Bilan CITES : Des avancées mais de fortes préoccupations qui demeurent

Alors que se termine aujourd’hui la conférence de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) à Lyon, le Comité français de l’UICN salue les décisions des Etats de renforcer les mesures pour lutter contre la surexploitation des espèces mais souligne les préoccupations importantes qui subsistent encore. Le trafic d’espèces sauvages figure parmi les principales menaces pour la biodiversité, affectant des milliers d’espèces animales et végétales classées dans la Liste rouge mondiale des espèces menacées de l’UICN. Ce trafic constitue aujourd’hui l’une des activités criminelles transnationales les plus lucratives au monde, représentant environ 20 milliards d’euros par an. Il apparaît souvent associé à d’autres activités illicites (blanchiment d’argent, corruption) et alimente parfois des groupes armés et des réseaux terroristes. Le Lambi est une des espèces les plus braconnées dans les Antilles françaises © L. Baraud Pour faire face à cette menace, la réunion du Comité permanent de la CITES a rassemblé près de 500 participants, du 7 au 11 mars à Lyon, représentant les Etats parties à la convention et des ONG du monde entier dont le Comité français de l’UICN. Le Comité permanent a pour fonction d’assurer un suivi des mesures mises en œuvre dans le cadre de la convention et de définir de futures orientations pour son application. Parmi les points à l’agenda cette année, figurait notamment la préparation de plusieurs projets de résolutions qui seront discutés en vue de leur adoption lors de la prochaine Conférence des Parties de la CITES (COP19) prévue du 14 au 25 novembre au Panama. Plusieurs sujets importants ont été abordés, comme la situation des éléphants d’Afrique et le commerce illégal de l’ivoire, la situation des requins et des raies, des grands félins, des lambis, des hippocampes, des coraux ou encore des forêts… Au terme de ces journées, le Comité français de l’UICN salue les décisions prises par les Etats pour accentuer la coopération internationale, renforcer les possibilités d’enquêtes et améliorer la lutte contre le trafic de nombreuses espèces victimes du braconnage et du commerce illégal. Ces actions vont dans le sens des recommandations du dernier Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille sur la lutte contre la criminalité environnementale, ainsi que sur le trafic de lions, de tigres et d’oiseaux chanteurs d’Asie. La menace majeure que représentent ces trafics pour la santé humaine, avec le risque de propagation de pathogènes et d’émergence de futures zoonoses, a aussi été soulignée et fera partie des enjeux au cœur des discussions de la COP19 au Panama. Cela vient en écho à la recommandation de l’UICN demandant de développer l’approche « une seule santé » en s’attaquant aux causes de la perte de biodiversité. De vives discussions ont également eu lieu sur des sujets figurant au centre des attentions, tels que la capture et la vente d’éléphants vivants, comme vient de le réaliser la Namibie avec l’exportation de 22 éléphants aux Emirats Arabes Unis, sujet qui devra faire l’objet de décisions lors de la prochaine COP. Enfin, de fortes préoccupations demeurent sur le commerce illégal de nombreuses espèces, parmi lesquelles les pangolins, les rhinocéros, le tigre, le guépard, les requins ou des essences forestières comme le palissandre et le bois de rose. Face à l’ampleur des menaces, il est urgent de redoubler les efforts pour enrayer le braconnage et la surexploitation qui frappent la faune et la flore. Le Comité français de l’UICN propose 10 solutions concrètes pour renforcer la lutte contre le trafic d’espèces sauvages en impliquant davantage tous les acteurs, en particulier les autorités judiciaires (juges et magistrats), les agents de contrôle déployés sur le terrain (douanes), les transporteurs aériens et les aéroports. Plus d’informations – Communiqué de presse– Le rapport avec nos 10 recommandations concrètes – en anglais– La CITES– L’appel de décembre 2021 au renforcement de la lutte contre le trafic des espèces sauvages en france– Le programme « Politique de la biodiversité »– Le programme « Espèces »

CITES : 10 recommandations pour lutter contre le trafic d’espèces sauvages et la criminalité organisée

