Liste rouge mondiale : près d’un reptile sur cinq lutte pour survivre

On estime que 19% des reptiles de la planète sont menacés d’extinction, d’après un document publié aujourd’hui par la Société zoologique de Londres (ZSL) en collaboration avec des experts de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN. L’étude, publiée dans la revue Biological Conservation, est la première en son genre à présenter l’état de conservation des reptiles dans le monde. Plus de 200 experts de renommée mondiale ont évalué le risque d’extinction de 1500 reptiles de toutes les régions du monde sélectionnés aléatoirement. Sur les 19% de reptiles menacés d’extinction, 12% sont classés dans la catégorie « En danger critique d’extinction », 41% « En danger » et 47% « Vulnérable ». « Il s’agit d’une avancée très importante pour évaluer le statut de conservation des reptiles dans le monde entier », indique Philip Bowles, Coordinateur de l’Autorité de la Liste rouge pour les sauriens et les ophidiens de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN. « Les résultats de l’étude sonnent l’alarme sur l’état de ces espèces et les menaces croissantes auxquelles elles sont confrontées. Il est essentiel de répondre en priorité à ces menaces, notamment la destruction des habitats et la surexploitation, pour réussir à inverser le déclin de ces espèces ». Trois espèces classées « En danger critique d’extinction » pourraient être déjà éteintes. L’une d’entre elles, le lézard coureur Ameiva vittata, n’a été observée que dans une région de la Bolivie. La menace est particulièrement forte dans les régions tropicales, surtout en raison de la conversion d’habitats naturels à des usages agricoles et de l’exploitation forestière. L’habitat du lézard est pratiquement détruit et deux missions récentes de recherche de l’espèce n’ont pas eu de succès. « On associe souvent les reptiles à des habitats extrêmes et à des conditions environnementales très dures, et on suppose qu’ils s’en sortiront malgré les changements de la planète », indique Monika Böhm, auteur principale de l’étude. « Or, de nombreuses espèces sont très spécialisées quant à l’usage de leurs habitats et aux conditions climatiques dont elles ont besoin pour leur vie quotidienne. Elles sont donc particulièrement sensibles aux modifications de l’environnement ». Le risque d’extinction n’est pas également réparti dans ce groupe très divers : les tortues d’eau douce sont particulièrement en danger, à l’instar de l’ensemble de la biodiversité d’eau douce partout dans le monde. Dans l’ensemble, l’étude estime que 30% des reptiles d’eau douce sont proches de l’extinction ; ce pourcentage atteint 50% pour les tortues, car elles sont aussi touchées par le commerce national et international. Bien que les menaces soient moins graves pour les reptiles terrestres, leurs aires de répartition souvent restreintes, leur faible mobilité et les conditions biologiques et environnementales spécifiques dont ils ont besoin, les rendent particulièrement vulnérables à la pression anthropique. En Haïti, six des neuf espèces étudiées du lézard Anolis sont confrontées à un risque élevé d’extinction, en raison de la déforestation intensive du pays. Regroupés sous le nom de « reptiles », les serpents, les lézards, les amphisbéniens (parfois appelés lézards-vers), les crocodiliens, les tortues terrestres et marines et les tuataras ou sphénodons (reptiles semblables aux lézards, endémiques de la Nouvelle-Zélande) ont une histoire longue et complexe, depuis leur apparition sur la planète il y a près de 300 millions d’années. Ils remplissent un certain nombre de fonctions importantes dans les écosystèmes mondiaux, que ce soit comme prédateurs ou comme proies. « Il faut remédier aux lacunes des connaissances et aux insuffisances des mesures de conservation, pour que celles-ci soient efficaces et que les reptiles survivent et prospèrent partout dans le monde », indique Ben Collen, directeur de l’Unité indicateurs et évaluations de la Société zoologique de Londres.« Les résultats de cette étude facilitent et accélèrent la prise de décisions importantes pour la conservation et situent clairement les reptiles sur la carte de la conservation ». Les informations tirées de cette étude feront partie de l’évaluation mondiale des reptiles entreprise par l’UICN et actuellement en cours.   Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site mondial de l’UICN >> ici Pour en savoir plus sur la Liste rouge mondiale des espèces menacées >> voir ici

