COP26 : Les positions de l’UICN pour la nature et le climat

La COP26 de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) se tient du 31 octobre au 12 novembre 2021 à Glasgow dans un contexte de crises climatique et de la biodiversité. Les évènements météorologiques extrêmes de 2021, dont des inondations catastrophiques, des vagues de chaleur et des incendies de forêts, nous rappellent l’urgence d’agir sur le changement climatique qui genère des boulversements aussi bien dans les pays industrialisés que dans les pays en développement. La COP 26 sur le Climat doit prendre des décisions fortes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et s’appuyer davantage sur les solutions fondées sur la nature. « Nous savons qu’une partie de la réponse face au réchauffement climatique réside dans la régénération des écosystèmes. Notre message pour la Cop26 est le suivant : la nature est la solution à la majorité de nos problèmes » Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN – le 8 septembre 2021 au Congrès mondial de l’UICN à Marseille Pour cette COP26, l’UICN met l’accent sur les points suivants en s’appuyant sur les messages clés du Congrès mondial de l’UICN :  1. L’urgence du climat et de la biodiversité sont deux manifestations d’une même crise. L’UICN appelle les Etats à réduire d’urgence les émissions de GES dans tous les secteurs afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5° et à promouvoir les synergies avec les processus internationaux visant à lutter contre le changement climatique et la perte de la biodiversité. Le rapport du GIEC de 2018 indique que pour maintenir un réchauffement planétaire à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels, il faut que les émissions anthropiques nettes mondiales de CO2 diminuent d’environ 45% par rapport aux niveaux de 2010 d’ici à 2030. Or les contributions actuelles des Etats entraineraient des émissions mondiales de GES d’environ 16% en 2030 par rapport aux niveaux de 2010. 2. Les Solutions fondées sur la Nature (SfN) peuvent apporter une contribution essentielle à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique, tout en contribuant à la conservation de la biodiversité. L’UICN demande à toutes les Parties de reconnaître et de soutenir clairement la mise en œuvre renforcée des SfN, y compris par le biais d’un texte de décision officiel lors de la COP26, en se référant au standard mondial de l’UICN. Une étude scientifique récente parue dans Nature (Girardin et al. 2021) estime que les Solutions fondées sur la nature pourraient permettre d’économiser 10 gigatonnes de CO2e par an, soit plus que les émissions de l’ensemble du secteur mondial des transports. 3. L’UICN exhorte les Parties à renforcer l’ambition de leurs contributions nationalement déterminées (CND), de leurs plans d’adaptation nationaux (PNA) et de leurs stratégies à long terme de développement à faible émission (LT-LEDS) dans le cadre de l’Accord de Paris, notamment en y intégrant des solutions fondées sur la nature plus ambitieuses et plus concrètes. 4. L’UICN appelle les Parties à mobiliser des financements accrus, y compris par le biais de mécanismes innovants, afin de permettre la mise en œuvre réussie de solutions fondées sur la nature à grande échelle.  5. L’UICN souligne l’importance de garantir l’intégrité environnementale ainsi que des mesures de protection environnementales et sociales adéquates lors de la définition des règles, modalités, procédures et orientations de l’article 6 de l’Accord de Paris, y compris celles qui pourraient régir l’utilisation future de solutions fondées sur la nature pour atteindre les résultats d’atténuation prévus par cet article. 6. L’UICN se félicite des progrès réalisés dans la préparation du premier inventaire mondial au titre de l’article 14 de l’Accord de Paris et appelle à une prise en compte systématique des solutions fondées sur la nature dans le cadre de ce processus. 7. L’UICN se félicite des progrès réalisés à ce jour dans l’opérationnalisation de la Plateforme des communautés locales et des peuples autochtones (LCIP) de la CCNUCC et souligne la nécessité de convenir d’un nouveau plan de travail triennal lors de la COP26.  8. L’UICN réaffirme son engagement à l’égard du Programme de travail de Lima relatif au genre (LWPG) et de son Plan d’action pour l’égalité entre les sexes (GAP), en notant leur rôle essentiel de facilitateur dans la politique de changement climatique tenant compte du genre, y compris pour l’apprentissage continu et le renforcement des approches du changement climatique tenant compte du genre et du respect des droits. Plus d’informations – Le document de position de l’UICN pour la COP26 détaillé– La COP26 de la CCNUCC– Les Solutions fondées sur la Nature

À la découverte des espèces menacées et des actions pour les préserver

Destiné à tout public, ce livret pédagogique est un outil de sensibilisation sur les espèces menacées en France et dans le monde, élaboré par l’Association française des parcs zoologiques (AFdPZ) et le Comité français de l’UICN.   – Pourquoi les espèces sont-elles menacées dans le monde ? – Quels sont les animaux menacés en France ?– Comment préserver les espèces et comment chacun peut-il agir à son échelle ? Ce nouveau livret répond à ces questions au travers de textes, de photos et d’exemples illustrés. En le parcourant, vous pourrez trouver des informations sur les cinq grandes menaces pesant sur la biodiversité et vous rencontrerez quelques-unes des espèces menacées dans le monde ou autour de nous. Vous découvrirez également les actions mises en œuvre par les acteurs de la protection de la nature pour les sauvegarder et des exemples d’actions qu’il est possible de réaliser chez soi pour contribuer à la préservation de ces nombreuses espèces. Retrouvez ce livret dans les multiples parcs zoologiques français membres de l’AFdPZ. Plus d’informations – Livret sur les espèces menacées (pdf)– Le programme « Espèces » du Comité français de l’UICN– Les actions de l’Association des parcs zoologiques de France (AFdPZ) Photos © Antoine Joris