Du 7 au 11 mars 2022 se tient à Lyon la 74e session du Comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), en préparation de la Conférence des Parties prévue en novembre prochain au Panama (COP19).   Plusieurs sujets importants pour la France y seront abordés, tels que la situation des éléphants d’Afrique et le commerce illégal de l’ivoire, avec une attention forte portée sur le renforcement de la coopération, la lutte contre la fraude et la gestion des spécimens confisqués.  Le Comité français de l’UICN saisit cette occasion pour proposer 10 solutions concrètes pour renforcer la lutte contre le trafic d’espèces en impliquant davantage tous les acteurs, et en particulier les autorités judiciaires (juges, magistrats), les agents de contrôle déployés sur le terrain (douanes), les transporteurs aériens et les aéroports.   Le droit de l’environnement français, renouvelé et renforcé depuis une dizaine d’années, prévoit de nombreux outils dont l’utilisation rendrait plus efficace la lutte contre le trafic d’espèces : en retenant par exemple des peines plus fortes ou la qualification de circonstance aggravante de bande organisée, en prononçant des peines complémentaires ou la confiscation des biens.   Il est aussi nécessaire aujourd’hui d’accroître la responsabilité et l’engagement des transporteurs aériens et de prévoir une réglementation plus adaptée pour les bagages des voyageurs, en prévoyant la réduction du poids des bagages en soute à 23 kilos maximum pour tous les vols commerciaux en provenance d’Afrique comme c’est le cas pour les autres provenances, pour diminuer les quantités transportées tout comme les risques sanitaires et environnementaux liés au trafic de viande de brousse.  La sensibilisation des voyageurs aux enjeux et aux conséquences du trafic d’espèces est l’un des leviers importants pour enrayer ce phénomène. Pour apporter une première réponse, une campagne de communication portée par Air France et le Groupe ADP à destination des passagers sera lancée cet été en collaboration avec le Comité français de l’UICN. Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN.  Plus d’informations – Le rapport avec nos 10 recommandations concrètes – en anglais– Contact : Florence Clap, Chargée de programme Politique de la biodiversité– La CITES – suivre la SC74 de Lyon sur Youtube– L’appel de décembre 2021 au renforcement de la lutte contre le trafic des espèces sauvages en france– Le programme « Politique de la biodiversité »– Le programme « Espèces » Photo bandeau : Pangolin – CC BY Tikki Hywood

Appel au renforcement de la lutte contre le trafic des espèces sauvages en France

A l’occasion d’une opération de contrôle des douanes à l’arrivée des vols internationaux au terminal T2 de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, une délégation du Comité français de l’UICN a pu constater l’importance du trafic des espèces sauvages arrivant en France et appelle à une action renforcée pour le juguler. Le trafic d’espèces sauvages figure parmi les principales menaces pour la biodiversité, affectant des milliers d’espaces animales et végétales classées dans la liste rouge mondiale des espèces menacées de l’UICN. Il constitue aujourd’hui l’une des activités criminelles transnationales les plus lucratives au monde (représentant environ 20 milliards d’euros par an), souvent associé à d’autres activités illicites (blanchiment d’argent, corruption), et alimente parfois des groupes armés et des réseaux terroristes. La France est concernée en premier lieu, représentant le pays de destination et de transit de nombreux vols internationaux notamment originaires de l’Afrique francophone. Cette année 2021, pour le seul terminal T2 de Roissy Charles de Gaulle, 36 tonnes de produits illégaux issus d’espèces sauvages ont été saisies, dont 17 tonnes d’espèces animales. Ces saisies ne représentent qu’une infime partie des trafics, car seule une équipe de 20 douaniers contrôle les bagages d’un flux représentant 24 000 passagers par jour pour le seul terminal T2. La nature des espèces et leur provenance inquiètent également sur le plan sanitaire, avec le risque important d’importation et de développement de zoonoses. La France accueillera le Comité permanent de la CITES à Lyon en mars 2022, où seront préparées les décisions de la prochaine COP CITES de novembre 2022 au Panama. Cette convention internationale, issue d’une recommandation de l’UICN, a pour objectif de réglementer le commerce international des espèces de faune et de flore menacées. Cet enjeu majeur a fait l’objet de décisions adoptées lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN à Marseille en septembre dernier, à travers deux recommandations : l’une sur la lutte contre la criminalité organisée ayant un impact sur l’environnement, l’autre sur l’implication du secteur privé dans la lutte contre le trafic d’espèces sauvages. Le gouvernement français et les compagnies aériennes doivent renforcer leurs actions pour lutter contre ce trafic comprenant les moyens des Douanes, l’information des voyageurs et les sanctions, ainsi que la limitation du poids des bagages. Le Comité français de l’UICN soutient aussi le développement de stations d’accueil des animaux saisis et mènera en 2022 avec le Groupe ADP (Paris Aéroports) une opération de sensibilisation sur le trafic des espèces sauvages. Plus d’informations – Communiqué de presse– La CITES– L’appui du Comité français de l’UICN aux politiques et aux conventions sur les espèces– Le programme « Coopération internationale » Photo bandeau : Pangolin sur un marché au Congo-Brazzaville © Paul Estève