7ème plénière de l’IPBES : Quels enjeux ?
La France va accueillir la 7ème session de l’IPBES, la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, se tiendra du 29 avril au 4 mai 2019, à Paris. Quels enjeux lors de cet évènement ? Une nouvelle synthèse mondiale décisive sur l’état de la nature et des écosystèmes ainsi que des contributions apportées par la nature aux populations sera présentée aux représentants de 131 Etats, qui en discuteront en vue d’une approbation. C’est le premier rapport de ce type depuis l’évaluation des écosystèmes pour le millénaire (Millenium Ecosystem Assessment) a de l’ONU publiée en 2005, et le tout premier qui soit intergouvernemental. Entre 2016 et 2018, l’IPBES a également publié deux rapports thématiques sur les pollinisateurs et la dégradation des sols, un rapport méthodologique sur les scénarios et les modèles, ainsi que quatre rapports régionaux sur l’état de la biodiversité dans le monde. Objectif : Contribuer à améliorer les politiques et les actions en faveur de la conservation et de l’usage durable de la biodiversité au cours de la décennie à venir. Le rapport Il a été élaboré par 150 experts internationaux issus de 50 pays, conciliant les domaines des sciences naturelles et sociales, avec des contributions additionnelles de 250 experts supplémentaires, travaillant avec l’IPBES. Le rapport sera achevé et examiné lors cette septième session plénière de l’IPBES. Ayant exigé trois années de travail et un coût total de plus de 2,4 millions de dollars, l’évaluation mondiale de l’IPBES s’appuie sur près de 15 000 références, y compris des documents scientifiques et des informations gouvernementales. Il s’agit également de la toute première évaluation qui examine systématiquement et intègre les savoirs, problématiques et priorités des populations autochtones et locales. Le rapport aidera à évaluer les progrès (ou l’absence de progrès) liés aux principaux objectifs internationaux, dont les objectifs de développement durable (ODD), les objectifs d’Aïchi relatifs à la diversité biologique et l’Accord de Paris sur les changements climatiques. Il étudie les causes des changements affectant la biodiversité et les écosystèmes, les conséquences pour les populations, les options politiques et les futures trajectoires possibles pour les trois prochaines décennies si les tendances actuelles se confirment, ainsi que d’autres scénarios. En résumé : il couvre l’ensemble des écosystèmes terrestres (à l’exception de l’Antarctique), des eaux intérieures et des océans il évalue les changements survenus au cours des 50 dernières années, et les conséquences pour nos économies, nos moyens de subsistance, notre sécurité alimentaire et notre qualité de vie il explore les incidences du commerce et d’autres processus mondiaux sur la biodiversité et les services écosystémiques il traite des impacts relatifs du changement climatique, des espèces envahissantes, de la pollution, des changements dans l’utilisation des mers et des terres et de toute une série d’autres défis posés à la nature il identifie les lacunes prioritaires dans nos connaissances disponibles, qu’il conviendra de combler il anticipe ce à quoi pourrait ressembler la biodiversité dans plusieurs décennies à la lumière de six scénarios il évalue les changements, options et trajectoires en matière politique, de technologie, de gouvernance et de comportement en vue d’atteindre des objectifs mondiaux, en observant les synergies et les compromis entre production alimentaire, sécurité hydrique, énergie et expansion des infrastructures, atténuation du changement climatique, protection de la nature et développement économique Un « résumé à l’intention des décideurs » détaillé qui souligne les principaux messages, résultats et options, doit être présenté au public au siège mondial de l’UNESCO, à Paris, le lundi 6 mai 2019. Plus d’informations – Toutes les informations sur l’évènement – Le Millenium Ecosystem Assessment – Les principaux messages et chiffres des rapports régionaux – Consulter les rapports complets publiés entre 2016 et 2018 – Le Programme Ecosystèmes de l’UICN France
L’état de la biodiversité de 70 Etats et gouvernements passé à la loupe
