Le réchauffement des océans affecte la nature et les humains
La dernière étude sur le réchauffement des océans révèle l’ampleur de ses impacts sur la nature et les humains Honolulu, Hawai’i, 5 septembre (UICN) – Le réchauffement des océans affecte les humains de façon directe, et les impacts se font déjà sentir, y compris sur les stocks de poissons et les rendements agricoles, la violence des événements climatiques, et l’augmentation de risques provenant de maladies transmises par l’eau, selon ce qui est présenté comme l’étude la plus complète disponible sur le sujet, lancée le 5 septembre par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se déroule actuellement à Hawai’i. Le rapport, intitulé Explaining ocean warming: Causes, scale, effects and consequences, étudie les effets du réchauffement des océans sur les espèces, les écosystèmes et les bénéfices que les océans offrent aux humains. Rédigé par 80 scientifiques originaires de 12 pays, il présente les preuves scientifiques détectables d’impacts sur la vie marine, des micro-organismes jusqu’aux mammifères, et qui sont susceptibles d’augmenter significativement même en cas de scénario à faibles émissions. « Le réchauffement des océans est l’un des problèmes cachés les plus importants de cette génération – et pour lequel nous sommes totalement mal-préparés » affirme la Directrice générale de l’UICN, Inger Andersen. « La seule façon de préserver la riche diversité de la vie marine et de conserver la protection et les ressources que l’océan nous fournit est de diminuer rapidement et significativement les émissions de gaz à effet de serre. » Le réchauffement des océans affecte déjà tous les écosystèmes, des régions polaires jusqu’aux régions tropicales, et conduit des groupes entiers d’espèces comme les planctons, les méduses, les tortues et les oiseaux de mer à remonter de 10 degrés de latitude vers les pôles. Cela entraîne la perte des aires de reproduction pour les tortues et les oiseaux de mer, et affecte les chances de succès de la reproduction des mammifères marins, selon ce rapport. En détruisant l’habitat des poissons et en poussant les espèces de poissons à se déplacer vers des eaux plus froides, le réchauffement des océans affecte les stocks de poissons dans certaines zones, et devrait entraîner une réduction des prises dans les régions tropicales, toujours selon ce rapport. En Afrique de l’Est et dans l’océan Indien occidental, par exemple, le réchauffement des océans a réduit l’abondance de certaines espèces de poissons en tuant certaines parties de récifs coralliens dont ceux-ci dépendent, ajoutant aux pertes causées par la surpêche et les techniques de pêche destructives. En Asie du Sud-est, les prises des pêcheurs en mer devraient diminuer de 10 à 30% d’ici à 2050 par rapport aux niveaux de 1970-2000, car la répartition des espèces de poissons se modifiera dans le cas d’un scénario de maintien du statu quo pour les émissions de gaz à effet de serre. « Une grande partie de la chaleur issue du réchauffement anthropique depuis les années 1970 – un ahurissant 93% – a été absorbée par l’océan, qui agit comme tampon face aux changements climatiques, mais cela a un coût. Nous avons été profondément étonnés par l’échelle et l’ampleur des effets du réchauffement de l’océan sur des écosystèmes entiers, ce que ce rapport a très bien montré » affirme Dan Laffoley, Vice-président Milieu marin de la Commission mondiale des aires protégées de l’UICN, et l’un des principaux auteurs. Le rapport présente également les preuves que le réchauffement des océans entraîne une augmentation des maladies dans les populations végétales et animales, et a un impact sur la santé humaine, car les agents pathogènes (notamment la bactérie porteuse du choléra et certaines proliférations algales responsables de maladies neurologiques comme la ciguatera) se diffusent plus facilement dans des eaux plus chaudes. Le réchauffement des océans affecte également le climat, avec diverses répercussions sur les humains. Le nombre d’ouragans violents a augmenté à un taux d’environ 25-30% par degré de réchauffement mondial, selon le rapport. Le réchauffement des océans a conduit à une augmentation des précipitations dans les latitudes moyennes et les zones de moussons, et à une diminution des précipitations dans diverses régions sous-tropicales. Ces changements auront des effets sur les rendements des cultures dans d’importantes régions agricoles comme l’Amérique du Nord et l’Inde, selon ce rapport. La protection offerte par les océans et leurs écosystèmes contre les changements climatiques – comme l’absorption de grandes quantités de CO2 et la protection des orages et de l’érosion – est susceptible de se réduire parallèlement au réchauffement des océans, toujours selon ce rapport. Les recommandations du rapport incluent : la reconnaissance de la gravité des impacts du réchauffement des océans sur les écosystèmes océaniques et les avantages offerts aux humains, le développement des aires marines protégées, la mise en place d’une protection juridique pour la haute-mer, une meilleure évaluation des risques sociaux et économiques associés au réchauffement des océans, la réduction des lacunes dans les connaissances scientifiques, ainsi que la réduction rapide et significative des émissions de gaz à effet de serre. La conservation des océans est l’un des principaux thèmes abordés par le Congrès de l’UICN qui se déroule actuellement, où les Membres de l’UICN voteront sur des motions liées à la protection de la haute-mer et aux aires protégées en Antarctique, entre autres.