Liste rouge 2012 : les palmiers de Madagascar proches de l’extinction

D’après la dernière mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™, publiée le 17 octobre 2012 par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 83% des palmiers de Madagascar sont menacés d’extinction, ce qui met également en danger les moyens de subsistance des populations locales. Cette mise à jour de la Liste comprend 65518 espèces, dont 20219 sont menacées d’extinction. L’évaluation du statut des palmiers de Madagascar a été menée par le Groupe de spécialistes des palmiers de la Commission de la sauvegarde des espèces (CSE), dans le cadre d’une évaluation de tous les palmiers. Les conclusions ont également tenu compte d’études effectuées par les Jardins botaniques royaux de Kew, un partenaire de la Liste rouge. « Les chiffres relatifs aux palmiers de Madagascar sont vraiment terrifiants, en particulier parce que la perte des palmiers porte atteinte à la biodiversité exceptionnelle de l’île mais aussi à sa population », dit Jane Smart, Directrice mondiale du Groupe de conservation de la biodiversité de l’UICN. « On ne peut pas fermer les yeux devant une telle situation. » Les palmiers font partie de la diversité biologique de Madagascar et les 192 espèces étudiées ne se trouvent nulle part ailleurs. Elles fournissent des ressources vitales, notamment des cœurs de palmier comestibles et des matériaux de construction, à certaines des populations les plus pauvres de l’île. La destruction de leurs habitats et la cueillette des cœurs de palmier sont des menaces importantes qui compromettent la survie de ces espèces. « La plupart des palmiers de Madagascar poussent dans les forêts humides de l’est de l’île, qui sont déjà réduites à un quart de leur étendue d’origine et continuent de disparaître » dit William Baker, Président du Groupe de spécialistes des palmiers de la CSE et Directeur des recherches sur les palmiers aux Jardins botaniques royaux de Kew.« Le taux élevé d’extinction des palmiers malgaches reflète le déclin de ces forêts, qui met en danger la remarquable richesse d’espèces sauvages qui s’y trouve ». Les populations d’un grand nombre d’espèces de palmiers sont en danger en raison du défrichage des terres pour l’agriculture et de l’exploitation des forêts. Ravenea delicatula (en danger critique d’extinction) ne se trouve que sur un seul site, mais celui-ci n’est pas protégé et il est menacé par le défrichage de la forêt par les populations locales, en vue de la culture du riz de montagne, ainsi que par la prospection minière à la recherche de minéraux et de pierres précieuses, notamment de rubis. Le Tahina ou « palmier suicidaire » (Tahina spectabilis), récemment découvert, figure pour la première fois sur la Liste rouge de l’UICN. Il s’agit d’un géant pouvant atteindre 18 mètres, visible même sur Google Earth. Quelques mois après la floraison et la production de graines, l’arbre meurt. Avec pas plus de 30 individus adultes à l’état naturel, l’espèce est classée « en danger critique d’extinction » ; une partie importante de son habitat a disparu pour laisser sa place à l’agriculture. Dypsis brittiana n’a été répertorié que dans un seul site, le parc naturel de Makira créé récemment. Bien que le site soit protégé, l’espèce peut être déjà éteinte en raison de la dégradation de son habitat. Aucun arbre n’a été trouvé en 2007, raison pour laquelle l’espèce a été classée « en danger critique d’extinction ». Des études complémentaires sont nécessaires pour confirmer son statut. La cueillette des graines menace également certaines espèces. Dypsis tokoravina (en danger critique d’extinction) est ciblé par des collecteurs de grains qui abattent l’arbre. Moins de 30 arbres survivraient à l’état naturel. Le Palmier majestueux (Ravenea rivularis) est une autre espèce appréciée par les horticulteurs sur le plan international. Son statut est passé de « vulnérable » à « en danger » en raison d’une diminution constante du nombre de palmiers adultes, du déclin de l’étendue et de la qualité de son habitat et de la cueillette de ses graines, qui se poursuit malgré une réglementation stricte du commerce. « Le réseau national d’aires protégées, géré par les Parcs Nationaux du Madagascar, protège certaines espèces de palmiers malgaches, mais pas toutes, loin de là », dit Russell Mittermeier, Président de Conservation International et Président du Groupe de spécialistes des primates de la CSE.« Pour sauver les palmiers de Madagascar et la biodiversité en général, il est essentiel d’établir une collaboration aussi étroite que possible avec les communautés locales, notamment pendant cette période de grave instabilité politique pendant laquelle l’action des organismes gouvernementaux est très perturbée. Malheureusement, à Madagascar, ce degré très élevé de danger ne s’applique pas exclusivement aux palmiers ». Cette évaluation du statut des palmiers de Madagascar fournit aux écologistes une base solide pour entreprendre des actions directes sur le terrain. Une bonne gestion de la cueillette des graines et la protection des habitats peuvent permettre de sauvegarder certaines espèces. Les Jardins botaniques royaux de Kew ont lancé plusieurs projets de conservation pour protéger certaines des espèces les plus emblématiques de palmiers de Madagascar. Un projet encourage les populations locales à protéger le palmier Manambe (Dypsis decipiens) classé « vulnérable », et Dypsis ambositrae (en danger critique d’extinction) dans l’aire protégée proposée d’Itremo. Pour le palmier suicidaire, l’ensemble du secteur de l’horticulture est appelé à se mobiliser pour le protéger. Avec l’aide de la banque nationale de semences de Madagascar, des graines cueillies de façon durable sont vendues par le biais d’un grainetier commercial. Les recettes reviennent à la population locale, qui les utilise pour rénover des bâtiments et améliorer la productivité des cultures vivrières. « Si certaines espèces de palmiers peuvent répondre à des actions ciblées de conservation, la sauvegarde des palmiers de Madagascar sur le long terme nécessite des efforts à grande échelle », dit Jane Smart. « Madagascar a fait de grands progrès dans la préservation de sa faune et de sa flore exceptionnelles en classant 10% de l’île en aires protégées. Il est cependant nécessaire de faire des efforts susceptibles de changer la donne, afin de protéger les habitats rémanents et de créer davantage d’aires protégées, conformément aux objectifs d’Aichi de sauvetage de la biodiversité sur le plan mondial, en faveur desquels un grand nombre de

