Mieux cartographier les mangroves : de nouvelles avancées !
Réussir à produire une cartographie des mangroves de manière précise, souple, rapide et reproductible : c’est le défi que s’était lancé Dr. Florent Taureau et une équipe scientifique de l’université de Nantes il y a quelques années. Défi relevé, puisqu’un article scientifique vient d’être publié dans la revue Remote Sensing MDPI démontrant que c’est désormais chose possible. Résultat d’un travail de plusieurs années « éreintant psychologiquement » aux dires des scientifiques, l’article expose une méthode originale, reposant sur une analyse cartographique d’images satellites pour calculer les différentes surfaces d’occupation du sol (végétation, eau, sol et ombres) à une échelle encore plus fine que celle du pixel. Cette méthode permet donc de caractériser précisément le type de canopée et de cartographier finement les zones de mangroves. Testée sur trois territoires (Guadeloupe, Mayotte et la Nouvelle-Calédonie), cette approche souple et rapide a de beaux jours devant elles, et apporte une belle complémentarité à d’autres méthodes employées jusqu’ici comme les relevés LiDAR disponibles en Guyane (données 3D pouvant service à décrire les peuplements forestiers). Elle pourra être utilisée pour affiner les indicateurs nationaux sur les mangroves dans le cadre du Réseau d’Observation et d’Aide à la Gestion des Mangroves (ROM) par exemple. Ces recherches ont bénéficié du soutien financier de l’Initiative française pour les Récifs Coralliens (IFRECOR) et du soutien logistique du Pôle-relais zones humides tropicales, co-piloté par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du Littoral. PLUS D’INFORMATIONS – Article scientifique (en anglais) – Réseau d’Observation et d’Aide à la Gestion des Mangroves (ROM) – Site internet du Pôle-relais zones humides tropicales – Le programme Outre-mer de l’UICN France Photo bandeau © Chloé Desmots
Quelles Solutions fondées sur la Nature en Méditerranée ?
L’atelier international sur la « mise en œuvre des Solutions fondées sur la Nature pour lutter contre le changement climatique – focus sur la région méditerranéenne » a rassemblé du 22 au 24 janvier 2019 à Marseille plus d’une centaine de participants intéressés par l’utilisation et la diffusion de ces solutions. Organisé conjointement par le Plan Bleu, le Centre de coopération de l’UICN pour la Méditerranée, le Comité français de l’UICN, le Conservatoire du Littoral, la Tour du Valat, MedWet et Wetlands International, cet événement a réuni les chercheurs, gestionnaires d’espaces naturels, décideurs, collectivités locales, société civile et ONG de la région méditerranéenne et de l’Union européenne afin de partager les défis et leviers pour la dissémination des Solutions fondées sur la Nature dans les territoires. Les Solutions fondées sur la Nature sont définies comme des actions de protection, de gestion durable et de restauration permettant de répondre à la fois aux enjeux de l’atténuation et l’adaptation au changement climatique et de la conservation de la biodiversité. Si, en France, ces solutions sont intégrées au nouveau Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC 2) ainsi que dans le Plan Climat et le Plan Biodiversité, elles sont encore peu identifiées parmi le panel des réponses possibles face au changement climatique dans le monde. Cet atelier visait en premier lieu à partager les meilleures pratiques européennes et méditerranéennes en termes de Solutions fondées sur la Nature afin sensibiliser les décideurs politiques à l’importance de la restauration, la gestion durable et la préservation des écosystèmes pour une adaptation efficace au changement climatique. Il était également l’occasion d’inciter à de nouvelles collaborations en faveur de la mise en œuvre de ces solutions en Europe et dans tout le bassin méditerranéen. Les conclusions de cet atelier viendront alimenter les réflexions nationales, européennes et internationales sur les Solutions fondées sur la Nature en particulier dans la perspective du Congrès mondial de la nature qui se tiendra en 2020 à Marseille. Un policy brief de l’atelier sera publié en février 2019 Plus d’informations – Les Solutions fondées sur la Nature – Le Communiqué de presse annonçant l’évènement – Consulter le site web du Plan Bleu – Contacts UICN France : Pauline Teillac-Deschamps, Chargée de Programme « Ecosystèmes », pauline.teillac-deschamps@uicn.fr et Justine Delangue, Chargée de mission « Services écologiques’ », justine.delangue@uicn.fr bandeau photo © N. Poulet
L’Outre-mer à l’honneur aux Journées mondiales des zones humides
Les zones humides seront particulièrement mises à l’honneur cette année dans les territoires ultramarins à l’occasion de la Journée mondiale des zones humides (JMZH). Le thème de cette édition 2017, intitulée « les zones humides pour la prévention des risques de catastrophes », touche en effet particulièrement les territoires d’Outre-mer. Le Pôle-relais zones humides tropicales, co-animé par l’UICN France, coordonne les animations dans les différents territoires. DES ANIMATIONS EN OUTRE-MER ET PARTOUT DANS LE MONDE, PENDANT 1 MOIS! Si le 2 février est la date officielle de la journée mondiale des zones humides, des animations sont proposées tout au long du mois de février pour célébrer ces milieux exceptionnels. C’est l’occasion pour l’ensemble des acteurs des zones humides, en Outre-mer et partout dans le monde, de se mobiliser pour faire découvrir au grand public leur richesse, leur importance et leur rôle pour l’humanité. En effet, les zones humides protègent les populations humaines d’une grande variété de catastrophes naturelles (inondations, submersions marines, tempêtes et cyclones, sécheresses…), aggravées par le changement climatique. Sur les littoraux, la végétation des zones humides tropicales telles que les vasières ou les mangroves forme une barrière naturelle et atténue les effets des vagues et du vent, stabilise