Le Comité français de l’UICN participe à la journée de la générosité, le Giving Tuesday

Le 1er décembre aura lieu la Journée mondiale de la générosité, le Giving Tuesday. Le Comité français de l’UICN s’y associe et vous propose de soutenir ses actions pour la biodiversité.   L’urgence d’agir n’a jamais été aussi forte Aujourd’hui, la sixième extinction est en cours et, contrairement aux crises précédentes, elle est due aux activités humaines. La biodiversité disparait à un rythme alarmant dans le monde et la France n’est pas épargnée. Si un oiseau sur huit est menacé au niveau mondial, en France, c’est un oiseau sur trois. Si des espèces emblématiques sont concernées comme l’ours brun, en danger critique d’extinction, de plus en plus d’espèces communes le sont également comme le chardonneret, la vipère péliade ou le brochet. La faune et la flore disparaissent du territoire hexagonal mais aussi en Outre-mer où la situation est critique pour les tortues marines et nombre d’espèces. Ainsi, plus de 2 300 espèces ont été évaluées comme menacées sur la Liste rouge des espèces menacées en France. Depuis 28 ans, le Comité français de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) apporte des solutions pour protéger la biodiversité. – En évaluant l’état de santé des espèces au sein de la Liste rouge des espèces menacées, nous identifions celles à protéger en priorité– Pour lutter contre le changement climatique, nous appuyons la mise en œuvre de Solutions fondées sur la Nature qui s’appuient sur des écosystèmes préservés– Avec la Liste verte des aires protégées, nous accompagnons une protection plus efficace de précieux milieux naturels LA CONSERVATION DE LA NATURE ÇA MARCHE MAIS IL FAUT AMPLIFIER LE MOUVEMENT ! Agissons ensemble pour stopper l’érosion de la biodiversité et inverser la courbe de sa dégradation. Grâce à votre don, nous renforcerons nos actions et défendrons un monde juste qui valorise et conserve la nature. Plus d’informations – Le Giving Tuesday– Faire un don– Nos membres– Nos 25 ans d’actions

Avis sur le projet de Stratégie nationale des aires protégées

Le Comité français de l’UICN a émis un avis sur le projet de Stratégie Nationale pour les Aires Protégées 2020-2030 (SAP), se félicitant de l’établissement, pour la première fois, d’un cadre commun aux contextes ultra-marin et métropolitain, terrestre et marin. Il a salué la volonté d’atteindre, en plus des objectifs d’extension des surfaces d’aires protégées visant à couvrir 30% du territoire dont 1/3 en protection forte d’ici à 2022, des objectifs d’efficacité de gestion du réseau, de priorisation des zones à haute valeur en matière de biodiversité, de connectivité entre les aires protégées et l’accent mis sur la protection et la restauration des écosystèmes tropicaux et subtropicaux présents dans les outre mer français. Cet avis propose une série de recommandations pour améliorer la version finale du projet de stratégie avant son adoption. La première vise la mise en cohérence des objectifs fixés par ce cadre national avec les cadres européen et mondial. La Stratégie en faveur de la biodiversité de l’Union Européenne pour 2030, approuvée par le Conseil de l’UE le 23 octobre 2020, distingue une couverture de 30% des terres et 30% des mers en aires protégées et conservées de l’Union, dont 10% en protection stricte (la stratégie parle de protection forte), déclinée en écorégions (régions biogéographiques et des bassins maritimes de l’Union).   Pour atteindre l’objectif européen et probablement mondial de 30% d’aires protégées, qui sera une moyenne entre les pays, le Comité français de l’UICN encourage le gouvernement français à définir après 2022 un objectif plus ambitieux pour 2030 et à s’appuyer sur la Liste verte des aires protégées de l’UICN pour améliorer l’efficacité de leur gestion. Le Comité français de l’UICN a également tenu à souligner que la définition d’une aire protégée, telle qu’adoptée par la Convention sur la Diversité Biologique et l’UICN, détermine un objectif prioritaire de protection de la nature auquel des objectifs complémentaires, compatibles avec celui-ci, peuvent être associés, comme cela est décrit dans la classification en 6 catégories de gestion de l’UICN, reconnue par l’ONU. Les Autres Mesures de Conservation Efficace par Zone (AMCEZ) enconstituent le complément dans la mesure où elles concernent les zones au sein desquels la nature est effectivement préservée qui, pour autant, n’ont pas cet objectif prioritaire ou n’ont pas le statut d’aires protégées. Le Comité français recommande d’établir un bilan et un processus permettant d’évaluer l’ensemble des aires protégées et des AMCEZ par rapport aux définitions internationales et à ces catégories, pour assurer le rapportage international de la France sur son réseau et identifier les opportunités et marges de progrès pour améliorer le réseau existant. Le Comité français de l’UICN considère que le renforcement du niveau de protection de la biodiversité est un enjeu crucial de la stratégie, qui doit se traduire par la création de nouvelles aires protégées (dont la relance du projet de parc national de zones humides et du précédent dispositif de création de réserves naturelles volontaires) et la création de zones de protection forte au sein même du réseau existant. A cet effet, le Comité a proposé au travers de sa Commission Aires Protégées, de réunir ses experts autour du concept de protection forte afin de contribuer à une définition partagée. Le Comité français demande aussi d’intégrer un objectif de pleine naturalité, tel qu’il figurait dans l’engagement du Président de la République et en réponse à la Résolution du Parlement européen invitant les Etats membres à développer des réseaux de zones de nature vierge en Europe. Il a donc appelé à l’inscription d’une nouvelle mesure pour le soutien au développement et à la valorisation d’un réseau de sites naturels en libre évolution. Les travaux du Comité français en la matière seront très prochainement publiés sous la forme d’une cartographie de la naturalité en France métropolitaine. Enfin, le Comité français de l’UICN soutient les réseaux d’aires protégées françaises dans leur demande de mise en place d’un plan de financement adapté et suffisant, à la hauteur des objectifs fixés par cette stratégie. Plus d’informations – Lire l’avis complet– Le programme « Aires protégées » du Comité français de l’UICN

Congrès de l’UICN : Une recommandation pour généraliser les alternatives aux pesticides

Parmi les 109 recommandations votées au Congrès mondial de la nature de l’UICN, Noé a porté, avec les experts de la Commission droit et politiques environnementales du Comité français de l’UICN, une recommandation emblématique : « Généraliser les pratiques et techniques alternatives à l’utilisation des pesticides de synthèse ». Ce texte a notamment été travaillé en lien avec Joël Labbé, Sénateur du Morbihan.  L’usage de produits phytosanitaires de synthèse, notamment en agriculture, est en effet reconnu comme l’une des causes principales du déclin de la biodiversité au niveau mondial. En Europe, de nombreux rapports ont pointé la responsabilité prépondérante des pesticides dans le déclin des insectes pollinisateurs, ou encore des vers de terre. L’utilisation abusive des pesticides chimiques a aussi un impact fort sur la qualité de l’eau, celle des sols et la santé. Ainsi, cette recommandation incite à l’adoption massive de pratiques issues de l’agroécologie et de l’agriculture biologique, ainsi qu’à un arrêt définitif d’utilisation de ces produits phytosanitaires dans la gestion des espaces verts publics et privés. Cette motion très largement plébiscitée par les membres de l’UICN, avec près de 90% de votes favorables, envoie un signal fort aux gouvernements nationaux et locaux, aux acteurs privés et aux citoyens, en leur demandant d’agir dès maintenant pour la généralisation des alternatives aux pesticides. Elle est aussi un message adressé aux États pour agir dans le cadre de la COP Biodiversité de l’ONU, qui aura lieu en Chine en 2021, et qui définira des objectifs de biodiversité pour 2030. « Mettre en place des pratiques écologiques comme alternatives aux pesticides de synthèse, c’est l’enjeu d’aujourd’hui ! Depuis 2017, date de la Loi Labbé, les collectivités et les particuliers doivent s’en passer… mais cela doit être généralisé aux autres acteurs et ailleurs dans le monde. Dans le cadre de notre travail avec les entreprises, nous encourageons nos partenaires à ne plus utiliser de pesticides de synthèse sur leurs sites. » Florence Clap, Chargée du programme Politiques de la Biodiversité au Comité français de l’UICN La Loi Labbé doit  prochainement être étendue à tous les lieux de vie grâce à la publication d’un nouvel arrêté interministériel. Cette extension sera ainsi une première étape pour accélérer la transition vers un modèle respectueux de la santé et de la biodiversité, qui doit par ailleurs être soutenue fortement par les pouvoirs publics. PLUS D’INFORMATIONS – Communiqué de presse– L’association Noé– Programme Politiques de la biodiversité– Le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020