Liste rouge mondiale 2011 : un autre pas vers le baromètre de la vie

Rendue publique le 10 novembre 2011, la dernière mise à jour de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées illustre les efforts entrepris par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) et par ses partenaires pour accroître le nombre et la diversité des espèces évaluées, en améliorant la qualité des informations afin de dresser un meilleur tableau de l’état de la biodiversité. Avec plus de 61 900 espèces étudiées à ce jour, un autre pas de géant a été franchi pour faire de la Liste rouge un véritable « Baromètre de la Vie », que d’éminents experts appelaient de leurs vœux dans le magazine Science de 2010. « Cette mise à jour nous apporte de bonnes et de mauvaises nouvelles sur le statut de nombreuses espèces du monde entier » dit Jane Smart, Directrice du Programme mondial de l’UICN pour les espèces. « Nous savons que les efforts de conservation donnent des résultat s’ils sont mis en oeuvre à temps, mais sans un ferme soutien politique associé à des efforts ciblés et à des ressources suffisantes, les merveilles de la nature et les services qu’elle nous offre pourraient être perdus pour toujours. » Malgré les actions des programmes de conservation, 25% des mammifères sont menacés d’extinction. Par exemple, la réévaluation de plusieurs espèces de rhinocéros révèle que la sous-espèce de rhinocéros noir d’Afrique de l’Ouest (Diceros bicornis longipes) est désormais officiellement déclarée Eteinte. La sous-espèce de rhinocéros blanc d’Afrique centrale, le rhinocéros blanc du Nord (Ceratotherium simum cottoni), est aujourd’hui à la limite de l’extinction et a été classée parmi les espèces Peut-être éteintes à l’état sauvage. Le rhinocéros de Java (Rhinoceros sondaicus) livre lui aussi sa dernière bataille : la sous-espèce Rhinoceros sondaicus annasmiticus s’est probablement Eteinte au Vietnam, en 2010, suite au braconnage de ce que l’on pense avoir été le dernier spécimen. Même si cela ne signe pas la fin du rhinocéros de Java, cela réduit néanmoins l’espèce à une unique population minuscule et toujours en déclin sur l’île de Java. Les menaces majeures qui pèsent sur ces animaux sont le manque de volonté et de soutien politique en faveur des efforts de conservation dans de nombreux habitats de rhinocéros, les groupes criminels internationaux organisés qui les ciblent, la demande illégale sans cesse croissante de corne de rhinocéros et le braconnage. « Les hommes sont les gardiens de la terre, et nous sommes responsables de la protection des espèces qui partagent notre environnement » dit Simon Stuart, Président de la Commission de sauvegarde des espèces de l’UICN.« Dans les cas du rhino noir de l’Ouest et du rhino blanc du Nord, la situation aurait pu avoir des résultats très différents si les mesures de conservation suggérées avaient été mises en place. Il faut renforcer ces mesures maintenant, et particulièrement gérer les habitats de façon à améliorer les résultats de la reproduction, pour empêcher que d’autres, tel le rhinocéros de Java, disparaissent à leur tour. » La conservation a déjà connu plusieurs succès, comme celui de la sous-espèce de rhinocéros blanc du Sud (Ceratotherium simum simum) dont on estime que la population sauvage est passée de moins de 100 individus à la fin du 19ème siècle à plus de 20 000 aujourd’hui. Le cheval de Prjevalski (Equus ferus) est aussi une belle réussite : il a vu passer son statut de En danger critique d’extinction à En danger. Au départ, en 1996, il était classé comme Eteint à l’état sauvage, mais grâce à un programme de reproduction en captivité et à un programme réussi de réintroduction, on estime que la population sauvage compte aujourd’hui plus de 300 individus. Les reptiles constituent une composante importante de la biodiversité, particulièrement dans les habitats arides et sur les îles un peu partout dans le monde. Ces dernières années, de nombreuses nouvelles espèces de reptiles ont été évaluées, notamment la plupart de ceux que l’on trouve à Madagascar. Les résultats, alarmants, révèlent que 40% des reptiles terrestres de Madagascar sont menacés. Les 22 espèces identifiées comme étant En danger critique d’extinction, une catégorie comprenant des caméléons, des geckos, des scinques et des serpents, sont aujourd’hui un vrai défi pour la conservation de la nature. Ces nouvelles informations aident à guider la planification de la préservation de la biodiversité et permettent de faire une évaluation de la protection que les réserves naturelles malgaches offrent aux reptiles. Il est encourageant de savoir que de nouvelles zones de conservation sont créées à Madagascar et qu’elles aideront à préserver une proportion significative des espèces En danger critique d’extinction, comme le caméléon Tarzan (Calumma tarzan), le caméléon au nez bizarre (Calumma hafahafa) et le scinque apode (Paracontias fasika). En raison de leur statut sur la Liste rouge, des espèces qui, de tout temps, ont été ignorées par les efforts de conservation, comme les geckos En dangerParoedura masobe et Uroplatus pietschmanni, figureront de façon plus voyante dans les nouveaux plans. Les plantes sont des ressources essentielles pour le bien-être des hommes ; elles sont des composantes critiques des habitats sauvages. Elles sont pourtant sous-représentées dans la Liste rouge de l’UICN. Le travail actuellement en cours pour améliorer leur connaissance inclut une évaluation de tous les conifères. A ce stade, les résultats révèlent certaines tendances troublantes. Le sapin d’eau chinois (Glyptostrobus pensilis), par exemple, qui était jadis très répandu en Chine et au Vietnam, est passé de En danger à En danger critique d’extinction. La principale cause de déclin est la perte d’habitat au profit de l’agriculture intensive, et il semble bien qu’en Chine, il ne subsiste aucun plant sauvage. La plus grande des populations récemment découverte au Laos a été détruite par l’inondation créée par la construction d’un projet hydraulique et très peu d’arbres sur le sol vietnamien, s’il en reste, produisent encore des semences viables, ce qui signifie que cette espèce se dirige rapidement vers le statut Eteint à l’état sauvage. Un autre exemple, le Taxus contorta, qui est utilisé pour la production de Taxol, un médicament utilisé en chimiothérapie, est passé de Vulnérable à En danger à cause de sa surexploitation à des fins médicinales

