Evaluer l’état de la biodiversité à l’échelle des écosystèmes en France

Le Comité français de l’UICN publie la présentation de la Liste rouge de écosystèmes de l’UICN, nouvel outil d’évaluation de l’état de la biodiversité à l’échelle des écosystèmes et sa mise en œuvre en France. Cette brochure revient sur le déclin global de la biodiversité et la nécessité de développer des approches écosystémiques pour évaluer et suivre l’évolution de son état de santé. Ce document présente les enjeux et principes méthodologiques de cet outil d’évaluation des écosystèmes, ainsi qu’un état des lieux de son développement en France et au niveau mondial. Pourquoi et comment évaluer les écosystèmes ? Comme de nombreuses publications scientifiques le confirment, et en particulier le rapport de l’IPBES publié en mai 2019, la biodiversité mondiale décline à un rythme sans précédent. Ce déclin est la conséquence directe des activités humaines et notamment des changements d’usage des terres et de la mer et de l’exploitation des ressources naturelles. Le constat alarmant de l’augmentation continue du nombre d’espèces menacées s’accompagne désormais de preuves de l’altération profonde du fonctionnement même des écosystèmes, remettant en cause à la fois les équilibres écologiques nécessaires au maintien de la vie sur terre mais aussi notre économie, nos moyens de subsistance, notre sécurité alimentaire ou encore notre santé et notre qualité de vie. Le déclin avéré des espèces a notamment été établi grâce aux évaluations de leur risque d’extinction, menées depuis plus de 50 ans par l’UICN avec le déploiement de la Liste rouge des espèces menacées. Depuis 2014, l’UICN s’est doté d’un outil similaire d’évaluation de l’état de la biodiversité à l’échelle des écosystèmes : la Liste rouge des écosystèmes. Ce nouveau standard mondial introduit le concept de risque d’effondrement d’un écosystème, analogue à celui de risque d’extinction d’une espèce. Cette méthodologie comporte 5 critères scientifiques, chacun doté des seuils quantitatifs, qui permettent de caractériser la vulnérabilité des écosystèmes en calculant de manière standardisée l’intensité des modifications de leur composition et des processus clefs dans leur fonctionnement. La Liste rouge des écosystèmes de l’UICN s’inscrit en complément de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN et utilise le même système de classification en 8 catégories, pour évaluer l’état de la biodiversité et orienter les mesures de protection. La Liste rouge des écosystèmes dans le monde et sa déclinaison en France La base de données mondiale de l’UICN (iucnrle.org) recense différents types d’évaluations réalisées de par le monde : des évaluations d’écosystèmes uniques au monde, des évaluations thématiques focalisées sur une région et un type d’écosystèmes, ainsi que des évaluations systématiques où l’ensemble des écosystèmes sont évalués sur un territoire administratif (Etat, continent, etc.) ou biogéographique. L’élaboration de la Liste rouge des écosystèmes en France est pilotée par le Comité français de l’UICN, en partenariat avec l’UMS PatriNat (OFB-MNHN-CNRS). Cette démarche collaborative repose, pour chacun des chapitres, sur la constitution d’un comité d’experts associant les membres et experts de l’UICN ainsi que de nombreuses organisations scientifiques et techniques. Deux chapitres ont été publiés jusqu’à présent (les mangroves de Mayotte, les forêts méditerranéennes de France métropolitaine) et le travail se poursuit, en particulier pour l’évaluation des forêts, des littoraux de France métropolitaine et des mangroves des Outre-mer français. Les résultats des évaluations sont intégrés à l’Inventaire National du Patrimoine Naturel. PLUS D’INFORMATIONS – Téléchargez la brochure de présentation (UICN France, 2019. La Liste Rouge des Écosystèmes en France – Enjeux, méthodologie et objectifs. Paris, France)– Contacts : Alix Sauve, Chargée de mission « Liste rouge des écosystèmes »Clémentine Azam, Chargée du programme « Ecosystèmes »– La Liste rouge des écosystèmes en France– Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) : Présentation de la démarche et résultats
Les députés se mobilisent vers le Congrès mondial de l’UICN 2020