Congrès mondial de l’UICN : 109 Recommandations adoptées

Une nouvelle étape décisive vient d’être franchie dans la préparation du Congrès mondial de la nature de l’UICN. Plus de 1 000 organisations membres de l’UICN, incluant des États et des agences gouvernementales, des ONG, des organisations de peuples autochtones ont été appelées à voter sur 109 recommandations, dont 14 proposées par les membres français de l’UICN. Toutes ces recommandations ont été adoptées et proposent des actions concrètes pour répondre aux enjeux de biodiversité. DES RECOMMANDATIONS AVEC DES SOLUTIONS CONCRÈTES POUR LA NATURE Ce vote est un succès et illustre la dynamique internationale en cours pour construire un monde plus durable, qui valorise et conserve la nature. Avec ces 109 recommandations, l’UICN continue de jouer son rôle d’alerte et de force de propositions pour protéger la biodiversité. A la différence des COP de l’ONU, ce vote est une codécision entre les Etats et les agences publiques, d’une part, et les ONG d’autre part, depuis des grandes organisations jusqu’à des petites associations. Les recommandations de l’UICN influencent et guident les décisions à prendre et les actions à engager. Elles sont notamment à l’origine de l’adoption de conventions importantes comme la Convention de Ramsar sur les zones humides, la Convention du Patrimoine mondial de l’UNESCO, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) et la Convention sur la diversité biologique (CDB). LA MOBILISATION FRANCAISE AU RENDEZ-VOUS DE LA MOBILISATION MONDIALE « Les membres du Comité français de l’UICN, les plus nombreux dans le monde après les membres des Etats-Unis, ont apporté des contributions importantes en proposant 14 de ces recommandations mondiales. » indique Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN. Il précise « Comme pour les autres recommandations, on peut les classer en 3 grands ensembles : celles demandant un renforcement d’actions sur des espèces et des écosystèmes particuliers, celles soutenant des politiques et des stratégies environnementales plus ambitieuses, et celles requérant une lutte plus importante contre des pressions pesant sur la biodiversité ». Parmi ces recommandations coordonnées par le Comité français de l’UICN figurent le renforcement de la protection des poissons des récifs coralliens, des mangroves et des grands singes, la reconnaissance des crimes environnementaux comme des crimes graves ou le déploiement des Solutions fondées sur la nature pour lutter contre le changement climatique, ainsi que la lutte contre la pollution plastique dans l’océan, la déforestation importée ou l’artificialisation des sols (plus de détails ci-après). Ces recommandations, auxquelles s’ajoutent celles sur le développement des pratiques alternatives aux pesticides de synthèse et la réduction des incidences négatives des activités de pêche et d’extraction sur les espèces et les habitats marins, ont été intégrées dans la nouvelle stratégie européenne de la biodiversité adoptée par le Conseil de l’Union Européenne le 23 octobre dernier. Par ailleurs, les Etats parties à la Convention contre le crime transnational organisé (UNTOC) viennent d’inclure les crimes portant atteinte à l’environnement dans le champ d’application de cette convention. LES ETAPES FRANCHIES ET CELLES A VENIR Au total 128 recommandations ont été retenues en décembre 2019 pour le Congrès mondial. A l’issue d’un débat en ligne de décembre 2019 à mars 2020 entre tous les membres de l’UICN dans le monde, 109 d’entre elles ont été retenues pour être votées entre le 7 et le 21 octobre 2020. Les 19 recommandations restantes seront soumises à débat lors du Congrès mondial de l’UICN à Marseille en 2021. Le Comité français de l’UICN a coordonné l’élaboration de 18 recommandations sur les 128, dont 14 ont été votées en octobre 2020 et 4 feront partie du débat des 19 recommandations restantes. L’ensemble de ces recommandations contribueront à définir les prochains objectifs pour la protection de la biodiversité à 2030, qui seront établis à la COP15 Biodiversité de l’ONU après le Congrès mondial de la nature de l’UICN. Cette mobilisation est plus que jamais indispensable puisqu’à travers la 5ème édition des Perspectives mondiales de la biodiversité, le constat est maintenant établi par l’ONU que les 20 grands objectifs internationaux pour la biodiversité fixés en 2010 n’ont pas été atteints en 2020, malgré quelques progrès.   Plus d’informations – Communiqué de presse du Comité français de l’UICN – Le document synthétique sur les 14 recommandations des membres du Comité français de l’UICN – La mobilisation du Comité français de l’UICN pour le Congrès – Les résultats par motions – Questions/Réponses sur le Congrès mondial de la nature de l’UICN – Site internet du Congrès