Journée internationale des mangroves 2020 : Découvrez-les sous un nouveau jour

A l’occasion de la Journée Internationale des Mangroves – célébrée le 26 juillet de chaque année depuis 2015, le Pôle-Relais Zones Humides Tropicales (PRZHT) lance 2 produits phares : les visites virtuelles des mangroves de Mayotte, et la cartographie des mangroves d’outre-mer à un degré de précision encore jamais atteint. VISITES VIRTUELLES : PARTEZ A LA DÉCOUVERTE DES MANGROVES DE MAYOTTE ! Après les mangroves de Guadeloupe, le PRZHT vous invite à partir à la découverte des mangroves de Mayotte en visite virtuelle ! Immergez-vous au sein de ce milieu étonnant pour y découvrir les espèces qui y vivent, apprendre les astuces des palétuviers (arbres qui constituent la mangrove) pour survivre aux conditions extrêmes, ou encore comprendre les services essentiels que les mangroves nous rendent au quotidien. Laissez vous surprendre par d’étonnantes informations : saviez-vous par exemple que des sépultures vieilles de mille ans se dissimulent dans la vasière des Badamiers, un site connu sur Petite-Terre? Qu’il existe 7 espèces différentes de palétuviers à Mayotte avec une organisation spatiale spécifique ? Que deux sentiers de découverte ont été aménagés à Mayotte pour découvrir les mangroves ? Que vous habitiez à Mayotte ou ailleurs, vous pouvez dès à présent partir à la découverte des mangroves de Mayotte : elles se révéleront à vous comme vous ne les avez jamais vues ! CARNAMA: LES MANGROVES D’OUTRE-MER CARTOGRAPHIéES AVEC UNE PRéCISION JAMAIS ATTEINTE à CETTE ÉCHELLE Le PRZHT lance également à l’occasion de la Journée Internationale des Mangroves la première mise à jour de la cartographie harmonisée des mangroves françaises (projet CARNAMA). Cette mise à jour a pu être réalisée dans le cadre de l’IFRECOR grâce aux nouvelles technologies satellites d’une précision 9 fois supérieure à celles qui étaient disponibles lors de l’évaluation initiale, il y a 4 ans. Ce nouveau travail cartographique, réalisé par Florent Taureau, représente une avancée très importante, car il permet de répondre aux impératifs de conservation en offrant aux utilisateurs une base de données spatialisée la plus précise et la plus juste possible, incluant les mangroves situées le long des estuaires. Et maintenant ? Ce travail cartographique n’est qu’une première étape : il s’agit désormais de faire appel au Réseau d’Observation et d’aide à la gestion des Mangroves (ROM) pour vérifier sur le terrain la justesse de ses délimitations. Les gestionnaires, riverains, scolaires et toute personne intéressée par les mangroves sont appelés à signaler toute contradiction avec la carte, qui a été intégrée à l’application mobile ROM, dans une démarche de co-construction de cet outil cartographique. Pour rappel, l’application permet également de signaler des perturbations, ce qui peut être utile aux gestionnaires de mangroves ! La France est engagée dans un effort significatif de protection des mangroves depuis plusieurs années, avec la mise en protection de plus 35 000 ha de mangroves dans les Départements et Régions d’Outre-mer (DROM) à l’heure actuelle. En Nouvelle-Calédonie et à Wallis, les tribus locales sont également très investies dans la protection des mangroves grâce à une gestion coutumière. Les nouveaux chiffres surfaciques de mangroves vont donc permettre à la France et aux collectivités de mieux évaluer l’efficacité des actions de protection en suivant l’évolution des surfaces de mangroves, que ce soit par des mises à jour régulières de la cartographie ou des remontées de terrain par le biais du ROM. Des indicateurs complémentaires viendront également compléter ces informations afin de qualifier l’état de conservation des mangroves associé à ces surfaces. Plus d’informations – La visite virtuelle dans les mangroves de Mayotte – Communiqué de presse sur la nouvelle cartographie – le projet Carnama (attention! certains chiffres ont été mis à jour depuis le 23 juillet 2020) – Les fichiers .kml (à utiliser avec Google Earth) et les shape files de chaque territoire concerné par CARNAMA sont disponibles en téléchargement – L’application mobile ROM – En savoir sur le Pôle-Relais Zones Humides Tropicales Photo bandeau : Mirereni, Baie de Bouéni à Mayotte © Comité français de l’UICN_Geo-Graphique_L.Juhel
Mieux cartographier les mangroves : de nouvelles avancées !
