années, accordés à des projets de protection du milieu marin : en Méditerranée (3 M€), en Afrique de l’Ouest (3,7 M€), dans l’Océan Indien (5,5 M€), dans les Caraïbes (1 M€) et dans le Pacifique (6,5 M€). Par ailleurs, la France a annoncé son adhésion au Global Partnership for Oceans, initiative de la Banque Mondiale pour la préservation des océans. Enfin, dans le prolongement de la visite de Frédéric Cuvillier en juin 2013, Philippe Martin a annoncé la création officielle du Parc naturel marin du bassin d’Arcachon, dont le décret devrait être signé dans les prochaines semaines, la mise à l’étude d’un parc naturel marin autour du Cap Corse, ainsi qu’une candidature conjointe France/Italie pour l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO du parc marin international des Bouches de Bonifacio (Corse) et de l’archipel de la Maddalena (Sardaigne).   Pour en savoir plus, consultez ci-dessous les conclusions du congrès IMPAC 3 et le Message ministériel d’Ajaccio. Pour revoir les temps forts du congrès d’IMPAC 3, connectez vous sur Oceanplus.tv   Documents joints Conclusions IMPAC 3 Message ministériel Ajaccio IMPAC 3 Message ministériel Ajaccio IMPAC 3 – annexe Discours de la Directrice générale de l’UICN – IMPAC 3

Presque 3% des océans aujourd’hui protégés

Les aires marines protégées couvrent désormais 2,8% des océans – une superficie plus grande que l’Europe – selon la carte officielle publiée aujourd’hui issue de la base de données mondiale sur les aires protégées, gérée par l’UICN et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). La carte montre une augmentation de 0,6% de la superficie des océans protégés depuis 2012. En 2010, la plupart des gouvernements du monde ont convenu de protéger au moins 10% des zones marines et côtières dans le monde d’ici 2020. « Il est encourageant de constater les progrès que nous avons réalisés jusqu’à présent » , dit Carl Gustaf Lundin, Directeur du Programme mondial marin et polaire de l’UICN. « Protéger moins de 3% de l’océan n’est pas encore suffisant pour assurer sa conservation durable. Toutefois, si nous continuons à augmenter cette superficie de un pour cent chaque année, nous devrions être en mesure d’atteindre l’objectif de 10% d’ici 2020. Nous espérons que cette carte va rendre ce processus beaucoup plus efficace ». La carte permet, pour la première fois, de rendre facilement accessible les données sur les aires marines protégées dans le monde aux spécialistes et au grand public. Elle offre la possibilité de suivre les progrès réalisés pour la protection des océans et d’identifier les zones non encore incluses sur la carte. La carte montre clairement que les progrès obtenus ces dernières années ont été impulsés par la création de grandes aires marines protégées en mer, en complément des nombreux sites de plus petite taille qui existent dans les eaux côtières de nombreux pays. Ces évolutions sont particulièrement visibles autour des eaux territoriales de l’Australie, de la France et de l’Afrique occidentale. « Les pays qui obtiennent de bons résultats devraient aider ceux qui éprouvent des difficultés à protéger leur patrimoine marin exposé à des menaces telles que la surpopulation et qui manquent de capacités et de ressources », déclare Dan Laffoley, Conseiller principal sur les sciences marines et la conservation du Programme mondial marin et polaire de l’UICN. « Cette carte devrait ainsi faciliter la collaboration entre les pays. Elle fournit des informations objectives issues des statistiques officielles pour suivre les progrès vers l’objectif de 10% ». La carte a été présentée au 3ème Congrès mondial des aires marines protégées (IMPAC 3) qui se déroule actuellement à Marseille. Co-organisé par l’UICN, l’Agence des aires marines protégées et la Ville de Marseille, IMPAC 3 rassemble plus de 1.200 spécialistes et personnalités du monde entier dans le but d’évaluer les progrès réalisés et de proposer de nouvelles solutions pour la conservation et le développement durable des océans. « La carte et les statistiques sur la couverture des aires marines protégées seront mises à jour régulièrement, au fur et à mesure que les actions de protection progresseront un peu partout dans le monde », explique Brian Mac Sharry du Programme des aires protégées du Centre mondial de surveillance de la conservation de la nature du PNUE. La carte peut être téléchargée à http://www.protectplanetocean.org/official_mpa_map

