L’IPBES a publié son dernier rapport sur les entreprises et la biodiversité : le Comité français de l’UICN soutient pleinement les analyses et constats et appelle l’ensemble des acteurs à collaborer et s’en saisir.
Selon la nouvelle évaluation de l’IPBES sur les entreprises et la biodiversité, les actions positives des entreprises et des institutions financières sont essentielles à la transition vers un système économique juste et durable. Cette évaluation met en garde contre le fait que le déclin accéléré de la biodiversité et des contributions de la nature à l’humanité n’est pas seulement un problème environnemental, mais aussi un risque systémique qui menace la stabilité économique mondiale, les marchés financiers et le bien-être humain.
L’évaluation méthodologique par l’IPBES[1] des conséquences de l’activité des entreprises sur la biodiversité et sur les contributions de la nature aux populations et de la dépendance des entreprises à leur égard (connu sous le nom de Rapport « Entreprises & biodiversité » ou « Business and Biodiversity Report ») a été approuvée lors de la 12e session de la plénière de l’IPBES, qui s’est tenue à Manchester, au Royaume-Uni, (du 3 au 8 février 2026) par les représentants des 150 gouvernements membres de l’IPBES.
Le rapport constate que les conditions actuelles dans lesquelles les entreprises opèrent ne sont globalement pas compatibles avec la réalisation d’un avenir juste et durable, et que ces conditions perpétuent également des risques systémiques. Le rapport souligne qu’un changement fondamental est possible et nécessaire pour créer un environnement propice permettant d’aligner ce qui est rentable pour les entreprises sur ce qui est bénéfique pour la biodiversité et les populations.
« S’engager en faveur de la nature n’est pas une option pour les entreprises, c’est une nécessité. Les entreprises sont à la fois des bénéficiaires de la nature et des acteurs majeurs de son déclin. Elles ont donc un rôle essentiel à jouer pour garantir une gestion responsable de notre environnement. Cette démarche est vitale pour leurs résultats financiers, leur prospérité à long terme et la transformation nécessaire à un avenir plus juste et plus durable. » explique le Professeur Ximena Rueda Fajardo, School of Management de l’Universidad de los Andes, coprésidente de l’Evaluation des Entreprises et de la Biodiversité de l’IPBES.
Cette évaluation préparée par 80 experts internationaux issus de 35 pays de toutes les régions du monde et de diverses disciplines, a nécessité trois ans de développement et s’appuie sur des milliers de références.
Le rapport, composé de six chapitres est accompagné par un résumé pour décideurs (gouvernements, entreprises, société civile) avec l’énonciation de messages-clés pour faciliter le passage à l’action. Il met en évidence des méthodes et plus de 100 actions spécifiques pour mesurer et répondre aux impacts et dépendances des entreprises, à l’intention des entreprises, des gouvernements, des institutions financières et de la société civile, notamment :
- Des stratégies transparentes et crédibles pour suivre les impacts et les dépendances vis-à-vis de la nature.
- Des indicateurs spécifiques à chaque secteur pour mesurer les résultats en matière de biodiversité tout au long des chaînes de valeur.
- Un engagement inclusif avec les peuples autochtones et les communautés locales, reconnaissant leurs connaissances et leurs droits.
Le Comité français de l’UICN est déjà mobilisé sur un certain nombre des solutions proposées telles que :
- Accompagnement d’entreprises pour évaluer leurs impacts et dépendances vis-à-vis de la biodiversité, intégrer la biodiversité dans leur stratégie et renforcer leurs actions pour la préserver
- Contributeur et évaluateur des initiatives telles que « Act4Nature International » et « Entreprise engagée pour la nature »
- Soutien à des actions de protection et de restauration de la nature d’entreprises
- Développement et accompagnement sur des outils et des approches permettant de mieux connaître les impacts des entreprises et cibler les actions à mener (STAR, listes rouges, standard mondial des Solutions fondées sur la Nature, RHINO).
- Sensibilisation des dirigeants et collaborateurs aux enjeux biodiversité.
- Réalisation d’études sur les impacts biodiversité sur la chaîne de valeur amont de certains produits et sensibilisation des connaissances des services achats des entreprises.
- Réflexions et travaux pour structurer et améliorer l’action des entreprises (reporting biodiversité, certificats biodiversité, cadre d’action positif pour la nature, économie de régénération).
L’évaluation de l’IPBES sur les entreprises et la biodiversité donne également un nouvel élan à la mise en œuvre de la résolution approuvée par les membres de l’UICN lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN en 2025 et proposée par le Comité français de l’UICN, intitulée « Définir un cadre solide pour le Positif pour la nature pour les entreprises ».
Cette évaluation arrive à point nommé, après l’adoption du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité en 2022 et à quatre ans de l’échéance pour atteindre ses objectifs pour 2030. Le Cadre précise clairement que la mise en place d’un avenir positif pour la nature nécessite une approche globale de la société, y compris du secteur privé, et comprend un objectif spécifique en matière d’engagement et de divulgation d’informations par les entreprises. Cela signifie que les entreprises et les institutions financières sont tenues non seulement d’atténuer leurs propres impacts négatifs, mais aussi de contribuer aux objectifs mondiaux en faveur de la nature, c’est-à-dire d’obtenir des résultats positifs pour la nature.
L’ensemble des acteurs doivent maintenant collaborer et se saisir de ce rapport dans cette perspective.
Photo bandeau : © Jevgenij Voronov/Unsplash
[1] Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques


