La ville de Strasbourg élue « Capitale française de la biodiversité 2014 »
La ville de Strasbourg (Bas-Rhin) est la nouvelle « Capitale française de la biodiversité » pour 2014. Le Comité français de l’UICN s’est une nouvelle fois associé à ce concours national qui récompense depuis 2010 les collectivités locales qui s’engagent dans la préservation de la biodiversité. Cette cinquième édition, dont le thème était « Agriculture urbaine, périurbaine et biodiversité », a été organisée par Plante&Cité, Natureparif et l’Agence régionale pour l’Environnement de Provence-Alpes-Côte d’Azur, et soutenue par quatre régions : Aquitaine, Île-de-France, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le jury a vraiment félicité la stratégie déployée par la ville pour devenir une ville nourricière dans une démarche collégiale impliquant les associations et habitants. Outre Strasbourg – également lauréate dans la catégorie des grandes villes – qui a présenté un panel d’action comme le parc naturel urbain, des potagers urbains collectifs, le soutien aux circuits-courts, des modes de culture alternatifs ou la reconversion de parcelles agricoles intensives en bio, cette édition a également distingué : Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes) qui est primée dans la catégorie des petites villes et s’est imposé comme coup de cœur du jury qui a particulièrement apprécié la mise en place de la régie agricole bio et de la cantine 100 % bio, en lien avec la politique globale de préservation des terres agricoles. Pau (Pyrénées-Atlantiques), à qui revient le prix des villes moyennes et qui a su lier jusqu’ici agriculture, biodiversité et solidarité autour d’une zone maraîchère regroupant parcelles solidaires et pépinière de maraîchers et qui est encouragée à poursuivre ses efforts. La communauté d’agglomération de Marne-et-Gondoire (Seine-et-Marne), qui a été désignée lauréate du prix de la catégorie intercommunalités pour la mise en place d’un Périmètre de Protection des Espaces Agricoles et Naturels Périurbains (PPEANP) et la conception d’une malle pédagogique très complète sur l’agriculture. Quatre capitales régionales ont aussi été désignées dans chacune des régions partenaires : En Aquitaine, Bègles (Gironde) est récompensée pour la mise en place d’un réseau de mini jardins partagés dans les délaissés de voiries et les dents creuses du milieu urbain. En Île-de-France, Montreuil (Seine-Saint-Denis) a été choisie pour le long travail réalisé pour préserver la zone des murs à pêches et le développement de nombreux jardins collectifs. En Rhône-Alpes, La Motte-Servolex (Savoie) a été désignée au titre de son implication pour faire évoluer les pratiques agricoles sur son territoire. Enfin, Miramas (Bouches-du-Rhône) a remporté le prix régional en Provence-Alpes-Côte d’Azur pour sa politique globale en matière de préservation de la biodiversité, notamment l’arrêt de l’usage des pesticides et la gestion écologique des espaces verts. L’évaluation des candidatures a été réalisée par un Comité scientifique et technique composé de chercheurs, de naturalistes, d’urbanistes, de praticiens et de spécialistes de la nature en ville, sur dossier et via des visites de terrain. Ce comité a estimé que « de très bonnes actions avaient été présentées, y compris par des collectivités non-lauréates. » Le recueil d’actions à paraître fin novembre devrait donc regrouper de nombreux exemples, source d’inspiration pour les collectivités françaises. La cérémonie de remise des prix se déroulera lundi 24 novembre 2014, à la Halle Pajol, dans le XVIIIème arrondissement de Paris, en présence de François Colson, président de Plante&Cité, Liliane Pays, présidente de Natureparif et conseillère régionale d’Île-de-France, Annabelle Jaeger, présidente de l’Arpe PACA et conseillère régionale déléguée à la biodiversité, de Provence-Alpes-Côte d’Azur, de Sandra Lagumina, Directeur Général de GrDF, et des représentants des partenaires du Concours. Contacts presse Louise Seguin, Chargée du concours Capitale française de la biodiversité, tél. 01 83 65 40 27 Anne-Isabelle Jolly, Relations presse GRDF
Les gouvernements en retard dans la mise en œuvre de leurs engagements pour la biodiversité