Les thonidés nécessitent une protection accrue

Pour la première fois, toutes les espèces de scombridés (thons, bonites, maquereaux et thazards) et de marlins (espadons et marlins) ont été évaluées pour la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN™. Sur les 61 espèces connues, sept se trouvent dans l’une des catégories du groupe « menacés » et leur risque d’extinction est élevé. Quatre espèces sont classées comme étant « Quasi menacées » et près des deux tiers se trouvent dans la catégorie « Préoccupation mineure ». Les résultats montrent que les thons sont particulièrement menacés. Sur les huit espèces de thons, cinq sont classées dans l’une des catégories « menacées » de la Liste rouge ou sont « quasi menacées ». Il s’agit du Thon rouge du Sud (Thunnus maccoyii), En danger critique d’extinction ; du Thon rouge du Nord ou Thon rouge de l’Atlantique (T. thynnus), En danger ; du Thon obèse (T. obesus), Vulnérable ; du Thon jaune (T. albacares), Quasi menacé ; et du Germon ou Thon blanc (T. alalunga), Quasi menacé. Ces nouvelles données aideront considérablement les autorités gouvernementales à prendre des décisions susceptibles de sauvegarder l’avenir de ces espèces, dont beaucoup sont d’une grande valeur économique. Elles apportent une contribution très opportune à la 3e Réunion conjointe des organisations régionales de gestion de la pêche des thonidés, qui se tient à La Jolla, Californie, du 11 au 15 juillet. « C’est la première fois que des scientifiques spécialistes des pêcheries, des ichtyologistes et des défenseurs de l’environnement se réunissent pour évaluer conjointement les menaces qui pèsent sur un groupe d’espèces de poissons d’importance commerciale », précise Bruce B. Collette, Président de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN (CSE) Groupe de spécialistes des thonidés et des marlins, responsable scientifique du NOAA’s Service national des pêches maritimes et auteur principal du document. Malgré la bonne santé de plusieurs stocks de poissons épipélagiques (ceux qui vivent près de la surface), l’importante surexploitation de certaines espèces de scombridés et de marlins suscite une préoccupation croissante ; en outre, il n’y a pas suffisamment de détermination à protéger ces espèces contre la surexploitation entraînée par des prix élevés. De nombreuses populations sont exploitées par des pêcheries multinationales, qu’il est extrêmement difficile de réglementer d’un point de vue politique. « Les trois espèces de thon rouge sont susceptibles de s’effondrer en raison de la pression de la surpêche continue. C’est déjà essentiellement le cas pour le Thon rouge du Sud, avec peu d’espoir de rétablissement », explique le Dr Kent Carpenter, professeur à l’Université Old Dominion, directeur de l’Unité de l’UICN sur la biodiversité marine et l’un des auteurs du document. « Si aucun changement n’est apporté aux pratiques de pêche actuelles, les stocks de Thon rouge de l’Atlantique risquent de s’effondrer aussi, car il y a peu de signes de reconstitution de la population après une réduction significative dans les années 1970. » Trois espèces de marlins sont classées dans des catégories menacées ou quasi menacées : le Marlin bleu (Makaira nigricans), Vulnérable ; le Marlin blanc (Kajikia albida), Vulnérable, et