Un partenariat pour les Zones Clés pour la Biodiversité
Des acteurs clés de la conservation s’unissent pour cartographier, monitorer et préserver les sites vitaux pour le maintien de la vie sur Terre Hawaii, 3 septembre 2016 – 11 des principales organisations mondiales de la conservation de la nature annoncent un nouveau et ambitieux partenariat pour identifier, cartographier, monitorer et préserver les Zones Clés pour la Biodiversité (ZCB) – des sites qui abritent notamment des habitats vitaux pour les espèces menacées – en y engageant plus de 15 millions de dollars dans les cinq années à venir. Cette annonce a été effectuée pendant le Congrès mondial de la nature de l’UICN qui se tient actuellement à Hawaii, États-Unis d’Amérique. Le Partenariat pour les ZCB permettra de mobiliser des ressources et des compétences afin d’identifier et de cartographier les Zones Clés pour la Biodiversité dans le monde entier. Le suivi de ces sites permettra de détecter des menaces potentielles et de définir des mesures de conservation pertinentes. Le Partenariat apportera aussi des conseils aux gouvernements nationaux en vue de l’expansion de leur réseau d’aires protégées, et collaborera avec le secteur privé afin d’aider les entreprises à réduire et à atténuer l’impact de leurs activités sur la nature. « Il s’agit d’une initiative d’une importance vitale pour la biodiversité de notre planète, » dit Braulio Ferreira de Souza Dias, Secrétaire exécutif de la Convention sur la diversité biologique. « Ce Partenariat renforcera les efforts de conservation sur le plan mondial en mettant en lumière des sites d’importance internationale qui nécessitent des mesures de conservation urgentes. Il contribuera aussi à atteindre les objectifs du Plan stratégique pour la biodiversité et permettra aux gouvernementaux nationaux et aux organisations environnementales de veiller à ce que les moyens limités dont on dispose soient affectés aux sites vitaux pour la nature. » L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a travaillé avec des centaines d’experts et de décideurs afin d’élaborer un Standard mondial pour l’identification des Zones Clés pour la Biodiversité. Ce Standard sera également présenté lors du Congrès mondial de la nature, lundi 5 septembre. « Notre planète est à la croisée des chemins et nous devons d’urgence prendre des mesures si nous voulons qu’elle soit en mesure de continuer à assurer notre existence, » dit Mme Inger Andersen, Directrice générale de l’UICN. « Connaître l’emplacement et les raisons pour lesquelles un site est considéré comme vital pour la survie d’espèces menacées est un élément essentiel de tout développement durable et deviendra crucial pour la réalisation des Objectifs du développement durable. » Plus particulièrement, les informations relatives aux Zones Clés pour la Biodiversité contribueront à atteindre l’Objectif de développement durable 14, relatif à la conservation et l’utilisation durable des océans, et l’Objectif 15, sur la gestion des forêts, la lutte contre la désertification et l’arrêt du processus de dégradation des sols. Le Partenariat pour les ZCB peut tirer profit du solide bilan des partenaires en matière d’identification, suivi et préservation de sites. Depuis 40 ans, BirdLife International a identifié plus de 13 000 Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux et de la Biodiversité, terrestres et marines, dans toutes les régions du monde, par le biais de ses 120 partenaires nationaux et d’autres acteurs, tandis que le Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques a apporté son appui à l’identification de 6000 Zones Clés pour la Biodiversité dans les « points chauds » de la biodiversité mondiale. Plus de 18 000 Zones Clés pour la Biodiversité, d’importance mondiale et régionale, ont été identifiées et cartographiées, dont le Parc national Ujung Kulon en Indonésie, qui abrite la dernière population connue du Rhinocéros de Java (Rhinoceros sondaicus), classé En danger critiques d’extinction, et la zone marine protégée de Molokai à Hawaii, dont les eaux peu profondes sont le seul site connu du corail Porites pukoensis, En danger critique d’extinction. Le nouveau partenariat va fédérer tous ces efforts sous une bannière commune : les Zones Clés pour la Biodiversité. Le réseau de ZCB sera étendu à d’autres espèces et écosystèmes en utilisant le Standard mondial des ZCB. Ces données permettront d’orienter les décideurs pour reconnaître les zones nécessitant une sauvegarde et aideront un grand nombre d’utilisateurs à définir leurs priorités en matière de conservation, respecter les engagements pris au niveau international et mettre en œuvre leurs politiques environnementales. Les partenaires de cette initiative pour les ZCB sont les suivants : l’Amphibian Survival Alliance, BirdLife International, Conservation International, le Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques, le Fonds pour l’environnement mondial, Global Wildlife Conservation, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), NatureServe, la RSPB, la Wildlife Conservation Society et le Fonds mondial pour la nature. « Promouvoir et mettre en œuvre des solutions de conservation efficaces nécessite d’avoir des stratégies globales clairement identifiées, » dit Naoko Ishii, directrice générale et présidente du FEM. « À cet égard, nous sommes fiers d’être l’un des membres fondateurs de ce nouveau partenariat pour aider à cartographier et à protéger certains aspects les plus précieux de la biodiversité de la planète. »