Quatre ans après l’adoption des 20 objectifs d’Aichi, les Etats signataires de la Convention sur la Diversité Biologique ont évalué les progrès réalisés dans leur mise en œuvre. S’ils ont réaffirmé leurs engagements et obtenu des avancées, des efforts supplémentaires importants sont nécessaires pour répondre à la crise d’extinction de la biodiversité. La quatrième édition des Perspectives mondiales de la diversité biologique qui a évalué à mi-parcours les résultats obtenus dans la mise en œuvre du Plan stratégique pour la diversité́ biologique 2011-2020, montre que malgré les progrès réalisés, les pays doivent clairement renforcer leurs actions et accélérer leur mise en œuvre. « Beaucoup de réponses innovantes et intéressantes à la crise de la biodiversité ont été présentées, en soulignant comment la nature peut offrir des solutions aux nombreux défis de la société. Cependant, nous aurons besoin de voir une augmentation massive du travail entrepris dans les années restantes de cette Décennie des Nations Unies pour la diversité biologique afin d’avoir un impact » a déclaré la Directrice générale de l’UICN, Julia Marton-Lefèvre. PRINCIPAUX RÉSULTATS Le principal résultat de cette conférence internationale est l’entrée en vigueur du Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable de leur utilisation, le 12 octobre 2014, grâce à sa ratification par 53 pays et l’Union Européenne. Un comité de conformité, instrument de mise en œuvre du Protocole, a également été créé. Un autre résultat important est la réaffirmation de l’accord pris à Hyderabad (11ème Conférence des Parties) sur le doublement des flux financiers internationaux alloués à la biodiversité pour les pays en développement d’ici à 2015 et leur maintien jusqu’en 2020, en prenant comme référence la moyenne des fonds consacrés à la diversité biologique au cours de la période 2006-2010. Les gouvernements se sont aussi engagés à augmenter leurs financements nationaux en faveur de la biodiversité. En matière de biodiversité marine, la Conférence des Parties a reconnu 150 zones à travers le monde comme répondant aux critères scientifiques « d’aires marines d’importance écologique ou biologique » (EBSA suivant leur acronyme anglais). Par ailleurs, la Conférence a adopté une décision comprenant : des recommandations relatives aux impacts négatifs du bruit sous-marin d’origine anthropique sur la biodiversité marine et côtière ; une liste d’actions prioritaires à entreprendre pour réduire les pressions exercées sur les récifs coralliens et les écosystèmes associés ; un appel au renforcement des capacités des pays du Sud en matière de planification spatiale marine. Par ailleurs, les Parties ont adopté la Feuille de route de Pyeonchang pour la mise en œuvre renforcée du plan stratégique et la réalisation des objectifs d’Aichi. Ces actions portent sur la mobilisation des ressources, le renforcement des capacités, la coopération scientifique et technique, le lien entre la biodiversité et l’éradication de la pauvreté, et le suivi du Plan stratégique pour la biodiversité. Enfin, les décisions ont en outre été renforcées par l’appel lancé dans la Déclaration ministérielle de Gangwon (province de Pyeonchang), pour intégrer les objectifs d’Aichi comme contribution essentielle au programme de développement post-2015 des Nations Unies et à ses objectifs de développement durable. AUTRES RÉSULTATS La République de Corée, hôte de la Conférence a annoncé quatre nouvelles initiatives : l’initiative BioBridge pour la coopération technique et scientifique, l’Initiative de restauration des écosystèmes forestiers (FERI), l’initiative Paix et Biodiversité pour la coopération transfrontalière, ainsi qu’un soutien supplémentaire pour l’initiative Océan Durable. D’autres décisions ont été prises notamment sur la santé et la biodiversité, laréduction des risques naturels et la restauration des écosystèmes. De nouvelles étapes ont été adoptées pour atteindre l’objectif 3 d’Aichi : un calendrier et des activités concrètes pour l’élimination progressive et la réforme des subventions néfastes à la biodiversité, ainsi que pour la promotion d’une fiscalité incitative en faveur de la conservation et de l’utilisation durable des la diversité biologique. En matière de biologie de synthèse, la Conférence des Parties rappelle la pertinence de « l’approche de précaution » et prévoit la