Sous l’impulsion de Barbara Pompili et Frédérique Tuffnell, les députés ont lancé leur mobilisation sur les enjeux de la biodiversité dans la perspective du Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020. Celle-ci a fait l’objet d’un événement le 26 juin à l’Assemblée Nationale, préparé avec le Comité français de l’UICN qui salue cette mobilisation. Face au déclin alarmant et continu de la biodiversité, de nombreux députés ont souhaité renforcer leur engagement pour sa préservation afin de préparer les échéances cruciales de l’année 2020, avec la tenue du Congrès mondial de la nature de l’UICN en France en juin 2020 suivi de la COP15 Biodiversité en Chine. Richard Ferrand, Président de l’Assemblée Nationale, a ouvert l’évènement en soulignant l’importance du rôle des parlementaires pour mettre en place une législation en faveur de la biodiversité et pour évaluer les actions gouvernementales en matière d’environnement. Il a notamment rappelé que la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, adoptée fin juillet 2016, a apporté de véritables percées conceptuelles, comme les obligations réelles environnementales, la séquence « éviter-réduire-compenser », le préjudice écologique ou le principe de non-régression du droit de l’environnement (dont les travaux ont été initiés par le Comité français de l’UICN) et qui a aussi apporté des actions concrètes comme la création de l’Agence française pour la biodiversité ou l’interdiction des néonicotinoïdes. Il a ensuite souligné qu’en matière d’action législative, beaucoup avait déjà été fait mais que beaucoup restait à faire pour la biodiversité. Emmanuelle Wargon, la Secrétaire d’état auprès du Ministre de la Transition écologique et solidaire s’est ensuite adressé aux participants à travers une message vidéo, soulignant l’engagement du gouvernement pour la biodiversité et son implication dans l’accueil du Congrès mondial de l’UICN puis la préparation de la COP15 de la Convention sur la Diversité Biologique. Le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 Afin de plonger les députés dans le contexte du Congrès de l’UICN 2020, Sébastien Moncorps, Directeur du Comité français de l’UICN a présenté les enjeux de cet évènement qui rassemblera 10 à 20000 participants du monde entier pour accélérer les efforts de conservation de la biodiversité. Il a indiqué que le Congrès mondial de l’UICN comportera deux grandes parties, le Forum, vaste espace d’échanges pour identifier et partager les solutions, et l’Assemblée générale qui adoptera plus d’une centaine de recommandations sur les enjeux internationaux de la biodiversité . Philippe Martin, le Président de l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB) a présenté ensuite les actions de l’AFB pour sensibiliser le grand public avec l’organisation des « Espaces Générations Nature » durant Congrès de l’UICN 2020 et le dispositif d’engagement proposé aux collectivités, entreprises et partenaires. Les enjeux clés liés à la biodiversité Plusieurs experts ont ensuite témoigné sur des enjeux clefs liés à la biodiversité, qui font actuellement l’objet de propositions de recommandations préparées par les membres du Comité français de l’UICN pour le Congrès mondial de la nature de l’UICN 2020 – La lutte contre le plastique et son impact sur le milieu marin : Arnaud Huvet de l’Ifremer et Antidia Citores de Surfrider – Compatibilité des activités économiques avec les objectifs de conservation de la biodiversité : Denis Couvet du Muséum National d’Histoire Naturelle et Michael Weber, Président de la Fédération des parcs naturels régionaux de France – Les solutions fondées la nature – lutte contre les inondations, atténuation des effets du dérèglement climatique : Freddy Rey de l’IRSTEA et Pauline Teillac Deschamps, chargée du programme écosystèmes du Comité français de l’UICN Les engagements des députés Barbara Pompili, à l’origine de cette mobilisation des députés a ensuite présenté la démarche des parlementaires engagés pour la biodiversité et a témoigné en tant que Présidente de la Commission du Développement durable et de l’Aménagement du territoire. Ensuite, toutes les Commissions de l’Assemblée Nationale, à travers leurs Président(e)s ou Vice-Président(e)s, sont intervenues sur la prise en compte des enjeux biodiversité dans leurs travaux parlementaires et manifesté leur engagement pour agir davantage. François de Rugy, Ministre de la Transition écologique et solidaire a clôturé cet évènement de mobilisation pour rappeler les efforts du gouvernement sur la biodiversité, et les récentes annonces du Président de la République, et saluer cette dynamique parlementaire vers le Congrès mondial la nature de l’UICN 2020. Photo bandeau Wikipédia CC © Authueil