Quarry Life Award : Plus qu’1 mois pour déposer son projet

Tous les deux ans, le Groupe HeidelbergCement organise le Quarry Life Award, un concours scientifique et éducatif qui se déroule dans plus de vingt pays à travers le monde. L’ambition de ce concours est d’améliorer les connaissances en matière de biodiversité sur les sites de carrières, de la favoriser et d’informer et de sensibiliser le grand public à l’importance de sa préservation. A cette occasion, chercheurs, étudiants, techniciens ou citoyens sont invités à participer à ce concours en répondant à l’appel à projets lancé par le groupe en France ! Les candidats sont invités à soumettre une proposition de projet d’ici le 18 novembre 2021 sur le site internet dédié.  En décembre 2021, le jury français du concours Quarry Life Award  sélectionnera 6 projets pouvant participer à la compétition. Les lauréats seront alors invités à mettre en œuvre leur projet avec le soutien de l’entreprise et du Comité français de l’UICN entre janvier et septembre 2022. Tous les projets sélectionnés concourront simultanément aux niveaux national (deux prix de 5 000 €) et international (prix allant de 10 000€ à 30 000 €).  Le Comité français de l’UICN accompagne depuis 14 ans Ciments Calcia et GSM, filiales françaises du Groupe cimentier HeidelbergCement, afin de renforcer la prise en compte de la biodiversité dans leurs activités. En tant que partenaire national, le Comité français de l’UICN accompagnera les candidats porteurs de projets dans leur démarche (relecture des propositions de projet, appui durant la mise en œuvre du projet, etc.). Quels types de projets ? Les projets sont organisés sous deux axes comprenant 3 thématiques chacun : L’axe Recherche se centre sur des projets scientifiques permettant d’accroître les connaissances écologiques au niveau d’une carrière et/ou visant l’amélioration de la gestion de la biodiversité, du paysage et de l’eau sur site. Ses catégories sont les suivantes : Gestion de la biodiversité Recherche sur l’habitat et les espèces Aux portes de la carrière Ces projets seront évalués au regard de leur méthodologie, de leur faisabilité, de leur innovation et créativité ainsi que de la communication des résultats et de leur valeur ajoutée pour la science et pour l’entreprise. L’axe dédié aux Initiatives Sociétales concerne, quant à lui, des projets d’engagement et de sensibilisation qui aident la carrière à une plus grande proximité avec ses parties prenantes externes. Ses trois catégories sont les suivantes : Biodiversité et Éducation/Enseignement Interconnexion carrières et collectivités locales Solutions fondées sur la nature Ces projets seront évalués au regard de la sensibilisation, de la participation des parties prenantes locales, de la valeur ajoutée pour la collectivité et le site d’extraction ainsi que de sa faisabilité. Calendrier de l’appel à projets 11 mai – 18 novembre 2021 : Soumission des propositions de projets / Attention, la date limite est proche ! 16 décembre 2021 : Sélection par le jury national des 6 projets participant à la compétition Janvier 2022 – septembre 2022 : Mise en œuvre des projets et communication sur leur avancement Automne 2022 : Remise des deux prix nationaux Décembre 2022 : Remise des sept prix internationaux   Plus d’informations – Consulter le site internet dédié au Quarry Life Award– Consulter le communiqué de presse– Contacter Fanny Brunstein, Chargée de mission « entreprises et biodiversité » – Contacter Ludovic Pero, le référent national du concours (HeidelbergCement France)– Les travaux du Comité français de l’UICN sur les entreprises et la biodiversité

COP15 Biodiversité : Des engagements a confirmer pour une stratégie mondiale ambitieuse

