Le 10ème Congrès français de la nature adopte 13 recommandations et deux messages
Le 10ème Congrès français de la nature, organisé par le Comité français de l’UICN, a adopté 13 nouvelles recommandations sur les enjeux de la biodiversité ainsi que 2 messages à l’occasion de l’année internationale des forêts et de l’année des outre-mer. Réunis le 27 juin 2011 à Paris pour la 10ème édition du Congrès français de la nature, les organismes et les experts du Comité français de l’UICN ont adopté 13 nouvelles recommandations sur les sujets suivants : Politiques de la biodiversité • Stratégie nationale de la biodiversité 2011-2020 • Agence nationale de la biodiversité Ecosystèmes • Développement des énergies renouvelables et conservation de la biodiversité • Gestion intégrée des ressources en eau en montagne • Protection des canyons marins de la Méditerranée • Protection des écosystèmes océaniques profonds dans le cadre de l’exploitation des ressources minières Aires protégées • Pour une stratégie volontariste des parcs nationaux • Renforcement du parc national des Calanques Outre-mer • Orpaillage en Guyane • Forages pétroliers offshore en Guyane • Extension de la piste d’aéroport de Mayotte Espèces • Protection de l’Ours brun dans les Pyrénées • Protection des oiseaux marins dans les mers australes Le congrès a également adopté deux messages à l’occasion de l’année internationale des forêts et de l’année des outre-mer : • Message de l’UICN France pour l’année internationale des forêts • Message de l’UICN France pour l’année des outre-mer Le congrès a enfin lancé officiellement le premier concours pour la préservation des récifs coralliens d’outre-mer à destination des élus, organisé par l’IFRECOR (Initiative française pour les récifs coralliens), dont le Comité français de l’UICN est membre (en savoir plus) Document joint Programme Congrès français de la nature 2011
Guide des vertébrés envahissants en outre-mer
Le Comité français de l’UICN et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage viennent d’éditer en partenariat un nouvel ouvrage intitulé « Les vertébrés terrestres introduits en outre-mer et leurs impacts. Guide illustré des principales espèces envahissantes ». En raison de leurs impacts écologiques et socio-économiques multiples, ces espèces posent des problèmes majeurs à tous ceux qui en outre-mer ont en charge la préservation d’un patrimoine naturel unique : associations, établissements publics, services de l’Etat et des collectivités locales. Cet ouvrage leur est destiné, ainsi qu’au grand public intéressé par ce sujet. Son objectif est de sensibiliser et d’informer sur les vertébrés exotiques envahissants et leurs impacts. Trente neuf espèces introduites parmi les plus envahissantes ou potentiellement envahissantes font l’objet d’une monographie résumant leur écologie, leur distribution dans l’outre-mer français, leurs impacts avérés ou potentiels, la réglementation les concernant, etc. Ce guide a bénéficié du soutien du Ministère chargé de l’écologie et a été réalisé grâce à la contribution de nombreux experts et acteurs ultra-marins. Pour télécharger le guide, rendez-vous sur le site dédié aux espèces exotiques envahissantes en outre-mer ou cliquer >> ici.
Les thonidés nécessitent une protection accrue
Pour la première fois, toutes les espèces de scombridés (thons, bonites, maquereaux et thazards) et de marlins (espadons et marlins) ont été évaluées pour la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™. Sur les 61 espèces connues, sept se trouvent dans l’une des catégories du groupe « menacés » et leur risque d’extinction est élevé. Quatre espèces sont classées comme étant « Quasi menacées » et près des deux tiers se trouvent dans la catégorie « Préoccupation mineure ». Les résultats montrent que les thons sont particulièrement menacés. Sur les huit espèces de thons, cinq sont classées dans l’une des catégories « menacées » de la Liste rouge ou sont « quasi menacées ». Il s’agit du Thon rouge du Sud (Thunnus maccoyii), En danger critique d’extinction ; du Thon rouge du Nord ou Thon rouge de l’Atlantique (T. thynnus), En danger ; du Thon obèse (T. obesus), Vulnérable ; du Thon jaune (T. albacares), Quasi menacé ; et du Germon ou Thon blanc (T. alalunga), Quasi menacé. Ces nouvelles données aideront considérablement les autorités gouvernementales à prendre des décisions susceptibles de sauvegarder l’avenir de ces espèces, dont beaucoup sont d’une grande valeur économique. Elles apportent une contribution très opportune à la 3e Réunion conjointe des organisations régionales de gestion de la pêche des thonidés, qui se tient à La Jolla, Californie, du 11 au 15 juillet. « C’est la première fois que des scientifiques spécialistes des pêcheries, des ichtyologistes et des défenseurs de l’environnement se réunissent pour évaluer conjointement les menaces qui pèsent sur un groupe d’espèces de