mise en place d’un groupe de travail technique chargé d’éclairer les débats de la prochaine Conférence sur le sujet. ENGAGEMENT DU SECTEUR PRIVE ET DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES Les Parties ont également adopté des décisions pour renforcer le rôle du secteur privé et des collectivités territoriales pour l’atteinte des objectifs d’Aichi ; et deux événements qui se sont tenus en parallèles ont permis de progresser dans cette voie : le Forum sur les entreprises et la biodiversité et le Sommet de la biodiversité pour les villes et les gouvernements infranationaux. Une conférence dédiée aux collectivités territoriales Le 13 et le 14 octobre 2014 s’est déroulé le Sommet de la biodiversité pour les villes et les gouvernements infranationaux qui a conclu au besoin d’une plus grande coopération entre les collectivités territoriales, les gouvernement et autres acteurs et la poursuite des travaux sur la promotion de la biodiversité pour le développement durable. Organisé par ICLEI – Local Governments for Sustainability et le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CDB), en collaboration avec le gouvernement de la province de Gangwon, le Sommet a réuni plus de 200 représentants des collectivités locales, dont 40 élus de villes et gouvernement locaux (gouverneurs, maires, commissaires ou Vice-Présidents de Régions). Le Sommet a fait le point sur les progrès accomplis depuis le Sommet précédent à la COP 11 à Hyderabad et a présenté les derniers outils et initiatives sur des sujets tels que les stratégies locales pour la biodiversité, l’économie verte et créative, la planification et l’aménagement du territoire, illustrant l’importance de la biodiversité et des services qu’elle rend dans les territoires. Le Comité français de l’UICN a participé à un atelier organisé par le Secrétariat de la CDB sur les stratégies régionales pour la biodiversité en présentant les Lignes directrices pour l’élaboration et la mise en œuvre des SRB. Un des principaux résultats du Sommet est la Résolution de Gangwon / Pyeongchang pour les villes et les gouvernements infranationaux, qui a été soumise au nom des gouvernements locaux et sous-nationaux à la CDB et adoptée par les Parties. On pourra noter que
Publication sur les services rendus par les écosystèmes marins et côtiers en Aquitaine
Le Comité français de l’UICN publie sa 1ère étude de cas régionale sur les services rendus par les écosystèmes marins et côtiers en Aquitaine. Cette étude décline au niveau régional la brochure nationale publiée sur les écosystèmes littoraux. Elle contribue au panorama des services rendus par les écosystèmes en France. Ce panorama vise, sur la base des connaissances scientifiques et d’exemples concrets, à mieux faire connaître les services rendus par les écosystèmes afin de sensibiliser les différents acteurs à l’importance de préserver la biodiversité sur leur territoire. L’objectif de cette étude de cas est de porter à la connaissance des acteurs du territoire, les services rendus par les principaux écosystèmes présents sur les littoraux aquitains et d’identifier les principales menaces qui les affectent. Cette étude constitue une première étape vers une meilleure identification et valorisation des services écosystémiques pour une meilleure prise de conscience des bénéfices tirés de la nature par les acteurs locaux. Après une présentation du contexte de l’étude et des données générales sur les littoraux aquitains, cinq entités sont étudiées : le cordon dunaire, le littoral rocheux, le bassin d’Arcachon, le plateau continental et les estuaires. Pour chaque partie, l’écosystème concerné est caractérisé et l’ensemble des services sont illustrés selon la typologie définie dans le Millennium Ecosystem Assessment (MEA) : support, approvisionnement, régulation, culturels. Cette publication souligne la multiplicité des services produits par les milieux marins et côtiers aquitains qui, outre un approvisionnement en poissons, crustacés et mollusques, contribuent plus largement à la régulation de la qualité de l’eau, des risques naturels (tempêtes, érosion…) et du climat. Les littoraux, très attractifs pour les touristes, sont également source de services culturels importants. Ils permettent de multiples activités (balade, activités nautiques, pêche…) et