La Ville de Niort élue « Capitale française de la biodiversité 2013 »
La Ville de Niort est la nouvelle « Capitale française de la biodiversité 2013 ». Le Comité français de l’UICN s’est une nouvelle fois associé à ce concours, organisé par Natureparif, qui récompense depuis 2010 les collectivités locales qui mettent en œuvre des démarches exemplaires en matière de protection et de restauration de la biodiversité. Pour cette quatrième édition, dont le thème était « L’eau, la ville, la vie », le jury a apprécié la volonté politique de la Ville de Niort de stopper l’étalement urbain, sa démarche stratégique sur la trame verte et bleue urbaine, ainsi que ses actions exemplaires pour préserver et restaurer les cours d’eau et zones humides en ville. Placé sous le haut patronage du Ministère de l’Ecologie et du Secrétariat exécutif de la Convention sur la Diversité Biologique, le concours est soutenu par de nombreuses associations et partenaires dont l’Office pour les Insectes et leur Environnement (Opie), l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF), le Fond Mondial pour la Nature (WWF), Environnement magazine et Technicités, Plante & Cité, ETD , le réseau IDEAL Connaissances, les régions Aquitaine, Basse Normandie, Bretagne, Centre, Île-de-France, Midi-Pyrénées, Nord-Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côte-D’azur et Rhône-Alpes, l’AFIE, l’AITF et le Comité français de l’UICN. L’appel à candidature était ouvert aux communes de plus de 2000 habitants, aux communautés de communes, aux communautés d’agglomération, communautés urbaines, syndicats d’agglomération nouvelle et métropoles. Aux côtés de Niort, Capitale française de la biodiversité 2013, qui succède à Grande-Synthe (2010), Montpellier (2011) et Lille (2012), cette quatrième édition a également distingué : Plérin (Côtes d’Armor), lauréate dans la catégorie des petites villes, pour son travail de diagnostic de la biodiversité communale ; Lorient (Morbihan), lauréate dans la catégorie des villes moyennes, pour son intégration de la trame verte et bleue dans son plan local d’urbanisme ; Paris, lauréate dans la catégorie des grandes villes, pour son action de protection de la ressource en eau en dehors des limites de la ville et le développement de milieux humides et de mares intra-muros ; Brest Métropole Océane (Finistère), lauréate dans la catégorie des intercommunalités, pour son programme d’amélioration de la qualité de l’eau et des milieux naturels à l’échelle du bassin versant et de la rade ; Marne-la-Vallée Val Maubuée (Seine-et-Marne), lauréate du « Prix Natureparif » décerné à une collectivité francilienne, pour son approche paysagère innovante ; Beaumont (Puy-de-Dôme), prix Coup de Cœur du Jury, pour la valorisation de sa rivière et des espaces attenants. L’évaluation des candidatures a été réalisée par un Comité scientifique et technique composé de chercheurs, de naturalistes, d’urbanistes, de praticiens et de spécialistes de la nature en ville, sur dossier et via des visites de terrain. Comme le précise Liliane Pays, présidente de Natureparif, les résultats de cette édition 2013, et la qualité des dossiers reçus, témoignent des avancées significatives des collectivités françaises pour restaurer le cycle de l’eau, support essentiel de la biodiversité et de nombreux services écosystémiques. La cérémonie de remise des prix se déroulera lundi 18 novembre 2013, au Conseil économique, social et environnemental, Palais d’Iéna à Paris, en présence de Liliane Pays, présidente de Natureparif, de Sandra Lagumina, Directeur Général de GrDF, et des représentants des partenaires du Concours. Contacts Presse Antoine Lagneau – Chargé de communication Natureparif – Tél. : 01 75 77 79 08 – 06 81 73 25 31 Anne-Isabelle Jolly – Relations presse GRDF
Les propositions de l’UICN France pour la conférence environnementale 2013
Dans la cadre de la 2ème conférence environnementale, le Comité français de l’UICN présente ses propositions pour renforcer la protection de l’environnement marin, l’un des 5 thèmes à l’ordre du jour des débats. La 2ème conférence environnementale aura lieu les 20 et 21 septembre 2013 et abordera cinq nouveaux sujets dont « la biodiversité marine, la mer et les océans dans la perspective de renforcement des connaissances et de la protection de l’environnement marin en métropole et en outre-mer ». Dans ce cadre, le Comité français de l’UICN a souhaité exprimer les recommandations suivantes. Axe 1 : Améliorer les connaissances et les protections des écosystèmes marins et littoraux ► Permettre la progression des connaissances, en particulier en créant des liens de solidarité entre sciences fondamentales et sciences appliquées, et favoriser l’accès à de nouvelles sources de financement, en : – Plaçant la mer et les océans dans les priorités de la recherche française des prochaines années (les progrès doivent pouvoir être évalués sur le nombre de projets de recherche financés et les montants alloués) – Mobilisant le secteur privé, usager des ressources marines renouvelables (pharmaceutique, cosmétique, diététique,….