poissons d’importance commerciale », précise Bruce B. Collette, Président de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN (CSE) Groupe de spécialistes des thonidés et des marlins, responsable scientifique du NOAA’s Service national des pêches maritimes et auteur principal du document. Malgré la bonne santé de plusieurs stocks de poissons épipélagiques (ceux qui vivent près de la surface), l’importante surexploitation de certaines espèces de scombridés et de marlins suscite une préoccupation croissante ; en outre, il n’y a pas suffisamment de détermination à protéger ces espèces contre la surexploitation entraînée par des prix élevés. De nombreuses populations sont exploitées par des pêcheries multinationales, qu’il est extrêmement difficile de réglementer d’un point de vue politique. « Les trois espèces de thon rouge sont susceptibles de s’effondrer en raison de la pression de la surpêche continue. C’est déjà essentiellement le cas pour le Thon rouge du Sud, avec peu d’espoir de rétablissement », explique le Dr Kent Carpenter, professeur à l’Université Old Dominion, directeur de l’Unité de l’UICN sur la biodiversité marine et l’un des auteurs du document. « Si aucun changement n’est apporté aux pratiques de pêche actuelles, les stocks de Thon rouge de l’Atlantique risquent de s’effondrer aussi, car il y a peu de signes de reconstitution de la population après une réduction significative dans les années 1970. » Trois espèces de marlins sont classées dans des catégories menacées ou quasi menacées : le Marlin bleu (Makaira nigricans), Vulnérable ; le Marlin blanc (Kajikia albida), Vulnérable, et le Marlin rayé (Kajikia audax), Quasi menacé. La plupart des espèces à longue vie ayant une valeur économique sont considérées comme menacées. Elles atteignent la maturité plus tard que les espèces à vie courte et leur cycle de reproduction est plus long ; en conséquence, le rétablissement de la population après une période de déclin prend plus longtemps. Comme ces scombridés et marlins sont au sommet de la chaîne alimentaire pélagique, la réduction des populations de ces prédateurs peut porter atteinte à d’autres espèces essentielles à l’équilibre de l’écosystème marin et économiquement importantes comme sources de nourriture. L’avenir des scombridés et des marlins menacés repose sur la capacité des Organisations régionales de gestion de la pêche (ORGP) et des pays pratiquant la pêche à bien gérer ces espèces. Les populations de Thon rouge du Sud et de Thon rouge de l’Atlantique ont été tellement réduites que la façon la plus efficace pour éviter l’effondrement est de fermer la pêche jusqu’à ce que les stocks soient reconstitués à des niveaux sains. Cependant, une telle mesure entraînerait de grandes difficultés économiques et porterait atteinte aux capacités de contrôle de la pêche par les ORGP, en raison de l’incitation accrue à la pêche illégale qui serait créée dans ces circonstances. « La fermeture temporaire de la pêche au thon ne serait qu’une partie d’un programme plus vaste de rétablissement dont on a très besoin. Afin d’empêcher la pêche illégale, de fortes mesures dissuasives doivent être mises en place », explique Jean-Christophe Vié, Directeur adjoint du Programme mondial de l’UICN sur les espèces. « Cette nouvelle étude montre qu’il existe un besoin urgent d’une gestion efficace. Les découvertes scientifiques ne doivent pas être laissées de côté dans le but de sauvegarder des profits à court terme. La vie marine et les emplois des générations futures sont en jeu ». La reconstitution des stocks halieutiques est possible en réduisant les taux de mortalité dus à la pêche très en dessous du rendement maximal durable (RMD), comme le montre le cas de la population orientale, très appréciée, du Thon rouge de l’Atlantique. Récemment encore exploitée à un niveau équivalant à trois fois le RMD, une diminution du total des captures admissibles et des mesures plus strictes de surveillance et de conformité ont conduit à des réductions de près de 75% dans les captures au cours des dernières années. Cela permettra à l’espèce de se rétablir à un niveau durable tant que les contrôles actuels de la pêche sont maintenus. Notes pour les rédacteurs Vous pouvez demander au Bureau des programmes publics de l’AAAS des exemplaires de l’article de Science (sous embargo) “High Value and Long-Lived : Double Jeopardy for Tuna and Billfishes” Veuillez contacter +1 202 326 6440 or scipak@aaas.org Porte-paroles disponibles pour des interviews : Bruce Collette (à Minneapolis) +1 612 397 4962 ; +1 410 369 8466 (cell) collettb@si.edu Kent Carpenter (aux Philippines) 63 949 313 5649 Kcarpent@odu.edu Maria Jose Juan Jorda (en Espagne) +34 981167000 ext. 2204 +34 671072900 (mobile) mjuanjorda@gmail.com Beth Polidoro (à Hawaii) +1 240 446 5183 bpolidor@odu.edu Bill Fox (à San Diego) +1 202 495 4397 +1 571 205 8845 (mobile) ; bill.fox@wwfus.org
