Découvrez les services écologiques des écosystèmes marins et côtiers

Après la publication d’un premier volume présentant le contexte et les enjeux des services écologiques (ou écosystémiques), le Comité français de l’UICN publie une brochure sur les services rendus par les écosystèmes marins et côtiers en France, faisant suite à celles publiées sur les services écologiques fournis par les écosystèmes forestiers et urbains. Ces brochures visent, sur la base des connaissances scientifiques et d’exemples concrets, à mieux connaître les services rendus par les écosystèmes pour sensibiliser les différents acteurs à l’importance de préserver la biodiversité sur notre territoire. Après les écosystèmes forestiers et les écosystèmes urbains, le Comité français de l’UICN publie aujourd’hui une nouvelle brochure sur les services écologiques fournis par les écosystèmes marins et côtiers français (métropole et outre-mer). Après une présentation de l’écosystème concerné et de ses spécificités, sont illustrés l’ensemble des services selon la typologie définie dans le Millennium Ecosystem Assessment (MEA) : support, approvisionnement, régulation, culturels. Cette publication met en avant la multiplicité des services produits par les milieux marins et côtiers français qui, outre un approvisionnement en ressources halieutiques, contribuent plus largement à la régulation de la qualité de l’eau, des risques naturels (tempêtes, cyclones…) et du climat. Les milieux marins sont également un réservoir de substances aux propriétés médicinales intéressantes. Les littoraux sont très attractifs pour les touristes et présentent donc des services culturels importants. Ils permettent des multiples activités (plongée, randonnée, sports nautiques…) et constituent également des lieux de détente et d’éducation à l’environnement. Aujourd’hui, les diverses menaces qui pèsent sur les milieux marins et côtiers conduisent à une diminution de la biodiversité riche et originale de ces écosystèmes encore peu connus. A suivre prochainement : la brochure sur les services rendus par les écosystèmes montagnards. Contact Justine Delangue, Chargée de mission « services écologiques » Document joint UICN France – Services écologiques marins et côtiers

Des lignes directrices pour le grand corridor de connectivité écologique « Montagnes du nord du Portugal – Monts Cantabriques – Pyrénées – Massif central – Alpes Occidentales »

Les Comités espagnol et français de l’UICN ont élaboré les lignes directrices du « Grand corridor de connectivité écologique : Montagnes du nord du Portugal – Monts Cantabriques – Pyrénées – Massif central – Alpes occidentales », pour conserver la fonctionnalité des écosystèmes et des paysages de montagne depuis le nord du Portugal jusqu’aux Alpes. Ce document a été validé sur une base participative avec l’appui de plusieurs organisations espagnoles, françaises et portugaises impliquées dans la conservation de cette zone. Il constitue également un résultat du projet “Plan stratégique du Grand corridor de connectivité écologique : Monts Cantabriques – Pyrénées – Massif Central – Alpes occidentales », réalisé en collaboration avec la Fondation Biodiversité et le Ministère de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement (MAGRAMA). Les lignes directrices définissent des pistes d’action pour conserver la fonctionnalité des écosystèmes de montagne, en préservant le patrimoine naturel et culturel, les services environnementaux et la connectivité écologique. Ceci afin de promouvoir une économie durable et un usage raisonné des ressources. Elles soulignent également la nécessité de promouvoir la participation active des citoyens, des opérateurs économiques, des organisations de protection de la nature et des administrations publiques ayant des compétences à la fois dans la conservation et la planification. Le corridor est très vaste et abrite un grand nombre d’espèces emblématiques comme le vautour moine, le grand tétras ou le triton des Pyrénées, et des habitats identifiés comme prioritaires par l’Union Européenne. Cependant, il fait face à des menaces telles que la perte de diversité des paysages, le changement climatique ou l’effet barrière des infrastructures de transport et d’énergie. En plus, ce vaste territoire traverse différents pays et ne possède pas de cadre institutionnel commun, rendant nécessaire de promouvoir des mécanismes de coopération entre les parties prenantes, de façon à assurer un fonctionnement harmonieux et efficace. Les lignes directrices répondent à cet enjeu et mettent également l’accent sur la réduction de la perte de biodiversité, l’identification des processus de dégradation du territoire et l’adaptation au changement climatique. Enfin, une attention particulière est portée aux acteurs locaux afin de les sensibiliser à la valeur environnementale élevée des zones concernées et pour utiliser leurs connaissances directes des territoires, des habitats et des espèces. Contexte du projet L’initiative visant à améliorer la connectivité dans cette zone est soutenue par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le plus grand réseau environnemental mondial qui réunit plus de 1000 organisations et 11000 experts. Au cours du quatrième congrès mondial de la nature qui s’est déroulé à Barcelone (2008), l’UICN a adopté la résolution 4.061 « Le Grand corridor de connectivité écologique : Monts Cantabriques – Pyrénées – Massif central – Alpes occidentales », qui reconnaît l’importance de développer des stratégies préventives pour favoriser la résilience de ces écosystèmes. Le projet est fondé également sur la Déclaration de Les Planes de Son (2005), issue du Congrès international sur les corridors écologiques de montagne avec l’appui du Conseil de l’Europe, Eurosite, Europarc et la commission mondiale des aires protégées de l’UICN (Groupe Montagne). Parties prenantes de l’initiative En plus du des Comités espagnol et français de l’UICN, d’autres organisations ont participé directement à l’élaboration des lignes directrices : Fundación Catalunya – La Pedrera, Fundación Fundación Naturaleza y Hombre, University of the Highlands and Islands Perth College Centre for Mountain Studies. Ont également coopéré à l’initiative les institutions suivantes : Ministerio de Agricultura, Alimentación y Medio Ambiente, Dirección General de Calidad y Evaluación Ambiental y Medio Natural, Subdirección General de Medio Natural ; la Diputación Foral de Álava, Fundación para la Conservación del Quebrantahuesos, Fundación Oso Pardo, Parc National des Pyrénées, Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises, ARPE Agence régionale pour le développement durable de Midi-Pyrénées, Instituto da Conservação da Natureza e das Florestas, Instituto Politécnico de Viana do Castelo, Parque Natural de l’Alt Pirineus, Área de Proyección y Desarrollo de la Red Parques Nacionales, Organismo Autónomo Parques Nacionales, Aigüestortes y Estany de Sant Maurici, Centre d’Estudis de la Neu i la Muntanya d’Andorra. Ce large consortium a été essentiel pour pouvoir élaborer un document consensuel et utile pour les différents acteurs impliqués dans la conservation de cette vaste zone qu’est le Grand corridor écologique. Accéder aux lignes directrices en Espagnol Accéder aux lignes directrices en Français