énergies marines) et non renouvelables (extractions de granulats marins,….), pour financer des programmes de recherche dans le cadre de partenariats publics/privés, notamment concernant les impacts de ces activités et la recherche de solutions de suppression ou de limitation de ces impacts, – Favorisant le développement des sciences participatives, avec les acteurs économiques et associatifs (mesures incitatives, avantages fiscaux, rémunérations, subventions…) ► Soutenir les travaux sur les Listes Rouges des espèces menacées et des écosystèmes, menés au niveau national, pour identifier les priorités et lancer des plans d’action et initiatives de protection, et améliorer les connaissances sur les espèces classées en « Données insuffisantes » de la Liste rouge des espèces menacées en France pour les groupes déjà évalués (mammifères marins, requins et raies,…) ► Renforcer les actions visant à promouvoir les actions de mobilisation, d’éducation et de sensibilisation pour la préservation de la biodiversité marine, comme l’initiative Blue Society, et sa prise en compte dans les formations aux métiers de la mer Axe 2 : Le renforcement de l’action de la France en ces domaines dans les outre-mer ► Mettre en œuvre rapidement, ou renforcer, les actions prioritaires approuvées lors de la 1ère conférence environnementale (Stratégies territoriales de la biodiversité par collectivité, inventaires du patrimoine naturel, réseau d’espaces protégés…) ► Développer une planification spatiale maritime en outre-mer pour atteindre un bon état écologique des milieux marins, adaptée à ces territoires et inspirée de la Directive-cadre « Stratégie pour le milieu marin » et du projet de DPSM/GIZC ► Renforcer la protection des mangroves dans les Départements (Guyane, Guadeloupe, Martinique, Mayotte) et Collectivités (Nouvelle-Calédonie) d’outre-mer principalement concernés, en valorisant les interactions mangroves/herbiers marins/récifs coralliens ► Assurer la mise en place pérenne de l’initiative BEST pour la préservation de la biodiversité de l’outre-mer européen ► Réglementer l’exploitation des ressources pétrolières et minérales en outre-mer en encadrant strictement le développement des projets, en appliquant le principe de précaution et en assurant une large concertation avec l’ensemble des acteurs de la société civile Axe 3 : Les conditions d’une valorisation durable des ressources du milieu marin ► Poursuivre la mise en place d’un réseau représentatif et efficacement géré d’aires marines protégées en réaffirmant l’objectif de couvrir 20% du domaine maritime français d’ici 2020 ► Evaluer, promouvoir et valoriser l’importance de la biodiversité marine dans une perspective de développement durable basé sur les ressources naturelles marines et de protection de l’environnement marin (secteurs d’activités, filières, formations, emplois), ► Mettre en application les résultats des travaux menés sur la fiscalité écologique et affecter ces ressources à la gestion des écosystèmes marins ► Intégrer la protection de la biodiversité marine dans les politiques et projets de développement des énergies marines ►Dynamiser la mise en œuvre de la Stratégie nationale pour la mer et le littoral et les instances de gouvernance (Conseil national de la mer et des littoraux, COMER) en favorisant une approche intégrée avec les différents acteurs de la mer, pour renforcer la politique maritime française ► Poursuivre la mise en œuvre du protocole APA ratifié par la France ► Renforcer le rôle et l’implication des collectivités portuaires et territoires maritimes dans les plans d’action pour la biodiversité marine et dans la gestion des aires marines protégées ► Encadrer davantage la pêche profonde et soutenir une pêche durable Axe 4 : L’action internationale de la France pour la protection juridique et la gouvernance de la haute mer ► Soutenir la signature d’un accord international sur la Haute Mer ► Influencer les Etats signataires des Conventions de Mers Régionales pour une meilleure prise en compte de la biodiversité marine dans des protocoles d’accord et en favorisant la collaboration avec les organisations régionales de pêche ► Annoncer la création de nouvelles AMP lors du Congrès IMPAC3 et engager de nouvelles initiatives régionales ► Appuyer l’initiative hollandaise de réduction des pollutions plastiques et développer des appels à projet pour l’effacement du 7eme continent plastique et autres zones d’agrégation des rejets plastiques Documents joints Propositions UICN France biodiversité marine (document complet) Propositions UICN France biodiversité marine (synthèse)
La Commission européenne s’attaque aux espèces envahissantes