le Marlin rayé (Kajikia audax), Quasi menacé. La plupart des espèces à longue vie ayant une valeur économique sont considérées comme menacées. Elles atteignent la maturité plus tard que les espèces à vie courte et leur cycle de reproduction est plus long ; en conséquence, le rétablissement de la population après une période de déclin prend plus longtemps. Comme ces scombridés et marlins sont au sommet de la chaîne alimentaire pélagique, la réduction des populations de ces prédateurs peut porter atteinte à d’autres espèces essentielles à l’équilibre de l’écosystème marin et économiquement importantes comme sources de nourriture. L’avenir des scombridés et des marlins menacés repose sur la capacité des Organisations régionales de gestion de la pêche (ORGP) et des pays pratiquant la pêche à bien gérer ces espèces. Les populations de Thon rouge du Sud et de Thon rouge de l’Atlantique ont été tellement réduites que la façon la plus efficace pour éviter l’effondrement est de fermer la pêche jusqu’à ce que les stocks soient reconstitués à des niveaux sains. Cependant, une telle mesure entraînerait de grandes difficultés économiques et porterait atteinte aux capacités de contrôle de la pêche par les ORGP, en raison de l’incitation accrue à la pêche illégale qui serait créée dans ces circonstances. « La fermeture temporaire de la pêche au thon ne serait qu’une partie d’un programme plus vaste de rétablissement dont on a très besoin. Afin d’empêcher la pêche illégale, de fortes mesures dissuasives doivent être mises en place », explique Jean-Christophe Vié, Directeur adjoint du Programme mondial de l’UICN sur les espèces. « Cette nouvelle étude montre qu’il existe un besoin urgent d’une gestion efficace. Les découvertes scientifiques ne doivent pas être laissées de côté dans le but de sauvegarder des profits à court terme. La vie marine et les emplois des générations futures sont en jeu ». La reconstitution des stocks halieutiques est possible en réduisant les taux de mortalité dus à la pêche très en dessous du rendement maximal durable (RMD), comme le montre le cas de la population orientale, très appréciée, du Thon rouge de l’Atlantique. Récemment encore exploitée à un niveau équivalant à trois fois le RMD, une diminution du total des captures admissibles et des mesures plus strictes de surveillance et de conformité ont conduit à des réductions de près de 75% dans les captures au cours des dernières années. Cela permettra à l’espèce de se rétablir à un niveau durable tant que les contrôles actuels de la pêche sont maintenus.   Notes pour les rédacteurs Vous pouvez demander au Bureau des programmes publics de l’AAAS des exemplaires de l’article de Science (sous embargo) “High Value and Long-Lived : Double Jeopardy for Tuna and Billfishes” Veuillez contacter +1 202 326 6440 or scipak@aaas.org Porte-paroles disponibles pour des interviews : Bruce Collette (à Minneapolis) +1 612 397 4962 ; +1 410 369 8466 (cell) collettb@si.edu Kent Carpenter (aux Philippines) 63 949 313 5649 Kcarpent@odu.edu Maria Jose Juan Jorda (en Espagne) +34 981167000 ext. 2204 +34 671072900 (mobile) mjuanjorda@gmail.com Beth Polidoro (à Hawaii) +1 240 446 5183 bpolidor@odu.edu Bill Fox (à San Diego) +1 202 495 4397 +1 571 205 8845 (mobile) ; bill.fox@wwfus.org