Le Comité français de l’UICN a participé en tant qu’observateur à la Convention sur la Diversité Biologique à la première session de la COP15 Biodiversité qui vient de se terminer. Après le Congrès mondial de l’UICN à Marseille, les États confirment aujourd’hui leur volonté d’adopter un nouveau cadre mondial de la biodiversité pour mettre fin au déclin de la nature et renverser la tendance d’ici 2030. Dans la déclaration de Kunming, la première session de la COP15 de la Convention sur la Diversité Biologique a donné le ton des ambitions politiques qui devront être confirmées dans les négociations finales qui se tiendront du 25 avril au 8 mai 2022. “Cette première session de la COP 15 Biodiversité confirme la mobilisation internationale relancée grâce au Congrès mondial de l’UICN à Marseille” Maud Lelièvre, Présidente du Comité français de l’UICN Le Comité français de l’UICN salue la dynamique impulsée et appelle à soutenir les 5 propositions suivantes d’ici l’adoption de cette nouvelle stratégie mondiale de la biodiversité.   1/ INSCRIRE L’OBJECTIF 30X30 SUR LES AIRES PROTEGEES ET CONSERVEES Le Comité français de l’UICN appelle à ce qu’au moins 30% des zones terrestres et 30 % des zones marines soient protégées d’ici 2030. Il demande à ce que cet objectif soit inscrit dans la version finale de la stratégie. Il demande également à ce que l’efficacité de la gestion des aires protégées soit explicitement inclue dans la stratégie pour qu’elles puissent obtenir des résultats positifs pour la protection des milieux naturels. A ce titre, la Liste verte des aires protégées de l’UICN est un outil permettant d’aider les États à améliorer et évaluer l’efficacité de la gestion des aires protégées.   2/ RESTAURER 30% DE LA SUPERFICIE DES ECOSYSTEMES DEGRADES EN REPONSE AUX DEFIS DE LA BIODIVERSITE ET DU CLIMAT Le Comité français de l’UICN appelle à intensifier les efforts pour inverser la dégradation des écosystèmes en fixant un objectif de 30% de restauration des écosystèmes dégradés contre les 20% actuellement inscrits dans le projet de stratégie. Cet objectif serait une réponse directe à la décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes. En Europe, le Comité français de l’UICN soutient également la proposition de la Commission européenne d’adopter des objectifs juridiquement contraignants de restauration de la nature dans l’Union Européenne d’ici la fin de l’année. Cet objectif est particulièrement important en France pour les zones humides, des milieux essentiels pour la biodiversité et pour le climat (stockage du carbone et atténuation des inondations et sécheresses), mais qui ont perdu 50% de leur superficie. 3/ PROTEGER LA BIODIVERSITE POUR LUTTER CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE Les crises du climat et de la biodiversité étant étroitement liées, le Comité français de l’UICN demande une plus grande prise en compte de la biodiversité dans l’action climatique. Il appelle les États à rehausser leurs engagements (NDC) au titre de l’Accord de Paris sur le climat lors de la COP 26 à Glasgow en novembre. D’une part, il faut réduire rapidement les émissions de CO2 pour limiter les impacts des changements climatiques sur la biodiversité et d’autre part considérer la nature comme une alliée en développant les Solutions fondées sur la nature. Ces projets de Solutions fondées sur la Nature doivent être conforme aux critères du standard mondial de l’UICN. Le Comité français de l’UICN demande également des avancées dans la lutte contre la déforestation qui présente un double bénéfice pour le climat et la biodiversité, en particulier en agissant sur la déforestation importée en France et en Europe. 4/ S’ENGAGER PLUS FORTEMENT POUR LA PROTECTION DE L’OCEAN A l’occasion du One Ocean Summit qui sera organisé par la France et les Nations Unies début 2022, le Comité français de l’UICN demande de nouveaux engagements pour la protection de l’océan. En réponse à la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques et des 30 recommandations concernant l’océan adoptées au Congrès mondial de l’UICN, le Comité français appelle les États à s’engager plus fortement pour la préservation de la biodiversité marine et notamment par l’adoption du traité international sur la haute mer (accord BBNJ). Celui-ci doit permettre la création d’aires marines protégées dans les eaux internationales et de mettre en place les réglementations environnementales nécessaires pour protéger ce bien commun de l’humanité. 5/ ASSURER UNE MISE EN ŒUVRE EFFICACE DE LA STRATEGIE Le Comité français de l’UICN souligne 3 conditions essentielles pour le succès de la stratégie mondiale : – L’évaluation régulière des progrès réalisés par les États : le Comité français de l’UICN plaide pour la mise en place d’un cadre de suivi solide et complet. Il propose que des états des lieux sur les actions mises en œuvre par les Etats soient réalisés à chaque COP Biodiversité, tous les 2 ans, pour vérifier que l’atteinte des objectifs est en bonne voie. – La mobilisation des ressources financières pour la biodiversité doit se poursuivre après les annonces faites à Kunming : aujourd’hui seulement 80 milliards de dollars de dépenses publiques et privées sont mobilisées par an pour la biodiversité face au 700 milliards nécessaires. Le Comité français soutient la réforme des subventions publiques dommageables à la biodiversité et leur réorientation pour la protection de la nature. – La mobilisation de tous les acteurs et en particulier les ONG, les collectivités locales, les peuples autochtones et communautés locales, les entreprises, le secteur de la finance, les jeunes, et les femmes. Pour répondre à la Vision proposée par la Convention sur la Diversité Biologique d’ici 2050 de « vivre en harmonie avec la nature », le Comité français de l’UICN appelle enfin à un renouvellement de nos relations à la nature. Il est pour cela nécessaire de redéfinir nos valeurs communes et de s’engager sur des modifications plus profondes pour habiter autrement la Terre et s’engager vers un mieux-vivre ensemble avec toutes les autres espèces. Plus d’informations – Télécharger le communiqué de presse– La COP15 de la Diversité Biologique de l’ONU– Les replays des sessions du premier segment de la COP15– Les conclusions du Congrès mondial de la nature de l’UICN (septembre 2021)