La nouvelle proposition législative publiée hier par la Commission européenne vise à assurer une action coordonnée au niveau européen pour lutter contre les impacts des espèces exotiques envahissantes. L’UICN, réunissant certains des meilleurs experts en la matière en Europe, se félicite de cette nouvelle proposition mais souligne certaines préoccupations. « La proposition de la Commission européenne ouvre la voie vers une action plus importante et mieux coordonnée en Europe, incluant ses entités d’outre-mer, pour lutter contre les espèces exotiques envahissantes », a déclaré Luc Bas, directeur du Bureau de représentation de l’UICN auprès de l’Union européenne (UE). « La prévention, les systèmes d’alerte précoce et de réaction rapide, l’éradication et les mesures de contrôle, sujets inclus dans la proposition et soutenus par les experts de l’UICN, vont dans la bonne direction. Cependant, il y a certains éléments qui doivent encore être précisés, tels que le processus d’identification des espèces prioritaires ». Selon la proposition législative, une liste d’espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’UE sera développée. Un plafond de 50 espèces à inclure dans cette liste est proposé. Un comité, composé de représentants des gouvernements de l’UE et d’institutions, doit être mis en place pour prendre des décisions sur les ajouts ou suppressions dans cette liste. « Le plafond proposé par la Commission européenne est beaucoup trop faible pour atteindre les objectifs en matière de biodiversité au niveau de l’UE et au niveau mondial. En outre, le calendrier proposé de cinq ans pour la révision éventuelle de cette liste ne garantit pas la flexibilité nécessaire pour réagir rapidement aux nouvelles menaces », a déclaré Piero Genovesi, Président du Groupe de spécialistes des espèces envahissantes de la Commission de Sauvegarde des Espèces de l’UICN. « Le processus pour ajouter des espèces à la liste est d’une importance cruciale. Il doit être fondé sur la science et être réactif. Les décisions doivent être prises à la suite de recommandations sur l’évaluation des risques et de ne pas se baser sur des intérêts politiques. L’UICN appelle à l’implication des acteurs concernés et des scientifiques dans le comité proposé « . Il existe plus de 1500 espèces exotiques qui engendrent des impacts négatifs en Europe. Rien qu’à Londres, 76 espèces envahissantes ont été signalées. Les espèces exotiques envahissantes génèrent des coûts élevés et réduisent la biodiversité. Elles posent de sérieux défis pour la santé publique et l’économie, et peuvent endommager les infrastructures. Selon l’UICN, il est essentiel que des ressources financières soient disponibles aux niveaux européen et national pour mettre en œuvre les mesures prévues, en particulier pour les réponses d’urgence face aux invasions. Un certain nombre d’exemples d’échec à répondre rapidement en raison du manque de ressources existent déjà, comme le Frelon asiatique (Vespa velutina) en France, le Raton laveur (Procyon lotor) en Espagne, l’Ecureuil gris d’Amérique (Sciurus carolinensis) en Italie, la Limace espagnole (Arion vulgaris) en Suède et le Poisson-lion (genre Pterois) dans la région des Caraïbes. Avec les ressources nécessaires et l’implication de tous les acteurs clés, la réduction de l’impact des espèces envahissantes est possible. Par exemple, l’élimination des rats de la petite île méditerranéenne de Montecristo a augmenté le succès de reproduction des puffins indigènes, qui étaient menacés, à 90%. Une publication récente de l’UICN a mis en évidence des exemples d’actions locales efficaces dans les zones urbaines de plus de 15 pays européens. « Les villes sont voies importantes d’entrée des espèces envahissantes, par exemple à travers des arrivées accidentelles avec des navires ou avec le commerce d’animaux de compagnie et de plantes ornementales. Toutefois, tel que présenté lors de la récente conférence de l’UICN sur les espèces envahissantes dans les zones urbaines, les villes sont également essentielles pour empêcher de nouvelles introductions et sensibiliser les citoyens aux problèmes liés aux espèces envahissantes », a déclaré Chantal van Ham, Chargée du Programme européen de l’UICN. La proposition de la Commission européenne doit être adoptée par le Parlement européen et le Conseil avant de devenir opérationnelle. L’UICN espère que ce processus se traduira par un instrument législatif renforcé et concerté et qu’il ne sera pas reporté après les élections l’année prochaine. L’UICN continuera de fournir des informations scientifiques et de faciliter le dialogue entre les parties prenantes sur cette question très urgente. En particulier, le Comité français de l’UICN poursuit la mise en oeuvre de son Initiative sur les espèces exotiques envahissantes en outre-mer et envisage d’organiser l’année prochaine un colloque national sur ce thème.