Liste rouge mondiale 2011 : une lueur d’espoir dans le désert

Publiée le 16 juin, la nouvelle édition de la Liste rouge mondiale des espèces menacées fournit une mine d’informations sur le statut actuel des espèces, sur les différentes menaces existantes et sur les mesures de conservation à mettre en place. Parmi les résultats, des exemples montrent que les actions de conservation peuvent sauver des espèces de l’extinction. Pour télécharger le communiqué de presse sur la nouvelle édition 2011.1 >> cliquez ici (en français). Pour plus d’informations sur la Liste rouge mondiale 2011.1, rendez-vous sur le site mondial de l’UICN >> ici (en anglais). Pour en savoir plus sur la Liste rouge des espèces menacées >> voir ici (en français). Document joint Communiqué de presse Liste rouge mondiale 2011

Encore beaucoup de poissons dans la Méditerranée ? Plus pour très longtemps…

Plus de 40 espèces de poissons marins présentes actuellement dans la Méditerranée pourraient disparaître dans les quelques prochaines années. Selon une étude réalisée pour la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées ™ sur le statut des poissons marins dans la mer Méditerranée, près de la moitié des espèces de requins et de raies (poissons cartilagineux) et au moins 12 espèces de poissons osseux sont menacées d’extinction en raison de la surpêche, de la dégradation des habitats marins et de la pollution. Des espèces commerciales comme le Thon rouge (Thunnus thynnus), le Mérou brun (Epinephelus marginatus), le Bar commun (Dicentrarchus labrax) ou le Merlu commun (Merluccius merluccius) sont considérées comme menacées ou quasi menacées d’extinction au niveau régional en raison principalement de la surpêche. « L’état de la population de Méditerranée et de l’Atlantique Est du Thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus) est particulièrement préoccupant. Il ya eu une baisse estimée de 50% dans le potentiel de reproduction de cette espèce au cours des 40 dernières années en raison de la surpêche intensive« , explique Kent Carpenter, coordonnateur de l’évaluation. « Le manque de respect des quotas actuels combiné avec la sous-déclaration généralisée des captures aurait sapé les efforts de conservation pour cette espèce en Méditerranée. » L’utilisation d’engins de pêche, telles que les lignes de pêche, filets maillants ou de chalutage, et l’utilisation illégale de filets dérivants signifie que des centaines d’animaux marins sans valeur commerciale sont capturés, menaçant les populations de nombreuses espèces de requins, raies et autres poissons, ainsi que d’autres animaux marins, dont les dauphins, les baleines, les tortues et les oiseaux. « L’utilisation de chaluts est l’un des principaux problèmes pour la conservation et le maintien de nombreuses espèces marines« , explique Maria del Mar Otero, Chargée du programme marin de l’UICN en Méditerranée. « Parce ce qu’elle n’est pas sélective, cette technique de pêche permet de capturer les poissons recherchés mais également celle d’un grand nombre d’autres espèces, tout en détruisant les fonds marins, où de nombreux poissons vivent, se reproduisent et se nourrissent.«  L’étude souligne la nécessité de renforcer la réglementation sur la pêche, de créer de nouvelles réserves marines, de réduire la pollution et de revoir les quotas de pêche, en particulier le nombre de captures autorisées pour les espèces menacées. « La consommation responsable est une des façons dont nous pouvons tous contribuer à la conservation de nombreuses espèces marines », explique Catherine Numa, Chargée du programme pour les espèces de l’UICN Méditerranée.« Sur la base des conclusions de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées, nous espérons que les politiciens prendront les décisions appropriées pour sécuriser cette source importante de nourriture à l’avenir, tout en protégeant et en valorisant la diversité biologique de la planète en même temps. » C’est la première évaluation régionale complète réalisée pour la Liste Rouge de l’UICN portant sur les espèces indigènes de poissons marins d’une mer entière. Le rapport souligne également le manque substantiel d’informations sur l’état de conservation de près d’un tiers de ces poissons marins de la Méditerranée (qui ont été évalués comme « données insuffisantes »), sachant qu’une proportion importante d’entre eux sont endémiques de la région. De futures recherches pourraient montrer que les espèces classées en « données insuffisantes » seraient en fait menacées pour une grande proportion d’entre elles. De nouveaux financements et de nouvelles recherches doivent donc être focalisés vers ces espèces classées en données insuffisantes. Pour en savoir plus, consultez le document complet.   Pour plus d’informations, vous pouvez contacter : Nicki Chadwick, Chargée des relations avec les médias, t +41 22 999 0229, m +41 79 528 3486 ; Lynne Labanne, Chargée de communication du Programme de l’UICN sur les espèces, t +41 22 999 0153 ;