Réussir à produire une cartographie des mangroves de manière précise, souple, rapide et reproductible : c’est le défi que s’était lancé Dr. Florent Taureau et une équipe scientifique de l’université de Nantes il y a quelques années. Défi relevé, puisqu’un article scientifique vient d’être publié dans la revue Remote Sensing MDPI démontrant que c’est désormais chose possible. Résultat d’un travail de plusieurs années « éreintant psychologiquement » aux dires des scientifiques, l’article expose une méthode originale, reposant sur une analyse cartographique d’images satellites pour calculer les différentes surfaces d’occupation du sol (végétation, eau, sol et ombres) à une échelle encore plus fine que celle du pixel. Cette méthode permet donc de caractériser précisément le type de canopée et de cartographier finement les zones de mangroves. Testée sur trois territoires (Guadeloupe, Mayotte et la Nouvelle-Calédonie), cette approche souple et rapide a de beaux jours devant elles, et apporte une belle complémentarité à d’autres méthodes employées jusqu’ici comme les relevés LiDAR disponibles en Guyane (données 3D pouvant service à décrire les peuplements forestiers). Elle pourra être utilisée pour affiner les indicateurs nationaux sur les mangroves dans le cadre du Réseau d’Observation et d’Aide à la Gestion des Mangroves (ROM) par exemple. Ces recherches ont bénéficié du soutien financier de l’Initiative française pour les Récifs Coralliens (IFRECOR) et du soutien logistique du Pôle-relais zones humides tropicales, co-piloté par le Comité français de l’UICN et le Conservatoire du Littoral. PLUS D’INFORMATIONS – Article scientifique (en anglais) – Réseau d’Observation et d’Aide à la Gestion des Mangroves (ROM) – Site internet du Pôle-relais zones humides tropicales – Le programme Outre-mer de l’UICN France Photo bandeau © Chloé Desmots
Parution de la première carte harmonisée des mangroves françaises
Dans le cadre de l’IFRECOR – Initiative française pour les récifs coralliens lance, le Pôle-relais zones humides tropicales lance la première cartographie homogénéisée des mangroves du territoire français, réalisée par l’Université de Nantes. Cette cartographie constitue la première évaluation nationale des surfaces de mangroves dans les territoires d’Outre-mer français. Auparavant, il n’existait que des évaluations locales très hétérogènes bien que souvent de bonne qualité. C’est grâce aux dernières innovations technologiques, en particulier les progrès des images satellites, que cette cartographie a pu être produite. L’Université de Nantes, qui a mené ces travaux pour le compte du Pôle-relais et de l’IFRECOR, a dans un premier temps mis au point un guide méthodologique pour la cartographie des mangroves à partir de données satellites. La méthode a ensuite été utilisée pour réaliser la cartographie de l’ensemble des mangroves nationales en détectant les peuplements de palétuviers et en les dissociant des tannes et des autres types de surfaces forestières. Ce travail permet aujourd’hui de disposer de données chiffrées précises, homogènes et reproductibles, permettant ainsi le calcul d’un indicateur surfacique fiable. A quoi cela va-t-il servir ? Les mangroves sont reconnues pour leurs multiples fonctions au service des populations côtières : nurserie pour les espèces halieutiques, fourniture de produits (bois, miel, pharmacopée, tanins), atténuation des événements climatiques (houles cycloniques) ou tectoniques (tsunamis), stockage de carbone, mais aussi filtre pour la protection des habitats marins contre l’hyper sédimentation, bio-remédiation… La fondation de recherche LLOYD’S produisait en juin 2017 un rapport très explicite sur le rôle des infrastructures naturelles, au premier rang desquelles figuraient les mangroves et récifs, pour la réduction des dommages causés par les événements climatiques et géologiques côtiers. C’est pourquoi la France s’est engagée dans un effort significatif pour protéger les mangroves. La feuille de route environnementale 2014 du gouvernement fixait l’objectif de protection d’un tiers des mangroves nationales par le Conservatoire du littoral et la loi de juillet 2016 sur la reconquête de la biodiversité imposait l’engagement de mesures de protection sur plus de 55 000 hectares représentant plus de 50 % des mangroves sous responsabilité nationale. Afin d’évaluer l’efficacité de ces politiques, l’indicateur le plus fiable à ce jour correspond à l’évaluation des surfaces de mangrove. Mais d’autres indicateurs viendront rapidement compléter cette donnée afin de qualifier l’état de conservation associé à ces surfaces. A cette fin, le Réseau national d’Observateurs et d’aide à la gestion des Mangroves (ROM) a été lancé en juin 2017 par le Comité français de l’UICN et le Pôle-relais zones humides tropicales (voir la plaquette de présentation du ROM). Quelles sont les limites d’utilisation de cette carte ? Ce travail a été réalisé à une échelle globale et n’a donc n’a pas vocation à fournir une cartographie fine par territoire. En effet, chaque pixel de 900m² produit par le satellite Landsat-8 (United States Geological Survey) a été automatiquement classé. La méthode donne une évaluation des surfaces pertinentes à l’échelle globale mais reste insuffisamment précise à l’échelle locale. Les mangroves de Saint-Barthélemy, essentiellement rivulaires, n’apparaissent ainsi pas sur la carte nationale alors qu’elles sont évaluées à 4,6 ha par une cartographie plus fine. Il s’agit donc bien là d’un indicateur surfacique national et non d’un outil de gestion local. La carte produite sera toutefois prochainement affinée grâce à l’utilisation d’images Sentinel-2 (European Space Agency) à partir de pixels de 100 m². Enfin, des travaux par sites utilisant de la très haute résolution spatiale pourront accompagner et préciser ce chantier comme la cartographie précise des mangroves qui vient d’être produite sur Wallis par la collectivité territoriale et ses partenaires. Surfaces de mangrove en 2016 (en hectares) – Université de Nantes – Pôle relais zones humides tropicales Guadeloupe Saint-Martin Saint-Barthélemy Martinique Mayotte Guyane Nouvelle-Calédonie Wallis Iles éparses 3 249 21 4,6[1] 2 060 524 55 140 29 388 31,6[2] 673 [1] Evaluation par télédétection 2017 – Pôle relais zones humides tropicales / Conservatoire du littoral [2] Etude des mangroves de Wallis 2017 – Service territorial de l’environnement / Bluecham DOCUMENT JOINT Carte en format initial CONTACTS Alain Pibot – Pôle-relais zones humides tropicales-Conservatoire du Littoral – 06 90 57 80 63 Anne Caillaud – Pôle-relais zones humides tropicales – UICN France Marc Robin – Université de Nantes