A l’occasion de l’Année Internationale de la Biodiversité, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) publient, en français et anglais, une analyse synthétique de l’état de la biodiversité terrestre et marine des 70 Etats et gouvernements de la Francophonie. « C’est la première fois qu’une telle analyse est menée. L’Atlas met en lumière l’immense richesse en biodiversité présente à travers la Francophonie et les menaces auxquelles elle fait face. Nous espérons que cet Atlas continuera à évoluer avec l’aide de ses lecteurs » indique Jean-Claude Jacques de l’UICN. Ces pays, présents sur les cinq continents et dans toutes les mers du globe, couvrent 29 millions de km2 sur terre (près de 20% de la surface terrestre) et 25 millions de km2 en mer (7% de la surface des océans). Ils comprennent une douzaine de Points chauds de la biodiversité, plus de 250 écorégions terrestres et 70 écorégions marines. De ce fait, ils ont une responsabilité directe sur la gestion de près d’un tiers des zones humides, des récifs coralliens et des atolls de la planète ainsi que sur le dernier grand bloc forestier d’Afrique et une partie notable des forêts tropicales d’Asie et d’Amérique du Sud. Le caractère insulaire de nombreux Etats de la Francophonie se traduit par un taux d’endémisme élevé, dans des espaces fermés, très vulnérables aux pressions humaines, aux espèces envahissantes et au changement climatique. La conservation de ce patrimoine génétique irremplaçable posera un redoutable défi au cours de ce siècle. Cet atlas montre la biodiversité exceptionnelle abritée par la Francophonie avec des espèces emblématiques comme les gorilles, l’ours blanc, les lémuriens, l’okapi, les grandes tortues terrestres et marines, etc. Les communautés autochtones de certains de ces pays (Pygmées d’Afrique centrale et Amérindiens du Canada et de la Guyane française, par exemple) vivent encore en grande partie des services rendus par les écosystèmes. La conservation de la biodiversité est donc essentielle à leur survie. L’atlas propose aussi une série de pistes d’action pour le futur, adressées à la communauté internationale, à la Francophonie et aux Etats et gouvernements qui la composent. Les recommandations globales sont les suivantes : 1. Produire, à l’occasion du 20e anniversaire du Sommet de la Terre de Rio, un atlas mondial de la biodiversité ; 2. Rendre opérationnelle dans les meilleurs délais la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services rendus par les écosystèmes (International Platform on Biodiversity and Ecosystem Services – IPBES) ; 3. Améliorer et harmoniser la définition et la délimitation des écorégions et écozones ; 4. Mettre à jour la base mondiale de données sur les aires protégées ; 5. Favoriser l’émergence de mécanismes de financement de la conservation de la biodiversité et des services rendus par les écosystèmes. Cet atlas sera officiellement présenté le 23 octobre 2010 au Sommet de la Francophonie à Montreux (Suisse) et le 27 octobre à la Conférence des Parties (COP10) de la Convention sur la Diversité Biologique à Nagoya (Japon). L’atlas est consultable et téléchargeable en cliquant sur le lien suivant. Cet atlas comprend une première série de fiches thématiques, rédigées par des scientifiques et des experts internationaux. Destinées à éclairer les grandes questions qui se posent autour du thème de la biodiversité, ces fiches abordent les problématiques liées à sa connaissance et sa gestion, à sa prise en compte dans l’aménagement du territoire et à la gestion intégrée des grands fleuves, aux services rendus par les écosystèmes, à la valeur économique attachée à ces services et aux mécanismes financiers à mettre en place pour une gestion durable des milieux naturels. La deuxième partie est constituée de 67 fiches présentant une vision synthétique de l’état de la biodiversité dans les pays de la Francophonie, auxquelles s’ajoutent 10 fiches sur le Nouveau-Brunswick et le Québec (Canada), la région de Bruxelles-Capitale et la Wallonie (Belgique) et l’Outre-mer français. Chaque fiche présente, en particulier : • Les écorégions ou régions biogéographiques terrestres et marines, dans lesquelles s’inscrit le pays concerné et leur degré de protection ; • Les Points chauds de la biodiversité ; • La couverture forestière et les zones humides ; • La diversité floristique et faunique et les menaces qui pèsent sur les espèces (espèces considérées comme menacées inscrites sur la Liste rouge de l’UICN, présence d’espèces exotiques envahissantes, impact du changement climatique et des activités humaines) ; • Les aires protégées terrestres et marines existantes ; • Une série d’autres informations liées à la biodiversité : sites du Patrimoine mondial, Réserves de la biosphère, zones humides Ramsar, Zone d’importance pour la conservation des oiseaux. Ces fiches permettent, également, de mettre en avant les actions exemplaires engagées par les gouvernements concernés et, le cas échéant, les difficultés rencontrées. Les fiches pays sont présentées en 10 ensembles régionaux, chacun étant introduit par une fiche régionale axée sur les problématiques transnationales, telles que la gestion des grands fleuves, la biodiversité marine, les aires protégées transfrontalières, les grands mammifères. Pour plus d’informations – Bureau de Représentation de l’UICN auprès de l’Union européenne : Laura Baroni, laura.baroni@iucn.org Jean-Claude Jacques, Jean-claude.jacques@iucn.org