les sédiments, permettant ainsi de lutter contre l’érosion et les risques de rupture du cordon littoral. Les récifs coralliens, considérés eux aussi comme des zones humides par la convention de Ramsar, jouent également un rôle prépondérant dans la protection des côtes lors de cyclones et tsunamis. LE PROGRAMME EN OUTRE-MER Les acteurs des territoires ultramarins se sont mobilisés cette année pour mettre en place un programme d’animations riches et variées. Coordonnées par le Pôle Relais Zones Humides Tropicales (anciennement nommé « pôle relais mangroves & zones humides d’Outre-mer », co-animé par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du littoral depuis janvier 2017), ce sont plus d’une soixantaine d’activités qui seront ouvertes aux scolaires et grand public. Sorties nature, activités culturelles, expositions, conférences débat, projections…mettrons en lumière les atouts et les enjeux des zones humides tropicales. Retrouvez le Programme des animations ici: Tous les détails (dates, horaires, lieux, contacts…etc) de chaque animation sont accessibles ci-dessous : POUR PLUS D’INFORMATIONS Page du Pôle-relais zones humides tropicales Contact: Gaëlle Vandersarren, coordinatrice du Pôle
L’UICN France devient co-coordinateur du Pôle-relais Zones humides tropicales
Le Pôle-relais Zones humides tropicales (auparavant « Pôle-relais mangroves et zones humides d’outre-mer »), qui œuvre à la protection des zones humides dans les territoires ultramarins tropicaux, se dote d’une nouvelle coordination. Une convention vient d’être signée entre le Conservatoire du Littoral, qui pilotait jusqu’ici le Pôle, et le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN France), pour assurer conjointement la mise en œuvre de cette initiative qui célèbre ses 4 années d’existence. LE PÔLE, C’EST QUOI ? Les Pôles-relais zones humides ont été créés en 2001 dans la lignée du Plan national d’actions en faveur des milieux humides pour accompagner les initiatives locales en faveur d’une gestion durable de ces milieux naturels. Ce réseau des 5 Pôles-relais est animé depuis 2008 par l’ONEMA (maintenant Agence Française pour la Biodiversité) qui apporte un appui au Ministère en charge de l’environnement pour soutenir la politique nationale en ce domaine. Ne concernant au départ que la métropole, un dernier-né a vu le jour en 2012 : le Pôle-relais mangroves et zones humides d’Outre-mer, animé par l’antenne de Guadeloupe du Conservatoire du Littoral. Pour renforcer et développer l’action de ce Pôle-relais, le Conservatoire a sollicité l’UICN France, très impliquée sur les questions de biodiversité ultramarine, pour co-animer ses activités. Les deux partenaires ont en effet des compétences géographiques et techniques complémentaires sur les zones humides ultramarines, et une légitimité reconnue pour animer un réseau en faveur de la conservation de ces milieux. MIEUX PROTEGER LES ZONES HUMIDES DANS LES TROIS GRANDES REGIONS TROPICALES FRANÇAISES Les zones humides des Outre-mer tropicaux français (qui incluent mangroves, forêts marécageuses, mares intérieures, vasières, tourbières et marais littoraux) sont particulièrement menacées par les pressions humaines (développement d’infrastructures et d’aménagements littoraux, urbanisation, pollution, espèces exotiques envahissantes…), ces facteurs étant plus ou moins importants en fonction des territoires. Le Pôle-relais zones humides tropicales a pour mission d’accompagner et de promouvoir des initiatives locales exemplaires sur ces milieux, afin d’encourager in fine une meilleure protection des zones humides par tous les acteurs dans les territoires tropicaux français : Antilles françaises, Guyane, Mayotte, Iles éparses, La Réunion, Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, et Polynésie française. Les quatre premières années de mise en place du Pôle ont permis de poser les bases nécessaires pour le développement institutionnel et structurel du Pôle, de constituer une base documentaire de référence, de lancer des actions de communication et de sensibilisation, et de faciliter les échanges et conseils auprès des différents acteurs. L’implication de l’UICN France va permettre d’étendre son périmètre d’action, en particulier dans les régions Océan Indien et Pacifique, et de développer son action en s’appuyant sur le réseau national et mondial de l’UICN. Le Pôle, dont la coordination se fera toujours depuis la Guadeloupe, souhaite également engager une démarche proactive pour encourager l’adoption de mesures de protection efficaces sur le terrain, et pour apporter un appui aux porteurs de projets ayant un impact sur les milieux humides. UNE NOUVELLE PHASE QUADRIENNALE POUR CONSOLIDER LES ACTIONS ET ENCOURAGER LES DYNAMIQUES RÉGIONALES Le Pôle-relais, maintenant doté d’un bureau et d’un comité de pilotage réunissant les principaux partenaires et bailleurs de fonds, va se doter d’un plan d’action stratégique pour sa nouvelle phase 2017-2020. La mi ssion principale – constituer un réseau d’échanges entre les acteurs de la conservation des zones humides tropicales – englobe quatre objectifs : (1) encourager une meilleure protection et restauration de la santé des écosystèmes humides et de leur biodiversité, (2) faire connaître et apprécier les zones humides tropicales et leur valeur écologique, économique et patrimoniale, (3) favoriser une utilisation durable de ces milieux afin qu’ils soient préservés pour les générations à venir, et réduire les impacts directs et indirects et (4) favoriser une coopération régionale des territoires ultramarins avec les pays voisins confrontés à des problématiques similaires. C’est donc fort de ce nouveau partenariat que commence cette nouvelle phase, dans le but de changer les tendances de destruction négatives affectant les zones humides dans les territoires ultramarins tropicaux. POUR EN SAVOIR PLUS Page UICN du Pôle-relais Site internet du Pôle-relais Le Pôle sur Twitter Le Pôle sur Facebook