Destruction de 3 tonnes d’ivoire illicite par la France

L’UICN France salue l’action du gouvernement français pour la destruction d’un stock de 3 tonnes d’ivoire illicite saisi en France et sa détermination à renforcer la lutte contre le commerce illégal de la faune sauvage. Ce matin, Philippe Martin, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, en présence de Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète, a procédé à la destruction par concassage d’un stock de 3 tonnes d’ivoire illicite saisi en France entre 1987 et 2007 sur le champ de Mars, à Paris. Après avoir été concassés, les débris d’ivoire seront incinérés afin que plus rien n’en subsiste. Cette action spectaculaire concrétise l’engagement du Président de la République, pris lors de la table ronde organisée le 5 décembre dernier en marge du Sommet pour la Paix et la Sécurité en Afrique : détruire systématiquement l’ivoire saisi pour envoyer un message de fermeté et d’autorité sans équivoque aux trafiquants comme aux acheteurs et marquer la solidarité du gouvernement français aux pays africains. La France est le premier pays européen à détruire ses stocks depuis l’entrée en vigueur en 1989 du moratoire sur le commerce de l’ivoire. A l’avenir, toutes les pièces illégalement mises sur le marché seront confisquées puis détruites. Par ailleurs, le ministre a précisé que la multiplication par 10 des amendes encourues en cas d’infraction simple (passage de 15 000 à 150 000 euros) et par cinq en cas de trafic en bande organisée (passage de 150 000 à 750 000 euros) serait inscrite dans le projet de loi « Biodiversité ». Le Comité français de l’UICN salue cette action en faveur de l’Eléphant d’Afrique, espèce classée dans la Liste rouge mondiale des espèces menacées, à laquelle il a été associé. Son Groupe de spécialistes de l’Eléphant d’Afrique tient à jour les informations les plus récentes sur la situation de l’espèce et apporte son expertise pour assurer sa préservation. Avec 22000 éléphants abattus en 2012 et probablement plus en 2013, sur une population totale d’environ 500 000 individus, l’UICN estime qu’un cinquième des éléphants d’Afrique va disparaître dans les 10 prochaines années si rien n’est fait. En décembre dernier, l’UICN a convié au Botswana les principaux Etats et ONG concernés pour un Sommet sur l’Eléphant d’Afrique, à l’issu duquel 14 mesures d’urgence ont été adoptées pour renforcer la lutte contre le commerce illégal de l’ivoire et la protection des populations d’éléphants africains. Depuis 2007, le Comité français de l’UICN gère également le Programme de Petites Initiatives (PPI) du Fonds Français pour l’Environnement Mondial, destiné à renforcer les capacités de la société civile des pays d’Afrique occidentale et centrale, de Madagascar et du Mozambique en matière de conservation et de développement local. Ce programme se traduit par la mise en oeuvre d’environ 150 petits projets, qui portent notamment sur la protection des espèces menacées, les conflits homme/animal et la mise en application des lois sur la faune.