La sauvegarde des océans nécessite une meilleure gestion et de meilleurs modes de financements

Pour garantir à long terme la vie des océans et le maintien des services vitaux qu’ils procurent aux populations, il est urgent de rendre la gestion des aires marines protégées plus efficace, et de les doter de moyens financiers plus importants. C’est ce que plaide l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), à l’occasion du 3e Congrès international des aires marines protégées (IMPAC 3), qui ouvre ses portes aujourd’hui à Marseille. Organisé par l’UICN et l’Agence des aires marines protégées, IMPAC 3 rassemblera plus de 1200 gestionnaires d’aires marines protégées, spécialistes du milieu marin et autres acteurs clés du domaine, y compris des représentants gouvernementaux, venus du monde entier. En 2010, la plupart des gouvernements de la planète se sont mis d’accord sur l’objectif de protéger au moins 10 % des mers et des zones côtières du globe d’ici 2020 (1). L’objectif d’IMPAC 3 est de mesurer le chemin déjà parcouru et d’ouvrir de nouvelles pistes, notamment pour améliorer le financement, la gestion, les connaissances et le suivi des aires marines protégées. « A l’échelle globale, le chemin parcouru en termes de protection des océans est très encourageant. Nous sommes passés de moins de 0,5 % d’aires marines protégées, en 2000, à plus de 2 % aujourd’hui », analyse Julia Marton-Lefèvre, directrice générale de l’UICN. « Pourtant, à ce rythme, il nous faudra encore 30 à 40 ans pour atteindre le seuil de 10 %. Répondre à l’engagement des gouvernements d’atteindre cet objectif en 2020 nécessitera un effort collectif considérable. » Selon le dernier rapport de l’UICN et du Programme international sur l’état de l’océan (IPSO), la santé des océans se détériore à un rythme beaucoup plus soutenu qu’on ne le pensait auparavant. Cette tendance est due à une baisse de la teneur des eaux marines en oxygène, causée par le changement climatique et par un enrichissement excessif en nitrates, combinés à d’autres pollutions chimiques et à une surpêche chronique. Selon François Simard, sous-directeur du Programme marin mondial de l’UICN, « Bientôt, nous ne pourrons plus infléchir la dégradation de la vie marine qui est en cours. Nous devons nous assurer d’avoir des ressources suffisantes, y compris sur le plan financier, pour que nos connaissances sur les aires marines protégées continue de s’améliorer, ainsi que la qualité de leur gestion. Si nous échouons, les effets pourraient être rapidement désastreux, pour chacun d’entre-nous. » Les eaux situées au-delà des zones sous juridiction nationale, qui représentent plus de 60 % de la surface mondiale de l’océan, nécessitent, selon l’UICN, une attention particulière. Un nouvel accord sur la biodiversité en haute mer poserait les bases juridiques pour une gestion plus intégrée de ces zones, et permettrait la création d’un réseau d’AMP à une échelle véritablement globale. Les océans couvrent plus de 70 % de la surface terrestre. Plus de 3,5 milliards de personnes vivent à moins de 100 km des côtes et puisent leurs moyens de subsistance dans la mer. Les aires marines protégées sont des zones délimitées où les ressources naturelles et culturelles bénéficient d’une protection spécifique. Elles jouent, à ce titre, un rôle central pour relever certains défis actuels, tels la sécurité alimentaire et énergétique des populations, la pauvreté et le changement climatique. Le 3e Congrès mondial des aires marines protégées se tiendra du 21 au 25 octobre. Il sera suivi par une conférence ministérielle, les 26 et 27 octobre à Ajaccio, en Corse. Les questions de gestion et de financement des aires marines protégées seront approfondies au Congrès mondial sur les parcs, un forum global sur les espaces protégés organisé par l’UICN tous les dix ans, qui se tiendra en novembre 2014 à Sydney, en Australie. (1) l’objectif de protéger au moins 10 % des zones marines et côtières à l’horizon 2020 a été approuvé à la dixième réunion de la Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique qui s’est tenue à Nagoya, au Japon, en octobre 2010. Suivez le congrès sur Oceanplus.tv