Lancement d’un concours en faveur des récifs coralliens
Vous êtes un élu d’outre-mer et vous avez mené des actions exemplaires en faveur des récifs coralliens, herbiers ou mangroves au sein de votre collectivité ? Jusqu’au 10 octobre 2011, participez au concours de la Palme IFRECOR 2011 ! A l’occasion de l’Année des outre-mer, l’initiative française pour les récifs coralliens (IFRECOR), co-animée par les ministères chargés de l’écologie et de l’outre-mer, lance la première édition d’un concours national en faveur de la préservation des récifs coralliens, herbiers et mangroves à destination des élus des collectivités françaises d’outre-mer. Le concours « Palme IFRECOR 2011 » a été ouvert lundi 27 juin à l’occasion du Congrès français de la nature du Comité français de l’UICN en présence de : Christophe Lefebvre (Président de l’UICN France), Coralie Noël (MOM), Charlotte Gobin (MEDDTL), Bernard Cressens (WWF France), Sébastien Folin (Président du Fonds Biome et Parrain de la Palme IFRECOR) et Aurélie Bocquet (UICN France). « Les récifs coralliens, les mangroves et les herbiers sont notre richesse commune. Agissons ensemble pour préserver les richesses de nos territoires » Des écosystèmes exceptionnels mais menacés Les récifs coralliens, les mangroves et les herbiers sont des écosystèmes rares et exceptionnels. Ils offrent aux communautés humaines de nombreuses ressources et services : refuge et nurserie pour les espèces, développement économique par le maintien d’activités de pêche et de tourisme, protection des côtes, ressources pharmacologiques… Ils sont cependant sérieusement menacés par les activités humaines. La destruction et la fragmentation des habitats, la pollution, l’érosion des côtes, la surexploitation et le changement climatique fragilisent ce patrimoine naturel d’exception. « Il est essentiel de mettre en oeuvre des mesures de protection, de gestion durable et de valorisation de ces écosystèmes exceptionnels et indispensables » En outre-mer, les élus s’engagent Les élus d’outre-mer sont des acteurs clefs de la préservation et de la gestion durable des récifs coralliens, des herbiers et des mangroves. Au quotidien, ils agissent afin d’assurer aujourd’hui et pour les générations futures un patrimoine naturel riche et en bonne santé, garant du bien-être des communautés liées à ces milieux exceptionnels. Quels types d’actions ? Ce concours a pour objectif de mobiliser les élus des collectivités d’outre-mer, de favoriser leur engagement et de valoriser leurs actions en faveur de la préservation et de la gestion durable des récifs coralliens et écosystèmes associés. A titre d’exemple, les réalisations éligibles sont : la mise en place de charte de bonnes pratiques pour les pêcheurs, les plaisanciers ou les touristes, la mise en œuvre d’un programme de restauration d’une mangrove, d’une pépinière de corail, la mise en place d’un dispositif d’assainissement des eaux usées pour lutter contre les pollutions, la création d’une exposition sur les récifs coralliens /herbiers /mangroves, la création d’un sentier de découverte du milieu… Prix de la Palme IFRECOR La Palme IFRECOR comporte deux catégories : « Protection – Valorisation – Restauration » et « Amélioration des connaissances – Éducation – Sensibilisation ». Un gagnant par catégorie sera élu par le Jury du concours. Le gagnant de chaque catégorie sera invité à la remise des prix à Paris en fin d’année. Qu’est ce que l’IFRECOR ? Créée en 1999 sur initiative ministérielle, l’IFRECOR agit depuis plus de 10 ans pour la préservation et la gestion durable des récifs coralliens et des écosystèmes associés (mangroves, herbiers) dans les collectivités françaises d’outre-mer. Elle est constituée d’un comité national et d’un réseau de 8 comités locaux : Martinique, Guadeloupe, La Réunion, Mayotte, les îles Eparses de l’océan indien, Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna et la Polynésie française. Cette première édition du concours est une action réalisée dans le cadre du programme d’action quinquennal (2011-2015) de l’IFRECOR. Participez au concours sur www.ifrecor.com Pour plus d’informations : Télécharger le descriptif du concours et les fiches de candidature sur www.ifrecor.com Contact : Magali Evanno, Aurélie Bocquet : 01.47.07.78.58 | contact@ifrecor.com Téléchargez le communiqué de presse ici Le concours est lancé dans le cadre de l’IFRECOR (Initiative française pour les récifs coralliens) ; initiative portée par le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement (MEDDTL) et par le Ministère chargé de l’Outre-mer (MOM). Le Comité français de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la nature), pilote du TIT communication de l’IFRECOR, est en charge de l‘organisation de ce concours. La Palme IFRECOR 2011 est réalisée grâce au soutien financier du Fonds Biome du WWF-France et au soutien média du magazine Terre Sauvage.