constituent des lieux de détente et d’éducation à l’environnement. Aujourd’hui, différentes menaces impactent les milieux marins et côtiers et conduisent à une diminution de la biodiversité riche et originale de ces écosystèmes : artificialisation du littoral, développement non maitrisé de certaines activités touristiques, introduction d’espèces exotiques envahissantes, changement climatique… Afin de maintenir les bénéfices tirés des écosystèmes, il est important de mieux concilier aménagement du territoire et exploitation durable des ressources. A suivre prochainement : la brochure sur les écosystèmes montagnards d’Aquitaine. Contact Justine Delangue, Chargée de mission « services écologiques » Documents joints UICN France – Ecosystèmes marins et côtiers d’Aquitaine
Convention sur la diversité biologique : Bilan à mi-parcours du plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020
Quatre ans après l’adoption des 20 objectifs d’Aichi, les Etats signataires de la Convention sur la Diversité Biologique vont évaluer les progrès réalisés dans leur mise en œuvre. À mi-parcours des objectifs fixés pour 2020, il reste beaucoup à faire pour les atteindre malgré quelques progrès enregistrés. Le Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020 et les Objectifs d’Aichi pour la biodiversité ont été adoptés en 2010 pour répondre à l’érosion de la biodiversité. À l’occasion de la 12ème conférence des Parties de la Convention sur la Diversité Biologique (6-17 octobre 2014, Pyeongchang, République de Corée), l’UICN dresse un bilan de l’état d’avancement du plan stratégique et formule des recommandations sur plusieurs enjeux de la conférence. L’UICN réitère son appel urgent à accélérer la mise en œuvre des objectifs d’Aichi, car il est aujourd’hui certain que la plupart d’entre eux ne pourront être réalisés d’ici à 2020 si la mobilisation des pays n’est pas clairement accrue. Des progrès appréciables ont été réalisés pour l’augmentation du réseau d’aires protégées, le partage juste et équitable des ressources génétiques (le Protocole de Nagoya entrera en vigueur le 12 octobre 2014) et dans la mise en place de stratégies nationales pour la biodiversité. Il reste cependant beaucoup à faire sur la majorité des objectifs et il sera nécessaire d’intensifier considérablement les efforts, notamment en termes de mobilisation des ressources financières, incluant la réduction et l’élimination des subventions néfastes pour la biodiversité. L’UICN met aussi l’accent sur le nécessaire engagement du secteur privé et des collectivités territoriales pour l’atteinte des objectifs d’Aichi. Deux événements devraient permettre de progresser dans cette voie Une conférence dédiée au secteur privé : Du 12 au 14 octobre se tiendra le Forum sur les entreprises et la biodiversité dont le thème portera sur l’intégration de la biodiversité comme opportunités et innovations pour le secteur privé. A cours de ce Forum, l’UICN France interviendra pour présenter ses collaborations avec les entreprises et son étude sur le reporting, réalisée avec ses membres et ses partenaires du secteur privé. L’étude a fait l’objet, à cette occasion, d’une traduction en anglais « Corporate biodiversity reporting and indicators. Situation analysis and recommendations ». Une conférence dédiée aux collectivités territoriales : Le 13 et le 14 octobre se tiendra le Sommet de la biodiversité pour les villes et les gouvernements infranationaux organisé par ICLEI, la CDB et sous la direction de la province de Gangwon. Ce sommet sera une plate-forme importante pour discuter du rôle clé des gouvernements locaux dans la conservation de la biodiversité. L’UICN France participera notamment aux discussions sur les stratégies régionales pour la biodiversité. Pour plus d’informations concernant la COP 12 : https://www.cbd.int/cop2014/ Pour plus d’informations concernant le Business and Biodiversity Forum : https://www.cbd.int/business/bc/cop12.shtml Pour plus d’informations concernant le Biodiversity Summit for Cities & Subnational Governments 2014 : http://biodivercity-summit.org/eng Pour télécharger les messages de l’UICN : http://cmsdata.iucn.org/downloads/uicn_messages_cle_cop12_short_fr.pdf Pour lire l’article de l’UICN : http://iucn.org/ ?18420/Global-targets-set-for-failure