L’UICN approuve l’engagement de Total de ne pas mener d’opérations dans les sites du Patrimoine mondial

La société Total a confirmé qu’elle ne mènera pas d’opérations extractives dans les sites naturels du Patrimoine mondial, comprenant le parc national des Virunga. L’UICN approuve cette décision et demande à toutes les sociétés pétrolières et gazières de suivre cet engagement. L’UICN, qui est l’organisme consultatif officiel auprès de l’UNESCO sur les sites naturels du Patrimoine mondial, a lancé des appels répétés dans le passé auprès des industries extractives et des gouvernements qui délivrent des permis miniers afin d’arrêter les activités d’exploration et de l’exploitation du pétrole et du gaz dans les sites du Patrimoine mondial. Le Comité français de l’UICN avait alerté le PDG de Total en mai 2012 sur la cette situation et demandé à l’entreprise de s’engager à respecter les limites du parc national et plus largement les sites du Patrimoine mondial. Jusqu’à présent, la société Royal Dutch Shell était la seule entreprise pétrolière et gazière à avoir pris un tel engagement. L’engagement de Total a été officiellement communiqué dans un courrier adressé au Centre du Patrimoine mondial de l’UNESCO. « L’engagement de Total montre clairement que de telles activités dans les sites du patrimoine mondial n’est pas une option pour des industries extractives responsables », dit Julia Marton- Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « Il nous donne l’espoir que les secteurs du pétrole, du gaz et des mines, dans leur ensemble, s’engagent à assumer pleinement leur responsabilité partagée pour la conservation des endroits les plus précieux et irremplaçables de notre planète. Nous appelons toutes les entreprises extractives et les gouvernements qui régulent ce secteur, à déclarer les sites du Patrimoine mondial comme des zones « interdites » ». Les menaces générées par l’industrie extractive sont particulièrement graves en Afrique, où un site naturel sur quatre est affecté. Le parc national des Virunga en République Démocratique du Congo a été le site soumis aux risques les plus élevés au cours des dernières années, après que le gouvernement congolais ait accordé des permis pour procéder à l’exploration dans le parc. L’engagement de Total relâche une partie de la pression sur le parc national des Virunga. Il indique également que l’entreprise respectera les limites actuelles du parc, même si une partie de la protection du parc est retirée. Malgré l’annonce de Total, une autre entreprise basée au Royaume-Uni, SOCO, poursuit des activités extractives dans une zone chevauchant celle du parc des Virunga. « Les États Parties à la Convention du Patrimoine mondial et les entreprises privées doivent respecter le principe établi de longue date statuant que les sites du patrimoine mondial doivent rester hors d’atteinte de l’industrie extractive », dit Tim Badman, Directeur du Programme du patrimoine mondial de l’UICN. « Nous nous félicitons de l’étape positive franchie par Total en faveur de la protection du patrimoine naturel mondial et en particulier pour le parc national des Virunga et sa faune et flore spectaculaires. » Le parc national des Virunga abrite quelque 100 individus des derniers gorilles de montagne et se place parmi les plus grands sites de biodiversité en Afrique. Il a été établi en 1925 comme le premier parc national de l’Afrique et en 1979 il est devenu l’un des premiers sites du Patrimoine mondial. Il figure également sur la liste des zones humides d’importance internationale de la Convention de Ramsar. En dépit d’être répertorié comme un site du Patrimoine mondial en péril depuis 20 ans, les menaces sur le parc restent très critiques et comprennent l’exploration pétrolière, les conflits armés, le commerce illégal d’espèces sauvages et l’occupation illicite. La réponse globale à apporter aux menaces qui pèsent sur les sites du Patrimoine mondial et d’autres aires protégées à travers le monde sera discutée lors du prochain Congrès mondial des parcs de l’UICN, qui se tiendra du 12 au 19 novembre 2014 à Sydney, en Australie.