La colonne vertébrale de la nature est en péril

L’étude la plus complète jamais réalisée sur les vertébrés mondiaux confirme une crise de l’extinction : un cinquième des espèces sont menacées. Toutefois, selon l’étude publiée aujourd’hui à l’occasion de la 10e réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) à Nagoya, au Japon, la situation serait encore pire si des efforts de conservation n’avaient pas été déployés dans le monde entier. Pour enquêter sur l’état des vertébrés de la planète (mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles et poissons) et l’évolution de cet état avec le temps, l’étude, publiée dans le journal international Science, s’est appuyée sur les données relatives à 25 000 espèces de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™. Les résultats montrent qu’en moyenne, chaque année, 50 espèces de mammifères, d’oiseaux et d’amphibiens sont poussées un peu plus vers l’extinction sous l’effet de l’expansion agricole, de l’exploitation des forêts, de la surexploitation et des espèces exotiques envahissantes. Selon les termes de l’éminent écologiste et écrivain américain Edward O. Wilson, de l’Université d’Harvard, «  la colonne vertébrale ’ de la biodiversité est en voie d’érosion. Une petite marche gravie sur l’échelle de la Liste rouge est un bond de géant vers l’extinction. Ce n’est qu’un aperçu des pertes en cours au niveau mondial. » C’est l’Asie du Sud Est qui a connu les pertes récentes les plus graves, essentiellement causées par la plantation de cultures d’exportation comme les palmiers à l’huile, par les opérations commerciales d’exploitation des forêts de feuillus, par la transformation des terres en rizières et par une chasse non durable. Certaines régions d’Amérique centrale, les Andes tropicales d’Amérique du Sud et même l’Australie ont connu des pertes également marquées, dues en particulier à l’impact du chytridiomycète, un champignon mortel pour les amphibiens. L’étude confirme des rapports précédents qui faisaient état de pertes constantes de la biodiversité mais elle est la première à présenter des preuves indiscutables des effets positifs des efforts de conservation dans le monde entier. Les résultats montrent que si des mesures de conservation n’avaient pas été prises, la biodiversité aurait subi un déclin supplémentaire de presque 20 %. « L’histoire a montré que la conservation peut faire l’impossible, comme le savent bien ceux qui connaissent le cas du rhinocéros blanc d’Afrique du Sud » fait remarquer Simon Stuart, Président de la Commission de la sauvegarde des espèces de l’UICN et auteur de l’étude. « Mais pour la première fois nous pouvons démontrer les effets conjugués et positifs de ces succès sur l’état de l’environnement. » L’étude met en évidence 64 mammifères, oiseaux et amphibiens dont l’état s’est amélioré grâce à des mesures de conservation qui ont réussi. Ce groupe comprend trois espèces qui étaient éteintes à l’état sauvage et qui ont été réintroduites dans la nature : le condor de Californie Gymnogyps californianus et le putois à pieds noirs Mustela nigripes, aux États-Unis, et le cheval de Przewalski Equus feru, en Mongolie. Les efforts de conservation ont été particulièrement efficaces dans la lutte contre les espèces exotiques envahissantes sur les îles. La population mondiale du shama des Seychelles Copsychus sechellarum est passée de moins de 15 oiseaux en 1965 à 180 en 2006 grâce aux mesures de lutte contre les prédateurs introduits tels que le surmulot Rattus norvegicus, et à des programmes d’élevage en captivité et de réintroduction. Sur Maurice, l’état de six espèces d’oiseaux s’est amélioré, notamment celui de la crécerelle de Maurice Falco punctatus, dont la population est passée de quatre oiseaux en 1974 à près de 1000. En Amérique du Sud, les aires protégées et l’action conjuguée de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) et de la Convention sur la vigogne ont permis la reconstitution des populations de vigognes Vicugna vicugna. De même, la législation adoptée pour interdire la chasse commerciale à la baleine a permis de faire passer le mégaptère Megaptera novaeangliae de la catégorie Vulnérable à Préoccupation mineure. Malheureusement, très peu d’amphibiens ont à ce jour montré des signes de reconstitution mais les efforts internationaux s’intensifient et l’on peut citer, à ce titre, le programme de réintroduction dans la nature du crapaud Nectophrynoides asperginis en Tanzanie. Les auteurs indiquent que cette étude ne représente qu’une estimation minimale de l’effet réel des mesures de conservation, soulignant que les populations de quelque 9% des espèces menacées ont augmenté. Les résultats prouvent qu’avec les ressources et l’engagement voulus, la conservation est efficace. Ils montrent également que les mesures prises au plan mondial devront être considérablement renforcées parce qu’elles sont, actuellement, largement compensées par l’ampleur des menaces. Dans ce contexte, les décideurs qui assistent à la réunion de la CDB à Nagoya ont demandé une augmentation très substantielle des ressources – par rapport aux niveaux actuels qui sont extrêmement bas – pour que les objectifs de la Convention soient réalisables. « Cela démontre, à l’évidence, que nous devons absolument partir de Nagoya avec un plan d’action stratégique pour guider nos efforts en faveur de la biodiversité dans la décennie à venir » déclare Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN. « C’est un appel pour nous tous – les gouvernements, les entreprises, les citoyens – à mobiliser les ressources pour les actions requises. La conservation est payante – mais elle a besoin de notre appui et vite ! » Récemment, une étude parrainée par l’Organisation des Nations Unies et intitulée « The Economics of Ecosystems and Biodiversity (TEEB) » a évalué le coût de la perte de la nature entre 2 à 5 mille milliards USD par an, surtout dans les régions les plus pauvres du monde. Une autre étude récente a déterminé qu’un cinquième des plus de 5000 espèces d’eau douce d’Afrique est menacé, ce qui met en péril les moyens d’existence des millions de personnes dépendant de ces ressources vitales. Comme le démontre l’étude, n’avoir pas réussi à remplir l’objectif de 2010 de réduction de la perte de biodiversité, qui avait été adopté au plan international, ne signifie pas que les efforts de conservation ont été déployés en vain. Toutefois, l’érosion de la biodiversité a atteint des niveaux si

Publication de la Liste rouge mondiale 2009 des espèces menacées

Rendue publique le 3 novembre, la nouvelle édition de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées indique qu’il sera impossible d’enrayer la perte de la biodiversité en 2010, comme le prévoyait l’objectif fixé par la communauté internationale. Selon cette dernière mise à jour, 17291 espèces sur les 47677 espèces répertoriées sont menacées d’extinction. Le Comité français de l’UICN souligne la responsabilité majeure de la France dans la lutte contre l’érosion de la biodiversité mondiale : d’après cet état des lieux, la France est en première ligne, figurant parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces mondialement menacées. Pour en savoir plus sur la Liste rouge des espèces menacées >> voir ici.

Publication de la Liste rouge mondiale 2007 des espèces menacées

Rendue publique mercredi 12 septembre lors d’une double conférence de presse tenue à Washington et à Paris, l’édition 2007 de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées renouvelle l’appel à la mobilisation face au déclin marqué et continu de la biodiversité dans le monde. Toutes les informations sur la Liste rouge mondiale sont disponibles sur le site dédié (en anglais). Dans cette édition, la France est en première ligne, figurant parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces mondialement menacées. Le Comité français de l’UICN souligne la responsabilité majeure de la France dans la lutte contre l’érosion de la biodiversité mondiale. Pour en savoir plus sur la Liste rouge mondiale >> voir ici (en français).